III. — LE HAUT-RHIN ET LA SUISSE
§ L — Comté de Spanheim ^
L'atelier était à Kreuznach (CRVCENAC)- Jean de Spanheim- Bolanden (i 338-85) y a frappé un demi-esterlin au saint Pierre, imité de celui de Trêves (fig. 1814), et à Jean I V (i 599-141 1) ou Jean V de Spanheim-Starkenburg (1411-37) on attribue deux pièces : un raderalbus au saint Pierre, analogue à ceux de Juliers, et un esterlin
au buste du même saint avec, au revers, la croix cantonnée de six
billettes.
Fig. 1814
§ n. — Archevêché de Mayence^.
A Mayence, la réforme monétaire s'accomplit sous Gerlach de Nassau (1546-71). Nommé par le pape, cet archevêque dut attendre la mort de son prédécesseur, et, de 1 546 à 1 554, le pays fut administré par Conon de Falkenslein qui fit frapper à Eltville le premier florin d'or (anonyme) au saint Jean et à la llcur de lis italienne. Monté sur le siège, Gerlach conserva d'abord ce type populaire du florin (GERL' AR'EPS), puis il en choisit un autre : le prélat debout sur un chapiteau, tenant la crosse et le livre; au revers, l'écu parti de iMayence-Nassau est placé dans
1. Grote, MùuistuJien, t. VII, 483. Blàtter fur MnnifreunJe, 1879, P- ^59-
2. Cappc, Descltreibung der Maittier Mûtiieu des Mittelalters. Dresde, 1856. — Mainliscbes Mùnicabinet des Prinien Alexander von Hesseti. DarmstaJt, 1882. — Sa>iiinliiu^' Cari Farim (Francfort, 1893).
une bordure de trois arcs et de trois angles (MONETA: INîOPIDO: PINGWEN, Bingen). A une date qu'aucun document n'est venu fixer, Gerlach conclut avec Ruprecht, comte palatin, une alliance monétaire qui motive la création de deux autres types (rares) du jlorin : saint Jean au revers de l'écu parti d'un lion et d'une roue, et l'archevêque debout entre deux écussons avec, dans le champ, un p (Bingen) ou un B, marque d'atelier de Bischofsheim sur le Tauber ; au revers de ce dernier florin, on voit le comte debout (RVPERT DVX COMES PAL)-
L'introduction du gros tournois à la légende Turonus civis se rattache également au nom de Gerlach, et du môme règne nous avons un esterlin à l'écu parti de quatre lions, sans compter hs p/e^inings concaves, parfois unifaces, qui portent soit une tête mitrée de face, soit la roue de Mayence.
Lq Jlorin d'or au saint Martin, émis pendant la vacance du siège de 1 57'» vient d'être retrouvé '.
Jean I^"" de Luxembourg-Ligny (i 371-7O' bien qu'il n'ait régné que deux ans, a frappé deux types du^onVi, celui à l'archevêque debout sur un chapiteau {atelier: Bingen) et un second, à l'archevêque assis de face sur un trône gothique (Bingen et Hôchst). Sa monnaie d'argent ne donne que le buste du prélat, et Vesterlin aux douze besants y reparaît une dernière fois. Après sa mort, le chapitre élut Adolphe I" de Nassau (1 373-90), évêque de Spire, qui, non reconnu par l'empereur, vint s'installer de force et gouverna le pays, de 1 373 à 1 381, avec le titre d'administrateur. A cette époque troublée se placent quelques ^or/ns anonymes (Hôchst et Bingen) au type du saint Martin assis sur un trône gothique et ayant à ses pieds un petit écu de Nassau. D'autres, au type de l'archevêque assis (ADOLP : EP SPI AMINISTT ECL MO) portent au revers soit l'écu de Mayence, soit l'écu écartelé à la croix de Spire et au lion. Après son investiture (1381-90), Adolphe continue d'abord la frappe àujlorin au saint Martin et emploie simultanément le type de l'archevêque debout. Ses ateliers se multiplient; Lorch, Udenheim (VTENHEM), Eltville, Neckarsulm, Miltenberg, Neustadt, Oberlahnstein s'ajoutent à ceux que nous avons déjà cités. Enfin, l'an 1386, il entre dans la confédération monétaire du Rhin, qui prend pour types le saint Jean debout des florins du comte palatin et les écussons de tous les souverains alliés. Ces écussons, pittoresquement groupés, se retrouvent aussi SUT un p/enning blaîic au buste de saint Pierre. Parmi les petites monnaies d'appoint, on remarque le pfenning à la roue et au lion, qui porte en toutes lettres le nom de l'atelier de Bischofsheim.