‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 21 sur 85 · II · texte numérisé non relu

II

Le type de la tête impériale ou royale de face/ que M. Dannenberg croit avoir été introduit en Allemagne dès Otton I, trahit une origine byzantine indéniable. Il fut principalement employé dans le bassin du Rhin depuis Strasbourg jusqu'à CJtrecht. Des Pays-Bas il passa en Angleterre, où il devint sous Guillaume II et ses successeurs la marque habituelle des pennies. Nous réunissons dans nos figures 952 à 957 les principales formes de têtes de face relevées sur les monnaies allemandes du x^ et du xi*= siècle.

Lorsqu'Henri III, empereur (1046-56), eut créé l'atelier de Goslar pour y convertir en espèces les lingots d'argent extraits des mines du Hartz, cette ville devint le véritable centre de l'influence artistique byzantine. Les deniers de Goslar portent d'un côté le buste de face de l'empereur et au revers les deux bustes également dé face des saints Simon et Jude (fig. 958). Ce type de Goslar fut copié dans plusieurs ateliers : à l'est, il s'étendit jusqu'à Magdebourg, et à l'Ouest, il trouva en Frise, sous Egbert I (1057-68), des centres de reproduction très actifs (fig. 959).

F'g- 954 à 9)7 Fig. 958 et 959

Nous venons de passer en revue les trois monnayages carolingien, anglo-saxon et byzantin, qui eurent dans la formation des types allemands la part la plus essentielle. Vers la fin du xi^ siècle, toutes ces notions d'art se combinent, se mêlent aux créations nouvelles des tailleurs de coins, et donnent aux monnaies germaniques un aspect de grande diversité. A l'ancien temple succèdent àes représentations d'églises conçues dans le goût du jour; dans les ateliers épiscopaux, l'image de l'évêque en pied, en buste, à mi-corps, envahit l'avers des deniers; dans les régions à bractéates, l'art monétaire produit parfois des images d'une finesse et d'une surabondance de détails étonnantes. Seigneurs revêtus de leurs armures et tenant le bouclier, Tépée ou la bannière, posés parfois entre les deux tourelles de leur château fort; reproductions réduites de villes vues à vol d'oiseau; cavaliers chevauchant l'épée au poing; images de saints patrons; empereurs assis sur leur trône; aigles éployées; emblèmes municipaux; saints subissant le supplice ou étendus dans te tombeau ; tout ce que l'imagination du moyen âge peut créer, se retrouve sur les espèces.

Dans les pays qui conservèrent une monnaie sérieuse, non réduite, par

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Texcès des prélèvements seigneuriaux, à de minces feuilles métalliques, les types n'eurent jamais cette variété prodigieuse qui caractérise les bractéates. En Westphalie et sur les bords du Rhin, ce furent Cologne et Munster qui produisirent le plus grand nombre de types pendant le xii^ et le xm^ siècles. A Munster, les plus anciens deniers portèrent une église à deux tours, et au revers, autour d*une croix, l'inscription immobilisée des deniers des Ottons frappés à Cologne ; dans la seconde partie du xii^ siècle, ce revers fut remplacé par la tête de face de saint Paul. Comme nous l'avons dit dans notre précédent paragraphe, le denier conserva toujours dans ces régions un poids et un titre élevés. Il n'y avait qu'une différence minime entre la valeur des deniers westphaliens et celle des pennies ou esterîins d'Angleterre ; ces espèces, très recherchées sur le continent et aussi répandues dans le nord-ouest de l'Allemagne que l'avaient été jadis les deniers anglo-saxons, devinrent au xiii*^ siècle les modèles de tout un monnayage d'imitation. On frappa des esterîins, non seulement avec les noms des seigneurs qui les faisaient émettre, mais parfois en copiant les légendes des prototypes, soit partiellement comme à Munster, soit intégralement comme dans les ateliers de Lippe, d'Arnhem et de Cunre. Les pennies anglais des rois Henri II, Jean et Henri III (1216-1272) furent imités en Westphalie et aux Pays- Bas par les empereurs ou seigneurs suivants :

Dortmund,

Otton IV, empereur,

Frédéric II,

La Marck,

Adolphe I,

Cologne,

Adolphe,

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