Demi-esterlin . Même type
A Coblence, où le denier équivalait à la moitié d'un denier de Cologne, c'est-à-dire à la moitié de Vesterlin, les deux seules monnaies frappées sont Vesterlin (fig. 1109) et le demi-esterlin au même type. Remarquons en terminant que Baudouin de Luxembourg fut le premier archevêque de Trêves qui mit sur sqs espèces ses armes personnelles, et parfois, mais rarement, son nom de famille.
n). Abbaye d'Echternach.
L'abbaye d'Echternach fut fondée par Irmine, fille de Dagobert II, et consacrée à saint Willibrord. En 992, sous l'abbé Ravanger, l'abbaye reçut d'Otton III le droit monétaire. La seule monnaie connue est un
l'allemagne 617
denier de la première moitié du xi^ siècle ; il porte à l'avers la tête du saint : VILLIBR////, de profil à droite, et au revers une croisette cantonnée de globules et ayant à l'extrémité de chaque bras une des lettres S P E T; la légende circulaire est EFTERNACVS. La monnaie d'Echternach est citée dans un document de 1023.
o). Abbaye de PrûviK
En 720^ Bertrade et son fils Caribert, comte de Laon, fondèrent à Priim un monastère en l'honneur du Sauveur et de Notre-Dame. Le 28 juillet 861, Lothaire II donne à cette abbaye le droit de battre monnaie à Rômersheim, mais plus tard l'atelier fut transféré à Prûm môme. On lit dans un texte écrit vers 1222 par l'abbé Césaire : « Si domino ahbati placuer il in praediciis oppidis (Miinstereifcl, Prilm, S. Goar) concamhium et monetam suam hahere potcrit . »
M. Ménadier attribue à l'abbaye de Prûm une série assez nombreuse de deniers du xi^ siècle dont la marque caractéristique est une tête de Christ brochant sur un nimbe crucigère. Le rapprochement de ces pièces avec le plus ancien sceau abbatial donne assez de vraisemblance à cette opinion. Les premiers de ces heilandspfeniiige portent, comme nous l'avons dit p. 592, le nom d'Henri III, mais sur les plus récents le nom du roi est remplacé par une légende que le mauvais état des spécimens retrouvés ne permet pas de déchiffrer exactement.
p). Abbaye de Saint-Maximin.
Cette abbaye, située non loin de Trêves, obtint en 992, d'Otton III, le droit monétaire « in quadam villa Billiche », localité que plusieurs auteurs identifient avec Billigheim, mais qui semble être plutôt Wasserbillig. En 1056, Henri III confirma le diplôme de son prédécesseur. Il est très probable que les abbés de Saint-Maximin ont fait usage de leur droit régalien, mais, jusqu'à présent, leurs deniers n'ont pas été reconnus.
q). Comté palatin du Rhin.
Les fonctions de comte palatin, comme on les entendait au x^ siècle, comprenaient des attributions judiciaires et administratives. Il y avait un comte palatin partout où il y avait un duc ; celui du Rhin avait la Basse-Lorraine dans sa juridiction. M. Grote donne dans ses Staniui-
I . Ménadier, Die Heilandspfennii^rc der Bcnediclinerabtci Priiin, dans les Bcrlincr Mun:^hldtter, no 95-96, juillet-août 18S8.
6l8 TROISIÈME PARTIE
îafeln la chronologie suivante des premiers comtes palatins, dont les possessions territoriales étaient principalement situées sur le cours inférieur du Rhin dans ce qui forma plus tard le pays de Juliers et de Berg :
Hermann I, 945-996. Sigefroid de Ballenstaedt, 1095-11 13.
Ezzo ou Ehrenfried, 996-1034. . Godefroid de Kalw, 1113-1129.
Otton I, 1035-104$. Guillaume de Ballenstaedt, 11 29-1 140.
* Henri I, le Furieux, 1045-1061. Otton II de Reineck, 1140.
Hermann II de Gleiberg, 1061-1086. Henri III d'Autriche, 1140-1142.
Henri II de Laach, 1086-1095. Hermann III ^e Stahleck, 1142-1155.
Le seul de ces personnages dont on ait retrouvé une monnaie est Henri I. Voici la description de ce précieux denier : XPS MS0/7//P? Tête barbue et diadémée à droite. Rev. : HENRI ////COMES PALA- TIN. Croix cantonnée de HE-IN-RI-CS, Le Heu d'émission de cette pièce est inconnu. On sait qu'Henri le Furieux fut avoué de l'abbaye de Brauweiler et qu'il eut, en cette qualité, pour un sujet qu'on ignore, de vifs démêlés avec Annon, archevêque de Cologne. Serait-ce dans ce monastère que les deniers auraient été frappés ?
En-ii5é, Frédéric Barberousse créa comte palatin du Rhin son frère consanguin Conrad de Souabe, et affecta à son titre de vastes domaines sur le haut Rhin. L'évêque de Worms investit de plus Conrad du château de Heidelberg et du comté de Stalbuhel ; ces terres devinrent le noyau du nouveau Palatinat du Rhin, dont nous étudierons la numismatique au § V, consacré à la Franconie.
§ IIL — Frise ou Pays-Bas septentrionaux.
Au x*^ siècle, on entendait par Frise le pays qui s'étendait le long de la mer depuis l'Escaut jusqu'au Weser. Il comprenait donc une partie des provinces néerlandaises actuelles, une partie du Hanovre et de l'Oldenbourg. La région située au sud du Zuiderzee, Overyssel, moitié de la province d'Utrecht et Gueldre, était étrangère à la Frise; nous l'y joignons cependant, à l'exemple de MM. Grote et Dannenberg, parce que dans le cours du moyen âge les Pays-Bas septentrionaux forment un tout au point de vue numismatique. Pour des raisons analogues, nous réservons l'Ostfrise pour la réunir à la Saxe.
a). Ateliers impériaux '.
Les ateliers royaux et impériaux des Pays-Bas septentrionaux comprennent deux groupes chronologiques. Dans les villes de Deventer,
I. P. O. van dcr Chys, De Muntcti âcr franlàschc- eu dititsdi-nederhuuhche vorsfcn. Haarlcm, 1866, in-4. — W. J. de Voogt, Monnaies impériales frappées à Xtmc^ue^ dans
Thiel, Utrecht, Zwolle et dans une localité non mentionnée, la signature du chef de l'empire disparaît complètement après Henri III : tous ces ateliers passent successivement aux évêques d'Utrecht, sauf peut-être le dernier. A Nimègue, au contraire, le monnayage impérial commence sous le roi Henri VII, fils de Frédéric II, et dure pendant le règne de Frédéric IL
Deventer. — Nous avons pour cette ville des monnaies d'Otton III, roi (982-1002) de deux types différents : sa tête barbue et couronnée, de face, ou les mots ODDO REX écrits en croix. Sous Henri II (1002- 1024), les deniers portent une tête de profil à gauche, une dextre divine issant de nuages et accostée de RE-X, ou les lettres AGû et AS, alpha et oméga, Deus, posées en croix. Conrad II (1024-1039) en revient à la tête barbue et couronnée de face; la barbe est formée de traits en éventail et la couronne de trois petits triangles juxtaposés. Toutes ces monnaies portent au revers une croix pattée cantonnée de quatre globules, à l'exception des pièces à tête d'Henri II, où cette croix est remplacée par une croisette ayant à l'extrémité de ses branches une des lettres -du mot BON A. La légende du revers est invariablement le nom de la ville : DAVANTRIA ou DAVENTRE.
ThieL. — Cette ville, ancienne capitale du pagus Testrebenti, sur le Wahal, commençai monnayer sous Henri II, empereur, et cessa après Conrad II. Tous les deniers portent la tête de face, couronnée, mais sans barbe. Au revers, les pièces les plus anciennes ont + TIELE ou TIELA VRBS, autour d'une croix pattée cantonnée de quatre globules, mais dès le règne d'Henri II on substitua à ce type un dispositif copié du type épigraphique de Cologne: BO-NA TIELE en trois lignes, le nom de la ville formant celle du milieu.
Utrecht. — Le plus ancien denier d'Utrecht est du roi Henri IL II porte à l'avers le buste couronné, d'assez bon style, avec HEINRICVS REX. Le revers a en légende XPISTIANA RELIGIO. et dans le champ, la silhouette d'un temple encadrant le mot -TRA-IEC-TV, écrit en quatre lignes. Les mêmes coins servent sous Conrad II, mais la gravure est moins bonne, l'orthographe plus relâchée. Sous Henri III (1039-1046), les deniers, de module déjà réduit, portent la tête de profil et saint Martin de profil, ou le même saint de face et une vue des murs d'Utrecht surmontés de S TRA-IECTV en deux lignes. Après Henri III, le monnayage devient épiscopal, mais le nom d'Henri IV continue à figurer sur quelques pièces.
la Revue belge de numismatique, 1867. — Mcnadicr, Ein luvîler Pfennig der oUonisçlim Zcit, dans les Berlincr Mïiniblûtter, n° 113, janvier 1890.
620 TROIolÈME PARTIE
Zwolle. — M. Ménadier, dont les observations très sagaces ont déjà valu bien des progrès à la numismatique germanique du hau. moyen âge, a attribué à Zwolle, capitale du pagusZalland, undenierà'Ononlll portant autour d'une croix cantonnée de globules l'inscription + TERRA SALIS, traduction littérale de Zalland. La ville de Zwolle faisait partie des possessions de l'église d'Utrecht.
Localité indéterminée. — L'indication d'un pagus sur une monnaie néerlandaise du xi^ siècle se retrouve sur un dcnit. de Conrad II où l'on voit, à l'avers, sa tête couronnée de face avec + CONRAO IMPET, et au revers + FRESONIA, autour d'une croix pattée cantonnée de quatre globules. Il est hors de doute que cette monnaie appartient à la Frise, mais on ne saurait dire dans quel atelier son émission a eu lieu. Nimêgue. — Le 3 i août 1230, Henri VII, roi des Romains, fils de Frédéric II, concéda et confirma à la ville de Nimègue les mêmes privilèges que ceux dont jouissaient les habitants d'Aix-la-Chapelle. Ces privilèges comprenaient la possession dans leurs murs d'un atelier frappant la monnaie au .om de l'empereur. Les petits deniers d'Henri VII et les premiers qui furent frappés au nom de son père Frédéric II portent HENRIC ou CESAR autour d'un buste impérial, avec lance et sceptre, ou épée et globe; au revers, NVMAGEN entoure un édifice qui présente parfois une curieuse analogie avec celui qui figure sur le plus ancien sceau municipal (fig. 11 10). Sur les émissions postérieures le
revers est occupé par une croix bouletée, cantonnée de AVE. Le 8 octobre 1247, Guillaume de Hollande, roi des Romains, engagea Nimègue au comte Otton de Gueldre, et le monnayage impérial prit fin.
b). Évcché d'Utrecht '.
L'évêché d'Utrecht reçut, ainsi que nous l'avons vu plus haut, de nombreuses concessions monétaires des empereurs de la maison de Saxe-. L'autonomie épiscopale ne commença que sous l'évêque Bernulf ou Bernold (1027-1054), dont nous avons des monnaies frappées à Utrecht, à Deventer et à Groningue. Voici les types en usage dans ces différents ateliers :
1 . P,-0. y an der Chys, De munlcn dcr bisschoppen, van de hccrlij'khcid m dcStad Utrecht, Haarlem, 1859, in-4.
2. Ces diverses coiicessions sont relatives à Utrecht ('937, 949 et 975), à Zalt-Bommel (99S}, à Groningue '1040^^ à Deventer (1047).
Fig. 11:0
a) Utrecht. ses martinvs archieps. Saint Martin à mi-corps, de face, tenant une crosse et une croix. Rev. : bernolfvs episcopvs. Mur crénelé de la ville d'Utrecht au-dessus duquel est écrit en deux lignes traiectv (fig. 11 11).
b) Groningue. Nous avons deux types différents pour cet atelier: 1° bernoldvs EPS, parfois très altéré. Crosse accostée des lettres du mot bacvlvs. Rev. : grvonigge. A la fin de la légende, Alpha et Omcga. Au centre, une croix (fig. 11 12). — 2° Deniers de même style et de même aspect que ceux d'Utrecht. L'avers porte le buste avec crosse de saint Boniface, ses bonifacivs archieps. Au revers, la légende circulaire donne le nom, diversement orthographié, de Bernulf, et dans le champ, en trois lignes, grvonin-ge (fig. 11 13).
c) Dzventer. Cet ateliernous donne trois types successifs: 1° bernovdvs eps. Crosse accostée des lettres Alpha et Oméga. Rev. : daventrensis. Croix pattée cantonnée de globules. — 2° Tête très barbare de face. Rev. : Croix pattée cantonnée de quatre globules. Les légendes présentent trois combinaisons: nom de l'évêque de chaque côté; nom de l'évêque du côté de la tête et heinricvs rex du côté de la croix ; nom de
Fig. II II
Fig. Il 12
saint Lebuin, lebvinvs cONF(essor), patron de Deventer, du côté de la tête et nom de l'évêque du côté de la croix. — 3° daventrensis. Édifice rappelant le temple carolingien. Rev. : BERNOLDVS EPS. Croix pattée cantonnée de globules. Tous ces deniers se font remarquer par l'extrême incorrection de leurs légendes ; nous donnons les formes les plus correctes, mais elles sont les plus rares.
Fig. II 13
Fig. 1114
Bernulf mourut en 1054 et fut remplacé par Guillaume de Pont. Les premières monnaies qu'il a frappées à Utrecht reproduisent le type en usage d'ans cet atelier sous Tépiscopat précédent, mais ses 'deniers les plus nombreux ne portent pas d'indication d'atelier. On y voit d'un côté + VVILHELMVS et un buste, avec crosse, à droite; de l'autre + HENRICVS RE entourant une tète couronnée de face, ou, plus rarement, uii buste de profil à gauche, avec sceptre crucigère (fig. 11 14).
Les deniers de Guillaume sont encore de grand module. Sous son successeur, Conrad de Souabe (1076-99), les aff"aiblissements commencent. Les types des pièces de Conrad comportent le buste épiscopal de face ou de profil et, pour le revers, une effigie impériale, un
Gll TROISIÈME PARTIE
temple tétrastyle ou une croix pattée cantonnée d'annelets ou de globules. Les légendes mentionnent l'évcque, le roi Henri IV et la ville d'Utrecht. Sous l'épiscopat de Conrad, en 1077, les domaines temporels de l'église d'Utrecht s'accrurent des comtés d'Ostergo, de Westergo et de Staveren, territoire qui correspond à la province actuelle de Frise.
Les plus anciens deniers de Burchard (1099-1112), c'est-à-dire les plus grands, portent le buste de face, accompagné d'une croix de saint Martin ; le revers emprunte son dispositif aux monnaies frisonnes de Brunon et d'E2:bert I : le mot BVRCH écrit transversalement dans le champ entre deux Hgnes pointillées. Ces pièces étaient évidemment destinées à circuler dans les nouveaux domaines frisons de l'église d'Utrecht ; nous ne serions pas surpris qu'elles aient été frappées à Staveren, où plus tard les évéques eurent un atelier. Les deniers qui portent l'indication de la métropole, TRAIECTVM, appartiennent tous à la catégorie des pièces de petit module; leur diamètre est tombé à 14 millimètres ; le type qui restera longtemps en faveur se compose d'un profil avec crosse à droite et d'une croix pattée légèrement bifurquée, cantonnée de diverses manières. Nous attribuons au temps de Burchard un denier conforme à cette description et portant les légendes TRAIEC- TVM-MOTERGO, où Ton a voulu reconnaître l'indication de l'Ostergo, un des comtés frisons cédés à l'évéque Conrad ^
Il nous suffira de donner les noms des successeurs immédiats de Burchard, Godebald (11 12-28), André de Cuik (1128-39), Herbert de Beren (1139-50) et Hermann de Horn (1150-56). Les pièces qui remontent à leur époque montrent une tête nue, avec les cheveux et la tonsure interprétés de si bizarre façon qu'on dirait l'effigie d'un musulman coiffé du turban plutôt que l'image d'un évêque (fig. 11 15). La
Fig. III) Fig. Il 16
frappe de ces pièces laisse beaucoup à désirer et les légendes ne sont jamais venues en entier; il en résulte pour la numismatique de l'évéché d'Utrecht pendant la première moitié du xii^ siècle une grande incertitude dans les attributions. Ce n'est qu'avec Godefroid de Rhenen (1156-78) que la fabrication devient meilleure et que les inscriptions
I. Bulletin mens, de niimism. et d'archéol., t. I, 1882, p. 129.
sont habituellement lisibles ; sur quelques-unes de ses pièces, l'évêque se coiffe de la mitre ; sur d'autres, .où il figure à mi-corps et nu-tête, le graveur lui fait tenir la crosse et le livre des Evangiles. Lts deniers de Baudouin II de Hollande (1178-96), BALDWIN'EPC, ont le même aspect que ceux de son prédécesseur, mais jamais la tête n'est mitrée
Après Baudouin II, le siège resta vacant. Une partie des chanoines avait élu Arnould d'Isembourg, prévôt de Deventer ; l'autre avait donné ses voix à Thierry, prévôt d'Utrecht. Les deux élus, qui s'étaient transportés à Rome pour soumettre le différend au pape, moururent avant leur retour. Van der Chys attribue à cette époque un denier à.Q Deventer portant DAVENTER au droit et au revers, autour d'une église flanquée de deux tours et d'une croix bifurquée cantonnée d'une crosse et de deux aigles.
L'élection de Thierry d'Are (1198-1212) mit fin à la vacance du siège. Sous son épiscopat, l'atelier de Deventer conserva les coins que nous venons de décrire, mais avec le nom TEODERICVS à l'avers autour de l'église. Sur les deniers et les oboles frappés à Utrecht, Thierry se fait
Fig. II 17 Fig. II 18
représenter en buste, de face, la mitre sur la tête et la crosse au côté (fig. 1117). L'évêque eut de graves démêlés avec ses voisins les comtes de Hollande et de Gueldre. Ce dernier, Otton, se rendit maître, pendant les hostilités, de la ville d'Utrecht et de tout l'Overyssel. Thierry ne dut son salut qu'à l'intervention d'Henri I, duc de Brabant, qui fit Otton prisonnier. A la conclusion de la paix, le comte de Gueldre dut promettre de ne plus monnayer à Zutphen sur le pied et au type de la monnaie d'Utrecht et de Deventer. Nous reviendrons sur les souvenirs numismatiques de l'invasion d'Otton dans les terres épiscopales, quand nous parlerons des monnaies de la Gueldre.
Après Thierry d'Are, l'évêché d'Utrecht passa à Otton I, fils du comte de Gueldre, mais il mourut en 121 5, avant sa consécration. Ses monnaies, si elles existent, ne peuvent être démêlées de celles d'Otton II de Lippe (1215-1226), auquel succédèrent les évêques suivants :
* Willebrand d'Oldenbourf , 1226-36. * Henri de Vianden, 1250-67.
* Otton III de Hollande, 1236-49. *Jean I de Nassau, 1267-82. Goswin d'Amstel, 1249-50. * Jean de Sierck, 1282-96.
é24 TROISIEME PARTIE
Pendant toute cette période, le type reste le buste de face, mitre, crosse et tenant le livre, parfois légèrement de profil vers I > gauche. Sur une jolie obole de Willebrand d'Oldenbourg (fig. m 8), l'exiguïté du flan a contraint le graveur à ne représenter que la tête mitrée. Le revers des monnaies est occupé par une croix brève, bifurquée, trifurquée ou ornée de globules; sous Otton I et Otton II les mots AVE ou PAX sont placés dans les cantons; sous Henri de Vianden, la croix est à doubles bandes et coupe la légende ; les tailleurs â coins ont certainement pris pour modèle les pennies d'Angleterre, dont les dmiers néerlandais formaient souvent une division exacte. Les noms de lieux mentionnés par les légendes sont TRAIECTVM, qtii désigne l'évêché autant que la capitale, DAVENTRIA, Deventer, et enfin, sous l'élu Jean de Nassau, la ville de ZwoUe, CIVITAS SVLLENI. En Frise, ou un atelier fonctionnait à Staveren, le numéraire se compose d'affreux petits deniers, minces, à légendes mal venues, portant le buste de face accosté de la crosse et d'une dextre bénissant, ou de deux mains ouvertes.
Les monnaies de successeurs immédiats de Jean de Sierck sont inconnues ; il existe ainsi, sur la fin de la période dénariale, dans la numismatique de l'évêché d'Utrecht, une énorme lacune qui s'étend aux épiscopats suivants :
Guillaume Berthoud, 1296-1301. Jacques d'Oudshorn, 1322.
Gui de Hainaut, 1301-17. Jean III de Diest, 1322-41.
Frédéric II de Sierck, 1317-22. Nicolas Caputio, 1341-42.
La série des pièces retrouvées ne reprend qu'avec Jean d'Arkel, c'est-à-dire avec l'époque du gros. Tel est, rapidement résumé, l'état actuel de nos connaissances écrites sur la numismatique d'Utrecht, mais les découvertes sont en avance sur les livres et une refonte de la monographie de Van der Chys s'impose.
c). Comté de Frise '.
Ludolf, comte de Brunswick, devint comte de Staveren, d'Ostergo, de Westergo et d'Islego, c'est-à-dire de la Frise occidentale, par son mariage avec Gertrude, fille d'Arnould de Gand. M. Dannenberg attribue à ce personnage un denier portant à l'avers LIVDO... autour d'une tète diadémée à gauche, et au revers une reproduction du type caractéristique de Cologne. Cette attribution nous paraît très hasardée; nous doutons qu'il £iille chercher à ce denier une origine aussi septentrionale.
I. Vandcr Cliys, De miDiteii van Fricsiaiid, Groninçrcn enDrcnthc. Haarlcm, 1855^ in-4 .
La numismatique certaine du comté de Frise commence avec Brunon III (1038-57), fils aîné de Ludolf. Le type de ses J^w/^rj est uniformément à l'avers un buste impérial couronné, de profil à droite, précédé d'un sceptre crucigère et entouré du nom d'Henri III, HENRI- CVS RE; au revers, le nom BRVN, sous lequel Brunon est également désigné par le chroniqueur Lambert d'AschafFenbourg, est écrit transversalement dans le champ, entre deux lignes pointillées ; cette bande coupe la légende circulaire composée de l'indication de l'atelier (fig. 1 1 19). Les ateliers sont au nombre de sept : Bolsward, BODLI-SAAER. Doccum, DOCC-VGGA, Leeuwarden, LIVNVERT.
LIN-VERT, LIVA-AERT. Staveren, STAV- ERVN, Mildnum, MILD-NVM. Ruinen ?
ROVI-NDIA. Sur un assez grand nombre de pièces le nom de l'atelier est tellement altéré qu'il est très difîicile de trouver un sens à cet assemblage incohérent de lettres.
Egbert I (1057-68), frère de Brunon III, lui succéda. Sous son règne, le type habituel des monnaies se compose du nom EGBERTVS autour d'une croix pattée cantonnée de globules ; sur l'autre face, le dispositif reste ce qu'il était sous Brunon III, mais le nom BRVN est remplacé par NOTA (pour niota, c'est-à-dire moneta). Quelques pièces dérogent à cette règle : parfois le nom d'Egbert est écrit du côté de NOTA et celui de l'atelier du côté de la croix; parfois aucun atelier n'est mentionné et le comte signe les deux faces. Une pièce complètement anormale reproduit le coin de Brunon III y compris le nom BRVN, mais en remplaçant à l'avers, autour du profil couronné, HENRICVS RE par EGBERTVS. Ce denier provient d'une incartade de graveur à laquelle on dut se hâter de mettre fin. On a reconnu sur les monnaies d'Egbert I les noms de sept ateliers : Bolsward, BODLVSVER. BODLIN- VVER, Doccum, DQCC-VGGA, Emnigheim? EMNICHEI. Leeuwarden, IVAA-ERTN, Oldeboorn? BORD-NERE-RERE, Staveren, STAVEREN. STVA-ERON. Seltnon? ou Selwerd ? SEL-HRON,
Egbert II, qui succéda en 1068 à Egbert I, rompt avec les types de ses prédécesseurs et introduit en Frise les dispositifs des monnaies de Goslar : à l'avers, la tête de l'empereur couronnée de face, ; au revers, deux bustes de saints accolés ; les légendes sont EGBERTVS ou VECBERTVS et le nom de l'atelier. On a ainsi reconnu Bolsward, BODLISVVER. BODLISVVERT, Doccum, DOGGINGVN, Emnigheim? EMNIGHEM, Garrelsweer, GEROIEVVRE, GEREVVERE, Leeuwarden, LINVVART. LINVVARTVM, Staveren, STAVEREN, STAVERONV, Winsum, VVINSHEM. Plusieurs noms de Heux ont résiste jusqu'à préir. 40
sent aux essais d'identification, tels, par exemple : VLFAVNVRG, GENOI..AN.SERBEVEN. etc.
Contrairement aux traditions de ses prédécesseurs, Egbert II se brouilla avec l'empereur et, en 1075, Henri IV le dépouilla d'une partie de ses États. La Frise, notamment, lui fut enlevée et donnée, en 1077, à Conrad, évêque d'Utrecht.
d). Comté de Zutphen '.
Le comté de Zutphen s'étendait au nord de la Gueldre. A l'ouest il touchait à l'évcché d'Utrecht ; à l'est, il atteignait l'évéché de Munster. En 1059, il était possédé par un comte nommé Godescalc et par sa femme Adèle. Il existe des deniers signés par cette comtesse, ADALA COMETISSA ; ils sont au type des deniers frappés à Deventer par l'empereur Henri II : une main divine accostée de l'alpha et de l'oméga et une croix pattée cantonnée de quatre globules.
En 1074, ^^ comté de Zutphen avait passé à Otton, second fils de Godescalc et d'Adèle. Au commencement du xii^ siècle, il fut réuni à la Gueldre par le mariage d'Ermengarde de Zutphen avec Gérard IV, comte de Gueldre.
e). Comté de Gueldre ».
Le premier comte de Gueldre auquel on puisse assigner avec certitude des monnaies est Otton I (i 182-1207). Ses deniers sont des imitations des pièces frappées par Baudouin II et Thierry d'Are, évèques d'Utrecht; ils présentent par conséquent deux types pour l'avers, un buste de profil à droite précédé d'une épée, ou un buste à mi-corps, de face, tenant une épée et une fleur de néflier. Le nom et le titre du comte sont écrits en langue néerlandaise, GREVE OTTO. Nous avons vu précédemment qu'Otton, en guerre avec l'évêque d'Utrecht, occupa plusieurs villes de l'évêché ; quelques deniers au buste de profil rappellent cette
1. C. A. Serrure, Les rnonnaies d'Adèle, comtesse de Zutphen, dans le Bull. mens, de numism., t. L 1882, p. 21.
2. P.-O. Van der Chys, De inunten der voormalige graven en hertogen van Gelderland. Haarlem, 18^2, in-4. — C.-A. Serrure, Onuitgcgcvcne inunten van Gelderland , dans le VdJerlandsch Miiscum, t. II, 1859-60, p. 405 et suiv. — W.-J. de Voogt. Bijdragen tôt de numismalich van Gelderland. Arnhem, 1867, in-8. — Th. M. Roest, Essai de classifi\itioii des nionnaics du comté, puis ducbc de Gueldre, dans la Rcv. belge de numism. 189 1, p. 570. — Th. -M. Roest, OucI.julS monnaies inédites delà Gueldre, dans le même recueil, 1874, p. 268.
l'allemagne ^27
occupation par le mot TRAIECTVM écrit autour de la croix du revers. L'issue de la campagne ne fut pas favorable au comte de Gueldre. En 1202, le duc de Brabant, Henri I, venu au secours de l'évêque, envahit les domaines d'OttonI, le fit prisonnier et s'empara d'Arnhem. Pendant les quelques mois que dura l'occupation de la capitale de la Gueldre, le duc y monnaya en son nom (cf. p. 567 et fig. ici 8). La paix, conclue en 1203, fut onéreuse pour Otton I; il dut payer les frais de guerre, se reconnaître feudataire du Brabant, et promettre à l'évêque d'Utrecht de ne pas frapper monnaie à Zutphen, sur le pied et au type d'Utrecht ou de Deventer : « Item cornes Gelriae apud Zuifeniain cudi monetam suh jorma et in pondère daventerensîs et trajectensîs moneiae non faciet. »
Les monnaies de Gérard III (1207-29) sont frappées à Arnhem, dont elles portent toutes le nom, soit en latin : ARNEMES, ^ourarnemensis, soit en néerlandais: ARENHEIM.
Fig. II 20
Fis:. 1121
Fig. II 22
Deux types sont successivement en usage; sur les plus anciens deniers le comte figure à mi-corps, de face, l'épée à l'épaule droite et tenant au bras gauche son écu à trois fleurs de néflier ; au revers, nous trouvons un élégant édifice à trois tours, représentation symbolique de la ville d'Arnhem. Sur les monnaies les plus récentes, Gérard tient son épée devant lui, et son écu remplace l'édifice au revers (fig. 1120).
Otton II (1229-71), fils du précédent, employa trois types pour les deniers frappés dans l'atelier d'Arnhem : 1° OTTO COMES ou OTTO COMES G. Buste de face avec épée tenue droite et fleur ou rameau. Rev. : AR-NE-MES. Ecu au lion sur champ billeté ^ — 2° Mêmes légendes. Tête de face au-dessus du même écu. Rev. : Aigle à deux têtes. Il existe de ce type des deniers et des oboles. — 3° COMES. Même écu. Rev. : ARNEMES. Même aigle. Suivant M. G. A. Serrure, les pièces de cette émission appartiendraient au successeur d'Otton II.
Outre les deniers que nous venons de décrire, le comte de Gueldre, suivant l'exemple de ses voisins, frappa des esterlins servilement imités de ceux d'Henri III, roi d'Angleterre. Ces pièces ont tout l'aspect de
1. Otton II remplaça l'ancien écu de Gueldre aux trois fleurs de néflier par un écu d'a~ur parsemé de billet tes d'or au lion du même.
é28 TROISIEME PARTIE
copies frauduleuses. Le nom du souverain anglais, HENRICVS I..., est conservé autour de la tête de face ; au revers, la légende WIL-LEM-ARN- EMI est coupée par la croix à doubles bandes. Le Guillaume dont le nom paraît sur ces monnaies est évidemment un monétaire, mais est-ce le fermier de l'atelier d'Arnhem ou simplement le monétaire anglais signataire des prototypes ?
Le 8 octobre 1247, Guillaume de Hollande, roi des Romains, engagea au comte de Gueldre le château de Nimègue et toutes ses dépendances, pour une somme de seize mille marcs d'argent. Comme l'emprunt ne fut jamais remboursé, la ville resta dans la suite à la Gueldre. Aussitôt après la prise de possession de Nimègue, le comte de Gueldre s'empressa d'y battre monnaie. Les deniers qui nous semblent les plus anciens ont la légende OTTOCOMES et le champ billeté au lion; puis, au revers, NVMAGENE autour d'un aigle à une seule tête (fig. 112 1). Les pièces plus récentes copient le type de Florent IV, comte de Hollande, composé d'une tête de profil à droite et d'une croix à doubles bandes (fig. 1122) ; on possède ïobole de cette émission; la légende de l'avers y est omise et, au revers, les lettres COME cantonnent la croix.
Sous Renaud I (1271-1326), le système monétaire et la fabrication des espèces reçurent des perfectionnements sensibles. Le 20 juin 1282, Rodolphe de Habsbourg, roi des Romains, par diplôme donné à Worms, accorda au comte de Gueldre le droit de frapper des esterlins à Arnhem : « Volenies spectahilem virum Reynaldum, comitem Gelrie, dilectum fidelem nostrum, aliqua gratia prevenire, sibi liberaliter indulgemus et concedimus quod denarios tnonete Arnheymensis ad valorem sterlingorum denariorum in opido suo Arnheym sub legali numismate cudi faciat et formari, dantes ei bas nostras literas in testimonium super eo. » C'était, en somme, la confirmation de l'usurpation accomplie par Otton IL
Le monnayage de Renaud I forme trois groupes dont il est facile d'établir la chronologie par l'étude comparative de la numismatique des provinces voisines:
a). Esterlins imités de ceux qui ont été frappés dans les provinces méridionales des Pays-Bas et notamment en Brabant (voir p. 569). rey-nald-comes. Écu au lion sur champ billeté. Rev. : civ-ita-sar-nem. Croix à doubles bandes coupant la légende ; dans les cantons intérieurs les lettres a-r-n-e ou d-a-l-c. Ces dernières paraissent être la reproduction du mot d-a-l-e des esterlins brabançons de Dalhem ; qui ont dû servir de modèle.
b). Esterlins et deniers. Les esterlins sont copies de ceux qui furent frappés par Jean I, duc de Brabant, en vertu d'une convention avec Arnould VII de Looz. c-omes-gelr-e. Ecu parti au i^^^d'un lion, au 2^ billeté. Rev. : ren-old-vsc-ome. Croix pattée coupant la légende et cantonnée de quatre fleurs de néflier. Les deniers, également imités des pièces brabançonnes, ont à l'avers un lion dans le champ, au revers, une croix pattée cantonnée de a-r-n-e.
c) Esterlins et deniers. Les esterîins sont copiés de ceux des Edouard, rois d'Angleterre. Les légendes sont -f- comes glrencis et civi-tas-arn-evm, sans le nom de Renaud 1. Les deniers reproduisent la tête couronnée de face ; au revers, ils ont une croix pattée cantonnée 'de a-r-e-n.
Le règne de Renaud II appartient à la période du gros et sera par conséquent le point de départ du paragraphe que nous consacrerons à la Gueldre dans notre quatrième partie.
f). Comté de Hollande ».
Dans un travail récent, M. Ménadier a attribué aux comtes de Hollande Thierry III (993-1039) ou Thierry IV (1039-48) des deniers portant à Tavers un édifice et la légende RINESBVRG; le revers présente un dispositif épigraphique, non encore déchiffré, manifestement copié des monnaies frappées à Duisbourg sous Conrad le Salique. Suivant M. Ménadier, ces pièces sont frappées à Rynsbourg, chef-lieu du pagus Rynland, urbs munitissima, au dire d'un chroniqueur, et que Tempereur Henri III prit en 1047, dans sa campagne contre Thierry IV de Hollande, l'allié de Godefroid II, duc de Haute-Lorraine. Le 30 avril 1064, Henri IV confirma à l'église d'Utrecht la possession du Rynland, dont le comte de Hollande avait été dépouillé : « comitatutn circa oras Rbeni... cum... mercatis, monctis, teloneis. »
Les monnaies dont nous venons de parler sont les seules qu'on possède pour la Hollande avant le milieu du xii* siècle. Nous donnons ici la liste des comtes jusqu'à cette époque, bien que nous n'attendions pas grand'chose des découvertes à venir :
Florent I, 1048-61. Thierry VI, j 122-57.
Thierry V, 1061-91. Florent III, 1157-90.
Florent II, 1091-1122.
A partir du milieu du xii* siècle, nous possédons pour les comtes de Hollande une nombreuse série de petits deniers, de module très réduit, comme les monnaies contemporaines des autres provinces néerlandaises. Van der Chys a complètement échoué dans son essai de classement de^ces pièces ; il suffit de regarder ses planches pour se rendre compte aujourd'hui de son manque absolu de critique. Un excellent mémoire
I. P.-O.Van der Chys, Demuntcn der voorvialige graafschappen Holland en Zcehud, Haarlem, 1858, in-4. — Hooft van Iddekinge, Essai d'une nouvelle classification des monnaies frappées par les comtes de Hollande depuis le xii^ siècle jusqu'au xivc siècle, dans la Revue belge de numism., 1874, p. 233. — J. Ménadier, Rhynshurger Pfennige, dans Deutsche Mùnien, t. I, BerHn, 1892, p. 48.
de M. Hooft van Iddekinge est venu rectifier les indications erronées du professeur de Leyde.
Les premiers petits deniers attribuables aux comtes de Hollande, en raison de leur provenance constante, portent à Tavers une tête à droite et au revers une croix brève et pattée cantonnée de divers symboles. Ces pièces n'ont aucune inscription qui en révèle l'origine ; au pourtour du champ est gravée, au lieu de légende, une suite de petits triangles ou de globules. Ce n'est qu'avec Thierry VII (i 190-1203) que se montre le numéraire signé: THEODRIC-HOLLANT COMES. Le type est une copie àts deniers de Baudouin II, évêque d'Utrecht, oncle du comte; l'avers porte un buste à droite accompagné d'une épée placée derrière la tête; le revers a une croix pattée cantonnée de PAX, comme sur quelques-uns des prototypes épiscopaux.
Fig. II23 Fig. I124
Sous Guillaume I (1203-1223) nous avons trois types à noter: 1° WILLEM. Buste casqué à droite, avec l'épée derrière la tête. Rev. : HOLLANDIA. Croix brève à doubles bandes, cantonnée de quartefeuilles (fig. 1123); — 2° Même type au droit. Rev.: Grande croix brabançonne occupant tout le champ; — 3° Cavalier à droite. Rev. : Croix du n° i. Ces deux derniers types dénotent une influence brabn.n^onne qui s'explique par les relations continuelles des deux pays. X lusieurs aocuments contemporains de Guillaume I mentionnent les demi-deniers, dimidius denarius, ou les oboles; ces pièces n'ont pas encore été retrouvées.
Florent IV ("122^^4) commença l'émission des petits deniers à tête qui luicnt répandus en si grand nombre jusqu'en Allemagne, où les ' ,.,or^i-c les appellent hôpfchen. Ces pièces portent le nom du comte, FLOKtNS et cciui du comté, HOLLANT ou HOLL. Les plus anciens ont une croix à doubles bandes, mais brève; sur les plus récents, la croix est longue et coupe la légende réduite à ses quatre premières lettres.
G^nll.iume II (1235-56) succéda à son père à l'âge de six ou sept ans i>ous la tutelle d'Otton III, évêque d'Utrecht. En 1247, il fut élu roi des Romains et confia la régence de la Hollande à son frère Florent. Les deniers que M. Hooft van Iddekinge attribue au règne de Guillaume II omettent toujours son nom et donnent simplement l'indication COMES HOL- LANDIE, avec la dénomination néerlandaise HOLLANT au revers. Le type
l'allemagne 631
reste la tête et la croix longue à doubles bandes, mais la tête est tournée à gauche (fig. 1124). La gravure et la frappe deviennent sensiblement meilleures.
Ces perfectionnements s' accentuent sous Florent ¥(1256-96), dont les dernières années appartiennent déjà à l'époque du gros. Sqs deniers ou kôpfchen sont d'un travail très soigné; la tête est plus achevée et le profil plus humain. Au revers, la croix n'est plus à doubles bandes, mais simple et pattée ; elle coupe d'abord la légende et est cantonnée de rosettes, puis, pour permettre au monnayeur de donner plus de développement aux légendes, elle redevient brève. Ce qui distingue encore les pièces de Florent V, c'est qu'elles portent pour la première fois un nom d'atelier, MONETA DORD'CI, ou DORDRACI, pour Dordrecht, MONE MEDEN- BLEC, pour l'atelier, beaucoup moins actif, de Médemblik. Autour de la tête de l'avers, Florent V signe de son initiale et de son titre, F. COMES OLLANDIE.
g). Seigneurie de Coevorde >.
Les seigneurs ou burgraves de Coevorde, vassaux des évêques d'Utrecht, ne commencèrent à monnayer qu'à la fin de la période dénariale. Suivant M. Hooft van Iddekinge, leur pièce la plus ancienne est une copie des deniers à tête frappés en Hollande sous Guillaume IL Comme 'sur les prototypes, le nom du seigneur est omis ; les légendes sont COMES KOVORDIE à l'avers et MO-NE-TA-+ du côté de la croix. L'auteur hollandais attribue ces deniers :i\i burgrave Henri H de Borculo qu'on rencontre dans l'histoire de 1275 à 1285.
Renaud I de Borculo, fils et successeur d'Henri II, cité de 1285 à 13 15, continue la frappe de monnaies imitées des deniers hollandais, mais les pièces de Florent V sont prises pour modèles. Les légendes, très explicites, sont MONETA COVERD' ou KOVORD et RENOD DNI KOVO. Renaud II, qui vivait encore en 1324, frappa des ester lins à l'écu au lion, puis nous entrons avec Renaud III dans la période du gros,
h). Seigneurie de Cuinre *.
La seigneurie de Cuinre s'étendait au sud de la Frise, sur les côtes
1. Hooft van Iddekinge, La plus ancienne monnaie des seigneurs de Coevorde, dans la Revue belge de numism., 1867, p. 466. — P.-O. Van der Chys.Demunten van Friesland, Groningen en Drenthe, Haarlem, 1855, p. 591 et suiv.
2. P. O. Van der Chys, De munten der vooi-malige heeren en stedèn van Overysseî, Haarlem, 1854, in-4. — Hooft van Iddekinge!, Monnaie d'un seigneur de CunrCj frappée à Emeîoordy dans la Revue belge de numism., 1867, p. 109.
du Zuiderzée qui furent en partie submergées, lors de l'inondation de 1 170. La chronologie des sires de Cuinre est très obscure et l'on ne possède que des données très incomplètes sur leur histoire :
Henri la Grue, ...1187-1213... Henri III, 1294-1328.
*HenriII, .. .1263-1294... Jean, ...1331...
Comme leurs voisins les seigneurs de Coevorde, ceux de Cuinre n'eurent qu'un monnayage d'imitation. Ils empruntent leurs types à la Flandre, à l'Angleterre, à la Hollande, au Brabant. La première pièce décrite par Van der Chys est un denier dont le revers, à la croix losangée cantonnée de rosaces, est la reproduction fidèle des revers de certains petits deniers de Bruges; l'avers porte l'écu des seigneurs : bandé de gueules et d'or brisé d'un lambel, avec cette légende DE-CVN-REN. Viennent ensuite des esterlins au type anglais d'Henri III, frappés vraisemblablement par Henri II de Cuinre ; le nom du roi est parfois conservé, et c'estla légende du revers, HEN-KICV-S-CO-MES. CIVI-CVN-REN-SIS. CIVITAS-CVN-REN ou COI-CVN-REN-CIS, qui indique l'origine des pièces. Sur une de ces imitations, qui n'est par la moins curieuse, l'inscription de l'avers est SALVE REGI N A M AD, un des plus anciens exemples de ces invocations religieuses qui sont, par la suite, devenues de règle sur les monnaies.
Nous rangeons au temps d'Henri III des esterlins copiés de ceux des Edouard d'Angleterre et portant HENS COMES DE CONRE-MO- N-ETA-CON-REN. La première partie du règne de Jean appartient encore à l'époque dont nous traitons ici. Elle nous donne des deniers imités de ceux de Florent V de Hollande et des esterlins à l'écu au lion. Jean abandonne le titre de cornes porté par ses prédécesseurs pour prendre celui de miles ; c'est ainsi que sur ses esterlins on trouve habituellement : MONETAIOHAN — MILITIS DE ou IN CVINRE. Le 24 juillet 1331, Guillaume III, comte de Hollande, lui donna en fief, pour une période de six semaines par an, la juridiction d'Emeloord, village situé actuellement dans l'île de Schokland, au Zuiderzée; le sire de .Cuinre y ouvrit un atelier monétaire dont les produits, des deniers au type hollandais, portent : MONETA EMELVVAR — MONETA CV-NRE-N. Nous prions le lecteur de se reporter à notre quatrième partie pour la suite de la numismatique de Jean de Cuinre.
§ IV. — Saxe.
Pour la facilité du lecteur, nous diviserons la Saxe en quatre régions : I" la Wcstphalic, 2° la basse Saxe, 3° la Thuringe avec la Lusace et la
l' ALLEMAGNE 633
Misnie, 4° le Brandebourg, auquel nous joindrons les pays soumis successivement, dans l'Est, à l'influence germanique, la Poméranie et la Prusse.
A. — Westphalie.
a). Ateliers impériaux.
Cinq localités de la Westphalie nous donnent des monnaies signées exclusivement par les empereurs. Ce sont : Dortmund qui resta toujours une possession du pouvoir central, Minden qui passa à ses évêques, Corvei et Helmershausen, où les abbés acquirent de bonne heure l'autonomie, enfin, Sœst qui fut par la suite le principal atelier des archevêques de Cologne en Westphalie. Dans aucun de ces ateliers le monnayage ne paraît commencer avant Otton III.
Dortmund. — La numismatique de cet atelier impérial a été l'objet d'une très bonne monographie de M. A. Meyer^ Son activité commença au règne d'OttonlII, roi (983-996). Le type des deniers se compose du mot THERT-MANNI écrit en deux lignes, et, sur l'autre face, d'une "croix pattée cantonnée de globules et entourée de la légende 4- ODDO REX. Devenu empereur, Otton III (996-1002) abandonne les coins que nous venons de décrire, et le nom de la ville, THEROTMANNIT, est écrit, tantôt autour d'une petite croix avec globules au bout des branches, tantôt autour d'une tête de face.
Sous Henri II (1002-24), ^^s mots HEINRICVS REX accompagnent habituellement une tête couronnée à gauche, ou beaucoup plus rarement une croix pattée et cantonnée. Au revers, le nom de lieu affecte difl'érentes formes : THROTMONIA. DRETMONNA. THRETMANNI ; la croix centrale est parfois de très petite dimension. Sur quelques deniers dus sans doute à un mélange de coins fortuit, le nom de Dortmund est remplacé par la légende ODDO IMPERATOR.
Les successeurs d'Henri II, Conrad II (1024-39), Henri III (1039- 56) et Henri IV (105 6-1 105), mettent toujours leur effigie à l'avers, et la croix cantonnée au revers des deniers qu'ils frappent à Dortmund. Sous Henri IV le buste est généralement accompagné d'une hallebarde ; la croix, au lieu d'être pattée, est droite et prolongée jusque dans le grénetis. On rattache au même règne un denier sur lequel figure le nom de Louis le Débonnaire ; c'est une restitution, à la manière antique,
I. Die Mûnien der Stadt Dortmund, dans la Numismatische Zeitschrift de Vienne, 1883, p. 238 et suiv.
dont nous avons déjà cité d'autres exemples, notamment à Anvers (p. 565), à Bruxelles (p. 566) et à Cologne (p. 603).
Entre Henri IV et Henri VI, le monnayage de Dortmund présente une grande lacune. Un document de 115 6 parle de payements en deniers de Cologne, de Dortmund et d'Iserlohn, mais on ne sait s'il s'agit de monnaies émises à cette époque ou de pièces plus anciennes restées dans la circulation.
En 1190, l'année de son avènement, Henri VI promit à Philippe de Heinsberg, archevêque de Cologne, de ne conserver que deux ateliers dans le diocèse. L'une de ces monnaies était apud Tremoniam. Le type des pièces qui y furent frappées comprend à l'avers le buste de profil ou l'effigie assise de face avec sceptre et épée; au revers, nous trouvons un édifice analogue à celui des monnaies contemporaines de Munster et l'immobilisation dénaturée du nom d'Otton, empereur, lODDO IVNHNG, que nous retrouverons en abondance en Westphalie.
Sous Otton IV (1198-1218), s'introduit à Dortmund le type du penny ou esîerlin de Henri III, roi d'Angleterre. Le même dispositif se trouve répété sur des quarts de deniers au même type. Les légendes du revers sontTREMONIA REGIA, ou une immobilisation altérée de Sancta Colonia. Sous Frédéric II (1212-50), les coins de Vesterlin sont d'abord conservés, puis nous retrouvons sur les deniers l'effigie impériale assise de face. Le nom de l'atelier, TREMANIA, est souvent omis, et dans Ce cas, les deux légendes sont : REX FRIDERICVS — ROMANVS REX.
Les deniers de Guillaume de Hollande (1247-56) nous le montrent également assis sur un siège dont les bras se terminent en têtes d'animaux ; le roi des Romains tient le sceptre fleurdelisé et le globe. Au revers un édifice à tour centrale, accostée ou non de drapeaux, symbolyse la cité royale de Dortmund : TREMANIA CIVITAS REG(/a). Le même type se retrouve sur \qs deniers de Richard de Cornouailles (1257-71).
Sous Rodolphe de Habsbourg (1273-91) et ses successeurs du xiv^ siècle, nous assistons à un retour partiel vers le type des esterlins. Les monnayeurs de Dortmund constituent un type mixte, conservant à l'avers l'image de l'empereur assis des deniers rhénans, et empruntant, pour le revers, la tête de face, encadrée d'un triangle, des esterlins d'Irlande. Cette tête représente saint Renaud, patron de la ville.
Minden. — Les seules monnaies de Minden qui portent la signature d'un souverain allemand datent du règne d'Henri III, roi (1039-46). Elles portent à l'avers la. tête de face ou le profil couronné à gauche, avec HEINRICVS REX, et au revers le nom de heu MINTEONA autour d'une croix pattée cantonnée de globules.
Corvei. — On possède un denier d'Henri II (1002-1024). Le type est la tête de profil à gauche et la croix pattée, avec les légendes : HEN- RICVS REX — CORBEIAS. A partir du milieu du xi" siècle, les abbés signent les espèces, mais en conservant, au début, le nom d'Henri III, roi et empereur.
Hehnershausen. — La trouvaille faite en 1883 à Vossberg a fait connaître un denier d'Henri III (1039-56) frappé dans les murs de cette abbaye. L'avers porte HEINRICVS, suivi d'un titre illisible, et une tête barbue et couronnée; le revers a ...HWARDESHVSVN autour d'une croix cantonnée de quatre globules.
Soest, — Des deniers de Soest portent le nom de Conrad II, empereur (1027-39). L'avers représente une tête diadémée à droite, précédée d'une croisette. Le revers reproduit le dispositif connu sous le nom de type de Cologne, c'est-à-dire S-COLONI-A, en croix; mais dans les cantons inférieurs de la croix ainsi formée est écrit en petites lettres: SOES- SASN, abréviation de Soessasiensis.
A cette émission succèdent des deniers au type de Cologne et au nom d'Otton III immobilisé, copiés ensuite par plusieurs ateliers de Westphalie au xi' et au xii' siècles. Les produits de la monnaie de Soest se distinguent par un différent spécial, dont on ignore la signification exacte et que les numismates allemands désignent sous le terme vague de « signe de Soest », soesîer Zeichen.
A la fin du xii^ siècle, alors que les archevêques de Cologne avaient déjà atteint à Soest à l'autonomie monétaire, nous trouvons encore un denier au nom d'Henri VI (1190-97). Le type est à l'image de l'empereur assis de face, tenant la lance et le sceptre fleurdelisé ; la légende est : HINRICVS ROM I. Au revers, une inscription inintelligible entoure une croix qui a dans un de ses cantons le mystérieux soester Zeichen, peut-être une paire de ciseaux.
b^. Comté d'OstfriseK
Le comté d'Ostfrise ou, pour mieux dire, y^'-T
le pagus Asterga dont le chef-lieu était Jever ■iOf'^^S^^
(Geveren, Gevrem), appartenait aux ducs de j'f/Jl ]^^pW'
Saxe. Ceux-ci commencèrent à y monnayer "^ >0'^'f'\
au milieu du xi* siècle. Les premiers deniers ^^-^ZU^
portent à l'avers le nom de Conrad II le ^'^- "^> Salique autour d'une tête barbue de trois quarts à gauche; au revers
I. Tergast, Die Mâji^cn Ostfiieslands, t. I, Emdcn, 1883, p. 17 et suiv.
nous trouvons la représentation d'un étendard et la signature du duc Bernard II (1011-62). Sur les émissions postérieures du mèr ; règne, le nom de Conrad II est omis et remplacé par celui du duc ; l'indication GEFRI DENARII, deniers de lever, figure au revers (fig. 1125).
Sous Ottonou Ordulf (1062-74), les deniers portent une tête couronnée de face et une croix pattée, cantonnée de quatre globules. Les mots ODDO DVX sont répétés des deux côtés. Hermann, frère cadet d'Otton, qui se trouvait déjà investi du Holstein 'ui succéda dans le pays d'Asterga; il mourut en 1086. Ses deniers conservent le -type usité par son prédécesseur et portent, comme légendes, HEREMON et GE- NERE I, c'est-à-dire le nom du souverain et celui de l'atelier d'Iever. Une pièce due sans doute à un mélange de coins involontaire reproduit au revers le nom du duc Otton. Après Hermann, le monnayage d'Iever paraît avoir cessé.
c). Comté d'Emden.
Le comté ou pag'Ts Emesga, dont la capitale était Emden (Amuthon, Emuthon, Ametha., Amathe) appartenait, au xi'^ siècle, à Hermann I, comte de Calvelague (1020-5 0- On possède de ce personnage des deniers
à son nom et à son buste, ayant au revers le nom de la ville d'Emden écrit horizontalement dans les cantons d'une croix ornée (fig. 1126). Ces coins s'immobilisèrent, car on possède des deniers à léo^endes altérées
Fig I 126. ^ ^
et de poids affaibli qui en répètent le type. A la fin du xii^ siècle, les comtes de Ravensberg, descendants d'Hermann I, frappèrent dans leurs possessions frisonnes des deniers portant une effigie impériale de face et la croix à doubles bandes; les légendes sont presque toujours absentes et il a fallu une réelle bonne volonté à M. Tergast pour y déchifi'rer les noms des empereurs Henri VI (1190- 97) et Otton IV (1198-1218). Le 20 septembre 1224, Henri VII, roi des Romains sous son père l'empereur Frédéric II, donna à Sophie, femme d'Otton, comte de Ravensberg, une charte lui confirmant entre autres droits : « comitiam in E?nesgonia » et « monetam in Emeîhen ». En 1252, Sophie et sa fille Jutte cédèrent le pays d'Emden à Otton II, évèque de Munster.
à). Evéchc de Munster K Les plus anciennes monnaies de Munster, deniers et oboles, remontent
I. J. Nicscrt, Beiln'igc -^ur Mûn:(kundc des cbcmaîigen Hochstifts Miinster. Coesfeld,
l'Allemagne 637
au xii^ siècle et ne portent que le nom de Tatelier sous sa forme primitive, MIMIGARDEFORD. Le type est un édifice religieux à trois tours, d'un aspect massif ; au revers, nous avons la croix à branches de bonne heure arrondies, cantonnée de globules. La légende est une dégénérescence de + ODDO IMP AVG, qui se manifeste par des altérations telles que : + ODDODVIIia. + ODDO + D + VIIIQ. + ODDO U 1111110. etc; les jambages des lettres sont parfois larges et grossiers (fig. 1127). On ne sait rien de Toriginexies droits monétaires épiscopaux, mais cette légende immobilisée permet de croire qu'il faut chercher cette origine dans quelque concession impériale de la période des Ottons.
Les seuls renseignements écrits qu'on possède sur l'histoire monétaire de Munster au xii*^ siècle sont relatifs à l'évêque Louis I de Tecklenbourg (1169-73), que des chroniques locales plus récentes nomment restaurator monctae. Le fait qui donna lieu à cette appellation nous est inconnu; on sait toutefois par le nécrologe de la cathédrale que cet évêque accorda au chapitre métropolitain certains droits sur l'atelier : « Dédit obventiones monetae fratribus, quae dicunîur sleg er penny nge, et potestatem ferramentorum monetae », ce que nous traduirons librement par : il donna aux frères une partie des profits de la Monnaie appelés seigneuriàge, et leur confia la garde des coins. En somme, le chapitre obtint un droit de contrôle qui devait contribuer, dans une certaine mesure, à « restaurer » la monnaie, si des abus s'étaient glissés dans la fabrication des espèces.
Le premier évêque qui, suivant H. Grote, signe les deniers est Hermann II de Catzenelnbogen (i 174-1203). Ses coins reproduisent
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Fig. 1127
Fig. I12S
avec quelques différences d'exécution le type décrit plus haut, auquel ils font incontestablement suite. L'édifice est d'une architecture moins lourde, la tour centrale est bien dégagée, et au revers deux des globules cantonnant la croix sont remplacés par une crosse posée en diagonale. Si les graveurs ont fait quelques progrès en dessin, ils écrivent, en revanche, les légendes avec une inconcevable négligence; on déchiffre
1838-41, 3 parties, in-8. — Cappe, Die MiUelàltcr-Mûn:{en von Munster, Osnahrûch, Pa derborn, Con>ei und Hcrvord. Dresde. 1850, in-8. — H. Grote, Die viïmstcrschcn Mihiicn des Mittclalters, dans les Miïnistudien, t. I, 1857, P- ^77 ^^ 32^.
EEr^MAN EPS sur quelques exemplaires, MIMIGARDEVORDI sur
quelques autres, mais, en général, l'assemblage des lettres est dépourvu de sens. Nous croyons que les coins d'Hermann II s'immobilisèrent sous Otton I d'Oldenbourg (1203-18), dont on n'a retrouvé jusqu'à présent aucune monnaie signée.
Avec Thierry III d'Isenberg (1218-26), nous entre ns dans une nouvelle période. L'antique dénomination de Mimigardeford, abandonnée depuis longtemps par les diplômes, disparr-»: des monnaies. Les types se modifient et deviennent ouvertement épiscopaux. A l'avers l'évcque, TEODERICVS, est assis de face, coiffé de la mitre, tenant la crosse et le livre. Au revers l'ancien édifice, rajeuni, est entouré du nom moderne MONASTERIVM (fig. 1128). Nous avons ainsi des deniers et des oboles.-
Le long épiscopat de Ludolphe de Holte (1227-48), ne donne pas moins de sept émissions dont trois consistent en monnaies anonymes. C'est i\ son temps que H. Grote, revenant avec raison sur son opinion première, classe les imitations serviles des estcrlins anglais d'Kenri IL C'est de son temps encore que les deniers de Munster, les pseudo-esterlins exceptés, prennent le caractère qui les distinguera dans la suite : le flan, très épais, est plus petit que les coins destinés à l'empreindre, de sorte que les légendes n'y sont jamais venues d'une manière complète; on dirait, à première vue, des pièces rognées. Nous signalons ici, avec quelques détails, les différents types en usage sous Ludolphe de Kolte et qui s'enchaînent d'une manière très logique :
1° lvdolf' epc. Evoque assis de ùce, tenant généralement la crosse et le livre. Rev. :
MON'ES TERIEXS. Édifice.
20 Morne type. Rev. : moxasterivm. Édifice avec portail sous lequel se trouve la tête de face de saint Paul, patron de l'évêché.
50 Même type. Rev. : monasterio. Croix à doubles bandes imitant celles des esterlins d'Henri II roi d'Angleterre.
40 s.\KCTVS PAVLvs. Tête nimbée du saint, de face. Rev. : monasterivm. Édifice à trois tours, avec avant-corps à cinq arcades.
Fig. II 29
50 Même tvpe. Rev. : henri on lvkd. Croix à doubles bandes, comme sur les esterUns d'Henri II, roi d'Angleterre. On remarquera que la légende est une reproduction servile du prototype anglais.
60 Même type, avec s.wcte p.wlv'. Rev. : moxasterivm. Même croix (fig. 1129).
Pour quels motifs le nom de l'évcque est-il omis sur les pièces de ces trois émissions? Mader, frappé de cette particularité, les attribuait au chapitre de Munster. Il n'est pas impossible, en effet, que l'évêque ait momentanément engagé son atelier à son chapitre métropolitain.
70 lvdolf' epc. Évoque assis de face, avec crosse et livre. Rev. : sanct' pavl. Tête nimbée du saint, accompagnée d'une épée (fig. 11 30).
Le dernier type de Ludolphe resta, à part quelques détails de gravure, celui de ses successeurs, dont voici la liste :
*Otton II de Lippe, 1248-59.
^Guillaume de Holte, 1259-60.
*Gérard delà Marck, 1261-72, *Éverard de Diest, 1275-1301.
*Otton III de Ritbcrg, 1 301-6.
*Conrad I de Bcrg, 1307-10.
*Louis II de Hcsse, 1310-57.
Adolphe de la Marck, 1357-63.
Fig. II 31
Sous Éverard de Diest, le chef de saint Paul, SANCTVS PAVLVS. PAVLVS AP05T0.
reçoit parfois un encadrement triangulaire emprunté aux csterlins d'Irlande (fig. 1131). Cette particularité disparaît après Conrad I.
En 1252, Sophie, comtesse de Ravensberg, sa fille Jutte er son gendre Waleran de Montjoie cédèrent leurs états à Otton II de Lippe, évéque de Munster. A la suite de cette cession, les évèques purent monnayer dans diverses possessions des comtes de Ravensberg, et ils le firent àEmden. Les premières monnaies épiscopales de l'Ostfrise sont complètement différentes des espèces contemporaines de Munster ; elles consistent en petites pièces très minces connues sous le nom de scbubben, littéralement « écailles de poisson ». Ces scbubben portent à l'avers soit un buste avec crosse ou dextre bénissant, soit une dextre et une crosse; le revers est occupé par une croix pattée généralement à branches évidées (fig. 1132 et 1133).
Fig. II 32
Fig. 1133
Dans la première moitié du xiv* siècle, vers l'épiscopat de Louis IT, les évêques de Munster introduisirent dans l'atelier d'Emden le système monétaire de la métropole. Les deniers dç cette époque portent W ON ETA EMEDENS, l'évêque assis de face, bénissant et tenant le livre ; puis, au revers, le chef nimbé de saint Paul accosté d'une épée, et SANCTVS PAVLVS. Les pièces sont épaisses et présentent les mêmes défauts de fabrication que les monnaies frappées à Munster à la même époque.
e). Évéché d'Osnahruck > .
Aussi bien au point de vue du système monétaire qu'au point de vue des monnaies elles-mêmes, il règne, dit H. Grote, entre Munster et Osnabruck, une grande analogie. Il résulte des trouvailles que les espèces des deux évêchés circulaient concurremment.
Les premières monnaies connues pour Osnabruck sont anonymes, mais appartiennent vraisemblablement à l'épiscop. . de Philippe de Catzenelnbogen(i 141-73). Leur type est une copie presqu servile du type de Cologne; autour de la croix du revers, on lit OSNINHVGGE (fig. 1134). Il existe de cette émission des deniers et des oboles. Le monnayage signé commence sous Arnould d'Altena (i 173-91) et, avec lui, l'influence artistique de Munster. C'est le lourd édifice de Munster qui occupe l'avers des pièces, et quand dans cet atelier on pose au revers une crosse, en diagonale, sur la croix, les monnayeurs d'Osnabruck s'approprient immédiatement ce détail du type.
Fig. II 34
Fig- 113)
Sous Gérard d'Oldenbourg (1192-1216), l'édifice fait place, de bonne heure, à l'image de l'évêque, assis de face, tenant la crosse et le livre, mais nous le retrouvons au revers, concurremment avec la croix. Le nom de lieu est écrit OSENBRVGGE C! sur les exemplaires à légendes correctes, mais ici comme à Munster l'orthographe est souvent défectueuse. On n'a point encore découvert de monnaies pourl'épiscopat d'Adolphe de Tecklenbourg (1216-24). ^^s deniers d'En gelheit d'Isenberg (1224-26), diff'èrent peu de ceux de Gérard (fig. 1135), ^^ P^ur Otton I (1226-27), Grote ne signale qu'une pièce d'attribution hasardée.
Conrad I de Lauenrode (1227-38), le contemporain de l'évêque de Munster Ludolphe de Holte, frappa exactement les rnêmes espèces que nous avons signalées pour celui-ci sous les n°^ 2 et 6 de nos descriptions. L'émission la plus ancienne donne des deniers h, l'évêque assis, portant au revers un édifice dans le portail duquel est placée la tête de face de saint Pierre, patron du diocèse. A ces pièces succèdent des ester-
I. H. Grote, Osnabruck' sche Geîd uud Mûn:{geschichte ini Mittelaltcr, dans les Mûw^studicn, t. IV, 1865, p.i.
l' ALLEMAGNE 64 1
lins et demi-esterlins à la même effigie du prince des apôtres, SANCTE PETR', imités de ceux d'Henri II d'Angleterre (fig. 1136). Un de ces esterîins est anonyme et présente une sorte de type mixte : l'avers porte la tête et le nom de saint Pierre, le revers, la roue des armes d'Osnabruck, dans le triangle irlandais accosté de OSE-NBR-VGE (fig. 1137).
Fig 1136
Fig. II 57
En 1239, Engelbert I d'Isenberg reprit possession du siège d'Osnabruck qu'il occupa jusqu'en 1250. Sa rentrée concorde à peu près avec l'apparition de deniers épais et à flan trop étroit dont nous avons parlé à propos des monnaies de Munster. Les pièces d'Engelbert I sont très répandues depuis la grande trouvaille d'environ 7000 spécimens faite en 1836, lors de la construction de Thôtel de ville d'Osnabruck. Grote, qui a pu examiner ce trésor en entier, assure que pas une pièce ne portait intégralement l'empreinte des coins ^ A partir de la restauration d'Engelbert I, deux ateliers furent chargés de la production du numéraire, la métropole, et la ville de Widenbruck, WIDEN- BRVGE, située sur l'Ems dans la partie méridionale des domaines épiscopaux; cet atelier avait déjà fait, en 952, l'objet d'une concession monétaire d'Otton I en faveur de l'évêque Drogon. Le type de toutes les pièces d'Engelbert I se compose, à l'avers, de l'évêque assis, et au revers de la roue d'Osnabruck sous une arcade surmontée de trois tourelles. Nous pouvons nous borner à donner l'énumération des successeurs de cet évêque :
*Brunon d'Isenberg, 1250-58 (fig. 1138).
*Baudouin de Russel, 1259-64.
*Widekind de Waldeck, 1265-70.
*Conrad de Ritberg, 1 270-96 (fig. 11^9).
*Louis de Ravensberg, 1297-1308.
*Engelbert II de Weyhe, 1309-21.
*Godefroid d'Arnsberg, 1321-49.
*Jean II Houth, 1349-66.
Sous tous ces évêques, les deux ateliers d'Osnabruck et de Widenbruck restent en activité ; les types, désormais de composition originale, comprennent à Tavers l'évêque assis, au revers la tête de face de saint Pierre dans un grenetis circulaire, triangulaire ou losange, la roue dans
I. H. Grote a fait analyser quelques-unes de ces pièces. Voici le résultat de cette opération qui donnera une idée de l'état matériel des monnaies westphalicnncs au milieu du xiii* siècle : poids, i gr. 39; titre, 0.336; poids d'argent contenu dans chaque denier, i gr. 161.