‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 53 sur 183 · I. l'*rankjurter Mùni\eiiung, 1902, n. 19 (P. Joseph · texte numérisé non relu

I. l'*rankjurter Mùni\eiiung, 1902, n. 19 (P. Joseph

son florin au saint Pierre assis, et au revers des deux pièces on laissa l'écu parti de Cologne-Trêves. SACRI \MPB(ri)\ MONETA RIL ou TVICI est la légende des coins colonais. Cependant, à côté de ces pièces d'alliance, nous trouvons une variante aux armes de Frédéric (aigle bicéphale) brochant sur les armes de Cologne seule et cernées de la légende : SACRI : \MFE(r)\\i PER: ITAL(iajn): AR(chi)- Fig. .80;

QkHC(ellcirius) . Ce doit être le plus

ancien type, choisi par le prélat immédiatement après son investiture et sa nomination à la dignité d'archichancelier impérial pour l'Italie.

En 1386, les archevêques de Cologne, Trêves et Mayence conclurent un traité avec le Comte palatin du Rhin pour la frappe d'un JlorÏJi nouveau, au type du saint Jean debout. Au revers de la pièce, un trilobé devait entourer l'écusson du prince monnayeur, accompagné des écussons plus petits des souverains alliés. Quelques modifications de détail y furent autorisées plus tard : on plaçait une aigle entre les jambes du saint (1391) ou une croisette à ses pieds (1399), etc. Dès 1409, le Palatinat sortit de l'union et n'y rentra qu'en 141 7, date à laquelle l'image de saint Jean fut remplacée par celle du prince des apôtres.

Les blancs de Frédéric et leurs divisions conservent la figure à mi-corps ou le buste de saint Pierre, toujours avec l'écu de l'archevêque et le plus souvent avec son titre d'archichancelier. Il y a aussi des esterlins, appelés anglais, et même des demi-esterlins au type de saint Pierre, avec les douze besants au revers: puis des pfennings à la tête nimbée ou à la croix cantonnée des lettres FRID.

L'histoire monétaire de Thierry II de Mœrs (1414-63) ressemble beaucoup à celle de son prédécesseur. On continue d'abord la frappe du florin au saint Jean. En 141 7, nouvelle convention entre les trois archevêques et le comte palatin : saint Pierre remplace l'image du Précurseur ; le revers du florin garde son décor héraldique : un grand écusson et trois petits. Vers la fin de l'année, Renaud, duc de Juliers et de Gueldre, se joint à ses voisins, mais les coins étant déjà taillés, on n'y change rien et s'en sert ainsi pendant deux ans. Cette union, qui allait des frontières de l'Alsace jusqu'aux Pays-Bas, était un progrès immense vers l'unification des espèces monétaires. Toute la vallée du Rhin frappant les mêmes pièces d'or, quelles facilités données au commerce, entravé partout ailleurs par des changes continuels! La prospérité des pays rhénans à cette époque est certainement due, en grande partie, aux conventions, dont nous suivons ici le cours et les variations.

Quant aux types, l'accord de 1419 y touche le moins possible : au lieu de trois petits écussons accompagnant l'écu principal, on en met quatre; puis, le duc de Gueldre-Juliers étant mort en 1425, on remplace ses armes par une rose. Cette observation est une des jolies trouvailles de M. Paul Joseph, dont les écrits sont indispensables à qui veut étudier avec fruit la numismatique rhénane du moyen âge.

A l'échéance du traité (1425), les trois archevêques et le Comte palatin en font un autre, pour douze ans; mais, chose étrange, après avoir spécifié minutieusement l'aloi et le poids, on ne pa»ie plus du type, qui est abandonné au caprice de chaque souverain contractant. De cette époque datent \esJIorins à l'évêque debout (Cologne, Trêves, Mayence) et au prince debout (Palatinat), dont toutefois le revers porte l'écusson, un seul, dans un trilobé arrondi, non plus ogival. Aussi, à côté des florins ordinaires (prince monnayeur debout et trilobé), en voit-on maintenant d'autres, de types variés; à Cologne : le Christ assis sur un trône gothique (I^ Croix de saint André, fleuronnée et cantonnée de quatre petits écussons; date, 1426). Puis, deux ans avant l'expiration du traité, paraît \eJlorin à l'écu écartelé posé sur une croix longue. Là, les trois petits écussons des alliés occupent seuls le revers, groupés en trèfle, et quelques exemplaires portent les dates 1436, 57 et 38, tandis que le reste n'a pas de millésime.

Le nouveau traité de 1457 ne devait durer que six ans, mais il fut certainement renouvelé dans les mêmes termes, car le dernier florin de Thierry (1462) est au type du Christ assis et des quatre écussons relégués dans les cantons de la croix.

Non moins variées sont les monnaies blanches de cet archevêque, bien qu'au point de vue du décor elles ne diff"èrent pas beaucoup des pièces d'or. Un gros au saint Pierre porte la date 1437; sur un autre, on lit pour la première fois: MONETA NOVA BONNENT^/^j au lieu de BVNEN('5/5j, mais c'est une exception qui n'aura pas de suite; un troisième, au prélat debout et à double légende, comme celle des tournois français, se dit frappé ANNO • DNI • MCCCC • XXXII • ET • C. Parmi les pièces d'appoint, nous signalons un raderalbus (blanc aux roues) de

Deux ateliers s'ajoutent aux vieilles othcines de l'archevêché: Kônigsdorf et Rense.

Ruprecht de Bavière (1463-80), frère du comte palatin Frédéric, eut de graves démêlés avec son chapitre et se vit forcé d'implorer la protection de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, dont les troupes envahirent le pays en 1474. Dès l'année précédente, le chapitre l'avait déposé et remplacé par un administrateur, Hermann de Hesse. Au cours

de la guerre qu'il entreprit pour reconquérir son siège, Ruprecht fut fait prisonnier par le landgrave de Hesse, frère d'Hermann, et mourut en captivité.

De 1465 à 73, l'archevêque continua la frappe du ^on« au Christ assis, mais sans renoncer aux autres types (saint Pierre et prélat debout). Avant son investiture, il prit le X\tVQ.à.'electus. La légende interne de son gros de Deutz est GRO-SVS-TVI-CIS, celle du gros de Rheinberg: GRO-SSV-SBE-RC ; sur le demi-gros blatic on lit MONETA NOVA BERCHE. L'atelier de Riehl disparut, en 1474, avec le château.

La série monétaire d'Hermann IV de Hesse (1473-1508) se divise en deux groupes : les pièces frappées pendant son vicariat (1473-80) et celles de 1480-1508, où il fut archevêque. Comme vicaire (H'MA* GVB'NA')' il "S participait pas à l'alliance; ses armes personnelles et celles de Cologne figurent seules sur les espèces, qui sont au buste de saint Pierre. Il en est de même de sa monnaie épiscopale antérieure à 1490, et l'on y chercherait vainement les écussons de Trêves, de Mayence ou du Palatinat. Mais en novembre 1490, les quatre princes s'entendirent une dernière fois pour l'émission d'unjlorin au Christ assis (au salvator, comme on disait), dont le revers devait réunir en un trilobé leurs quatre écussons, entourés de la légende MONETA AVREA RE- UEl\(sis) ', moîinaie d'or rhénane, et du millésime. Nous en avons beaucoup, de dates variées; type et légende se sont maintenus pendant lexvi"^ siècle.

Quant à la monnaie d'argent, le gros de 1482 (fig. 1806) se rapproche sensiblement de celui de saint Louis, dont il reproduit jusqu'au châtel et au mot TVRONVS. Celui de 1489, au buste de l'apôtre, a pour légende interne: GROS TWCEHCsis). Tous ces textes sont encore en lettres gothiques.

Le système adopté pour la monnaie blanche et noire était très compliqué. On avait le blanc, le demi-blanc et le schilling, équivalant à -j — et -^ du florin. Une pièce de cuivre s'y rattachait, le môrchen (petit maure), dont 16 faisaient un blanc. Mais à côté de ces espèces, d'un compte facile, circulaient la double buysche, la buysche et sa moitié, qui ne valaient que ^' "^ et -^ du florin; puis un autre môrchen, le 7îou-

I. L'archevêque de Mayence mettait quelquefois : MONETA AVREA RENI. Au

catalogue Robert, p. 45-46, j'ai traduit cela par « atelier de Renen ». C'était prendre le Pirée pour un homme [R. S.].

veau, dont 3 faisaient 2 vieux, servait de pièce d'appoint à cette seconde série. Blanc et demi-blanc furent décriés en 1 502, et dans la même année l'archevêque de Cologne fil une convention avec Mayence, 1 rêves et le Palatinat pour la frappe de monnaies d'appoint similaires. Sur son pfenning, les armes parties des quatre alliés sont surmontées d'une b-

§ XVIII. — Ville impériale de Cologne.

La ville ne reçut son privilège monétaire que très tard, l'an 1474, par l'empereur Frédéric 111, et à la condition expresse de conformer sa frappe à celle des princes électeurs du Rhin. Elle entra donc dans l'alliance rhénane, et beaucoup de ses monnaies portent ks écussons des trois archevêchés, du Palatinat et de Juliers. Nous ne parlerons ici que de celles à légendes gothiques.

ht florin d'or se présente sous trois aspects :

1. Le Christ assis sous un tabernacle, avec l'écu de Cologne à ses pieds. I^ Le globe impérial crucigère et autour, les noms des rois mages : + lASPAR • MELCHIOR • BALTASAR.

2. L'écu de la ville, brochant sur une croix fleuronhée et cantonnée de quatre étoiles. I^ du type précédent. On appelait ces deux pièces : florins à h pojnme (appeîgulden).

3. Sur un tréfeuille gothique : l'écu aux trois couronnes des rois mages (fig. 1807).

Fig. 1807

lASPAR • MELCH* • BALTH' • REG(es). I^ Croix fleuronnée dans un quatrefeuilles, avec quatre couronnes dans les cantons. SPC • VINCIT ' SPCî REGNAT î

SPC: IMPER.

Gros et demi-gros reprennent parfois au revers la double légende du gros tournois français. On y trouve la date 1495, ou l'inscription marginale GROSSVS CIVITAT(i)S COLONI(e) se termine dans le cercle intérieur par AG(ri)PPl(n)A OLI(ni) D(i)C(OE. Sur d'autres demi-gros nouslisons GROSSICVLVS CIVITATIS sans le nom de la ville. Les variétés des blancs sont nombreuses, souvent au type du Christ debout ou à mi-corps, ou de l'apôtre saint Pierre. Ceux qui portent les écussons

l'empire d' ALLEMAGNE 121 5

de l'alliance monétaire ont aussi la légende moneta nova Renensis et les dates 1511 à 1515. Quant aux monnaies d'appoint, la ville doit avoir adhéré à la convention de 1 502, dont nous venons de parler, car il existe des pfennings à l'écusson de Cologne-Mayence-Trèves-Palatinat surmonté des trois couronnes. De même, sur quelques hellers, on voit les trois couronnes autour de la roue de Mayence; sur d'autres, elles sont disposées en triangle et séparées par les lettres l-B-M (laspar, Balihasar, Melchior).

§ XIX. — Seigneur it d'Alpen^.

Cette seigneurie, située près de Rheinberg dans l'électorat de Cologne, était depuis 1330 le gage d'un prêt d'argent consenti par le comte de Gueldre, qui, de son côté, la mit .bientôt en gage chez les juges héréditaires de Cologne, de la famille de Heppendorf. Un des membres de cette famille colonaise, Gérard d'Alpen (vers ijSj), a frappé un denier à ses armes (ALP autour de l'écusson dans un trilobé) et à la croix cantonnée de G-E-R-D, Gerd est la forme basse-allemande de Gérard.

Plus tard, le pays fut cédé au comte Gumbert de Neuenaar (1400- 30), dont on possède le raderalbus au type de saint Pierre (GVMPER' NVWENA')et au trilobé rhénan renfermant cinq écussons (MON'* NOV* ALPENS)- Le même a frappé un gros sur lequel nous retrouvons un type créé par Guillaume IX, duc de Gueldre et de Juliers (i 383-1402): d'un côté, la Vierge; de l'autre, les rois mages. Les légendes sont: (TVRPERTI : mOR€TA : ALP6RSIS — SALV€ • VIRGO • MATER • T€MPLV-SCI-S.

§ XX. — ComU de Sayn^.

Les monnaies médiévales de ce comté se réduisent à peu de chose. De Jean I II de Sayn-Sayn (1 357-1403), on a deux gros, l'un au prince debout (lOHES'COMESSEINENSIS), l'autre à l'écusson, copiés sur les pièces des ducs de Juliers et frappés à Hachenburg. Ses gros tournois, qui conservent le turonus civis de l'original, sont d'attribution incer-

1. Grote, Mûnistudien, t. II, 781. — F. Dumoulin, Pièces inédites du cabinet de M. Michieh van Verduynen, dans la Revue belge de niint. de 1871.

2. Grote, Mïmisludien, t. III, 155. — Blàtter fur Mtinifreunde, 1880, p. 698.,

Q.UATR1ÈME PARTIE

taine; mais celui de Salentin III, seigneur de Sayn-Hombourg (1^59-86) porte en toutes lettres DOMIN' SALENTIN et ne saurait appartenir à un autre.

§ XXI. — Burgraviat de Hammerstein^.

Le château de Hammerstein s'élevait en face d'Andernach, sur la rive droite du Rhin. Après avoir émis, au xm"^ ..ècle, des pfennings

au buste de l'empereur tenant un marteau (il y a trois marteaux dans lecusson des burgraves), Jean IV (1^58-59) et Louis V (1335-74) ont frappé un gros au prince debout (MONET DE HAMERST), et un autre au même type existe de Louis V et Guillaume (ij 59- 1409). De Guillaume seul, on a une série de gros touriiois au châtel (fig. 1808), la légende en langue vulgaire (WILLEM BORCGVE, borcgrevé); ils ont été classés par Dannenberg.

FIg. 1808

§ XXIL — Archevêché de Trêves^.

Baudouin de Luxembourg eut pour successeur Bohémond deSaarbrucken (1354-62), qui fit frapper les premiers gros d'argent et les premières pièces d'or, en même temps que sa menue monnaie parvint à un degré d'affaiblissement tel qu'un gros tournois français qui, jusque-là, avait eu cours pour 1 5 petits deniers de Trêves, en valait Je double sous Bohémond.

On possède unjlorin d'or avec BOEMD-AREPVS autour de la fieur de lis et un autre (unique) avec BOEM-VNDVS sans le titre. Les gros tournois représentent le prélat sur un siège orné de têtes de lion; il tient une croix longue et un livre ; à ses pieds, on voit l'écu parti de Trêves et de Saarbrucken : à la croix de saint André et brisé d'un lambel. Au revers, les légendes + XPC-VINCIT. etc. et + MONETAtCON- FLVEN {atelier de Coblence) font le tour d'une croix pattée. Ce même

1. Grote, Blâlter Jûr Mimifreunde, 1880, p. 697. — D.nnnenberg. Zritschift fur Num,, t. X, 231. — Mcnadier, Deutsche Mûnien, t. III, 62.

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