‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 58 sur 183 · Frankfurter Mun^ieilting , 1904, n. 43 (P.Joseph · texte numérisé non relu

Frankfurter Mun^ieilting , 1904, n. 43 (P.Joseph

Conrad II de Weinsberg (1^91-96) continue la frappe du ^or/n au saint Jean, en plaçant, d'après les termes du traité de Boppard (1 391), un petit aigle entre les jambes du saint. Mais l'émission de la monnaie d'alliance n'entrave nullement le cours des monnaies locales. Les Jlorins au saint Martin et à Tévêque assis ou debout circulent à côté des autres, et il faut attendre le successeur de Conrad, Jean II de Nassau (i 597-1419), pour voir disparaître le type du saint Martin. Le même prélat substitue une croisette à l'aigle entre les jambes de saint Jean; puis, l'an 1417, l'image de saint Jean disparaît, à son tour, des florins de l'alliance. On lui préfère la figure de saint Pierre. Les pièces d'argent de Jean II ne fournissent qu'un seul type remarquable: il s'agit du gros au lion de Nassau et à la légende GROSSVS • ARCHEPI • MO- GVNTINEN, qui porte au revers le mot C-R-V-X dans les cantons de la croix.

Conrad III, Rheingrave de Daun (1419-34), fait comme ses prédécesseurs et frappe simultanément \eJIorin local au type de l'évèque bénissant debout et le ^or/n d'alliance au saint Pierre debout, qui fut imité par Philippe de Saint-Pol (1420-22) avant son avènement au trône de Brabant. Mais bientôt les princes de l'alliance rhénane choisissent pour leurs Jlorins un type nouveau : le Christ assis. Saint Pierre assis figure sur le pfenning blanc de l'alliance. Un motif très joli, les trois écussons disposés en trèfle et entourés du millésime en toutes lettres, date du règne de Thierry I^r d'Erbach (1454-59). '^ se trouve aussi bien sur l'or (fig. 1816) que sur le ^ro5 d'argent, et le millésime figure en même temps sur le gros au buste de saint Pierre sous un baldaquin.

Fig. 1815

Fig. i8j6

Sur \c grand gros de Thierry, on voit saint Martin à cheval (SANCT • MARTINVS-PATRONVS). Un autre, appelé GROSVS {sic) THEO- ^(crici) AREPI MAGVT, à décor purement héraldique, est frappé à Heiligcnstadt. Les hcllers unifaces n'ont que l'écusson de Mayence-Krbach, une roue et une étoile.

Thierry II d'isenbourg, pendant son premierépiscopat(i459-6i), non reconnu parle pape, prend le titre d'e/fc/w^; Adolphe II deNassau (1461-75), celui d'clcctus et con/irmatus, avant de s'intituler archicpis-

copus. A partir de 1462, le Christ assis redevient le type des monnaies d'or de l'alliance. Sur les pièces émises par Adolphe II, on remarque, au milieu des légendes latines, le nom de Mayence écrit en allemand (MENCZ); un raderalbus est frappé à Seligenstadt; le lion couronné de Nassau et la roue figurent sur les hellers concaves; mais en vertu d'une convention avec le Palatinat (1459), le pfenning reçoit l'empreinte des écussons de Bavière et de Mayence, ce dernier surmonté de la lettre A.

Après sa réélection, Thierry II d'Isenbourg (1476-82) se contente du titre d'electus et conjinîîatus jusqu'à son investiture par le saint-siège. Le traité monétaire de 1477 lui permet de frapper des Jlorins d'or et des blancs d'argent (albus) à son écusson écartelé et brochant sur une croix (MONETA:NOVA : RENENS). H adopte aussi la formule dei gratia et continue l'émission des p/ennings aux armes de Bavière-Mayence (différent: un D)- Son successeur, Berthold de Henneberg (1484-1 504), est le premier archevêque de Mayence qui place son titre de prince électeur de l'empire sur ses monnaies et qui se serve de chiffres arabes pour les millésimes. L'alliance rhénane est désormais rompue; l'an 1488, lorsqu'il faut la renouveler, Mayence et le Palatinat seuls peuvent s'entendre. Leurs délégués, réunis à Francfort, adoptent le^/orm à l'écu brochant sur une croix et au Christ assis. Celui de Berthold est de toute rareté. Le pfenning k l'écusson de Bavière porte un B {Berthold) à l'avers. Avant l'introduction du thaler, il n'y a plus de type nouveau à signaler.

§ liï. — Ville de Mayence.

La ville obtint, en 1420, de Sigismond le droit de frapper des monnaies autonomes en argent; mais on ne connaît que des hellers unifaces, représentant soit une roue, soit, dans une bordure perlée, l'écusson à la roue, parfois surmonté d'une CD gothique, ou la roue entourée des trois couronnes de Cologne. L'an 1462, l'archevêque Adolphe de Nassau s'empara de Mayence par la force des armes, et dès lors elle perdit son privilège, qu'elle n'avait pu exercer que pendant une quarantaine d'années.

§ IV. — Landgraviat de Hesse^.

Au xiv<= siècle, la Hesse avait des ateliers à Cassel, à Marbourg et,

I. Sources: p. 738. — Hessisches Mùnxcabind des Prin^en Alexander von Hessen (Darmstadt, 1877), avec deux Suppléments, 1881 et 1885.

depuis I ?6o, à Schmalkalden, où les Henneberg monnayaient en môme temps. Les bractéates qui portent les mots CASSEL, MAREBVRG. SMALCALont été frappées par les landgraves, non par les villes ellesmêmes. C'est à Hermann le Savant (i 377-141 3) que remonte le premier .9cA ////«g- ou gros, à la légende RM A : ADNEPOS: BTE: ELIZABT. Au revers de cette jolie pièce, on voit le lion hessois, comme surle^c/î//- Img de Marbourg, dont l'avers représente la tête couronnée de sainte Elisabeth.

Les successeurs d'Hermann :

* Louis I'-'' le Pacifique, 1413-58.

♦Henri III le Riche, 1458-83.

*Louis II, 1458-7;.

•Guillaume ler, 1483-93.

n'ont employé, pour type de leurs gros, que l'écu au lion, placé sur les deux faces de la pièce (fig. 1817), ou le même lion sans écusson,

Fig 1817

OU la croix fleuronnée, rarement l'image de sainte Elisabeth, de même que leur heller uniface ne porte généralement que le lion ou l'écu hessois. Louis !<='■, dont les gros se présentent quelquefois avec une légende aWQxrïdinàQ {Ludewig langgrape)', acquit les comtés de Ziegenhain et de Nidda (1450). Après sa mort, ses deux fils se partagèrent l'héritage : Louis II prit la Hesse inférieure avec Cassel,Henri I II la Hesse supérieure avec Marbourg. Sur leurs monnaies, ils s'appellent volontiers comtes de Ziegenhain (CYGENH') et emploient le blason de ce comté aussi bien que le blason de Nidda. Leur albus est au type du saint Pierre assis, et sur le gros de Louis on trouve, en chiffres arabes, les dates (i4)66 et (14)67.

De Guillaume l^"", il existe un magnifique double gros d'argent, avec VIL(helmus) SE(n)IOR. frappé àCassel. L'avers de cette pièce représente sainte Elisabeth tenant le modèle de l'église de Marbourg (fig. 1818); au revers on distingue la croix de Jérusalem, l'épée coiffée d'un béret et le collier de l'ordre de l'Etole blanche. Ce sont des souvenirs de

I. Sur ceux lioiit le revers porte le nom de Frédéric ]<", landgrave de Thuringe. Voir Blâtterfùr Miinifreunde, 1891, p. l658(J. Lrbstein).

croisade'. L'albus de Guillaume a pour type un saint Pierre debout. Le nom de Guillaume de Hesse, avec la date (14)92, figure aussi sur un gros de Boguslav X, duc de Poméranie *, et, en abrégé (LWDEZC,

Fig. 1818

Landgraf Wilhelm der eltere ^u Cassel), sur un pfenning concave au type de la'tête de sainte Elisabeth. Nous approchons ainsi de la période du thaler, réservée à notre Traité de numismatique moderne, i. I, 162.

§ V. — Évêché et ville impériale de Worms.

Les monnaies épiscopales du xiii^ et du xiv^ siècle (p. 75O» deniers et bractéaies à double face, ont pour types un évèque assis, ou en buste, avec sceptre et missel, puis au revers la «croix de Worms », cantonnée parfois d'étoiles, de clefs, de tètes nimbées, des globes de l'empire, etc. Mais elles sont toujours mal frappées, et leur attribution reste incertaine. Les premières pièces émises par la ville, qui tenait son privilège de l'empereur Maximilien. sont: un gros du xV^ siècle, représentant la Vierge à l'enfant {ave gratia plena d. t.) et portant la légende MONETA NO CIVITA WOR autour de l'écu à la clef de Worms; puis un pfenning uniface, avec la lettre W au-dessus du même écu. Ce dernier se rattache à la convention de 1 502, relative aux monnaies d'appoint et dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises.

§ VL — Ville impériale de Francfort-sur-le-Mein^.

L'atelier impérial de Francfort est cité dans une charte de Henri VI (1 194). L'an 1 346, la municipalité reçut la licence de frapper de petites

1. J. Friedlànder, Zeitschrifi fur Num., t. VI, 252. Grote, ibid., t. VII, 234.

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