‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 73 sur 183 · Schlumberger, Bractéates a'Allema^m, p · texte numérisé non relu

Schlumberger, Bractéates a'Allema^m, p

§ II. — Ville impériale de Constance.

Constance doit avoir joui du droit de monnayage dès le commencement du xiir siècle. On dit que l'empereur Sigismond, pendant le concile (1414-18), modifia les armes de la ville (de gueules à la croix d'argent) en ajoutant au sommet de 1 ecusson une bande horizontale. Mais le fait ne doit pas être exact, car l'écusson sans cette bande se trouve encore sur les monnaies du temps de Maximilien I". Nous avons des pièces d'argent, dont le style et les lettres gothiques indiquent le premier quart du xv* siècle. Ce sont des gros et doubles gros, appelés 5cA/7//«jg'5 dans une convention passée entre la ville et ses voisines(i423). Les gros portent l'image de saint Conrad assis et l'écu de Constance sous une aigle; sur les doubles, on voit les saints Conrad et Pelage debout derrière l'écusson, ou bien, la pièce représente l'écusson seul (MONETA- CIVITATIS- CONSTANC) et l'aigle impériale à une seule tête(TIBI SOLI GLORIA ET HONOR).

§ III. — Abbaye de Reichenau^.

Un gros à légendes gothiques représente l'écusson de l'abbaye sous la mitre (MONETA- AVGIE- MAIORIS) et au revers le lion ailé (S. MAR- CVS* EVANGELISTA), comme sur les bractéates dont nous avons parlé p. j^ i . Sur un jy/enning plus ancien, on voit le même lion et le buste de l'abbé avec un A sur la poitrine. D'après une légende locale, le corps de saint Marc était enterré, non à Venise, mais à Reichenau.

§ IV. — Villes de Souabe\

Ville impériale de Hall-sur-le-Kocher . — Hall est la patrie des heller (haller). Un atelier monétaire y fonctionnait dès le xi« siècle; au xiv«, il travaillait pour l'empereur (p. 744), depuis 1396 pour la ville. Une main droite ouverte et une croix étaient les armes municipales et se retrouvent sur les monnaies, qui, sous le règne de Maximilien prennent ' la légende MONETA NOVA SWEBISCH HAL avec une date (1 5 1 5-22). f

I Beyschhg, Muti:^cschicble Augshurgs, p. 132. 2. Binder, p. 438 et suiv.

Ville impériale d'Isny. — Son droit monétaire ne remonte qu'à 1 507. On reconnaît facilement ses pfennings, dont plusieurs sont unifaces, aux armes de la ville : un fer à cheval. Les bat!{en ou demi-bat^en datés (1508-32) ont pour légende: MON, NOV. CIVITA. ISNI (ouYSNI) et, au revers, soit une étoile, soit saint Georges à cheval.

Ville impériale de Ravensburg. — Au xni^ siècle, l'évêque de Constance y avait une officine monétaire. Le droit de monnayer pour son propre compte fut octroyé à la ville en 1442. Les armes de Ravensburg (porte flanquée de deux tours) figurent sur une bractéate, quelques schillings (MONETA RAVENSPVRGENS) et des kreu^ers et demikreu^ers.

Ville de Riedlingen. — Un maître de la Monnaie de Riedlingen est cité en 1266. On ne possède de cette ville qu'une bractéate à ses armes (deux rames en sautoir).

Ville impériale de Rottweil. — Droits monétaires accordés par Maximilien, en 1512, mais exercés dès 1 506, Gros de billon à légendes gothiques : MONETA N. ROTWELE (aigle impériale); revers: SALVE CRVX SANCTA (croix latine).

Ville impériale d'Ueberlingen. — On ne connaît qu'un pfenning uniface, au type du lion, frappé vers le premier quart du xv^ siècle. — Voir la suite dans notre Traité de num. tnoderne, 1. 1, 3 50 et 5 5 1 .

Ville ifnpériale d'Ulm. — La frappe d'une monnaie communale est autorisée en 1398; mais le premier heller, au type de la main et de la croix, peut remonter à 1356 et ne se distingue des pièces similaires de Hall que par l'adjonction d'un V. Toutes les autres monnaies portent l'écusson de la ville {coupé de sable et d'argent). Sur un des schillings, on lit: MONETA CIVITATIS VLME et au revers: C0M0N1TATIS VLMENSIS. dans le style italien; sur un autre : FACTA EST MONETA NOVA ISTA. puis, dans le champ, VLME.

§ V. — Comté puis duché de Wurtemberg^.

L'an 1 374, l'empereur donne au comte Eberhard II (i 344-92) l'autorisation de frapper des heller, et il est probable que les pièces de ce

I. Binder, Wûrttemhergische Mûn\- und MedailUnhinde (Stuttgart, 1846).

genre les plus anciennes (deux bois de cerf dans le champ; trois bois de cerf dans un écu ovale; cor de chasse avec sa bandoulière) remontent à cette date. On peut attribuer au même quelques pfennings figurant le buste du comte, coiffé d'un chapeau à larges bords, et portant les lettres Ç-S; ils auraient été frappés à Schweinfurt, dont une moitié appartenait en 1^54^ Eberhard II, depuis son mariage avec Elisabeth de Henneberg-Schleusingen '. Tous ont le carré en relief {quadrahim supercu- SMm)des monnaies de Ratisbonne et comptent parmi les pièces les plus mal frappées du moyen âge. Pour le règne d'Eber hard III (1 592-1417) nous avons déjà un beau schilling, frappé à Stuttgart (MONETA IN STVGGARTEN) avec l'écu dans un trilobé et la croix dans un quadrilobe, selon le goût du temps. Ces mêmes types se retrouvent sous Loui s I^"" (1419-50) et Ulric V (143^-80), mais la plupart des monnaies de ce dernier sont frappées en commun avec le margrave Christophe de Bade et portent d'un cùté les armes de Wurtemberg-Montbéliard, de l'autre les armes de Bade-Sponheim. Les schillings d'Eberhard V le Barbu (14S7-96; duc en 1496) ont la légende: EBERH- COM* &• WIRT* SENIOR et au revers un palmier avec la date 1494. On attribue à son cousin et successeur Eberhard VI (1496-98) éts pfennings unifaces, marqués d'un Ç gothique. Pour la période du thaler, voyez notre Traité de Numismatique moderne, t. I, p. 557. La série des pièces frappées pour lecomté deMontbéliard(/^/^.,p. J56) commence avec Ulric VI (1498-1 550) dont les tiers de schilling portent, au revers, la légende COM€S: MONTIS: BELLIG en lettres gothiques.

§ VL — Comté de Hohenlohe^.

Vers 1255, les comtes de Hohenlohe-Weikersheim furent autorisés à battre monnaie. Leurs pfennings ressemblent à ceux de Ratisbonne: deux bustes de face dans un encadrement, et, au revers, une tête de face entre deux lettres, V-O ou O-V. Les bustes désignent le règne simultané d'Ulric II et de son frère Frédéric (1382-96); la lettre O se rapporte à l'atelier, Oehringen. Ulric seul (1396-1407) remplace les bustes par son écusson dans un trilobé. Du comte Albert (1407-29) on ne possède qu'un pfenning à la tête de face et à la roue de Mayence; la pièce est

1. Mittheilungen d. hayerischen nuni. GestUsclaft , 1890, p. 7 (Fikentscher) — Buchciiau, Blâtter fur Mùnifteundt, 1904, p. 3080.

2. Streber, Die âlleslen Mùn-^en der Grafen von Hohenlohi. Munich, 1849, 111-4*».

frappée à Neckarsulm (SVLM..), ville qui, de 1335 à 1484, appartenait à l'archevêque de Mayence.

§ VII. — Comté d'Œttingen^.

L'an 1593, le roi Wenceslas donne la licence monétaire aux comtes Louis XI (f 1440) et Frédéric III (f 1423) qui frappent des pièces d'appoint et même des schilliiigs à leurs armes ou à la tête de braque, décor du heaume d'Œttingen. Les p/ennings d'UIric (f 1477) portent un O^^dans la paume d'une main ouverte, si le nom du comte n"est pas indiqué par un Ventre deux roses, he florin d'or de Wolfgang (f 1 522) porte la date 1 519; de même, les monnaies émises en commun par Wolfgang et Joachim: schillings, demi-schillings, èa/,^en, au type du saint Sébastien ou du casque, ont toutes leur millésime, sauf un pfenning uniface (W*U écusson) et une pièce de cuivre à double écusson. On possède aussi des monnaies de Wolfgang, Martin et Louis XIV, marquées parfois de l'aigle impériale de Charles-Quint. Joachim seul (f 1520) n'a frappé qu'un pfenning sans date. De Charles- Wolfgang (f 1549) ^^ Louis XV (f 1557) on a des yZorins d'or. Dans notre Traité de numismatique moderne, t. I, 54?, on trouvera l'arbre généalogique, très compliqué, de la maison d'Œttingen.

§ VIII. — Évêché d'Augsbourg.

* Henri III de Schôneck (1537-47). 'Pierre de Schaumbourg, cardinal (1424-

*Marquard de Randeck (1348-65). 69).

*\Valther II de Hochschlitz (1366-69). *Jean II, comte de Werdenberg (1469-86).

*Jean I Schadiand (1371-73). *Frédéric III, comtedeHohenzollern(i486-

*Burkhard d'Ellerbach (i 373-1404). 1505).

*Eberhard, comte de Kirchberg (1404-13). *Henri IV de Lichtcnau (1505-17).

'Frédéric II de Grafeneck (1413-14). 'Christophe de Stadion (1517-43).

'Anselm de Nenningen (1414-23).

Tous ces évèques ont frappé des pfennings surchargés d'un carré à la tète mitrée entre une crosse et une pomme de pin, et des heller au type de la main ouverte. Au revers, il y a presque toujours une lettre ou un monogramme, initiales du nom du maître de la Monnaie. La lettre D

I. Lbffelholz von Kolberg, Œttingana. S. 1. n. d. (1883). — Kull, Reperlotium, p. 327.

Page 1