A. Ermin, Zeitschrift f. Num., t. IX
3. Fréd. Alvin, Denier noir inédit de Jean /c^ seigneur de Heinsberg. Tirage à part.
§ XI. — Seigneurie de Wassenbcrg^.
Cette petite ville appartenait aux Heinsberg qui, au xiv*= siècle, y curent leur quatrième atelier monétaire. Un esterlin à l'écu, de Godefroid III (1Î61-95), porte la légende MONETA : WASSENB. et sur une imitation anonyme du gros tournois français on lit DNS DE VASBRC. Mais celle-ci est plus ancienne; elle doit appartenir à Thierry III (1^2-61).
§ XII. — Seigneurie de Heid^.
Gothard (en bas-allemand Goedart)de la Heide (cité de 1342 à 1373), un des chevaliers de la cour de Wenceslas et Jeanne, ducs de Brabant, a frappé un Jlorin d'or au lis (unique), qui porte la légende + GOED bEIDE et, comme différent, une aigle éployée. — Voir la suite dans notre Traité de Nutn. moderne, t. I, 249.
§ XIII. — Seigneuries de Schonvorst et de Sichem^.
On possède de Renaud I" (1 358-91) un gros tournois qui porte son nom en toutes lettres : REINARD : DE : SCHONEVORST ou SCOVORST. avec indication de l'atelier: MONETA SCONVO'. Renaud II (1391- 1419) a frappé quelques gros à l'écu (RENARD' -DNS- DE-SCHO- VORST'Z'SICH), datés de 1391 à 9?, avec leurs tiers et leurs quarts. Mais dès 1 396, ce dernier fut expulsé de son fief par le duc de Juliers, puis Jean II de Heinsberg (1423) et Gérard VI (i437-70y installèrent un atelier monétaire.
Quanta la terre de Sichem, Renaud II la vendit en 1398 à Thomas de Dicsi.
1. Dannenberg, Zeilschiiftf. Num., t. XX, 2. — Menadier, DeutscU Mùuien, t. IV, 1
2. Revue belge, 1896, p. 8-i6 (Schulman). — Frankfurter MûHi\eilung, 1899, n. 4 (P. Joseph).
}. Revue belge, 1848, p. 373.
§ XIV. — Seigneurie de Frankenberg ^ .
Cette seigneurie tirait son nom d'un manoir, aujourd'hui en ruines, situé près d'Aix-la-Chapelle; elle formait un fief du duché de Juliers, compris dans le bailliage de Schonvorst. Vers 141 7, elle passa à une branche de la famille de Mérode. De Jean de Mérode (cité de 1445 à 1490) on a deux billons noirs imités servilement des monnaies de Jean de Heinsberg, évêque de Liège: lOHAS DNS DE VRANK. L'un a été frappé à LENCVDEN, l'autre à NESON, localités non encore identifiées.
§ XV. — Seigneuries de Randerode et de Linnich.
Randerode était à cinq lieues de Ruremonde, au pays de Juliers. La chronologie de ses seigneurs est assez bien établie par Grote :
Gérard III, 1214-1257.
Louis I, ....-1269...
Louis II, ...-1290.
* Arnold II, 1290-1331.
*LouisIII, 1331-1364.
* Arnold III, 1 364-1 390.
Ce de'rnier mourut sans fils ; sa fille et héritière, Marie, qui avait épousé Guillaume de Hornes, vendit Randerode au duc de Juliers (i 391).
On attribue aux trois seigneurs marqués d'astérisques dans la nomenclature ci-dessus, une série de gros tournois imités des pièces françaises (fig. 1802) et de celles de Juliers. Plusieurs de ces gros sont frappés à
Fig. 1802
Fig. 1803
Linnich (LINHIENSI CIVIS)- et sur la plus rare d'entre elles on lit DNS LINIENSI. Du même atelier vient un tiers de gros à l'aigle bicéphale portant les légendes MONETA LINGENA — ARNOLD- DNS RANDEIN (fig. 1803), Arnold III à frappé un gros tournois dont l'écu à quatre lions imite celui du comte de Berg, et des esterlins au buste de saint Pierre, copiés sur ceux de Cologne.
I. Reviie belge, 1871, p. 59 (de Chestret). — BulL deNum., t. V, 155 (R. Serrure).
§ XVI. — Fille impériale d'Aix-la-Chapelle'.
C'est sous le règne de Charles IV (1547-78), vers le milieu du xiv« siècle, que la vieille Monnaie royale d'Aix-la-Chapelle passa au duc de Juliers qui l'afferma à la ville. Un esterlin et un double esterlin au type anglais de la tète de face, frappés vers cette époque, portent les légendes, un peu orgueilleuses : AQVIS : GRANI : CAPVT : \W?(eri)\ — VRBS • AQVE • KEOk(lis)'SED(e)S.
La tête anglaise est bientôt remplacée parcelle de Charlemagne, barbue, nimbée et couronnée (SCS. KAROL' MAGNVS IPERA)ou par deu.x tours surmontées de croix (VRBS AQVENSIS EST REGALIS SEDES). Le gros paraît ensuite; il représente le saint empereur agenouillé à gauche et tenant une église dans ses deux mains. Sur un gros moins ancien, saint Charlemagne est debout, le sceptre et le globe aux mains, et à sa droite on voit l'écussonà l'aigle d'Aix. Ce type obtint un grand succès sur les bords de la Meuse; il fut copié à Reckheim, Fauquemont, Born, Heinsberg, dans le pays de Juliers, etc.
L'an 1 372, le millésime se montre sur les monnaies d'Aix pour ne plus en disparaître (AN : DNI : MCCCLXXII)et le type du grosse modifie: il n'y a plus dorénavant qu'un saint Charlemagne nimbé, à mi-corps, au-dessus de l'écu de la cité. Les pièces de cette période portent au revers une double légende, dont l'une (MONETA IVNCHEIT) semble se rapporter à un faubourg de la ville, le Junkerhof, où l'on avait installé l'atelier municipal.
En 1402, nous retrouvons sur les espèces le nom delà cité elle-même. Le système monétaire comprend alors non seulement \Qgros et le demigros d'un type toujours pareil, mais des quarts de gros à l'écu d'Aix surmonté d'une église à deux tours, et des heller.
Le millésime permet de suivre pas à pas les modifications des types. Ainsi, en 1489, le demi-gros substitue à l'image de saint Charlemagne celle de la Vierge : AVE GRATIA PLENA D- TEC; la date est écrite en chifî'res arabes 1989 dans les cantons de la croix.
Deux ans plus tard, la ville se décide à frapper une monnaie plus forte. Les premiers doubles gros portent le buste de la Vierge à l'enfant au-dessus d'un croissant: mais ce type fut remplacé, l'année même où il parut, par un autre beaucoup plus complique. Nous y voyons, à gauche,
1. Meyer (K. Fr.), yfac/>««ic/>< 6«c/;«V/?/w (Aix-la-Chapelle, 1781), in-fol. p. 8^7- 886 (6 pi.). — Numismalische Zeitung (de Leitzmann), 1847, n. 20-26.
l'empire d' ALLEMAGNE I209
la Vierge et l'enfant Jésus, auxquels Charlemagne, placé à droite, fait hommage de son église; la date 1991 est mise en exergue. Le revers de cette pièce, fort belle bien que surchargée, porte l'écu d'Aix sur une croix feuillue. Les légendes sont dignes de la ville où l'on couronnait les empereurs : VRBS • AQVER • REGNI • SEDES • CAPVT • 0(mn)\(u)fA. — CIVITATVr^; • ET • PROVINCI ARVM • GALLIE.
§ XVIL — Archevêché de Cologne ^
L'introduction du gros tournois n'est pas due à l'archevêque Henri de Virnebourg (i^o6-p), comme il a été dit erronément, p. 606, Henri n'a rien innové ; il a simplementcopié Vesterlin d'Irlande, au buste de face dans un triangle (fig. 1804), et les types de sa monnaie d'appoint sont les vieux types colonais : l'archevêque assis de face ou la cathédrale de Bonn aux cinq tourelles. Mais un de ses pfennings remplace la marque d'atelier de Bonn par la légende BEATA: S(eron)k\ VINCES. et sur d'autres on lit: S\(j\\(um) ECC(lesia)B SCI CASSII SYNEN^s/sJ. Saint Cassius était un des martyrs de la légion thébaine. A partir de la fin du xin<= siècle, l'officine monétaire n'était plus à Cologne.
Lq florin d'or au lis fait son apparition, en même temps que le gros d'argent avec son //er5, sous le règne de Walram de Juliers (1392-49). Le gros n'a pasdechâtel tournois; il représente, dans une bordure de trèfles, un buste mitre de face, ayant l'écusson sur la poitrine, et la légende MON-ETA-BVN-ENS. TVY-CIEN occupe le cercle intérieur du revers. Les variétés en sont assez nombreuses, ce qui prouve l'activité des ateliers de Bonn et de Deutz. Un blanc, valant 2 tiers de gros, porte le buste à mi-corps, tenant la crosse et l'évangiliaire, et au revers une grande croix pattée, avec quatre molettes dans ses cantons. L'église de saint Cassius à Bonn est mentionnée encore une fois sur la monnaie d'appoint; la croix d'un pfenning est cernée des mots: ECCErSI- GNVM : CRVCIS: SYNENf^/sj. Aucune de ces inscriptions pittoresques ne se retrouvera désormais sur les monnaies de, Bonn. Au commencement de l'épiscopat de Walram il faut placer un esierlin au type de
1. Cappe, Beschreibung der côlnischen Mûn^en des Mitiflalters. Dresde, 1853.
l'église à cinq tours, et la légende, encore inexpliquée, MONETAtIN: ..ACHEN'.
Nous arrivons à Guillaume de Genep (i 349-62), premier princeélecteur de Cologne. En vertu d'une convention avec Mayence et Trêves (1JJ4), \eJlorin au lis italien est frappé simultanément dans les trois archevêchés; mais de Guillaume seul nous en avons, à côté de la pièce entière, le demi et le quart. Il porte les légendes WILH' AR' EP' VS et S • lOHANNES • B. cette dernière suivie d'une paire de ciseaux prise dans l'écu des Genep. Un second emprunt fait à l'art ualien est le type du gros et du demi-gros : l'archevêque assis de face sur une chaise ornée de quatre têtes de lion, le blason de famille à ses pieds. Sur le gros frappé au château de Riehl (MON-ETA-RILE-NSIS)» on voit saint Pierre debout, entouré de l'invocation : béate Pet(re) sce. Col. ecc(lesia)e pat(rone) .
Du gouvernement éphémère d'Adolphe II de la Mark (1363-64), nous ne possédons qu'un de ces gros au saint Pierre, marqué de ses armes personnelles et n'ajoutant au nom propre que le titre d'electus. Mais l'oncle d'Adolphe, Engelbert III de la Mark (i 364-69), jusque- ■ là évêque de Liège, où il avait inauguré la frappe de l'or, a une jolie série monétaire: \q florin et quatre variétés du gros, représentant, les uns la figure de saint Pierre, les autres l'archevêque, soit debout, soit en buste. On y reconnaît l'influence de son coadjuteur Conon de Falkenstein (1366-70), prince-électeur et archevêque de Trêves, qui employait les mêmes types dans son diocèse. Les monnaies de Conon forment trois groupes distincts. Les plus anciennes sont celles où il s'appelle simplement COADIVTforj D(omi)\^\ COLOWO ensi s) . Ce titre se lit sur un florin de coin nouveau, \q florin au buste de saint Pierre, où l'on voit, sous un dais décoré de clochetons, le saint à mi-corps et les armes du prélat: au revers, dans un cadre gothique, l'écu parti aux croix de Cologne etde Trêves. Avec le titre d'administrateur (ADMINISTRATOR ECCE COLONENS)? Conon a fait frapper le même florin, des blancs aux mêmes types et des pfennings à la tête nimbée du saint. Un troisième titre, celui de vicaire (VICARII ECCE COLONE) se trouve aussi sur toute une série de monnaies d'appoint.
Frédéric III de Saarwerden (1570-1414), dont l'élection mit fin à la mission intérimaire de Conon, s'entendit avec celui-ci (1372) au sujet de la circulation monétaire, mais leur accord fut limité à la question de poids et d'aloi, chaque pays conservant ses types propres: Cologne, son florin au buste de saint Pierre sous un tabernacle, Trêves,