J. Weingàrtner, ihid.^ p
2. Pour Schwalenberg, Pyrmont et Waldeck, cf. H. Grote, Die waldzchchen Mûnlen des MitteîalterSjA da.rïs les Mv.n-i^studien, t. V, 1867, p. 81,
Albert, quatrième fils de Bolkwiii III, obtint en apanage le château d'Oldenbourg au sud de Pyrmont. Il frappa à Schwalenberg, sans doute à la suite d'une convention de famille, des deniers portant à l'avers un personnage assis tenant une épée et au revers une grande étoile. En 1322, Schwalenberg passa en partie à la Lippe, en partie à Tévêché de Paderborn.
q). Comté de Pyrmont.
Le comté de Pyrmont formait l'apanage d'une branche cadette de la maison de Schwalenberg, issue du second fils de Widekind III. Ses armes étaient d'or à la croix ancrée de gueules. A la fin du xii* siècle, Philippe de Heinsherg, archevêque de Cologne, devenu duc de Westphalie, acheta le château de Pyrmont considéré auparavant comme terre allodiale et en laissa la moitié en fief à ses anciens possesseurs. En 1255, Godescalc et Hermann de Pyrmont engagèrent également à l'archevêque Conrad la moitié de leur ville de Lugde où se trouvait l'atelier monétaire comtal. Un Reddiius oppidorum et officiorum du duché de Westphalie dit à propos de Lugde ; « Oppidum Luden pro medietate est
archiepiscopi Archiepiscopus habet in Luden... de medietate monetae
2 marcas. » Voici la liste des comtes de Pyrmont dont le nom ne paraît toutefois sur aucune des pièces retrouvées :
Widekind, 1148-1185.
*Godescalc, I, mort en 1243. *Hildebolde, 1268-1317.
* Godescalc II, mort en 1258.
Les ^^;2zVrj contemporains de Godescalc I reproduisent le type de Cologne à l'avers et portent au revers l'écu de Pyrmont entouré du nom BE1NARDVS EP, qui désigne probablement Bernard III, évêque de Paderborn. Vers le temps de Godescalc II, l'ateHer de Lugde frappa
des esterlins au type d'Alexandre II, roi d'Ecosse, dont le nom est conservé autour du profil couronné.
Sous Hildebolde, les deniers ont d'un
côté un évêque assis et la légende VICEOL-
y. ,,,, DV S EPISSCO, indication de Wichbold de
Holten, archevêque de Cologne ; le revers
porte la croix ancrée des armes comtales de Pyrmont, avec l'indication
de l'atelier: CIVITAS LVDHE (fig. 1145).
r). Comté de Waldeck.
Le comté de Waldeck, qui arrivé vers le milieu du xii*^ siècle dans la famille de Schwalenberg, fut donné en 1214 à Adolphe, second fils de Bolkwin III, le transmit à ses descendants :
* Adolphe, 1214-1270. * Henri II, 1 305-1 344.
*OttonI, 1271-1305. Otton II, 1344-1369.
Le comté de Waldeck se composait de deux tronçons, dont l'un, avec Waldeck était situé dans la Hesse, l'autre, avec Corbach, dans l'évêché de Paderborn. Au point de vue monétaire, ces deux divisions sont également marquées. A Waldeck circulaient les bractéates, à Corbach les deniers westphaliens.
L'atelier comtal était situé à Corbach, ainsi que l'indiquent les légendes CORBEKECIVI. CORBACK CIVITA. COREBEKE CIVITAS. CVRBEKE Cl VIT, etc. Le type des plus anciens deniers d'Adolphe est l'image du comte, COMES DE VALD, assis de face avec l'épée et le globe crucigère; au revers figure le monogramme de Cologne. Sur des pièces plus récentes nous trouvons d'un côté un losange avec globule central, un ornement étoile, et de l'autre une croix pattée ou bifurquée, le comte assis ou un édifice. A côté de ces monnaies, dont les légendes donnent la signature du comte, nous en trouvons d'autres qui reproduisent servilement les types et le nom de Conrad deHochstadt, archevêque de Cologne. L'archevêque-duc de Westphalie avait-il, à Corbach comme à Pyrmont, une part dans la fabrication du signe d'échange ? Aucun document ne nous renseigne à cet égard; suivant Grote, cette hypothèse est douteuse et nous serions simplement en présence d'un de ces monnayages d'imitation qui pullulent en Westphalie.
Sous Otton let Henri II, le type des deniers comporte le comte assis de face, et un édifice ou un dessin géométrique dans la composition duquel entre toujours le meuble des armes de Waldeck : d'or à l'étoile de gueules. Le droit monétaire des comtes fut engagé, en 1327, à divers nobles, puis à la ville de Corbach en échange du payement d'un seigneuriage. Cet engagement fut l'origine d'un monnayage municipal.
s). Abbaye de Corvei^.
L'abbaye de Corvei, Corbeia nova, doit sa fondation à Adalard, abbé
I. H. Ph. Cappe, Die Mittelaltermûn:(en von Munster, Osnabriich, Paderborn, Corvei und Hervord. Dresde, i8$0, in-8. — J. Weingdrtncr, Die Gold- und Silbermunien der Abtei Corvey. Munster, 1883, in-8.
de Corbie en Picardie. L'installation définitive du monastère eut lieu en 822 ou 823, dans la vallée du Weser, à proximité de la petite ville d'Hôxter. Le patron du monastère, d'abord saint Etienne, fut ensuite saint Vit dont les reliques y furent apportées en 835. En 900 Louis l'Enfant donna à l'abbé Bovon les droits monétaires à Horohusen, et en 945 une concession analogue lui fut faite par Otton I pour la ville de Meppen. En 1150, l'abbé Wichbold obtint le droit de monnayer et d'exploiter les mines à Marsberg.
Le monnayage de Corvei commença sous Henri II (1002-24), ^^nt nous avons décrit les espèces à la p. 635, mais dès le milieu du xi*^ siècle, le nom de l'abbé figura sur les monnaies, d'abord concurremment avec celui du souverain de l'empire, puis seul. Voici la liste des abbés :
Drutmar, loi 5-1046.
*Rothard, 1046-1050.
*Arnould I de Falkenberg, 1051-1055.
*Saracho de Rosdorf, 10 56-1 071.
*Warin, 1 071-1079.
Frédéric, 1080-1082.
*Marquard, 1082- 1 106.
Erkembert de Hombourg, 1106-1128.
Folcmar II de Bomenebourg, 1 1 29-
Adalbert de Bavière, n 38-1 1 44.
Henri I de Bomenebourg, 1144-1146.
Henri II de Bomenebourg, 1 146.
Wigbold, 1 146-1 174.
Conrad, 11 74-1 189.
Widekind de Spiegel, 1 189-1205.
Dietmar II de Stockhausen, 1206-1216.
Hugold de Luthorst, 1216-1223.
*Hermann I de Holte, 1223-1254.
Thimo, 1254-1275.
* Henri III de Hombourg, 1275-1306.
Rudberd de Horchausen, 1306-13 37.
* Thierry de Dalwigk, 1337-1359.
L'inspection de cette liste permet, grâce aux astérisques placés devant les noms des abbés dont il existe des monnaies, de reconnaître dans le monnayage de Corvei deux périodes distinctes, séparées par une lacune d'environ un siècle. Pendant la première période, les deniers ne portent d'autre indication locale que celle de Corvei : l'atelier, placé sans doute dans l'abbaye, est seul en activité.
Voici la description sommaire des monnaies corvéiennes de cette première période :
Rothard employa successivement deux types: i" rotha-rd-vs écrit sur les bras
d'une croix qui coupe h champ ; dans les cantons de cette croix, les lettres du mot
A-B-A-s. Rev. : HEiNRic' REX. Croix Cantonnée de quatre globules (fig. 1147).
^^ — 2° -\- ROTHARD-AB en légende circulaire ; au centre, .les lettres du mot
n ^JS CVRBIA rangées en croix (fig. 1146). Rev. : -\- heinric imp. Croix pattée.
lÉi Arnouldl continua à faire usage du second type de son prédécesseur
Fig. 1146 gj^ substituant au nom de celui-ci, arnold' ab.
Saracho mit, le premier, son efiîgie sur les deniers: -\- saracho aBas cor. Buste diadème de Tabbé, à gauche, tenant une crosse. Rev. : Immobilisation du nom d'Otton : -|- ODDO -j- IVFPING. Croix cantonuéc de quatre globules.
Warin: -f- werinharivs. Buste de face. Rev. : corbeia. Enceinte circulaire avec deux tourelles latérales ; au-dessus, une grande croix.
Marquard: -f- marvartdo. Buste de face avec crosse dans la main 'droite. Rev. : DE CORBEIO. Édifice à trois tours.
Aux deniers signés que nous venons d'énumérer, viennent se joindre, pour la première période du monnayage abbatial, un certain nombre de pièces anonymes sur lesquelles le nom de Corvei est, le plus souvent, associé à celui de j^iint Vit. Un de ces deniers porte d'un côté le monogramme de Cologne (fig. 1148); un autre porte la tête de saint Vit de profil dans un quadrilobe, et au revers une croix à doubles bandes
Fig. II 48
Fig. 1149
brochant sur un quadrilobe, copie évidente d'un type anglo-danois; une troisième monnaie a le profil du saint patron et, au revers, un édifice qui doit sans doute représenter l'église abbatiale (fig. 1149). La date approximative de l'émission de ces pièces est difficile à préciser, mais, on peut dire qu'aucune ne paraît postérieure au xie siècle.
A la fin du xii^ siècle ou au commencement du xiii% les abbés recommencèrent leur monnayage simultanément dans les deux ateliers de Corvei et de Marsberg. Les pièces sont anonymes. A Corvei, nous sommes en présence de copies de Vesterlin d'Henri II, roi d'Angleterre, portant les noms réunis de saint Vit et de saint Etienne ^ A Marsberg, nous trouvons des imitations des deniers de Mimigardeford-Munster, ayant MARESBERG ou MARS MONTIS autour de l'édifice et l'immobilisation + ODDO + IVPING autour de la croix.
Les espèces signées reparaissent avec HermannI de Holten, qui monnaie à Corvei, CVRVEIE CIVITA. et à Wolkmarsen, VOLCMARSEN Cl VI. Les types comprennent l'effigie de l'abbé mitre et crosse assis de face, le buste de saint Vit brochant sur un édifice, ou simplement un édifice. Sur quelques pièces, le nom de l'atelier est remplacé par celui de ConraddeHochstadt, archevêque de Cologne' Del'abbéHenri III, nous avons des monnaies frappées à Corvei, à Wolkmarsen et à Hôxter, Cl- VITAS HOCSARIE. Quant au seul denier de Thierry, il ne porte pas d'indication locale.
A côté des monnaies abbatiales, nous possédons quelques pièces frappées dans les ateliers dépendant de Corvei et signées par Conrad de Hochstadt et Engelbert II, archevêques de Cologne, puis par
I . Cest par une erreur évidente que M. Weingârtner a vu sur une de ces pièces le nom de l'abbé Hermann deHolte. Comparez dans son livre les nos g et 14 de la pi. I.
656 TROISTRME PARTIE
Simon I de Lippe, évêque de Paderborn, comme tuteurs et protecteurs du monastère. Enfin, pour rendre complète cette rapid- ^evue du monnayage de Corvei, nous devons rappeler les pièces frappées dans l'atelier de Marsberg, où la signature de l'abbé n'intervint jamais, et qui conservent pendant toute la période dénariale l'aspect d'un numéraire plutôt municipal. Cet atelier de Marsberg appartenait pour moitié à l'archevêque de Cologne.
t). Diiché de Westphalie et d'Angrie '.
L'église de Cologne possédait en Westphalie et en Angrie un certain nombre de biens, notamment le territoire de Soest, lorsqu'en 1178 l'empereur Frédéric Barberousse donna à Philippe de Heinsberg les droits et les titres dont il venait de dépouiller Henri le Lion. Les archevêques de Cologne purent ainsi s'intituler ducs de Westphalie et d'Angrie.
Les ateliers westpualiens dans lesquels les titulaires du siège de Cologne monnayèrent, sont au nombre de sept : Soest, Medebach, Schmallenberg, Brilon, Attendorn, Recklinghausen et Dorsten. En outre, ils partageaient les droits monétaires à Arnsberg avec les comtes d'Arnsberg, à Corbach avec les comtes de Waldeck, à Lugde avec le comte de Pyrmont, à Marsberg avec l'abbé de Corvei, à Herford avec les abbesses du Heu. Ce partage nous est formellement affirmé par les textes en ce qui concerne Marsberg et Lugde. Nous n'avons pas à répéter ici la liste complète des archevêques de Cologne (voir p. éoo et suivantes); nous nous bornerons à rappeler les noms et les dates de ceux qui frappèrent des monnaies signées dans les possessions westphaHennes de leur église :
Arnould II de Wied, 1 1 5 i-i i $6, Soest.
Philippe I de Heinsberg, 11 67-1 191, Soest (fig. 11 50).
Adolphe I d'Altena, 1 195-1205, Soest.
Thierry I de Heinsberg, 1208-12 12, Soest. Vacance du siège, 121 2-1 216, Soest.
Engclbert I de Berg, 1216-1225, Soest, Attendorn. Henri I de Molenark, 1 225-1238, Soest. Attendorn.
I . J. Weingiirtner, Die Silher-Mûnien von côhiisch HeriogtJmm Westfalen und Graffchnft odcr Vcst Recklinghausen. Munster, 1885, in-8.
Conrad de Hochstadt, 123 8-1 261, Soest, Medebach, Briîon, SchmàlUnherg , Rechlinghaiisen.
Engelbert II de Fauquemont, 1261-1274, Briîon (fig. ii<^i)^SchmaUenherg.
Sigefroid de Westerbourg, 1 275-1 297, Socst, Briîon, SchmaUenherg , Rechlinghausen, Dorsten.
Wigbold de Holte, 1297-1304, Medehach, Briîon.
Henri II de Virnenbourg, 1 304-1 332, RecklingJjausen.
Waleran de Juliers, 13 32-1 349, Recliîinghausen.
Guillaume de Gennep, 1 349-1 362, RecklingJmusen.
Le monnayage de Soest est d'une importance capitale pour l'histoire économique de la Westphalie. Les stipulations en monnaie de Soest se rencontrent dans les documents dès la dernière année du xi* siècle; au XII*, les mentions de solidi sosatiensis monete sont extrêmement fréquentes. C'est à Soest que s'était localisée l'immobilisation du monogramme de Cologne et du nom d'Otton altéré en ODDO + IVPING qui servit de modèle à la plupart des plus anciennes monnaies de la région. Lorsque ce type se fut popularisé, l'atelier de Soest, pour distinguer ses « agrippiner » de ceux qui étaient frappés ailleurs, imagina de les marquer, dans l'un des cantons de la croix, d'un signe spécial connu des numismates sous le nom de soester ^^eichen.
Fig. 11)0
Fig. uji
Arnould II de Wied fut le premier à remplacer,par son nom le ODDO + IVPING traditionnel. Sous Philippe de Heinsberg, l'ancien type fut abandonné pour une empreinte nouvelle : on substitua au monogramme colonais l'effigie mitrée de l'archevêque assis de face, tenant une crosse et une croix pastorale. La croix du revers cantonnée du soester :;eichcn fit place à un édifice entouré de SOSAT CIVITAS. sous Adolphe I, mais elle reparut sous Thierry I pour disparaître définitivement avec Engelbert I. Désormais, les deniers de Soest et leurs divisions consistant parfois en oboles et en quarts de deniers, porteront d'un côté l'archevêque assis avec la crosse et le livre ; de l'autre la représentation d'une église qui, s'agrémentant de bannières, de clochetons, de fleurons, de bustes de saints, laissa une très grande place à la fantaisie du graveur.
Les ateliers westphaliens secondaires subissent naturellement l'influence de Soest, sauf à Recklinghausen et à Dorsten, où les flans épais et les types de Munster trouvent un foyer d'imitation.
u). Prévôté de Wiîdcshaiiscn ' .
En 872, le comte Walbert, parent du saxon Witekind, établit un cloître de bénédictins à Wildeshausen, localité située entre Osnabrùck et Brème, sur la rive gauche de la Hunte qui séparait la Westphalie de la Basse-Saxe. En 1069, Wildeshausen est qualifié pour la première fois de prepositura.
On possède des deniers du prévôt Otton de Lippe (1231-43..); ils sont copiés du troisième et du septième types que nous avons signalés pour Ludolphe de Holte, évèque de Munster. Les légendes reproduisent parfois d'un côté le nom de celui-ci ou le nom de saint des prototypes ; sur l'autre face, on lit: OTTO PREPOSITVS ou OTTO PREPOS. Des monnaies plus récentes, sur lesquelles le prévôt de Wildeshausen n'est pas nominativement désigné, reproduisent un dispositif de Louis II de Hesse, évêque de Munster (1310-57); les légendes sont: SANCTVS PAVLVS ou MONETA WILDES.
v). Comté d'Arnsherg ï.
L'ancienne famille des comtes d'Arnsberg s'étant éteinte au commencement du xii^ siècle, ses possessions passèrent par le mariage de Sophie d'Arnsberg à une branche des seigneurs de Cuyk, en Brabant. Grote dresse, dans ses Stammtafeln, la chronologie suivante des comtes de cette nouvelle maison :
Godefroid I de Cuyk, 1124-1154. * Louis, 1287-13 13.
Henri I, 1154-1185. *Guillaume, 1313-1338.
* Godefroid II, 1185-1235. Godefroid IV, 1338-1368.
* Godefroid III, 123 5-1287.
L'atelier des comtes était situé à Arnsberg : ARNESBERG, ARNES- BERGEN CIVIT. En 1295, Louis ayant acheté la moitié de la ville d'Eversperg, y créa une seconde officine: EVERSBERG CIVITAS.
Les types monétaires se composent, sous Godefroid II, d'une figure impériale assise de face ou de l'aigle éployée d'Arnsberg 5; la croix
1. Bùchenau, Die Mûn:^cn cler Propstei Wildeshausen, dans la Zeit s chr if t fur Ntivit smatik, t. XV, p. 262.
2. H. Grote, Die Mïm^en der Grafen von Arnsberg, dans les Mûnistudien, t. VIII, 1868, "p. 75. — J. Weingàrtner, Die Silber-Mùnien von càlnisch Hef^ogthiim West-
phalcn, etc. Munster, 1886, in-8, p. 113.
3. Les comtes d'Arnsberg avaient pour armes : de gueules à V aigle d'cr.
à doubles bandes des esterïins anglais d'Henri II occupe le revers. Les pièces frappées par les successeurs de Godefroid portent à l'avers l'image du comte, assis de face; l'autre côté reçoit soit un édifice à tour accostée de bannières ou à trois tours, soit l'aigle. Sous Guillaume, l'aigle est placée dans un écusson.
On n'a pas retrouvé de monnaies de Godefroid IV, bien qu'il se fût fait confirmer ses droits monétaires en 1338 par l'empereur Louis de Bavière. En 1368, Godefroid IV vendit son comté à l'archevêque de Cologne pour 130,000 florins d'or. Déjà auparavant, les archevêques paraissent avoir joui de certains droits dans Arnsberg : on possède un denier' de Conrad de Hochstadt frappé dans cet atelier.
w). Comté de la Mark '.
Les comtes de la Mark sont issus de ceux d'Altena, qui formaient euxmêmes une branche cadette de la maison de Berg. Ils portaient : d'or à la fasce échiqueîée d'argent et de gueules de deux traits. Leurs possessions s'étendaient entre le comté de Berg, l'évêché de Munster et le duché de Westphalie. Le monnayage comtal reflète cette situation géographique ; les pièces frappées dans l'atelier de Hamm, HAMONA CIV, MONETA IN HAMONE, c'est-à-dire dans la région septentrionale, ont le flan épais, l'aspect rogné des deniers westphaliens ; celles qui furent émises à Iserlohn, ISERENLON CIVITAS, dans la partie méridionale du comté, se rapprochent des espèces rhénanes, plus minces et plus larges. Cinq comtes de la Mark se sont succédés depuis la fin du xii^ siècle jusqu'au milieu du' xiv^ :
* Adolphe I, 1 198-1249. *Eberhard, 1277-1308.
*EngelbertI, comtede laMark, 1249-77. * Engelbcrt II, "1508-1328. [*Otton, comte d'Altena, 1249-62]. *Adolphe II, 1328-1547.
Les plus anciennes monnaies, dont l'attribution au comté de la Mark soità l'abri de toute contestation, appartiennent au règne d'Adolphe I et sont copiées soit des deniers impériaux de Dortmund, soit des esterïins anglais d'Henri IL Le premier type est usité dans l'atelier de Hamm, le second parait s'être localisé plutôt à Iserlohn.
A la mort d'Adolphe I, ses deux fils, Engelbert I et Otton, se partagèrent ses états. Leurs monnaies portent à l'avers un personnage
1. H. Grote, Kachlrii^^e :;ji Madcr's H'cstfalischcn Mïin~en, dans les Blâtter fiïr Mïm^hinde, t. II, 1836, pp. 127, 190 et 359. — J. Chautard, Iinitatioiis des vtonnaics au type esterlin, Nancy, 1871, in-8, p. 292.
assis, de face, tenant une épée et une branche à trois feuilles, au revers une église à deux tours. Sous Engelbert II et son successeur, l'empreinte que nous venons de décrire reste en usage, mais concurremment avec elle se montre un type nouveau où le champ du revers est armorié à la fasce échiquetée de la Mark.
B. — Basse Saxe.
a). Ateliers impériaux.
Les ateliers impériaux de la Basse Saxe, c'est-à-dire la région située entre le Weser, l'Elbe et les montagnes du Harz, sont au nombre de six pendant la période des empereurs saxons et franconiens : Brème, Stade, Quedlinbourg, Hildesheim, Magdebourg et Goslar. Tous ces ateUers passèrent à des souverainetés ecclésiastiques, sauf Goslar qui resta possession directe de l'Empire.
Brème. — I^qs deniers frappés à Brème au temps d'Henri II, empereur (1014-24), portent à l'avers une tète à droite ou à gauche avec + HEINRI-C IM ; le revers a les lettres SBREMA-A rangées en croix sur le modèle exact du type de Cologne. Ces pièces sont les seules monmaies de Brème où paraisse la signature impériale (fig. 11 50).
Fig. 1150
iiSi
Stade. — Des deniers de cet ateUer portent + H EN RICO autour d'une tète impériale couronnée, de face, et au revers, STATHV... autour d'un temple. Ils appartiennent, suivant M. Dannenberg, à Henri III dont le nom se retrouve sur quelques pièces du comte Luder Udon I.
Un denier qui présente une saisissante analogie avec les pièces frappées à Stade par Henri le Lion, duc de Brunswick, porte le nom et l'elligie de Frédéric Barberousse (fig. 1151).
Oucdlinbourf^. — Otton III, roi, signe dans cette ville des deniers portant SCS SERVACIVS autour d'un temple de la forme dite /;^/;(kirche. Le nom du roi, ODDO, figure dans les cantons de la croix du
revers qui est entourée de 4- DCRA 4- REX. Ces monnaies reproduisent le type de celles qui sont aux noms d'Otton I et d'Adélaïde, dont nous nous occuperons à propos de l'atelier de Magdebourg. Dès la seconde moitié du xi^ siècle, le monnayage de Quedlinbourg passa aux abbesses, mais le nom d'Henri II continua, au début, à figurer sur les deniers.
Hildesheim. — Les monnaies de Hildesheim frappées sous OttonlII reproduisent, comme celles de Quedlinbourg, la hol^iirche et la croix cantonnée de ODDO. Autour de l'édifice, le nom de la patronne : 2CA MARIA, tient lieu d'ethnique (fig. 1152). Les émissions reprennent sous Henri II, empereur (1014-24), dont les deniers portent la tête barbue de face, et au revers celle de la Vierge ; ce type reste en usage sous Conrad II empereur (1027-39).
Fig. 1152
Magdebourg. — Cette ville, la métropole de la Saxe, fut très probablement le plus ancien atelier du nord-est de l'Allemagne. C'est dans ses murs que furent sans doute frappés ces deniers imites des monnaies carolingiennes et surtout des pièces au temple de Louis le Débonnaire, caractérisées par leur bord relevé et connues, depuis B. de Koehne, dans les nomenclatures numismatiques, sous le nom de wendenpfennige. Dans la seconde partie de ce Traité (p. 332), nous avions conservé l'attribution de ces monnaies aux populations wendes, cette avant-
Fig. II 54
Fig. ii)S
garde des Slaves dans les pays germaniques. Cette attribution est aujourd'hui abandonnée et M. Ménadier^ revendique, avec raison, ces deniers pour la Saxe, d'où ils se répandirent dans les pays slaves et no-