‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 20 sur 183 · I. R, Serrure, Bulletin de num., 1893, p. i · texte numérisé non relu

I. R, Serrure, Bulletin de num., 1893, p. i

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QUAIKIIIMI' PARTI H

des armes de (>hiny ressemblent beaucoup aux poissons barrois. GODIFRIDVS: COMES: CHINEIENSIS est la lét;cndc de \a plaque qin porte le nom de l'atelier d'Avioih.

Kn 1 564, Arnould d'Orey vendit à W'enceslas, duc de Luxembourg, le comté de Chiny, déjà fort amoindri à cette date; l'acte de vente mentionne au nombre des « pourlicts et honnours » allerants à la terre, la « sci^noiric de nioiioier ».

§ V. — Evcchc ik Cambrai^.

Pendant la première partie de son épiscopat, Nicolas III de Fontaines (1249-1274) continua le système des mailles anonymes qui portent une tète mitrée avec crosse et main bénissant, et au revers unecroix pattée cantonnée de CAMR. (cependant, l'évèque de Cambrai fut un des premiers à émettre, dans la réi,'ion des Pays-Bas, des monnaies d'un lian plus large. Sans aller jusqu'à la fabrication du gros, il fit frapper des doubles esterlins de huit deniers et des esterlins simples. Sous le rapport des types, sa numismatique est peu coiiipliquée ; ^oi doubles cslerlins ou pelils gros {i\L;. 1638) représentent tous un buste mitre de

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face, avec ou sans barbe, entouré de la légende : NICHOLAVS EPIS- CHOPVS; au revers, une croix à branches doubles est cernée des quatre syllabes du mot CA-ME-RA-CV et la salulalion angdliquc.Qn l'honneur de la N'iergc, patronne de (Cambrai. (>e type, que les numismates appellent type eambresieii. futemplové, dans la suite, par plusieurs évèques et copié à Toul par Jean d'Ar/.ilières. IJeslerlin, ou iiers de gros, de iNicolas de l'^ontaines est une des plus jolies pièces du moyen Age (fig. 16^9) ; le château à trois tours qu'on y voit représente, selon toute apparence, le « (>ateau en-(>ambrésis », séjour favori des évèques, et il est certain que la monnaie y a été frappée.

l'!n 1255, Nicolas a\ail conléré au (Chapitre métropolitain de

I. Souuci.s : 1\-Cli. Hubert, Niiiiiisiintliijiic Je (ùiiiihtii. l\uis, 1861, .\'\

Cambrai, le droit de battre monnaie pendant les vacances du siège. Vingt ans après, le chapitre profita de cette autorisation, en frappant des petits gros qui ne diffèrent de ceux de levèque défunt que par la légende: MONETA CAPITVLI.

Enguerrand de Créqui (1274-1286) continua la frappe des petits gros au coin du buste mitre, et ses esterlins portent, en partie, le même type, mais d'autres inaugurent le type héraldique de l'écu aux trois lions armes de (Cambrai).

Guillaume I de Hai n au t (1286-1296) ne nous donne que des e^/erlins anglais à la tête de face, aux cheveux ondoyants et ornés d'un chapel de roses (fig. 1640). Ces pièces sont les plus communes de la série cambrésienne; le seul -trésor de Marchienne-au-Pont, près Charleroi, exhumé en 1841, en a fourni 1 38 exemplaires.

Lti esterlins du siège vacant, émis entre la mort de Guillaume et l'investiture de son successeur, ont également le type anglais.

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Fig. 1640

Fig. 1641

Gui II de Collemède (1 296-1 jo6) les adopte à son tour; mais SUT ses petits gros il place une aigle héraldique déployant les ailes (fig. 1641). Le graveur s'est inspiré, dans une certaine mesure, d'un coin créé à Alost par Marguerite de Constantinople.

L'esprit d'innovation monétaire de Gui de Collemède se manifeste surtout dans la frappe de monnaies de billon, les demi-deniers tournois. Ces petites pièces, aussi au type de l'aigle, furent favorablement accueillies, et imitées, non seulement dans les ateliers seigneuriaux d'Elincourt et de Wallincourt, mais encore en Flandre, par Robert de Béthune. Le peuple les appelait coquibus ou cokibus, sans doute, dit M. Chalon, parce que le vulgaire voyait un petit coq, un « coquibus », dans l'aigle de leur empreinte; peut-être mieux parce que le maître de la Monnaie de Cambrai, chargé de leur fabrication, s'appelait Hanon, ou de Haen, nom flamand qui équivaut au nom français Le Coq.

Sous le gouvernement de Gui II, éclata une révolte de bourgeois qui força le prélat à fuir sa ville épiscopale. D'accord avec quelques numismates, nous rattachons à cette insurrection un coquibus dont les légendes indiquent une origine municipale: MONETA • CIVITAS— CAMERA- CENSIS.

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L'évoque ne retourna plus à Cambrai ; il fut transféré à Salerne, et son chapitre profita de la vacance du siège pour battre des coquibus ji

avec MONETA CAPITVLI. f

Philippe de Marigny (i?o6-ip9) est le premier évoque dont ; nous avons des p-os entiers. Copiés sur les gros au lion de Robert de , Béthune, comte de Flandre, ils ont à l'avers un lion tourné à gauche j dans une bordure à six lobes; au revers, une croix pattée, autour de j laquelle se développent les deux inscriptions : + XPC • VINCIT • XPC • REGNAT XPCIMPAT et + MONETA CAMERACI. Ces gros sont d'une régularité d'exécution remarquable. Les lettres, d'une forme élé- | gante et correcte, ont les jambages taillés en bizeau.

Les petits gros de Philippe de Marigny conservent le type cambrésien I de la tète mitrée, et ses coquibus ne se distinguent de ceux de son pré- J décesseur que par le changement du nom propre. ■

Mais à côté des pièces que nous venons d'énumérer, Philippe frappa " de jolies petites mailles d'argent fin, parfois anonymes, parfois signées à PH • EPC. Leur type est un bras tenant la crosse (fig. 1642). Ce sont les derniers souvenirs de l'ancien système. I

Pierre III de M i repoix (1 509-1 524) continue l'émission des /L?e///5 gros à la tète de face, en y ajoutant parfois une bordure ou en substituant à la croix pattée une croix fleurie. C'est sous son épiscopat que paraissent, dans le Cambrésis, les premiers petits gros au cavalier , qu'on monnayait en Hainaut depuis Marguerite de Constantinoplc.

Fig. 1645

Ces «cavaliers» donnent au prélat le titre de comte : PETRVS-COMES- CAMERAC; ils sortent de l'atelier du Cateau-Cambrésis : MONETA- NOVACASTELLIINCAM.

Les monnaies de Pierre de Mircpoix ne sont pas toutes retrouvées. M. \\. Serrure a publié une sorte de quart de gros, au type du bras tenant une crosse (fig. 1645). De plus, un document de 1512 nous apprend l'existence du demi-gros.

Le 28 août 1512, l'évèque de Cambrai et Guillaume I, comte do Hainaut, conclurent un traité aux termes duquel leurs monnaies devaient être reçues réciproquement dans les deux pays.

Gui 111 d'Auvergne (1524-1356) joue un rôle plus etl'acé dans la

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