‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 20 sur 85 · VÎ · texte numérisé non relu

VÎ

Fig. 94e

pect de véritables logogriphes (fig. 940 à 945). Il y a certainement quelques-uns de ces dessins dont on ne retrouve pas les prototypes anglo-saxons directs, mais il faut néanmoins reconnaître que tous appartiennent à un genre, à une inspiration venue d'Angleterre.

Parmi les ateliers où le même style est encore manifeste, nous citerons Andcrnach, où monnayèrent tour à tour Thierry, duc de Moscllane (984-1025) et Piligrim, archevêque de Cologne (1022-36). Nous avons pour Thierry un dispositif anglo-saxon absolument pur : la grande croix pointilléc occupant tout le champ et portant une inscription sur

les bras. Le type préféré par Piligrim a beaucoup d'analogie avec le premier de ceux que nous avons signalés pour Duisbourg : Tarchevêque l'importa dans l'atelier de sa métropole. Dans les Pays-Bas, les types anglo-saxons trouvèrent un accueil hospitalier à Deventer, où les deniers d'Henri III portent une main divine descendant des nuages (fig. 947) ; mais leur centre d'action le plus fécond et le plus durable fut la Frise, où toutes les espèces du comte Brunon III (1038-57) et les premières de son successeur Egbert I (1057-68), ont des traits auxquels se reconnaît, à n'en pas douter, l'influence anglo-saxonne (fig. 948).

Lelewel voit encore des traces de l'action puissante exercée par l'art' monétaire anglais sur celui de l'Allemagne dans une foule de détails d'exécution. Ainsi, « le sceptre à trois ou quatre globules,... les têtes diadémées à la chevelure dressée et rayonnante,... les couronnes à trois globules... », tout cela, l'Allemagne le devrait aux modèles anglosaxons.

Après l'Angleterre, ce fut Byzance qui eut sur le monnayage germanique l'influence la plus sérieuse. Une trouvaille faite en 1872 à Althôfchen, dans la province de Posen, renfermait plusieurs deniers, incontestablement frappés dans les ateliers orientaux de l'empire, qui reproduisent non seulement le type, mais les légendes de certains modèles

Fig. 950

byzantins. Nous donnons ici les plus caractéristiques de ces pièces (fig. 949 et 950). La première est copiée servilement sur un sou d'or de Théophile, Michel et Constantin VIII (830-840); la deuxième joint, à un avers byzantin, un revers à la croix pattée portant en légende le nom db roi et empereur Henri II. Plusieurs deniers allemands également sans

Fig. 9)1 Fig. 9J2 Fig. 9î)

nom d'atelier reproduisent au revers une image chère aux monnayeurs de Byzance : le buste de face du Christ se détachant sur un nimbe crucigère(fig. 951).

Page 1