I. Deutsche Mûnien, t. I, Berlin, 1891, in-8, p
tamment en Pologne. Après Tavènement d'Otton I (936-973) les soi-disant zuendenpfennige continuèrent à être fabriqués, mais les colonnes du temple tétrastyle furent remplacées par le mot ODDO (fig. 1153).
A ces émissions barbares succédèrent celles qui furent faites aux noms réunis d'Otton I et de sa seconde femme Adélaïde, veuve de Lothaire roi d'Italie, qu'il épousa le 15 décembre 951. L'usage de représenter ou de mentionner la femme d'un souverain, en même temps que son mari, sur les monnaies, si fréquent sous l'empire romain et à Byzance, ne laissa pas que de présenter plusieurs exemples au moyen âge. C'est généralement dans les villes qui furent les résidences habituelles de la maison souveraine, que cet usage se trouve répandu; or, Magdebourg fut précisément la résidence favorite d'Otton P. Les deniers et oboles aux noms d'Otton I et d'Adélaïde forment trois groupes sous le rapport du type :
1. A-f-THALHEiD OU -]- ATHALHET. L'édificc dit hoîikircbe. Rev. -\- di gra 4" REX AMEN. Croix pattée cantonnée de otto. Parfois le mot amen est omis et otto se trouve remplacé par oddo. Il existe des deniers et des oholes. Ce type fut pris pour modèle dans plusieurs ateliers de la Saxe, notamment à Hildesheim, Quedlinbourg, Gittelde (fig. 1 1 54).
2. OTTO REX ADELHEiDA. Tête diadémée à gauche. Rev.:-\- di gra -f rex. Croix cantonnée de oddo (fig. ii5S)- Ce type fut copié par Arnould, évèque d'Halberstadt, Bernard I, duc de Saxe et Boleslas Chrobry, roi de Pologne.
3. -j-Di GRA 4" REX: Tête diadémée à gauche. Rev. : atealht. L'édifice dit bol^kirche. Ce troisième type n'existe que comme obole.
Ces monnaies d'Otton I et d'Adélaïde furent l'objet d'une longue fabrication; après la mort de l'époux d'Adélaïde, le type s'immobilisa à Magdebourg. Accueillies avec faveur dans les régions d'alentour, elles furent, comme nous l'avons dit, copiées dans maint atelier. Dans le cours du règne d'Otton III (983-1002), le type à la holxjiirche fut conservé, mais le nom d'Adélaïde fut remplacé par la légende + MAGADABVRG sur les deniers et les oholes. Au commencement du xi^ siècle, la monnaie de Magdebourg, dont les archevêques recueillaient déjà les profits, devint
I. Les deniers aux noms d'Otton et d'Adélaïde, que les anciens auteurs allemands avaient toujours attribués à Otton I, furent revendiqués pour Otton III par J. Friedlaender. Suivant cette opinion, qui se trouve adoptée par M. Dannenberg dans son grand ouvrage : Die deutscben Mûnien der sàcbsiscben und frànkiscben Kaiserxeity et que nous avions suivie p. $26 de ce Traité, ces monnaies auraient été frappées pendant la minorité d'Otton III, lorsqu'après la mort de Théophanon, l'impératrice Adélaïde reprit un instant le rôle de conseillière de son petit-fils. M. Ménadier a tout récemment démontré (Deutscbe Mûnien, t. I, p. 143 et suiv.), par un raisonnement décisif, qu'il fallait en revenir au classement d'autrefois et placer le début de l'émission des Otto- Adelbcid-denare au temps d'Otton I.
autonome. .Le nom de l'empereur reparut cependant de loin en loin sur les espèces, notamment sous l'archevêque Hartwig, dont les deniers sont contresignés par Henri IV.
Goslar. — Cette ville, la résidence favorite des empereurs de la maison de Franconie, possède une série monétaire très nombreuse ^ grâce à la proximité des mines d'argent du Harz qui devaient contribuer dans une large mesure à l'alimentation de son atelier. Les débuts de la fabrication ne remontent pas à une époque antérieure au couronnement impérial d'Henri HI, en 1046; mais, dès lors, nous avons- une suite continue dans laquelle sont représentés les règnes d'Henri IV (1056- 1105), d'Hermannde Luxembourg (1081-88), d'Henri V(iioé- 25), de Lothaire de Saxe (1125-37) ^^ Conrad III (1138-52). Le type des monnaies de Goslar se compose presque uniformément du buste impérial, de face, rarement de profil, et au revers des deux figures accolées des saints Simon et Jude, +S-S SIMON S-S IVDAS, les patrons de la cité (fig. 1156). Parfois, sous Henri IV et sous Hermann, le revers représente un édifice avec enceinte circulaire, et les monnaies d'Henri V nous le montrent à cheval, tenant un sceptre fleurdelisé. Les deniers de Goslar acquirent une très grande vogue, due sans doute aux énormes quantités qui en furent émises; ils supplantèrent en Saxe les monnaies magdebourgeoises à la hol^hirche pi^ ^^.^ et furent copiés jusqu'en Frise.
La forme des deniers de Goslar, d'abord, la même que celle des pièces rhénanes, se modifie dès les premières années du xii*= siècle; le flan s'étend et s'amincit. Dès le temps d'Henri V, nous sommes en présence de véritables semi-bractéates. Les pièces n'ont plus que l'épaisseur d'une feuille de papier et les types des deux faces, se contrariant dans la frappe, sont complètement embrouillés ; le côté aux efligics nimbées des SS. Simon et Jude toutefois mieux marqué, en général, que celui où se trouve l'image impériale.
A ces affreuses pièces succèdent les bractéates proprement dites qui reproduisent le type traditionnel des deux patrons. Ces pièces sont muettes ou portent la légende S- SIMON • ET -S- IVDAS- AP. ou
I. Cappe, Bcschrcihnn^ dcr Mûnicnvon Goslar, Dresde, 1860, in-8. — Mcnùdler, Die goslarer Pfctniige des :^wolftcn Jahrhnndcrls, dans les Bcrlincr Miïn-hldltcr de A. Weyl, nos 1^2-143, juin-juillet 1892.
APOST. Dans la seconde moitié du xiii* siècle, les bractéates de Goslar portent, en même temps que les figures des deux saints, une aigle éployée. En 12 19, la ville obtint certains droits de contrôle sur la Monnaie impériale fonctionnant dans ses murs; plus tard, l'atelier lui fut engagé ou affermé jusqu'à ce qu*enfin le monnayage devînt municipal, à la fin du xiv^ siècle.
b). Diiché de Saxe,
Le monnayage du duché de Saxe commença vers la fin du x^ siècle avec Bernard I (973-1011), fils d'Hermann et petit-fils de Billung qui laissa son nom comme patronymique à sa dynastie. Les monnaies de Bernard I forment deux groupes, l'un copié des monnaies magdebourgeoises à tête d'Otton I et d'Adélaïde, l'autre visiblement inspiré par le numéraire anglo-danois :
1. BERHARDVS Dvx. Tête diadémée à gauche. Rev.: Di gra rex. Croix pattée cantonnée de ODDO. On ne connaît de ce type que des deniers.
2. BERNHARDVS DVX. Tête couronuée à droite ou petite croix isolée au centre du champ. Rev. : in nomini dni amen. La môme petite croix. Ce second groupe comprend des deniers et des oboîes.
Sous Bernard II (1011-59) dont les espèces se distinguent difficilement de celles de son père, quatre types se succèdent. Les deux premiers sont la continuation du deuxième groupe de Bernard I, puis nous voyons apparaître des deniers qui mentionnent soit le pays, soit la ville de Lunebourg bâtie par son grand-père Hermann :
I. BERNHARDVS DVX. Petite étoile isolée au centre du champ. Rev. : in nomini dni AMEN. Petite croix isolée au centre du champ.
2. Même type, mais à l'avers un globule remplace l'étoile (fig. 1157). Parfois les légendes des deux faces sont interverties; parfois aussi, elles sont incorrectes, comme sur le spécimen reproduit par nous, où l'on voit bernhardx et iv NOMNE domo pour îu ttomine Domini, F'g- "57 3. BERNHARD. Croix cantonnée de quatre glo-
bules. Rev. : LiVNiBVRHC. Dextre brochant sur une croix. Les légendes des deux faces sont parfois interverties.
4. BE DVX. Tête couronnée de face. Rev. : Croix cantonnée de quatre globules.
On n'a pas retrouvé de monnaies d'Otton ou Ordulphe, qui succéda en 1062 à Bernard IL Pour son fils Magnus (1073-1106), M. Dannenberg signale un denier d'attribution incertaine, portant; à l'avers une tête impériale barbue, de face, et au revers un édifice flanqué de deux tours. Les légendes, mal venues, commencent par MA.... et par LIVN...,
ce qui semble donner le nom du duc de Saxe et celui de l'atelier de Lunebourg. A la mort de Magnus, décédé sans enfants mâles, l'empereur Henri V donna le duché de Saxe à Lothaire de Supplingenbourg. En 1 125, ce prince fut élu roi, et en 1133, il fut couronné empereur. Sa fille unique avait épousé Henri le Superbe duc de Bavière (11 36-1 13 9), auquel elle transmit la Saxe.
Henri le Superbe fut dépouillé en 1 138 de la Saxe par l'empereur Conrad qui en investit Albert l'Ours, margrave de Brandebourg, mais dès Tannée suivante Henri chassa son adversaire. Il ne profita pas de sa victoire, la mort l'ayant pris aussitôt. Son fils, Henri le Lion, lui succéda, mais ne fut confirmé dans la possession de la Saxe qu'en 1142 à la diète de Francfort. En 11 80, Henri le Lion, s'étant brouillé avec l'empereur Frédéric Barberousse, se vit dépouillé de ses états ; les dynastes laïques et ecclésiastiques feudataires de la Saxe se rendirent indépendants ; le duché de Westphalie fut donné à l'archevêque de Cologne et le duché de Saxe fut attribué au comte d'Anhalt, Bernard d'Ascanie, fils d'Albert l'Ours; Henri le Lion ne conserva que ses biens patrimoniaux.
Nous parlerons des monnaies d'Henri le Lion, en traitant des monnaies de Brunswick, et de celles de Bernard, en nous occupant du comté d'Anhalt. A la mort de Bernard, en 12 12, le duché de Saxe passa à son second fils, Albert I (1212-éo), qui le transmit à ses descendants, Albert II (1260-98) et Rodolphe I (1298-13 56).
Les bractéates saxonnes du xiii* et du xiv* siècle sont muettes et difficiles à distinguer des pièces égalemenr muettes des margraves de Brandebourg, des princes d'Anhalt, des margraves de Misnie, etc. C'est toujours le même type du seigneur de face, armé, coiffe du heaume ou la tête nue, tenant l'épée, la bannière, etc., presque toujours debout, parfois assis, parfois vu à mi-corps et souvent alors figuré sous une porte de ville. Ces monnaies deviennent de plus en plus petites sous Albert I et ses successeurs ; ainsi, au début on frappait 260 pièces au marc, puis 430, enfin on alla jusqu'à 600 ou même 700 pièces.
c). Comté et duché de Brunswick ' .
La ville de Brunswick, vicus Brunonis, fut fondée en 861 par Brunon, duc en Saxe, oncle d'Henri l'Oiseleur. La région dont elle était
I. Ménadier, Ein hraunschweiger Pfennig des Grafen Ekhert IL, dans Deutsche Mùnicn, t. I, p. 83. — Le même, Eine Denkmi'mie Heinrich des Loiren au/ die Errkhtung des Lôwensteines, ibid., p. 41. — Le même, Der Hoch:^'ilspfcnn;g Hcr^og Hcnrich des
désormais le chef-lieu formait une terre allodiale qui resta jusqu'à la fin du xi^ siècle aux descendants directs de Brunon :
Brunon II, 972-1006. Egbert I, 1057-1068.
*Ludolf, 1006-1038. * Egbert II, 1068-1090.
Brunon III, 1038-57.
M. Ménadier est tenté de donner à Ludolf, qui l'aurait frappé dans son comté de Brunswick, le deîùer dont nous avons parlé p. 624 et que M. Dannenberg attribuait aux possessions frisonr s du même personnage. Le monnayage certain des comtes de Brunswick ne remonte toutefois qu'à Egbert II, dont nous avons un denier aux légendes indubitables : GIEVE EDERTVS (pour grève Egherlus) et BRVNESIVVIC. Ces légendes- sont écrites en langue vulgaire, dont les Bas-Allemands paraissent avoir particulièrement affectionné l'emploi. Le type du denier d'Egbert II se compose de son buste de profil précédé d'un sceptre, et au revers, d'un édifice symbolisant la ville de Brunswick.
Egbert II mourut sans héritier mâle ; sa fille Gertrude apporta le Brunswick à son mari Henri le Gras, comte de Nordheim et duc de Saxe (1090-1101). On possède de ce prince un denier à la légende HENICV: MAR. On n'a pas encore retrouvé de monnaies de Lothaire de Supplingenbourg (1101-1136), qui avait épousé Richense, fille d'Henri le Gras, ni d'Henri le Superbe (1136-1139), le gendre de Lothaire.
A la mort d'Henri le Superbe, son fils Henri le Lion, qui devait jouer un rôle si marquant dans l'histoire de l'Allemagne, n'avait que dix ans. Il commença à résiner sous la tutelle de son oncle Guelfe. Une curieuse semi-bractéate frappée à Brunswick, pendant sa minorité, appelle le jeune souverain: HEINRICVS PVER et porte déjà le lion, qui devait rester son -emblème favori (fig. 1158). Cette pièce est la dernière monnaie biface : désormais, nous n'aurons plus à mentionner que des bractéates proprement dites. En 11 66, au dire des annalistes, Henri le Lion fit ériger à Brunswick un lion de bronze monté sur quatre piliers; comme M. Ménadier l'a fort judicieusement remarqué, il existe des bractéates qui rappellent l'érection de ce monument et nous en donnent la représentation. Deux ans plus tard, en 1168, Henri célébra en grande pompe, dans sa capitale, son mariage avec Mathilde d'Angleterre ; de nouvelles bractéates portent le lion sous une voûte au-dessus de la-, quelle sont gravées les eflSgies des deux souverains. Sur presque toutes
Lihven, ibid., p. 86. — Le même, Das âlfcste Miin:;^zuescn Hannovers, dans la Zeitschrift fur Kinnistualik, t. XIII, p. 1 5 1 et suiv. — G. Schlumberger, Des bractéates d'Allemagne, p. 303.
Fig. II 58
les autres bractéates d'Henri le Lion, son emblème est reproduit. Quelques-unes de ces pièces portent distinctement les légendes : HEIN- RICVS LEO. HEINRICVS DVX DE BRVNESVIC LEO. HEINRICVS DVX LEO, BRVNSVICENSIS; mais sur un grand nombre de pièces on est en présence d'inscriptions simulées dont les lettres inassemblables n'offrent aucun sens.
Les trois fils d'Henri le Lion, Henri le Long, Otton et Guillaume, régnèrent conjointement de 1195 à 1203. En 1195, l'empereur Henri VI donna le Palatinat du Rhin à Henri le Long, qui mourut en 1227. Otton devint roi des Romains en 1198, Guillaume de Lunebourg, le troisième, mourut en 12 13, laissant un fils, Otton l'Enfant, tige de la maison de Brunswick-Lunebourg.
Sur les bractéates d'Henri le Long, nous retrouvons presque toujours le lion bondissant ou passant, souvent couronné, accompagné de divers signes destinés à différencier les émissions annuelles. Les légendes sont : HEINRICVS DEI GRATIA. HEINRICVS DVX PALATI. HEINRICVS DEI GRATIA DVX SAXONIE PALATI ou BRVNESVICENSIS. Beaucoup de pièces sont muettes. Les bractéates frappées dans l'atelier de Hanovre portent MONETA IN HONOVERE : leur type se compose parfois d'une grande croix cantonnée de deux têtes de lion et de deux autres objets.
On ne connaît pas de bractéates de Guillaume de Lunebourg, mais son frère, le roi, puis empereur Otton IV frappa dans ses domaines héréditaires des pièces au lion de Brunswick portant: OTTO Dl GRA IMPERATOR.OTTO DEI GRATIA ROMANOR IM, MONETA DOMINI REGIS IN BRV. BRVNESWICENSIS MONETA \mperialis, etc. Dans l'atelier de Hanovre, les bractéates reproduisent la large croix cantonnée de deux couronnes et de deux têtes de lion, et ont l'inscription : MONETA NOVA DOMINI IMPERATORIS.
Otton l'Enfant (1213-1252), fils de Guillaume, fut d'abord placé sous la tuteUe de son oncle le comte palatin Henri le Long. A la mort de celui-ci, en 1227, il prit le titre de duc de Brunswick et de Lunebourg, qui lui fut reconnu en 1235 par l'empereur. Sur les bractéates de la première époque de son règne figure le lion couronné avec la légende: OTTO DE LVNEBVRG. Plus tard apparaît le lion de Brunswick avec OTTO DVX BRVNESVIC. etc.
Otton l'Enfant mourut en 1252, laissant deux fils : Albert et Jean. Jusqu'en 1269, ils régnèrent en commun, puis ils se partagèrent leurs états; l'aîné eut Brunswick, le cadet, Lunebourg. On attribue à Albert
le Grand (1252-1279), duc de Brunswick, des bractéates au type du lion portant parfois DVX ALBERTVS ou les initiales A-A-A-/ : mais la plupart des pièces sont muettes. A partir du troisième quart du xiii* siècle, les bractéates muettes au type du lion constituent le seul numéraire du Brunswick et leur émission se poursuivit encore après 1345, lorsque la ville de Brunswick, eut obtenu le droit de monnayer pour son compte. Ces bractéates ne faisaient en somme, ici comme aille- ^, que l'office de monnaie divisionnaire indispensable dans les petites transactions.
Pour le payement des sommes importantes, on se servait de métaux au poids, de lingots d'un poids déterminé, dont un poinçon officiel garantissait le bon aloi. Un très petit nombre de ces lingots sont parvenus jusqu'à nous, bien qu'il en soit question, à chaque instant, dans les do- ^'s- "59 cuments écrits, sous la
dénomination de vmrca usualis argenti pura. Nous donnons à titre de spécimen, d'après l'ouvrage de Bode, un lingot contremarque du lion de Brunswick (fig. 11 59); il en existe pour bien d'autres villes, telles que Goslar, Hildesheim, Wernigerode, etc.
d). Comté de Lauenrodc.
Y\z- iiéo
Les comtes de Lauenrode possédèrent au xii^ siècle certains droits souverains dans la ville de Hanovre, à la suite de circonstances aujourd'hui ignorées. Quelques auteurs leur attribuent des bractéates au lion, analogues à celles d'Henri le Long, duc de Brunswick, mais portant la légende MONETA COMITIS IN HON (fig.
e). Comté de Wôlpe ' .
Le comté de Wôlpe s'étendait à l'est du Weser, entre le comté de Hoye, le duché de Brunswick et le comté de Schauenbourg. Parmi les bractéates muettes que la trouvaille faite en 184 1, à Saalsdorf, a fait connaître, il s'en trouve une représentant le lion de Brunswick bondissant au-dessus d'un portail flanqué de deux tourelles crénelées ; dans le portail est placé l'emblème héraldique des comtes de Wôlpe, un os frontal de bœuf surmonté de deux cornes. On ne possède sur les monnaies de Wôlpe aucun renseignement tiré des textes. En 1302, Otton VII d'Alt-Bruchhausen vendit le comté au duc de Brunswick.
f). Èvêché de Verden^.
En 985, Erpon, évoque de Verden, obtint d'Otton III la moneta de cette ville, mais on n'a pas retrouvé d'espèces frappées avant le xiv^
siècle. Un document de 1336 parle de : « denariorum verdensium ar-
genti et ponderis verdensis ». On attribue à cette époque de petites bractéates muettes portant la tête de la Vierge, patronne de la cathédrale.
g). Ville de Luneboiirg.
En 1293, la ville de Lunebourg acheta le droit monétaire d'Otton II, duc de Lunebourg. Les plus anciennes bractéates municipales sont marquées d'un simple lion passant, comme celles de Brunswick, avec lesquelles elles se confondent.
h). Comté de Stade "i.
Le comté de Stade s'étendait à l'embouchure de l'Elbe. Sa numismatique est une conquête récente due à M. Dannenberg. Voici, d'après les Stammtafeln de Grote, la liste des comtes de Stade :
1. C. Schônemann, Zur vaterlândischen Mûnikunde. Wolfenbuttel, 1852, in-4, pi. A, fig. 14.
2. H. Grote, Die Mun\en des Bisthums Verden, dans les Mûnisttidien, t. V, 1867, p. 53 et suiv.
3. H. Dannenberg, Stade aïs Mûn^stàtte Heinrichs des Lôwen, dans la Zeitschrifi jiir Niimism., t. VII, 1880, p. 161. — Le même, Dcr Fund von Vosshcrg, dans le même recueil, t. XI, 1884, p. 284. — Le môme, Die àltestm Miinicn der Grafcn von Stade, dans le même recueil, t. XIV, 1887, p. 236.
Luder, mort en 930.
Henri I le Chauve, 930-976.
* Henri II le Bon, 976-1016.
Sigefroid, 1016-1034.
*Luder Udon I, 1034-1057.
*Udon II, 1057-1082.
Henri III le Long, 1082-1087.
Udon III, 1087-1106.
Henri IV, 1106-1128.
Udon IV, II 28-1 130.
Rodolphe, 11 50-1 144.
Hartwig, 1 144-1168.
Hartwig devint archevêque de Brème et la maison comtale s'éteignit avec lui. Henri le Lion, duc de Brunswick, prit possession de Stade, mais en 11 82 il rendit le comté à l'église de Brème ^^our le reprendre en II 89. En 1219, son fils Henri le Long, comte palatin, céda définitivement Stade à l'archevêque Gérard IL
Le monnayage comtal commence sous Henri II le Bon, dont les deniers, d'aspect Scandinave, portent à l'avers 4- HEINRICVS CM autour d'un buste avec sceptre à gauche. Le revers a une croix cantonnée de C-R-V-X et les mots HROSA ME FEC, parfois écrits à rebours, en légende circulaire. En 1038, Conrad II le Salique accorda à Bezelin, archevêque de Brème, la moneta de. Stade, concession qui dut amener une co-propriété de l'atelier entre les comtes et les archevêques.
La trouvaille de Vossberg renfermait les monnaies de Luder Udon I qui devint, en 1056, margrave de la Marche septentrionale ou Nordmark. Ses deniers portent la tête diadémée ou couronnée, à gauche ou à droite, du roi Henri III, et au revers VDOCO COMES autour d'une petite croix ou d'un édifice. Udon II supprima la mention royale ; ses monnaies sont marquées de son nom, VDO MARCCHIO. et de la tête couronnée, ou de son buste casqué avec une lance sur l'épaule ; au revers, un édifice à deux ou trois tours et le nom de l'atelier : + STAD..., 4- STAT..., ou bien encore une dextre divine entre deux étoiles, DEXTERA DOMINI, fournissent les éléments du type.
Fig. I161
Fis:. 1162
La dernière monnaie de Stade connue pour le xi' siècle ne porte pas de signature, mais bien un édifice entouré de 4- STATHV CIVITAS et une croix cantonnée de P-IS-CI-S et entourée de AGNVS DEI. Au XII* siècle, le monnayage continua, car en 1132 un document mentionne les solidi sîadensis inonete.
Lorsque Stade eut passé aux mains d'Henri le. Lion, son atelier
l'allemagne 67 1
frappa des deniers bifaces dont les légendes et les types sont très caractéristiques. Nous en connaissons aujourd'hui quatre variétés portant d'un côté. une croix pattée ou fleurdelisée, de l'autre un lion sous une voûte précédée d'une enceinte (fig. 1161), un édifice à trois tours, ou enfin, un dispositif singulier qui nous paraît une dégénérescence de l'ancien type de Cologne (fig. 1162). Les légendes sont: +6110 SVM STATHEEE, + CO SVM STATHERE. + O SVM STATERE, HAYRI- CVS-DVX-DENARI, ou STAETEN DENARI. Quelques-uns de ces deniers pourraient être reportés au règne d'Henri le Long. Lorsque celui-ci céda Stade aux archevêques de Brème, la Monnaie fut comprise dans la cession.
i). Archevêché de Brème K
En 834, un archevêché fut créé à Hambourg, mais cette ville ayant été détruite en 840, le siège fut transféré à Brème. Le 9 juin 888, 'Arnould de Carinthie accorda à Rembert, archevêque de Hambourg et de Brème, la monnaie de cette ville. Le 10 août 966, Otton I renouvela cette concession en faveur d'Adaldague. Divers diplômes impériaux vinrent encore confirmer ou étendae ces libéralités : le 10 décembre 1038, Conrad II concéda à BezeHn la moneta d'EssUngen et de Stade ; en 1057, Henri IV donna à l'archevêque Adelbert celle de « Winechem » et de « Gerleviswert » ^ ; en 1062, une concession anologue fat accordée pour « Liestmuona » ; en 1065, nous trouvons des diplômes monétaires pour « Sinziche » et pour Duisbourg ; en 1683, l'archevêque Liémar obtint la moneta de l'abbaye d'Altene et en 1085 la moneta de « Fredena. »
Nous avons parlé (p. 660) des deniers frappés au commencement du xi^ siècle, à Brème, au nom des empereurs ou rois de Germanie. Le plus ancien denier archiépiscopal appartiendrait à Libentius (1029-32). Son type est un buste diadème à droite avec BREMENSIS VRBS et, au revers, LI6IN0 AR0III6... autour d'une croix pattée cantonnée de quatre V. La lecture du nom de Libentius est, comme on voit, douteuse.
Vers Tarchiépiscopat d'Hartwig II d'Uthlede (1184-1208) apparaissent les premières bractéates. Quelques-unes portent : + HAR- TVVCHVS RCHVS et le buste de l'archevêque, crosse et mitre, de face ; d'autres ont les noms et les effigies en pied d'Hartwig II et de saint