I.I.;S MEIS IKANCAIS
ce nouveau privilcge dillcrcnt scnsiblcincnt des autres par le module, la fabrique et ratlaibscnient notable du poids.
Le nom de Gautier parait sur Ils deniers et ks oholcs, associé à celui du roi Louis Wl (liu^ ^'^^'^'^O j ^^'lui de son successeur, l\.o;;er de Rozov, est accompai;ne d'abord du nom de Louis Wl, puis de celui de Philippe-AuL^ustc (ii;^. «S87).
Il y a une nouvelle lacune dans le monna}-ai;e laonnais pour toute la durée du xiu'' siècle. La dernière pièce connue, et encore ne Test-elle que par un ancien de^oin, porte associe", les r.oms de (iazon \{ et de Louis X. C'ebt de cette pièce qu'il est question, en 1313, dans la fameuse ordonnance sur la monnaie des barons : luin, la nivnnoic de l'ci'csquc de Laon ijuc l'en .ipt-elle iiLLiilIes Icvisiemws doiienl c:iyc à iij d. xvîij i^raîns de lox, urinent le Roy, et de xv s. mcuiilliS doubles de pois, au marc de Paris. »
Seivieurie de Cousv.
Une charte de Raoul L sire de Couc\", dei:'!:^ de 1107, prouve vjue les sires de Coucy avaient une monnaie particulière circulant dan:> leur. terres: denarlun: n:oi:e'ae lerrae nicie. Ce der.i.r, dunt on a retrouvé un exemplaire, porte a T avers une sorte de châtel avec clocher et truis i:ci'l^^ cintre^^. Les légendes sunt. + RADVLFV5 ~ + CO- /li#^5^T.% CIACVS.
On n'a: pas encore de n-onnaies du îii> et successeur de Rauid L Hni:iierrand III le i • -
Grand (i I9i-I2.}2j. mai. 0:1 attribue a Raoul II (1242-12 30) des deniers û^^yr^z". rius moderne c\ic ccm^ de son aïeul, au droit desquels se montre une for:ere:)Se vue de proiil (lig. 888).
'l XCII. — Eicché de Xoyon.
La plus ancienne monnaie deS évéques de Xoyon connue aujourd'hui est un denier de Ratbode II (io6-S-io9Sj, découvert en compagnie de
pièces d'Adalbéron de Laon et de deniers amiénois à la légende centrale
PAX. Voici le type de cette pièce: ADB... Dans le champ, EPS. H.
NOVIOMVS. Croix aux bras horizontaux de laquelle pendent deux oméga. On n'a pas retrouvé de monnaies des évêques de Noyon pour la plus grande partie du xii^ siècle. Le même fait d'immobilisation, que nous avons constaté à Beauvais et à Laon, s'est peut-être produit à Noyon, l'activité monétaire de cette ville ayant toujours été très restreinte. Le monnayage reparaît avec Renaud (1175-118^) et Etienne (1188- 1221), qui marquent l'un et l'autre leurs deniers soit d'une main bénissant, soit d'une croix haussée sul* une étoile et accostée de deux crosses (fig. 889).
Suivant une ingénieuse observation de M. Caron, la double crosse, allusion évidente à l'union séculaire sous un même Fig. SS9 prélat, des évêchés de Noyon et de Tour-
nai, n'avait plus, à la fin du xii*^ siècle, de raison d'être. On peut supposer que ce type n'est qu'une continuation d'un type existant avant Renaud sur des monnaies encore à retrouver.
Voici quels furent les évêques de Noyon depuis Ratbode II jusqu'à Renaud :
Baudry, 1098-1113. Baudouin II de Boulogne, 1148-1 167.
Lambert, 1114-1122. Baudouin III de Beuseberg, 1167-1174.
Simon I de Vermandois, 1 123-1 148.
§ XCIII. — Évêché d'Amiens,
Pendant la période féodale, l'histoire monétaire d'Amiens est des plus embrouillées ^ Trois pouvoirs, l'évêque, le comte et la commune, jouissent à la fois des prérogatives du monnayage. On a pu remarquer dès le règne de Charlemagne une dualité dans le monnayage amiénois : il y a des deniers portant AMBIAN, d'autres SCI FIRMINI. Nous croyons devoir admettre que dès l'origine de la féodalité, l'évêque s'empara de l'un des ateliers carolingiens, tandis que le comte s'adjugea l'autre.
La série des évêques d'Amiens est encore bien pauvre. On ne connaît qu'un denier au nom de Foulques II (1036-1058), + FVLCO EPIS- COR, et au type du temple très déformé.
I. R. Serrure, Quelques viot<: sur l'histoire monétaire d'Amiens pendant la période féodale, dans le Bull, de numism., t. II, 1882-83, P- 3^-
§ XCIV. — Comté d'Amiens.
De toute la série des comtes antérieurs au xii"^ siècle, un seul, Gautier II (986-1027), nous a laissé une monnaie, un denier à l'empreinte du temple. Les légendes donnent en même temps que le nom du comte VVALTERIVS C. l'indication de la ville, + AMBANIS CVIAS (fig. 890).
En 1155, Philippe d'Alsace, comte de Flandre, contracta mariage avec Isabelle, sœur et héritière de Raoul le Lépreux, comte de Vermandois et d'Amiens. Cette ville fut momentanément réunie au comté de Flandre. Philippe d'Alsace afferma la fabrication de son numéraire à un financier \X nommé Simon, et aussitôt nous voyons les forges amiénoises produire de beaux Fig. 890
deniers, d'une exécution très soignée. Au droit, la légende PHILIPPVS COMES entoure sur les plus anciens le type FAX immobilisé. Sur des pièces d'une fabrication plus récente, la même inscription encadre un A accosté de deux fleurs de lis. Au revers, une croix cantonnée de deux S et de deux globules est ceinte du nom du monétaire, SIMON FECIT.
A une époque qu'il sera toujours difficile de déterminer, Philippe d'Alsace, préoccupé par l'idée d'une fusion complète de l'Amiénois et de la Flandre, y introduisit le système monétaire de ce dernier pays. On ne frappa plus de grands deniers de métal aUié, mais de petites pièces ou mailles d'argent fin offrant le nom du comte, et, dans le champ, les lettres AMB (Amhiani), disposées en triangle autour d'une étoile. Au revers, autour de la croix, figure une légende au sujet de laquelle on n'est pas encore fixé, LIPLLOA.
Après la mort d'Isabelle de Vermandois, décédée le iG mars 11 82, le comte de Flandre voulut retenir son héritage, qui à défaut d'hoirs devait faire retour à la couronne. Le roi Phihppe-Auguste réclania l'Amiénois les armes à la main et le réunit au royaume (11 86).
§ XCV. — Commune d'Amiens.
Dès le XI* siècle, il existait à Amiens un pouvoir municipal dont l'action était distincte de toute autre autorité. Cette espèce de commune, sinon de droit, du moins de fait, avait ses primores urhis, ses viri
authentici habentes in plèbe et in clero pondus testimonii. C'est à cette commune primitive que MM. Mallet et RigoUot^ attribuent des deniers portant la légende 4- ISIAMVNAI. + ISIAMVNTAI, aussi bien du côté de la croix qu'autour du type PAX qui constitue le droit de la pièce. Découvertes en compagnie de deniers du xi^ siècle, ces monnaies sont contemporaines de la réforme faite à Corbie par l'abbé Evrard, lequel, en 1085, ordonna à ses monnayeurs de tailler les deniers du monastère sur le pied du numéraire amiénois. La légende ISI A MVNAI a été interprétée par M. RigoUot d'une manière aussi ingénieuse que naturelle; il y a vu les mots : ici a monnaie, ceci est la monnaie, en langue vulgaire. Les premières monnaies municipales d'Amiens sont souvent d'une barbarie de style, d'une négligence de frappe incroyables. Il y a bien lieu de leur appliquer un passage de Guibert de Nogent. Parlant des espèces de mauvais aloi que l'évêque de Laon faisait frapper, Guibert dit que ce prélat essaya d'introduire dans ses terres : ambianenses obolos, corruptissimum etiam quiddam.
En 1113, les Amiénois entreprirent d'étendre leurs privilèges et de faire passer dans le droit ce qui existait déjà en fait. Soutenus par le roi de France Louis le Gros, ainsi que par Tévêque Geoffroi, leur révolution
communale fut bientôt accomplie et la (( pax )) amiénoise proclamée. Avec M. Caron, nous reporterons à cette époque les premiers deniers sur lesquels les légendes PAX — CIVIBVS TVIS — AM- Fi? S91 BIANIS remplacent le FAX— ISIAMVNAI
primitif. Comme le dit fort bien M. Rigollot, ce changement de légendes indique une véritable consécration du droit de battre monnaie (fîg. 891). Sous Philippe d'Alsace, la commune d'Amiens continua à exercer les droits monétaires; mais elle battit des mailles du système flamand. Ces pièces portent AMB en plein champ, comme les monnaies comtales. Quant aux légendes circulaires, MONETA — CIVIVM, elles ne laissent pas de doute sur l'origine du numéraire. Nous nous trouvons en présence de l'exemple le plus caractéristique du monnayage communal dans le nord de la France 2.
1. Notice sur une Recouverte de monnaies picardes. Amiens, 1841, in-8.
2. Rif^oUot, Mcni. sur une monnaie du xii^ siècle frqppee par V autorité municipale d'Amiens, dans iQsMêm. de la Sôc. des anliq. de Picardie, t. V, 1842, p. 335. — Caron, Monnaies communales d'Amiens, d.msV Annuaire de ta Soc. franc, denumism., t. II, 1867, p. 179.
§ XCVI. — Abbaye de Corbie.
Un atelier se trouvait établi dans le monastère de Saint-Pierre de Corbie dès l'époque mérovingienne. Nous avons vu (p. 272) que dès le temps d'Eudes les abbés s'affranchirent de l'autorité royale. Nous devons passer au milieu du xi*" siècle pour retrouver la trace du monnayage de Corbie. L'abbé Foulques (1048-1095) inscrivit son nom sur des deniers empreints d'une crosse accostée de deux croisettes. Le revers porte une clef, la clef de saint Pierre, et la légende CENOB- CORBEIE.
Au gouvernement d'Evrard (1095) se rattache un curieux règlement monétaire édicté par l'abbé d'accord avec ses monnayeurs Lambert et Héron. Il y est dit notamment que les deniers et les oboles de Corbie seront forgés selon le poids et l'aloi des monnaies d'Amiens. Les pièces d'Evrard ont au droit la crosse accostée d'un alpha et d'un oméga; au revers, une croix pattée. Ce type fut conservé par les successeurs d'Evrard.
Pendant la première moitié du xii*^ siècle le nom de l'abbaye est remplacé par celui de Saint Anschaire : ANSCHERVS, moine de Corbie qui fonda l'église de Hambourg et catéchisa les Germains. Ce nom s'immobilisa sur les coins et les monnayeurs ignorants et routiniers lui firent subir les transformations les plus bizarres, AN- S€B6IRV. ANSCIddVS. ANCICIVS etc.
Au revers l'inscription ABBAS CORBEIE est tout aussi torturée (fig. 892). Ces monnaies au nom d'Anschaire, longtemps d'une grande rareté, sont répandues en nombre considérable dans les collections depuis la trouvaille d'Albert où elles étaient mêlées à des deniers de la commune d'Amiens.
Voici la liste des abbés de Corbie pendant le xi* et le xii* siècle. Les noms de ceux dont il existe des pièces signées sont précédés d'un astérisque :
Herbert, 1013. *Jean I de Bazancourt, 1158.
Richard, 1016. Hugues I, 1172.
*FoulquesI, 1048. *Josson, 1185.
* Evrard , 1 09 $ . Nicolas III, 1 1 87 .
Nicolas I, 1096. Gérard, 1193.
Robert, 1125. Jean II de Baslin, 1196.
Nicolas II, 1142. Foulques II, 1198.
En 1185, Philippe- Auguste s'immisça dans le monnayage de Corbie, ordonnant à Tabbé de recevoir dans ses terres les espèces royales et lui promettant à son tour de ne pas mettre d'obstacle à la libre circulation du numéraire abbatial. L'émission des pièces autonomes continua sans doute jusque vers le milieu du xiii*" siècle, pour céder enfin devant la politique centralisatrice des rois de France.
§ XCVII. — Seigneurie d'Ancre.
Vers 1115, Charles de Danemark, fils du roi Canut et d'Adèle de Flandre, reçut de son cousin germain, Baudoin comte de Flandre, la terre d'Ancre en Picardie.
Charles ouvrit dans le château d'Ancre
un ateHer monétaire où furent firappés
des deniers portant au droit, + MO-
NETA CA et dans le champ RO-LI en
deux lignes ; au revers , la légende
+ INCRENSIS autour d'une croix
^'^■^'' pattée (fig. 879).
La seigneurie d'Ancre changea de nom après la mort violente du
maréchal d'Ancre, et prit le nom d'Albert, en l'honneur d'Albert de
Luynes, le nouveau favori de Louis XIIL
§ XCVin. — Baronnie de Picquigny,
D'après une charte de Garnier de Borrenc, abbé de Corbie en 1300, les barons de Picquigny, vassaux de l'église d'Amiens, avaient le droit de faire monnaie propre. Les monnaies de Picquigny n'ont pas encore été retrouvées.
§ XCIX. — Comté de PonthieuK
La numismatique de Ponthieu commence sous Gui I (1053-1100) par l'émission de deniers très barbares frappés à Abbeville, la seule ville de leurs états où les comtes aient ouvert une monnayerie. Le type de
1. Deschamps de Pas, Essai historique sur les monnaies des comtes de Ponthieu, dans les Mèm. de la Soc. des Antiq. de Picardie, t. XIII, 1854.
ces pièces, vague souvenir de certaines monnaies du roi Eudes, est formé d'une croisette entourée de deux croissants et des lettres OTO deux fois répétées (fig. 880). Parfois les légendes VVIDO COMES — ABBATIS VILLA sont correctes, mais le plus souvent l'orthographe prête à des
Fig. 880 Fig. 881
erreurs ou des interversions. L'émission de ces monnaies, dont le fait d'une longue fabrication peut seul expliquer l'excessive dégénérescence, fut sans doute continuée sous les successeurs immédiats de Gui. Un monnayage nouveau (fig. 881) fait son apparition sous Jean I (1147-1191). En 1186, le comte afferma à une famille de financiers, à Godin, à Simon, frère de celui-ci, à Baudouin fils de Godin, et aux
Fig. 882 Fig. 885
fils de Simon, l'exploitation de la monnaie et du change dans toute l'étendue du Ponthieu^ Ce Godin signe des deniers : GODN FECIT.
Sous Guillaume III (1191-1221) les coins des deniers sont copiés des parisis de FhiHppe-Auguste. Les lettres PON-TIV occupent, rangées
I . Le document qui constate cette remise à ferme de l'exploitation du monnayage en Ponthieu est d'une telle importance pour l'histoire monétaire que nous croyons devoir le reproduire ici d'après la transcription de M. Deschamps de Pas : In nomiuc Patris et Filii et Spiritiis Saucti. Amen. Notum sit omnibus tam prescntihus quam fntiiris quod ego, Johannes comes Pontivi et WiUelmus, filins mens, et Bcatrix comitissa, nxor mea, conccssimns Godino et Symoni fratri ejns heredibnsqne suis, BaJduino videlicct, fiîio Godini, et filiisSymonis, vionetam nostram et camhitnm Jure hcreditariô in onini terra iiostra, taJi videîicet conditione, quod siugniis annis xii libras de ccnsu nobis rcddent, vi in natale Domini et VI infcsto sancti Johannis ; et de his xil libris, x Uhras niihi rcddent, et XL solidos comi tisse; quod si moncta ceciderit, videlicct vel mojoris vel minoris precii quam présents moneta facta fuerit, ex illa moncta, quam ipsi facient, primo anno mihi ducentas libras rcddent, postea censum xil librarum, ut prcdictum est ; et sciendum est, quod aliquis in omni terra mea monetam vel cambitum non poterit faccrc, nisi voluntatc et pcrmissione eorum. Operabuntqne monetam quando illis placuerit, et cessabunt qiiando volucrint. Prcdidns vcro Godinus et Symon frater ejns mihi et IVilklmo filio mco Jecertint hominium ; rccipimusque