Grote, Mûn^studien, t. V
2. Schmidt (Max), Die Mùn^en tind MeJaiUen der Herjège von Sachsen und Latunhurg. Uatzcburg, 1884, in-4.
§ XX. — Fille impériale de Lubeck.
Le privilège pour la frappe de l'or à l'imitation des florins italiens remonte à l'an 1340; on connaît des florins d'or au lis et au saint Jean avec la légende ?LORE(nus) \y^\C(ensis).
Sur les pfennings blancs de la seconde moitié du xiv^ siècle, les mots MONETA LVBICENS'sont placés autour de l'aigle impériale, et CI VITAS IMPERIAL' autour d'une croix dont le cœur est évidé en rosace. Cette rosace devient, en 1 379, une étoile. L'an 1405, en vertu d'une convention passée avec Hambourg, Lunebourg, Rostock, Wismar et Stralsund, les blancs (witten) reçoivent, sur chaque face, l'écusson à la double aigle; de même le dreiling, le pfenning (quart de blanc) et le detni-p/enning. Une nouvelle convention, signée l'an 1410, adopte pour le revers une croix coupant la légende.
Le 5c/n7//;2^(MONETA' NOVA) frappé au xv« siècle porte l'inscription: cruxfugat omtie malu?n, et le même texte servira plus tard pour le double schilling, sur lequel l'aigle de l'empire est remplacée par saint Jean debout, tenant l'agneau. Voyez notre Traité de num. moderne, t. I, 280.
§ XXL — Ville impériale de Hambourg.
Jusqu'au milieu du xiv<= siècle, Hambourg ne frappait que des bractéates ou pfennings creux, la plupart en argent et ayant pour type une feuille d'ortie sous un portail. Ce type est souvent enjolivé d'une bordure rayonnante, et le portail se transforme en un mur d'enceinte à trois tourelles. Sitôt que la ville est maîtresse de sa Monnaie, elle fait une émission de blancs (witten) et de demi-blancs à double face et à bords perlés : MONETA HAMBVRGENS' (château à trois tours); revers: BENEDICTVS DEVS (croix cantonnée de quatre feuilles d'ortie). Ce coin reste à peu près immobile jusqu'à l'introduction du schilling.
Une alliance monétaire pour la conformité des espèces est conclue, en IJ79, avec Lubeck et Wismar, en 1581 avec Rostock, Stralsund et Lunebourg, puis les alliances entre les six villes wendes, ou seulement entre quatre ou cinq, se renouvellent périodiquement et aboutissent à la création du schilling (1432) et du double schilling (1461) aux légendes : benedictus dominus deus, signo crucis salvemur ou conserva nos d(omi)na.
La licence de monnayer en or est accordée en 143$ par Sigismond, mais \eJlorin est impérial, car il porte le nom de l'empereur autour du globe crucifère (I^ saint Pierre debout), et ce n'est qu'en 1475 que Frédéric III permet de frapper des ducats aux armes municipales, tout en y maintenant le nom de l'empereur. On n'a, de cette espèce, que l'un des coins, celui du revers. Le premier ducat dont l'original existe, est de 1497. Il porte sur ses deux faces l'image de la Vierge à l'enfant, patronne de Hambourg, encadrée dans un ovale.
En dehors de ces pièces, nous trouvons une belle monnaie hambourgeoise en Ostfrise (p. 1282).
§ XXIL — Villes du Holstein.
Les cinq villes suivantes ont frappé, vers la fin du xiv* siècle, des blancs (witten) sur le modèle de ceux de Lubeck :
1) It^ehoe. — CIVITAS ETSCCHO. Feuille d'ortie au-dessus de trois tourelles. I^ MONETA HOLSACIE. Croix.
2) Kiel. — De cette vieille cité hanséatique, on possède des bractéates avec la feuille d'ortie du Holstein au-dessus d'une barque. Les blancs, très rares, sont au même type. Légendes: MONETA KILENSIS — CI- VITAS HOLZACIE.
3) Neustadt. — MONETA NI ESTAT. Feuille d'ortie au-dessus d'un château fort. I^ CIVITAS HOLTSACIE.
4) Oldesloe. —CIVITAS HOLTZACIE. Saint à mi-corps, tenant la feuille d'ortie. I^ MONETA ODESLO. Le demi-blanc porte la feuille d'ortie seule.
5) Rendsburg. — Même blanc avec CIVITAS RENSBVRG. Nous n'avons pas trouvé de renseignement sur le type de cette pièce.
§ XXIII. — Duché de Mecklenbourg ' .
Vers le milieu du xiv* siècle paraissent le blanc (witte) de 4pfennings et le demi-p/enning (scherfe) en forme de bractéate; jusque-là, pour
1. Voir p. 674. — Œrtzen (O.), Die MeckknbiirgisclKn Mûiiien des grossh. Mûniid" billets. Scluvcrin, 1900-1902, in-4.
faire des demis, on avait coupé la pièce entière en deux moitiés. 3 de ces blancs (12 pf.) valaient un schilling (monnaie de compte), 1 6 schillings faisaient un marc, et 20 schillings une livre. Dans le commerce, on se servait encore de lingots d'argent contremarques. Les pièces concaves et unifaces du xiv^ siècle (2, i et - pf.) continuent de porter la tête de taureau, couronnée ou non, dans une bordure radiée.
§ XXIV. — Villes de Meckknbourg .
I. Rostock. — En 1^25, le duc de Mecklenbourg vendit ses droits monétaires à cette ville; mais on possède de petits deniers du xiii* siècle, qui portent la légende RO-SS-TO ou RO-SST-OTE autour d'une tête de taureau dans un écu triangulaire. Les numismates allemands les attribuent à la cité plutôt qu'aux ducs, bien que le revers de ces pièces figure un casque couronné entre deux moitiés de têtes de taureau, dont les cornes sont parées de plumes de paon.
Les pfennings blancs (jvitten) antérieurs à ij8i ont un griffon sur chaque face, ou bien un seul griffon et, au revers, une croix. Légende : CIVITAS MAGNOPOL - MONETA ROSTOKCES. L'an ijSi, la ville signa une onvention monétaire avec Lubeck, Hambourg, Wismar, Lunebourg et Stralsund pour l'émission d'un pfenning blanc (witte) en argent fin et d'un heller concave en billon. Les types ne furent pas changés, mais au centre de la croix on ajouta une étoile. D'autres détails furent modifiés lors du renouvellement de la convention en 1405; on reprit aussi le type des deux griffons (même pour les quarts de blanc), puis, en 1410, le griffon du revers fut remplacé par une croix longue et, plus souvent encore, celui de l'avers par l'écusson de la ville. Les variétés de ces pièces et de toutes celles des autres villes de Mecklenbourg sont innombrables.
2. Wismar. — A partir de 1359, la Monnaie appartenait définitivement à la ville, non plus aux ducs. Le type constant du pfenning blanc est une tête de taureau, à la langue pendante ou non, d'abord sur les deux faces delà pièce, ensuite sur une seule, le revers étant occupé par une croix fîeuronnée, parfois avec une étoile au centre. Légende: CIVITAS MAGNOPOL— MONETA WYSMARIE. On connaît aussi îc ^war/ de cette espèce. L'an 1587, la tète de taureau est remplacée par l'écusson de la ville {parti d'une moitié de tête de taureau et d'une bannière). Après le traité de 1405, le blanc avec son demi Ql son quart reçoivent l'écusson sur les deux faces, et les légendes sont : CIVITAS
1296 QUATRIHMn PARTin
MAGNOPOLENS— MONETA WISMARIS; mais à l'écu du revers se substitue, en 1410, une croix longue.
3. Gnoien. — L'atelier ducal fut fermé en 1 j6i, et Rostock reçut l'autorisation d'y monnayer. Cela explique pourquoi les blancs de Gnoien portent le griffon de Rostock, en même temps que le demi-lis, qui fait partie des armes de Gnoien, occupe Tun des cantons de la croix (MO- NETA GNOGENSIS ou GNOGHENSIS)-
4. Friedland. — Monnayage très restreint, ne dépassant pas le xiv<= siècle. Blancs à la tête de taureau (MONETA VREDELAND); au revers, croix cantonnée de quatre étoiles. Là aussi, quelques rares exemplaires ont un griffon au revers,
j. Neubrandenbourg. — Blancs à la tête de taureau; au revers, une croix cantonnée de deux étoiles seulement (MONETA BRANDEBO)- D'autres au griffon et au verset : deus in nomine tuo.
6. Grevismuhlen. — Un blafard concave et uniface, du xiv^ siècle, porte dans une bordure radiée les armes de cette ville (écu parti d'une moitié de tête de taureau et d'une moitié de roue de moulin). Au xvi^ siècle, le duc de Mecklenbourg y eut un atelier monétaire.
§ XXV. — Seigneurie de Werle.
Les quatre villes suivantes relevaient de la seigneurie de Werle; toutes leurs monnaies portent la tête de taureau de ce fief, et la plupart ont l'inscription: CIVIT DNI D WERLE.
1. Gustrow. — Blanc et qttart de blanc. Revers: MONETA GVS- TROWE autour de la croix. Parfois le verset biblique: deus in nomine tuo, ou CIVITAS DOMINVS. — Blanc frappé en commun par Rostock et GustroNv,
2. Malchin. — Blanc aux mêmes types, avec MONETA MALCHI- NEN.
3. Parchim. — Blanc et quart de blanc aux mêmes types, avec MO- NETA PARCHEM; quelquefois CIVITAS DOMINVS.
4. Teterow. — Blanc et quart de blanc aux mêmes types, avec MO- NETA TETEROW (THETROW).
l'empire d'allemagne 1297