‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 21 sur 183 · IO7I · texte numérisé non relu

IO7I

numismatique cambrésienne. M. Robert lui attribue un petit gros au champ écartelé d'une aigle et de trois lions, puis un denier de billon blanc au type de la mitre.

Cette mitre reparaît sur une pièce anonyme qui porte au revers une crosse en pal. Ses légendes: OBOLVS CAMERACENS — MONETA CAMERACENS (fig- '(^44) ne permettent pas de dire si l'on se trouve

Fig. 1644

en présence d'une monnaie épiscopale, ou si Vobole a été frappée par le chapitre après la mort de Gui d'Auvergne.

Guillaume II d'Auxon ne(i 556-1 542) refusa de rendre hommage au vicaire de l'Empire, alors Edouard III d'Angleterre, pour son comté de Cambrai, et chercha un appui auprès de Philippe de Valois. Ce fait politique eut une influence considérable sur les destinées du Cambrésis et son monnayage. Les relations commerciales entre Cambrai et la France devinrent plus étroites, et, pour faciliter -les transactions, l'évèque voulut avoir une monnaie qui pût être acceptée sans méfiance par les marchands et changeurs habitués aux espèces royales. Il copia le gros au lis, le gros tournois et le double parisis de Philippe VI. Mais cette copie n'est pas servile: deux petites crosses adossées, unies par un cordon et surmontées d'une mitre, simulent, à s'y méprendre, la fleur de lis du gros. Pour les relations de ses sujets avec les Pays-Bas, l'évêque adopta le ^ros au lion, dont le modèle bien connu lui était fourni par les monnaies flamandes de Louis deCrécy.

Les documents monétaires écrits, presque totalement absents pour Cambrai jusqu'au milieu du xiv*^ siècle, \ienncnt nous renseigner d'une manière assez complète sur les émissions de Gui IV de Ventadour (1342-1349). Il s'en faut que toutes les pièces mentionnées dans les actes soient déjà retrouvées. iNous ne connaissons que deux pièces de Gui IV: Icjîorin d'or anonyme au type de Florence et à la légende FLOR-PSV- CA' (Jlorenus praesulis Cameracensis) et le denier blanc portant dans le champ les mêmes lettres PSV sous une mitre (fig. 1645),

L'émission dea JJorins d'or continua sous les successeurs de (jui de Ventadour; on en connaît à la légende FLOR. EPI. CA, puis d'autres avec FLOR-CAPI-CA (fig- 1646) que le chapitre fit forger après le transfèrement de l'évêque à Vabres (Aveyron).

L'an 1 549, Charles IV, roi des Romains, interdit la frappe de l'or à l'évêque de Cambrai; néanmoins, la numismatique de Pierre IV d'André (1 J49-1368) s'ouvre par une belle série de monnaies d'or copiées en 1362 sur les pièces royales de France: le mouton, \t franc à

Fig. 1646

cheval aux noms des quatre évangélistes (fig. 1647) et le royal. En argent, nous rencontrons le botdraeger ou double gros au lion heaume, copié des pièces de Louis de Mâle. ]

C'est également le comte de Flandre qui fournit au prélat le dessin de son gros au lion. Vient ensuite une plaque imitée des monnaies hainuyères de Marguerite II (fig. 1648); sur quelques variétés de cette pièce,

Fig. 1648

Pierre d'André remplace les barres de l'échelle de Hainaut par deux crosses. Les types français du g^ros à la couronne {fig. 1649), du gros blanc au châtel, du double denier à légende horizontale {\vj,. 1650) cl de diverses monnaies divisionnaires ont, de môme, servi de modèles au.\ ■monnayeurs de l'évèché.

LES tAYS-BAS MERIDIONAUX

Robert II de Genève (1368-1 371) frappa leyr<arncàjp/eâ!' (fig. 1651), le franc à cheval et le florin d'or, qu'il faudra chercher parmi les florins anonymes à la légende FLOR -EPI • CA, dont il a été question à propos de Gui de Ventadour. Deux monnaies d'argent de Robert sont

Fig. 1649

Fig. 1

connues jusqu'ici : le gros tournois et le gros qui porte, entouré d'une bordure, l'écu de Cambrésis penché et surmonté d'un heaume couronné. Divers doubles de billon à la légende CAM-ERC en plein champ terminent la série de cet évèque que les documents écrits permettent de croire beaucoup plus nombreuse.

Lorsque le siège de Cambrai fut devenu vacant par l'élévation de

Page 1