‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 32 sur 85 · II · texte numérisé non relu

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un encadrement analogue ou sous une arcade à tourelles. Le seul exemple d'imitation de monnaie étrangère appartient à Tépiscopat d'Engelbert II, sous lequel l'atelier de Widenbruck émet des kôpfchen copiés

Fig. 1133

Fig. II 39

de ceux de Florent V de Hollande. Ces kôpfchen formaient le quart du denier westphalien ou rhénan. Un registre du xv' siècle, cité par Lacomblet, dit formellement : « Ubique locorum quatuor copken faciunt unum denarium ».

f). Comté de Hoye '.

Le comté de Hoye n'avait pas de système monétaire propre ; situé le long du Weser, sur les confins de la Basse-Saxe, sa circulation métallique subissait les influences combinées d'Osnabruck et de Brème, où, comme nous le verrons par la suite, les espèces se composèrent de très bonne heure de hractéates. Au xiV^ siècle, le rapport entre la monnaie forte de Westphalie et la monnaie faible de Brème était comme i est à 3. Ce rapport est fréquemment exprimé dans les documents du comté de Hoye; nous lisons, par exemple, dans un texte de 1354 : « Très hremenses denariosaut unum gravem denarium ».

Le comté de Hoye appartenait à une maison qui au xiii* siècle se divisa en deux branches, dont l'une résidait à Hoye, l'autre à Nienbourg. Otton II de Nienbourg, en 13 11, hérita Hoye de son frère Gérard II décédé sans enfants, mais à sa mort, arrivée en 1324, son héritage fut de nouveau partagé entre ses deux fils, Gérard III de Hoye (1324-83) et Jean II de Nienbourg (1324-77).

Les seules monnaies dont nous ayons à faire mention ici appartiennent à Otton II. Ce sont: i^des deniers forts frappés à Bassum, autrefois Berssen, MONETA BERSENE, et à Nienbourg, MONETA NIGENBV; 2° des deniers faibles ou bractéates à la légende HOGENSIS. Le type des premiers est une copie de celui d'Osnabruck et de Munster, le chef de saint Paul et l'évèque assis de face. Les hractéates portent l'écu de Hoye : d'or aux deux pattes d'ours, adossées en pal, de sable.

I. lî. Grote, GdJ- und Muni^^cschichte der Graffchaft Hoye, dans les Milnistudien, t. IV, 1865, p. 211 et suiv.

l'allemagne 643

g). Comté de Ravenshrg '.

Les comtes de Ravensberg, qui à l'origine prenaient le titre de comtes de Calvelague, possédaient un territoire assez étendu entre les évcchés de Munster et d'Osnabruck et la seigneurie de Lippe. Ils avaient en outre de nombreux biens en Frise, et notamment la ville d'Emden. Leurs armes étaient : d'argent aux trois chevrons de gueules. La chronologie des comtes de Ravensberg n'est pas établie avec précision antérieurement au xiii^ siècle :

Hermann II de Calvelague, ... 1105 ... Otton I de Ravensberg, ... 1 138- 1 170 ... Hermann III de Calvelague, ... 11 34 ... Hermann IV, .... 1170 ... — 1218 ...

Hermann IV laissa deux fils, Louis et Otton II, qui se disputèrent son héritage. Le 20 septembre 1224, Henri VII, fils de Frédéric II, donna en fief à Sophie, femme d'Otton II de Ravensberg, outre la monnaie d'Emden dont nous avons parlé p. 63e, « monetam et iheloneum in Lunne, in Vegte, in Bilevelde, in Vlotowe et omnia feoda que predictus cornes Otto ab imperio et antecessorihus nostris et nostra manu ienehat et quiète possidebat. » En 1226, les deux frères Louis et Otton s'entendirent pour partager leur patrimoine. Le premier eut le comté de Ravensberg, excepté le district de Vlotho qui resta au second avec Meppen, Vechte et Emden.

Otton II mourut en 1244. Sa veuve et sa fille cédèrent Emden et Vechte à l'évèque de Munster et, à leur mort, leurs autres possessions firent retour au comté de Ravensberg, dans lequel Otton III avait succédé en 1249 à son père Louis. Otton III eut deux fils, Otton IV (1306-1329) et Bernard (1329-1349), qui se suivirent dans le gouvernement du comté. L'un et l'autre étant morts sans enfants mâles, Ravensberg passa par héritage aux comtes de Juliers.

La numismatique de Ravensberg est peu connue. On possède d'Otton II (... i22j[-4^) un esierlin copié des csteriins au buste de saint Paul que frappait Ludolphe de Holte, évèque de Munster. Au-dessus de l'efligie est placé un petit écu aux trois chevrons. Les légendes sont : MONETA OTTONI-MONETA DE VE(chta).

Otton III (1249-1306) frappa des deniers à Bielefeld, BILEVELT CIVI... Leur type est une copie de celui d'Osnabruck : un évèque assis de face et une tête de face dans un trian2:le.

I. H. Grote. Miïnicn dcr Grajfchaft Ravensberg ^ dans les BUitter fur Mïmilanidey t. II, 1836, p. 355. — J. Cliautard, Imitations des monnaies au type cstcrlin. Nancy, 107 1, p. 290.

Nous ignorons si d'autres pièces ont été retrouvées. Les deniers de Bielefeld sont cités dans de nombreux documents du xiv^ siècle ; ceux de ces documents qui établissent un rapport entre les hieleveldenses et une autre monnaie westphalienne leur attribuent le même cours qu'aux hcrvor denses.

h). Ahhaye d'HerfordK

L'abbaye de femmes d'Herford, située auprès du Weser, dans le comté de Ravensberg, fut fondée en 832, par Waltgaire, noble saxon. En 974, elle obtint d'Otton II une confirmation des droits de monnaie à Edinghausen ou Odenhausen, bourgade qui avec Olden-Herford et Lùbber forma plus tard le territoire de la ville d'Herford. En 1147, Conrad III donna à Herford le rang de cité impériale. Les droits monétaires furent partagés par moitiés entre l'archevêque de Cologne, sans doute comme duc de Westphalie, d'une part, l'abbaye et la ville, d'autre part.

Les premières monnaies d'Herford sont de larges deniers vraisemblablement contemporains de l'empereur Henri IV. Elles ont à l'avers une tête couronnée à droite, précédée d'un sceptre crucigère ; la légende,

inintelligible, est + NRCN.. VANVS

suivant Grote, ou + N ANIVS

suivant M. Dannenberg. Au revers, nous trouvons un édifice circulaire à tours latérales et ayant au centre un buste couronné de face, avec la légende ^''^- "^° HEREVOR.... (fig. 1140).

Le numéraire signé apparaît sous l'abbesse Eilicke ou Adélaïde, qui gouverna le monastère de 11 70 à 1217 environ. Le type se compose de l'image de l'abbesse assise de face, tenant le livre et une croix longue : ABATISSA EILICS; le revers est une copie de celui des monnaies de Soest, la croix avecSHVSAT CIVITAS. Cette légende n'est nullement l'indication d'un atelier, mais la reproduction pure et simple de l'inscription du prototype.

A partir du second quart du xiii' siècle, les monnaies d'Herford portent les noms des archevêques de Cologne, co-propriétaires de l'atelier. Rarement le nom de l'abbesse figure au revers. Nous avons ainsi des pièces de :

I. II. Ph. Cappc, Die Milteïaîter-Mûn:(cn von M ans ter, Osnabrûch, Paderhoni, Corvei nml Ilervord. Dresde, 1850, in-8. — H. Grote, DU Mûn^en von Herford, dans les Mnnisliidien, t. VIII, 1871, p. 343.

*Henri de Molenark, 1225-1238.

•Conrad de Hochstadt, seul, 1238-1261. *Sigefroid de Westerbourg, 1275-1297.

*Conrad de Hochstadt et l'abbesse Ida, *Guillaume de Holte, 1297-1304.

1238-1254. *Henri II de Virnebourg, 1304-1323.

Les types monétaires n'ont rien de particulier à Herford ; tous sont imités de ceux de Munster ou d'Osnabruck. Leur fabrication présente les mêmes défectuosités. Le nom de l'atelier est écrit: HERVORDI CIVI, HERVORDEN, HERVORDIA.

i). Seigneurie de Lippe K

Les seigneurs de Lippe, dont les domaines s'étendaient dans la partie septentrionale de la Westphalie, accrurent leurs possessions, à la fin du XII* siècle, par l'héritage de la seigneurie de Rhéda; en 1322 et 1356, ils acquirent la plus grande partie du comté de Schwalenberg. Voici la nomenclature chronologique des seigneurs de Lippe pendant l'époque dénariale :

*Herman II, 1196-1229. *Bernard IV, 1265-1275.

*Bernard III, 1229-1265. *Simon I, 1275-1344.

[*Hermann III, à Lippstadt, 1265-1273]. ?*Otton, 1344-1332.

Les plus anciens deriiers de Lippe sont au monogramme de Cologne dénaturé par une rose placée au centre du champ ; l'autre face représente un édifice à trois arcades et à une tour entre deux étendards, avec la légende LIPPIACIVITAS. Grote reporte l'émission de ces pièces au temps d'Hermann IL A ce même seigneur appartiennent, d'après lui, les deniers sur lesquels un temple d'allure encore carolingienne, ou une rose, emblème héraldique de la Lippe 2, occupent le droit, et une croix, avec la légende SANCTA COLON I A immobilisée, le revers.

Sous Bernardin apparaissent les monnaies signées BERNARDVS DE Ll. Le type, parfois de composition originale, constitue le plus souvent un emprunt aux esterlins anglais d'Henri II ou aux esterlins anglais et irlandais d'Henri III. Le nom du roi est fréquemment conservé. Au revers, nous trouvons soit les noms des ateliers de Blomberg, BLOMEN- BÈRIC, ou de Lemgo, LEMEGOT CIVIT, soit le nom du monétaire anglais, REN-AVD-ON-LVND. MEINIR-ON-CAN. etc. Des pièces qui s'éloignent du type anglais quant au revers portent autour de la tête :

1. H. Grote, Lippische Geîd- und Manèges chichte, dans les Munistudien, t. V. 1867, p. 129.

2. Les armes de Lippe sont : d'argent à la rose de gueules boutonnée d'or. Parfois, sur les monnaies du moyen âge, il y a trois roses au lieu d'une.

CAPVT DE LIPPIA. Les dernières monnaies que Grote attribue à Bernard III sont copiées, pour l'avers, des espèces épiscopales de Paderborn ; elles représentent un évêque assis de face ; au revers figure l'écu à trois roses de Lippe. Le nom de Bernard III est remplacé, sur quelques deniers, par les mots PATER NOSTER, gravés autour de l'effigie épiscopale.

A la mort de Bernard III, la seigneurie de Lippe fut partagée entre ses deux fils. L'aîné, Hermann III (1265-73), ^^^ Lippstadt, mais mourut sans enfants. de sorte que son frère Bernard IV recueillit tout le patrimoine. On possède des monnaies de ces deux princes; elles portent la rose de Lippe dans un triangle, et au revers l'édifice à trois tours, symbolisant la ville de Lippstadt LIPPA CIVITAS.

Simon I (1275-1344), qui monta sur le trône encore enfant, régna d'abord sous la tutelle de son oncle Simon, évêque de Paderborn. Ses monnaies forment six groupes au point de vue du type :

|o Type de l'esterlin d'Henri III, roi d'Angleterre.

2° Type local : la rose de Lippe dans un grand

losange légèrement concave. Au revers, un édifice

à une tourelle accostée de deux drapeaux (fig. 1141).

30 Type de Munster : évêque de face et tête de

saint Paul.

40 Type d'Osnabruck : évêque de face et édifice. 50 Type de Paderbor'n : évoque de face et édifice.

60 Type comtal de la Marck : le comte à mi-corps de face, tenant une rose et un lis. Au revers, l'écu à la rose de Lippe.

Sur les plus anciennes de ses monnaies, Simon I s'intitule SIMON IVVENE ou DOMICELLVS SIMON; sur les plus récentes, SIMON VIR NOBILIS, SIMON NOBILIII ou SIMON DE LIPPE. Les monnaies de ce seigneur sont frappées à Lippstadt et à Lemgo. On ne possède pas de pièces absolument certaines de son fils et successeur Otton (1344-éo).

j). Èvêchè de Minden.

La moneta fut accordée aux évêques de Minden par Otton II en 976 ; elle leur fut confirmée en 1009, 1031 et 1039. Les émissions qui succédèrent à celles qui furent faites au nom d'Henri III, roi, se composèrent de deniers au type de Cologne ; au revers, autour de la croix, le nom immobilisé d'Otton III fait place à l'indication topique: MIN- D-AOIII. Un peu plus tard, vers la fin du xi'^ siècle, les monnaies de Minden portent au droit un type curieux : un personnage assis, paraissant être un monnayeurau travail; le nom de l'atelier, MINTEONA, est

l'Allemagne 647

écrit autour de la croix du revers. Sur une ai/:re pièce de la même famille, deux personnages sont debout et l'un ' .'mble présenter une monnaie à son voisin.

Nous n'avons que très peu de renseignen-ents sur le monnayage des évêques dans le cours du xii^ et du xiii* siècles. Minden, située sur le Weser, commerçait surtout avec la Basse-Saxe et Brème. De bonne heure, comme à Brème, le signe d'échange dut se composer de bractéates anonymes, et pour la plupart encore indéterminées. La monnaie de Minden est fréquemment citée dans les documents écrits, notamment en 1195, 1253, 1258, 1269, 1282, 1290, 1314, 1357, etc.

Leitzmann auquel nous empruntons ces détails, rappelle que Frédéric II accorda à l'évêque Jean (1242-12 50) l'autorisation de bâtir deux villes avec la liberté de frapper, dans l'une d'elles, des monnaies fortes : « in altero illorum oppidorum gravem monetam cudendi ». En 1259, l'évêque Widekind I acquit d'Henri, abbé de Fulda, la ville de Hameln sur le Weser, « cum omnibus attinentiis , advocatia, theloneo, moneta » etc. Le 30 septembre 1265, l'évêque Conrad de Diepholz fit une ordonnance dans laquelle il établit comme suit la taille et le titre de ses espèces : « Denarii talis erunt ponderis et puritatis, ut quinque fertones in pondère marcam examinati argenti efficiant, si conflentur. Item XXVII solidi et III denarii unam marcam ponderahunf^ ».

1). Évêché de Paderhorn 2.

L'évêché de Paderborn, fondé en 795 et placé sous le vocable de saint Liboire, s'étendait entre la Hesse, le territoire abbatial de Corvei, la Lippe, le duché de Westphalie et le comté de Waldeck. On ignore la date à laquelle les évêques acquirent l-e droit de monnaie, mais ce droit- leur fut confirmé en 1028 par Conrad II.

Les plus anciennes monnaies de l'évêché de Paderborn sont des copies du type ottonien de Cologne tel qu'il s'était acclimaté à Soest au milieu du XII* siècle. La légende du revers, qui remplace l'immobilisation ODDO IVPING. est PATERBRVNNVM, appellation qui diffère très peu de celle sous laquelle la ville est citée dans lès documents écrits. La croix des

1. H. Grote, Bischôflich mindensche Mûniordming, dans les Mûnistudien, t. I, 1857, p. î8.

2. H. Ph. Cappe. Die Miltclalter-Mûnien von Munster, Osnabrûck, Paderborn, Corvei tind Hervord. Dresde, 1850, in-8, p. 79 et suiv. — G. Ph. Schoencmann, Zur vaterîândischen Mûnikiinde, etc. Wolfenbûttel, 1852, pet. in-4, p. 61 et suiv. — J. Weingàrtner, Die Gold- und Silbermi'tnien des Bisthums Paderborn. Munster, 1882, in-8.

mêmes pièces porte dans l'un de ses cantons la « marque de Soest ». Voici la liste des évêques de Paderborn pour la période dénariale du monnayage signé :

*Bcrnard II d'Oesede, 1186-1203. *Simon I de Lippe, 1247-1277.

* Bernard III d'Oesede, 1203-1223. * Otton de Ritberg, 1277-1307.

Olivier, 1224-1225. *Gunther de Schwalenberg, 1307-1310.

*WilIebrand de Wildeshausen, 1225- * Thierry II d'Itter, 1 310-132 1.

1227. * Bernard V de Lippe, 1321-1341.

*Bernard IV de Lippe, 1227- 1247. Baudouin de Steinfurt, 1341-1361.

Les deniers de Bernard II et de Bernard III sont copiés des pièces frappées à Soest sous l'archevêque de Cologne Philippe de Heinsberg : Tavers est occupé par une figure épiscopale assise de face, mitrée, tenant la crosse et le livre, le revers par une croix cantonnée de globules et de lettres. Les légendes, d'abord SCS LIB-IS EPC et ODDO+ IVIDDING. deviennent ensuite BERNARDVS EPC et SCS LIBORIVS. Sous l'épiscopat de Bernard III, le domaine temporel s'accrut d'une partie de la ville de Brakel, et aussitôt Brakel devint le siège d'un atelier épiscopal.

Sous Willebrand, les coins de Paderborn restent tributaires de ceux de Soest, et suivent ceux-ci quand ils abandonnent, au revers, la croix, pour la remplacer par un édifice à trois tours.

Les successeurs de Willebrand conservent généralement ce type en y introduisant quelques modifications. L'édifice est parfois à tour centrale accostée de deux bannières flottantes, mais plus souvent il laisse voir, dans son portail ouvert, le chef de saint Liboire, le buste mitre et crosse de l'évcque, la fleur de lis, marque caractéristique de l'ateher de Warburg (fig. 1142), des armoiries locales sur les pièces frappées

à Brakel, une croix dans un cercle pour

■4^'iikjPy\ /^S^'^K simuler la roue des deniers de Munster ^

OU enfin, sur quelques pièces de Simon I, un buste couronné dont l'identification est rendue facile par la légende HENRICVS

Fig II42 REX.

L'atelier de Warburg, VARTBERG CIVITA. WARDBERCH Cl. la seconde ville du temporel, et celui de Brakel, BRAKEL CIVIT. apparaissent pour la première fois sous Bernard IV. Son successeur, Simon I, multiplia encore ses officines et frappa à Paderborn, PADER- BORNE CIV. à Warburg, à Brakel, .BRACLE CIVITAS, et à Winterberg, CIVITAS WINTRBRIGEN ; nous retrouverons de plus son nom

I. Les armes de Brakel étaient à trois pals charges d'une fasce. L'évêché de Paderborn portait de gueules à la croix d'or.

dans les ateliers de Tabbaye de Corvei où les- évêques de Paderborn exerçaient le pouvoir, comme tutores, pendant les vacances du siège abbatial. Les divers ateliers mentionnés plus haut restèrent en activité, hormis celui de Winterberg, sous Otton de Ritberg, qui posséda en plus ceux de Hallenberg, CIVITAS HALNBRIG. et deNieheim, NIGHEM CIVITAS : dans cette dernière ville, les droits monétaires étaient partagés entre Tévêque de Paderborn et l'archevêque de Cologne, comme duc de Westphalie. Otton de Ritberg prend sur ses premières émissions le titre d'electus; sur les suivantes, il s'intitule episcopus.

Le monnayage de Paderborn, qui se composait de deniers, d'oboles et de quarts de denier, paraît avoir atteint son apogée dans la seconde moitié du xiii* siècle. Son importance décrut très sensiblement dans la suite, et avec elle le nombre des ateHers diminua.

Différents textes du xiii' et du xiV^ siècle nous éclairent sur la valeur des monnaies de Paderborn comparativement à celle des espèces circulant dans les pays d'alentour. Le denier de Paderborn équivalait à celui de Soest ; un document de 13 16 dit (.(. pro centum et sexaginta marcis denariorum Paderb. et Sosaii legalium, quorum denariorum sedecim solidi faciunt unam marcam argenîi puri. » Dix ans après, la valeur des deniers avait subi un affaiblissement; il en fallait dix-huit sous pour faire un marc d'argent fin. La valeur des deniers de Warburg était un peu moindre que celle des pièces frappées dans la métropole. Un texte de 1327 montre qu'il fallait vingt et un sous de Warburg pour faire vingt sous ou un marc de Soest et de Paderborn.

m). Seigneurie de Biiren ^ .

La seigneurie de Buren était située dans l'évéché de Paderborn, sur la frontière du duché de Westphalie. En 1195, Berthold et Dietmar de Buren firent hommage de leur château à Bernard II, évéque de Paderborn, qui leur accorda le droit de tonHeu et de monnaie. Dans la première moitié du xiii'' siècle, la famille de Buren se divisa en deux branches, qui continuèrent à habiter ensemble. Au xiv* siècle, ces deux branches prirent les noms de Buren-Wewelsbourg et Burcn-Wunneberg, d'après des possessions nouvellement acquises. La chronologie des sires de Buren, dont plusieurs portèrent le nom de Berthold, est assez mal établie.

I. H. Grote, Die Dcnare der Hcrren von Buren, dans les Mïuiistudicn, t. I, 1857, p. 377, et t. II, 1862, p. 915. — H. Dannenbcrg, Dcnare der Herrcn von Biircii, dans le même recueil, t. II, 1862, p. 507. — J. Wcu^gavtnQv, Die Gohl- uiid Sill>crNiun:;^cn dts Bis tbums Paderborn. Munster, 1882, in-8, p. 174 et 206.

La plupart des monnaies de Buren sont des copies fidèles de celles de Paderborn; le nom de certains évêques, tels que Simon (1247-77) ^^ Otron de Lippe (1277-1307), est conservé à l'avers. D'autres deniers sont imités de ceux que les empereurs ont frappés à Dortmund ou les archevêques de Cologne dans leur duché de Westphalie. L'atelier d'origine, BVREN CIVITA, figure au revers, où paraît aussi, parfois, le nom du seigneur : BERTOLD.

Au commencement du xW siècle, les seigneurs de Buren frappèrent des esterlins, copiés de ceux d'Edouard I, roi d'Angleterre. A l'avers, le type et la légende de la pièce anglaise sont conservés ; au revers, nous trouvons l'écu de Buren, au chevron engrelé (fig. 1143). Vers la même époque, l'atelier seigneurial frappa des quarts de deniers ayant à l'avers la tête des esterlins et au revers B-V-R- E, dans les cantons d'une croix pattée.

Fig. 1143

n). Ahhaye d'Helniershausen K

L'abbaye bénédictine d'Helmershausen, fondée en 998 par le comte Eckhard, obtint en 1033 de l'empereur Conrad II le droit de tonfieu, de marché et de monnaie. La liste chronologique des abbés est très imparfaitement établie; nous la donnons ici parce que Grote l'a omise dans ses Stammtafeln :

Winon, 1032-1036.

Henri, . .1220-1221. . .

Tannon ou Tangmar, 1058.

♦Conrad III,

Albéric,

*Godefroid,

Berthgère,

JeanI, ....-1237.

Thietmar I, . . . 1093-1 107. . .

Conrad IV, 1 237-1249. .. .

Reimbold I, . . . 1 126. .. .

Hermann I, . . . 1256-1267.

Thietmar II, ... 1139

Conrad V, . . .1270. . . .

Conrad I, 1142-1170.

*Jean II, . . .1273-1303. . .

Conrad II, . . .1180. ..

•Adolphe, .. .1307-1314.

Thietmar III, .. 1205- 1208.

Reimbold II, . .1316-1330.

Werner, . . . 1 2 1 5 . . .

Engelhard, . . .1332-1337.

On connaît un denier frappé à Helmershausen par l'empereur Henri III; mais il faut passer à la première moitié du xiii^ siècle pour retrouver la suite de ce monnayage. L'abbé Conrad III et Godefroid, qu'on présume être son successeur, mais dont les monnaies seules révèlent le nom, frappent des imitations assez libres des

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