‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 37 sur 85 · II · texte numérisé non relu

II

Les monnaies de Rostock sont citées dans des textes de 1262. En 1323, Henri de Mecklembourg abandonnai la ville la garde de l'atelier: « adjicientes quod monetam nostram in ipsa civiiate habeant et de nostro consensu ac scitu custodiant, et nusquam alias in terris, in locis inconsuetis denarii jabricentur. » En 1325, le duc vendit sa Monnaie de Rostock à la ville moyennant une somme de mille marcs d'argent; les deniers devaient être taillés la première année à raison de six marcs au marc d'argent fin, la seconde année à raison de cinq marcs, la troisième année et les années suivantes à raison de quatre marcs et demi.

q). Duché de MeckkmhourgK

Le Mecklembourg, pays des Obotrites, avait été conquis par Henri le Lion qui le laissa au prince slave Przibislaw; celui-ci se convertit en 1164 au christianisme et fut admis en 1170 au nombre des princes de l'empire. En 1237, le pays fut divisé entre les quatre fils d'Henri- Borwin II, qui firent souche et formèrent les lignes de Mecklembourg, de Werle, de Rostock et de Parchim.

Les documents ne nous instruisent d'un monnayage propre au Mecklembourg qu'à partir de la fin du xiii'' siècle. On trouve par exemple, en 1290, la mention de « 200 marcas monelae slavicalis denariorum. )) Les ateliers du duché se trouvaient à Wismar, Rostock, Warnemûnde, Sulze, etc., mais l'impulsion donnée par la Hanse au développement des franchises municipales fit passer, au xiv* siècle, le monnayage au pouvoir des villes. Le numéraire mecklembourgeois se compose de petites bractéates, portant une tète de taureau de face (fig^. 1163), ou une tcte humaine cornue de face ; il existe de ces types de très nombreuses variétés.

r). Abbaye de Nordheîm.

L'abbaye des bénédictins de Nordheim fut fondée en 105 1 par le duc Otton de Bavière et dédiée à saint Biaise. En 1141, Sigefroid de Bomenebourg, neveu du fondateur, donna à l'abbé WizeHn le droit de battre monnaie : « insuper, in ipsa villa Northeim scilicety contradimus thelonei

I. C. Fr. Evers, Mecklenburgische Mûniverfassung. Schv/énn^ 1798, in-8. — Jahrhûcher der Vereins fur Meckîenburgische und Alterthumsliunde . Schwérin, 1836 et années suivantes, passim.

jura, propriaeque percussuram moneiae. » Cette concession fut confirmée en 1164 par Henri le Lion et plus tard encore.

Plusieurs documents du xii^ au xiv*^ siècle mentionnent les monnaies de Nordheim. Les seules pièces qu'on puisse attribuer au monastère, avec quelque certitude, sont des bractéates portant l'image de l'abbé mitre, bénissant, tenant une crosse et assis sur une voûte. La légende est: BN0)dST01VI2LLVI€Aa.

s). Ahhaye de Reinhausen^.

En iiii, Hermann I de Winzenbourg établit à Reinhausen, à un peu plus d'une lieue au sud-est de Gôttingue, une abbaye de bénédictins, à laquelle l'empereur Conrad III accorda en 11 14 « potestateni percussuram monetae ordinandi. » M. Ménadier a reconnu les produits de cet atelier : des deniers portant à Tavers l'empereur assis de face tenant une lance et un sceptre fleurdelisé, au revers une figure abbatiale debout tenant la crosse et le livre et entourée de REVNEHVS-

t). Ahhaye de Nienbourg.

Cette abbaye, fondée sur la Saale en 975, obtint en 993 d'Otton III le droit monétaire à Hagenrode. Cette concession fut confirmée en 1000, et Conrad II accorda en 1035, à l'abbé Albin, la faculté de transférer son atelier de Hagenrode à Nienbourg. On n'a pas encore reconnu les monnaies de cette abbaye.

u). Ahhaye de Gandersheîm 2.

L'abbaye de bénédictines de Gandersheim fut fondée en 854, sous l'invocation des SS. Anastase et Innocent. En 990, Tabbesse Gerberge reçut d'Otton III le jus monetae. Les bractéates de Gandersheim se confondent souvent avec celles de Quedlinbourg. M. Ménadier en a toutefois signalé une dont l'origine paraît indubitable, nous la reproduisons ici (fig. II 64), elle représente trois tctes de saints dont deux sont identifiées par la légende : +SANCTVS10HANNESINN0CE.

1. Ménadier, Ein Pfennig dcr Ahtci Reinhausen, dans Deutsche Minium, t. I, 1S9I; p. 27.

2. J. Ménadier, Braktcalenfumlc, d:{ns\a Zeitschri/l fur Numisnutik, t. XIV, p. 191.

éyé TROISIÈME PARTIE

v). Abbaye, de Bursfelde.

Ce monastère fut fondé en 1093, au confluent de la Nieme et du Weser, par le margrave de Nordheim, Henri le Gras, et sa femme Gertrude, en l'honneur des SS. Thomas et Nicolas. On lit dans un diplôme de Rothard, archevêque de Mayence, relatif à Bursfelde : « Ibi etiam publicum forum et pcrcussura adinstar goslariensis monetae cum omni forensi iure pro ahbatis disponatur arbitrio. » Les monnaies de cette abbaye n'ont pas encore été retrouvées.

w). Èvèché de Halberstadt '.

L'évcché de Halberstadt fut fondé en 804 par Charlemagne, sous l'invocation de saint Etienne. En 974, Otton II concéda à l'évoque Hildeward le droit monétaire à Seligenstadt. Cette concession reçut plusieurs confirmations successives. Les premières monnaies épiscopales sont du successeur d'Hildeward et paraissent avoir été frappées dans la métropole. Voici, rapidement indiqués, règne par règne, les deniers d'Halberstadt antérieurs aux bractéates :

Arnulf (996-1823). — Ses pièc-s portent un buste à gauche, arnvldvs EPS ou ARNVLFVs EPS, et sont imitées, pour les revers, soit des monnaies de Magdebourg à la hoîiJàrche et au nom d'Otton et d'Adélaïde, soit des deniers de Cologne. Parfois, dans ce dernier cas, le nom de cette ville est conservé ; parfois, il est remplacé par halber- STE--|-Di, disposé en trois lignes de manière à former une croix.

Brantho (1023-36). — L'empreinte de sqs deniers se compose du buste de saint Etienne, à droite, tenant une croix, et d'un édifice à trois tours. Les légendes donnent le nom du saint et celui de l'évêque : -{- brantochv... Le type en usage sous Brantho fut continué sous Burcard I de Vohbourg (1036-59), qui se borna à remplacer le nom de son prédécesseur par le sien.

Burcard II de Veltheini (1059-88). — Ses pièces ont d'un côté un portail d'église flanqué de deux tours, de l'autre, une croix cantonnée de B-v-c-o. Le nom de l'atelier est écrit halverstidi. Aucune pièce n'a été retrouvée pour Dietmar de Supplingcnbourg (1089).

Ltienne, que d'autres appellent Herrand (1089-1102), ne possède pas de monnaies certaines. M. Danncnbcrg veut retrouver la dernière syllabe de son nom, -\- ... hans pour SU'phanus, sur un denier de la trouvaille de Santersleben portant à l'avers le micorps de saint Etienne, de face, nimbé, tenant une croix et l'étole, et au revers une croix pattée. La même trouvaille a fait connaître un denier anonyme aux noms et aux images de saint Etienne et de saint Sixte, ses' sixtv'pp ; le patron du diocèse s'y voit, pour la première lois, agenouillé à gauche, devant la dextre divine. Cette émission

I. H. Wcgc, Zur Mûn^kunde des Bisthums Halberstadt, dans la Zeitschrift des Har^vercinsjtir Gcschichtc und Aller ihuniskiuidc, 1884.

anonyme se rattache probablement à l'époque où le siège d'Halberstadt était disputé entre Etienne et son compétiteur Frédéric I (1090-1105).

Reinhard de Blankenbourg (1106-22) eut un monnayage assez actif. Ses espèces peuvent être reparties en trois groupes, au point de vue du type et de la forme: 1° -|- reinharvs. Tête nimbée entre deux tours reliées par une voûte. Rev. : SCS STEPHANVS. Effigie à mi-corps, de face, de saint Etienne. Les deniers de ce groupe ont l'épaisseur des monnaies frappées sous les prédécesseurs de Reinhard. — 2° rei- NARDVS. Buste de face, les mains levées. Rev. : -\- s-s simon ivda. Les deux bustes nimbés accolés. Imitation des pièces de Goslar. Flans beaucoup plus minces et plus larges que les pièces du premier groupe. — 3° Type du n» i ou effigie de l'évcque debout, tenant une croix et une crosse. Rev. : Croix cantonnée d*étoiles. Les pièces de ce groupe sont de véritables semi-bractéates.

Le règne de Reinhard et celui d'Otton (1123-35) marquent à Halberstadt la transition entre le denier biface et la bractéate véritable, qui va faire son apparition sous les successeurs de ces évêques. Il est à remarquer qu'au début on frappa concurremment des bractéates et des semi-bractéates. Les plus récentes de ces dernières paraissent appartenir à Conrad de Krosigk; elles portent l'effigie de l'évêque et celle de saint Etienne avec des légendes très explicites : 4- CONRADVS-I-H/LBE ou CONRADVS EPISOPV à l'avers, et S€ STEPHA au revers. Voici la liste des évêques de Halberstadt, pour l'époque où les bractéates furent le numéraire essentiel de la contrée :

* Rodolphe I, 1136-49.

*UlricdeRegenstein, ii49-6o(fig. 1165).

* Geron de Schermbke, intrus, 1160-77.

*Ulric, rétabli, 1177-80.

* Thierry de Krosigk, 1 1 80-93.

*Gardolphe de Harbke, 1193-1201 (fig.

* Conrad de Krosigk, 120 1-8.

* Frédéric II de Kirchberg, 1209-36.

* Ludolphe I de Schladen, 1236-41.

*Meinhard de Kranichfeld, 1241-52.

*Ludolphe II de Schladen, 1252-55.

*Volradde Kranichfeld, 1255-96.

Hermann de Blankenbourg, 1 296-1 303.

Albert I d'Anhalt, 1303-24.

Les plus anciennes bractéates épiscopales sont de fabrique assez grossière et portent la tète ou le buste de l'évêque, avec la crosse et la

Fig. 1165

Fiff. I166

croix, sous une voûte flanquée de tourelles. Plus belles déjà sous Thierry, elles arrivent, dit M. Schlumberger, à leur plus haut degré de splendeur sous le règne de Gardolphe. Il y a parfois une sensible diflé-

rence dans l'exécution de bractéates contemporaines. Celles qui furent frappées à Halberstadt sont plus belles et plus soignées que d'autres ateliers, tels qu'Osterwick, Wegeleben et Aschersleben. L'atelier d'Osterwick est cité dans plusieurs textes, de 123 1 à 1377. Wegeleben, qui faisait partie du comté d'Anhalt, fut engagé en 1288 aux évêques; en 1359, l'empereur Charles IV confirma à l'évêque Louis de Misnie le droit monétaire en cette localité. Aschersleben fut annexé en 1322 au temporel de Halberstadt.

Fig. II 67

Fior. I168

M. Schlumberger a dressé, dans ses Bractéates d'Allemagne, une liste des types qui se rencontrent sur les pièces épiscopales. Voici les plus caractéristiques, par ordre d'apparition :

Tête de l'évêque sous une voûte (fig. 1 165), — l'évêque à mi-corps, coiffé de la mitre conique, portant la crosse et le livre des évangiles, — l'évêque assis, — l'évêque assis entre deux prêtres dont on n'aperçoit que la tête et les épaules, — saint Etienne assis, à côté de lui l'évêque agenouillé, — l'évêque assis ; le saint debout recevant son hommage; en haut, une dextre divine ou une colombe, — l'évêque et saint Etienne assis, quelquefois au-dessus d'eux un ange étendant la main, — deux bustes derrière une balustrade, celui de l'évêque recevant peut-être le serment du bailli, — saint Etienne debout ou assis (fig. 1166 et 1167), — l'évêque debout, — saint Etienne agenouillé, les regards tournés vers une dextre divine sortant des nuages (fig. 1168), — buste du saint, — scène de la lapidation de saint Etienne, cinq personnages, — saint Etienne lapidé, couché, ento.uré de pierres, sous une arcade portant son nom ; au-dessus, une seconde image du saint entre deux anges, — l'évêque et le saint debout ou assis à côté l'un de l'autre, etc.

Les pièces les plus belles et de la composition la plus compliquée remontent aux épiscopats d'Ulric rétabli, et de Thierry ; celles de cet évêque sont parfois d'une dimension et d'une minceur extraordinaires. Les légendes inscrites sur les bractéates de Halberstadt donnent soit le nom de l'évêque, soit celui de saint Etienne souvent accompagné de son titre de prothomartyr. Un grand nombre de pièces portent des pseudolégendes, ou en sont complètement dépourvues. Ces monnaies muettes

sont encore. confondues, en grande partie, avec celles de Helmstedt, de Hildesheim ou de Hersfeld.

x). Comté d'Anhdt.

Le comté d'Anhalt appartenait depuis le commencement du xi* siècle à la maison d'Ascanie. En 1123, Albert l'Ours, fils du comte Otton le Riche, devint margrave de Brandebourg. Voici le tableau de sa descendance, pour ce qui concerne Anhalt :

* Albert l'Ours 1123-70

Otton I

tige des margraves de

Brandebourg.

Bernhourg

Bernard I 1252-87

I • Bernard II

Bernard III

(Branche éteinte

au xye siècle.)

.' Anhalt * Bernard 1 170-12 12, devint duc de Saxe en 1180

Hermann I

tige des coixites d'Or-

lamûnde.

Anhalt

Henri I le Gras

Zerhst

Sigefroid 1252-98

Albert I

Albert II

(Branche encore

existante.)

Albert I

tige des ducs de Saxe

(voir p. 665).

Ascherskben Henri II 1252-67

Otton I 1267 - 1305

Otton II

(Après sa mort

Aschersleben fut

réuni à l'évêché

d'Halberstadt.)

Henri III

régna avec son

frère, puis

devint archevêque

de Magdebourg.

Le monnayage du comté d'Anhalt commence avec Albert TOurs, dont il existe de belles bractèates portant ADELBERTVS MARCHIO ANEHALDENSIS. Ces pièces se confondant avec celles qu'il frappa comme margrave de Brandebourg; nous nous réservons d'en parler lorsque nous examinerons le monnayage de cette province. Les bractèates de Bernard forme trois groupes: le premier comprend les monnaies ayant la légende BERNHARDVS COMES plus ou moins abrégée et correcte, et qui ont été frappées par conséquent de 1170 à 1 180, avant l'élévation du comte d'Anhalt au rang de duc de Saxe; le second groupe embrasse les nombreuses bractèates portant BERNHARDVS DVX ou

simplement DVX, frappées de 1180 à 12 12; le troisième groupe comprend les monnaies muettes ou celles dont les légendes n'indiquent pas la titulature de Bernard. Quelques pièces de ce dernier groupe ont des inscriptions curieuses telles que DENARIVS SVM. BERNHARDVS SVM Eo^O DEHarius, BERNHARDVS EGO, BERNARDV5 DENARIVS COT- NE, nom de l'atelier de Côthen, ville qui paraît avoir été, à côté de Wittenberg, le principal atelier du comte d'Anhalt. Les monnaies de Bernard sont en général très belles, de module moyen, d'un métal épais

Fig. 1169

Fig. 1170

mais de titre élevé. Le type le plus fréquent est l'image du prince, debout ou à mi-corps, de face, armé de pied en cap (fig. 11 69) ; sur quelques pièces où figure le mot DVX, Bernard est représenté à cheval; sur quelques autres, nous le trouvons assis, un lion aux pieds, entre deux personnages debout dont l'un tient une bannière et l'autre une épée; sur d'autres encore, nous avons une copie des Morit^pfennige de Magdebourg (fig. 1170).

Henri I le Gros a aussi frappé de nombreuses bractéates, malheureusement muettes, de sorte qu'il est difficile d'affirmer que quelquesunes d'entre elles n'appartiennent pas aux dernières années de Bernard ou aux premières des successeurs de Henri. On y retrouve les types ordinaires : le comte de face, debout ou assis, tenant le bouclier, la lance ou l'épée, le sceptre, ou parfois placé entre deux écus ; la tête est généralement nue avec une longue chevelure.

Fig. 1172

Fig. 1173

L'époque qui s'étend de la mort de Henri I jusqu'au premier quart du xiv^ siècle donne de très nombreuses bractéates, généralement de petite dimension, presque toujours muettes, désignées particulièrement par les numismates allemands sous le nom à' ascanische ou anhaltische pfcnnigc. Ces pièces, qui se rapprochent énormément des brandebourgcoises contemporaines, sont extrêmement difficiles à répartir entre les

princes d'Anhalt des trois branches issues de Henri I. Leurs types sont variés à l'infini : seigneur debout (fig. 1171) ou assis, tenant dans les mains divers attributs (épées, faucon, sceptres, bannières, écussons, etc.), — deux seigneurs debout l'un à côté de Tautre et paraissant représenter Henri II et son frère Otton, — tête de face sous un portique, — personnage à mi-corps derrière une balustrade, — écusson fascé de Ballenstedt (fig. 1172) — écu fascé surmonté de trois plumes de paon et accosté de deux cœurs, emblème héraldique du comté de Brena réuni à TAnhalt en 1290 (fig. 1173) — deux oiseaux, — ^deux clefs, tourelles, — édifices, — casque orné de deux cornes de buffle, cimier d'Anhalt, — panache de plumes avec la lettre B, etc., etc. Une foule de ces types sont très probablement de simples variétés caractérisant des émissions annuelles ^

Les mêmes dispositifs se retrouvent sur les nombreux petits dentiers bifaces, analogues à ceux du Brandebourg, émis concurremment avec les bractéates, et dont plusieurs variétés figuraient dans la trouvaille d'Aschersleben -. Les comtes d'Anhalt frappaient leurs espèces à Aschersleben, Ballenstedt, Côthen, Zerbst, etc.

y). Avoueric de Croppenstedt 3.

En 936, le comte Siegfried et sa femme Jutte donnèrent à l'abbaye de Corvei divers domaines situés dans la région d'Halberstadt, tels que Croppenstedt, Grôningen et Ammendorp. L'avouerie en fut laissée aux comtes de Blankenbourg.

M. Ménadier a reconnu plusieurs monnaies émises à Croppenstedt au nom des abbés de Corvei. Nous citerons notamment une bractéate de la trouvaille de Bûnstorf qui paraît avoir été frappée vers le temps de Dietmar II (1209-16); elle représente une figure mitrée tenant deux croix au-dessus d'une fleur de lis dans un encadrement trilobé; la légende est ABBAS.

En 1253, Hermann, abbé de Corvei, pour se soustraire à la domination envahissante des avoués, mit ses terres saxonnes sous l'au-

1. C. Ph. Schônemann, Dur Fund hei Schadclchcn, l\i\\s Ziir vakrlàndischcn Mun:^kunde. Wolfenbuttel, 1852, pet. in-4, p. 47 et suiv. — Th. Stenzcl, Dcr Bracteatenfund hei FreckJeben. Berlin, 1862, in-4.

2. Emile Bahrfeldt, Der Mhnifnnd von Aschersleben, dans les Berliuer MihrJ'lrilfer de Weyl, 1889, n"s 105 et 106.

3. J. Ménadier, Croppenstedt , due Mnnistàltc der Aehte:{ii Corvei, dans la Zeiischrijï jùr Numismatik, t. XIII, 1886, p. 242 et suiv.

torité de Tévêque d'Halberstadt ; le diplôme qui consacre cette cession mentionne la monnaie de Croppenstedt : monetam in Croppcnsîedt.

z). Comté de Werntgerode '.

Le comté de Wernigerode était situé à Touest de l'évêché de Halberstadt. La maison comtale, qui portait d'argent aux deux truites de gueules, s'éteignit en 1429 et ses domaines passèrent aux Ctolberg. On possède un certain nombre de bractéates de Wernigerode, à partir de la fin du XII* siècle. L'une des plus anciennes, attribuée à Adalbert (1187-1207), porte un édifice à tourelles entouré de la légende CASTRVM ADEIBERTI COmitis. Au xiii^ siècle, viennent se placer quelques bractéates imitées de celles de Magdebourg ; elles sont à l'image de saint Maurice tenant de chaque main l'écusson aux deux truites. Sur d'autres pièces portant la légende WERNIGEROD, est représenté un édifice sur une arcade, audessous de laquelle sont reproduites deux truites. En 1299, ^^^ monnaies de Wernigerode sont mentionnées dans un texte.

aa). Abbaye de Hehnstedt^,

L'abbaye de Saint-Ludger de Helmstedt, au nord de Halberstadt, fut fondée au x* siècle par des moines venus de Werden. Les deux monastères furent gouvernés par le même abbé. On ne connaît qu'un seul denier d'Helmstedt; il reproduit le type des pièces de Brantho et de Burcard I, évêques de Halberstadt, et a pour légende SCS LIVDIERVS au droit et au revers.

Les bractéates de Helmstedt commencent au xii' siècle, sous Bernard de Wevelinkhoven (1125-41) ou sous son successeur Wernbert (i 141-46), et leur émission embrasse toute la période pendant laquelle les abbés suivants présidèrent aux destinées du monastère :

Lambert de Gennep, 1147-1152. *Albert II de Goër, I25$-I2$9.

•Guillaume I de Mœurs, 1152-1160. *Albert II de Teckelnbourg, 1259-1277.

Adolphe II de Berg, 1160-1174. Otton II de Warberg, 1277-1288.

*\Volfram de Kirchbourg, 1175-1183. Henri I de Wildenberg, 1288-1310.

*Héribert I de Berg, 1183-1199. Guillaume II de Hardenberg, 1318-30.

*Héribert II de Buren, 1 199-1230. Jean I de Heverlé, 13 30-1 344. *Gérard de Grafschaft, 1230-1255.

1. G, A. von Mùlverstedt, Ztir Mûnihinde der Grafen von Wernigerode, dans la Zeitschrift des Har:;i'crcins fur G'eschichte und Alterthumskunde, t. XII, 1879.

2. H. DanuQnhcrg, Die Mun:;^cn dcr Abtci HchnsUUt, dans la Zcitschrift fiir Niiniisviatik, t. V, 1878, p. 264 et suiv.

La plus ancienne bractéate de Helmstedt porte le buste de Tabbé, audessus d'un mur, et tenant dans la main droite, une crosse, dans la gauche, une crosse et un livre; la légende est : + • HELMANSIDA. Sur une bractéate de Guillaume I, VILLEHELMVS AABB.

l'abbé figure debout à côté d'un personnage couvert de son armure; les lettres FRIDIC placées auprès de lui renseignent sur son identité : il doit être '^' "''^ question de Frédéric II, comte palatin de Som-

merschenbourg (1155-62), qui fut à cette époque avoué du monastère de Helmstedt.

Une pièce anonyme, de la seconde moitié du xii* siècle, porte une figure à mi-corps avec la légende SCS LVVD6RVS ABBAS. Les deux Héribert eurent des émissions nombreuses; elles présentent toujours l'abbé, le plus souvent assis (fig. 1174), quelquefois debout ou vu à micorps sous une voûte. Les légendes sont parfois très explicites: HERI- BERTVS DEI GRATIA ABBAS ou ABBAS IN HELMENST.

La grande trouvaille de Saalsdorf, dont Schônemann a fait l'objet d'une étude approfondie, renfermait des bractéates portant les noms de leurs deux successeurs, Gérard et Albert. Ces pièces signées sont déjà des exceptions ; car dès les Héribert, le monnayage muet ou marqué de pseudo-légendes paraît être de règle. Il est très difficile de distinguer ces bractéates muettes de celles qui furent frappées à la même époque à Hersfeld ou à Halberstadt.

ab). Evêchê de Hildcsheim < .

L'évêché de Hildesheim fut créé en 818 par le transfert dans cette ville de celui que Charlemagne avait établi en 79e à Elze. Les concessions impériales relatives à la moneta de la métropole ne sont pas connues, mais en 1053, Henri III donna à l'évêque Azelin le droit monétaire à Wienbausen.

Le monnayage épiscopal commença sous Bernward (993-1022). Son type est une tête diadémée à droite ou à gauche et une croix ; les légendes sont : BERNWARD EPS-HILDENESHEM. A côté de l'atelier d'Hildesheim, l'évêque ouvrit une forge à Mundbourg, MVNDBVRVC,

I. Cappe, Die Munien der Stadt und des Bisthums Hildesheim. Dresde, 1855, in-8. — P.-J. Meier, Zur Bracteatenkunde von Hildesheim und Helmstedt, dans VArchiv fi'ir Bracteatcnkunde, t. II. — Le même, Der Mùnifund von Môdesse, dans le même recueil, t. II. — J. Ménadier, Deutsche Mûnien, 1. 1, p. 93.

château qu'il avait fait construire au confluent de l'Aller et de l'Oker, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Mùden. Sous Gothard (^'022-38), la croix du revers est remplacée à Hildesheim par un mur à trois tours. Pour Azelin (1044-54), nous n'avons que des pièces d'une lecture incertaine. Pendant la seconde moitié du xi' siècle, le numéraire de Hildesheim ne mentionne plus l'évêque régnant, mais se borne à donner le nom de la ville et celui de la Vierge, SAC MARIA, patronne du diocèse. A partir du milieu du xii* siècle, Hildesh'^^'m frappe des bractéates. Les évêques suivants occupèrent le siège pendant cette période :

•Brunon, 1 153-61.

Hermann, 1162-70.

*Adelhogue, 117 1-90.

Bernon, 1190-94.

Conrad I de Q.uerfurt, 1194-98.

Héribert de Dalhem, 1199-1215.

Sigetroid I, 1216-21.

Conrad II, 1221-4^'

Henri Itie Wernigerode, 1240-57.

Jean I de Brakel, 1257-60.

Otton I de Brunswick, 1260-79.

Sigefroid II de Querfurt, 1279-1 3 10.

Henri II de Wohldenberg, 1310-18.

Otton II de Wohldenberg, 13 19-31.

Henri III de Brunswick, 1331-63.

[Éric I de Schauenbourg, 1332-49].

Sur une pièce de Brunon, on voit l'évêque à mi-corps, tenant la crosse et levant la main gauche, sous une arcade à tourelles ; la légende, écrite à rebours, est + BRVNO- EPISCOPVS- HC-VNADAC6CIIIA; sa dernière partie n'offre aucun sens. La trouvaille de Môdesse, récemment décrite par M. P.-J. Meier, renfermait un groupe nombreux de bractéates d'Hildesheim portant l'image de l'évêque assis, de face, avec la crosse et le livre des Évangiles ou un sceptre crucigère; quelques-unes donnent le nom plus ou moins altéré d'Adelhogue, par exemple, EC IDELHOGVS HILDESEMENSISou NE-ID€L€OGVS-IINICS€5T26NSIS- €FS ou encore- 6PISC0PV-SÀTHE-L0, mais la plupart ont EGO SV.ÇTÎ HILDENSEMENSIS ou une simple pseudo-légende ^ Les pièces muettes qui succèdent à ces émissions reproduisent le type de l'évêque assis, mais il est très difficile d'en faire une juste répartition entre Hildesheim et Helmstedt.

î. Ces pièces sont les seules monnaies de Hildesheim, portant des inscriptions, dont Tauthenticitc soit hors de doute. La série de cet évcché est en effet une de celles pour lesquelles le numismate faussaire Seeldnder exerça le plus son déplorable talent. On sait que cet habile contrefacteur publia lui-même, en 1743, à Hanovre, dans le volume intitulé : Zchcu Scbriflcn von tcutschen Miïii::en mitlercr Zciten, une partie des pièces qu'il avait imaginées. Nous avons omis, dans notre Introduction, de parler de cet habile faussaire sur lequel on pourra consulter la Wiimistnatische Zcitung de 1860 et l'ouvrage de M. G. Schlumberger, p. 133 et suiv.

l'allemagne 685

ac). Seigneurie de Peine.

Le château et la terre de Peine étaient un fief de l'église de Hildesheim. A la fin du xii^ siècle, la possession en vint à Gonzelin de Wolfenbûttel, par son mariage avec l'héritière des anciens seigneurs. On possède quelques bractéates du xiii^ siècle portant: MONETA DE PEINE et un lion passant à gauche.

ad). Comtés de Regenstein et de Blankenbourg dans le Har^ ' .

En II 86, à la mort de Sigefiroid I, comte de Regenstein et de Blankenbourg dans le Harz, les deux comtés furent partagés entre ses fils ; l'un, Sigefroid II, eut Blankenbourg avec les armes paternelles : d'argent à une corne de cerf à cinq andouillers de sable, posée en fasce; le cadet, Henri, eut Regenstein et modifia les armes paternelles : d'or à une corne de cerf à cinq andouillers de gueules, contournée et posée en fasce. En 1367, la ligne de Blankenbourg s'éteignit et ses possessions passèrent à celle de Regenstein.

Sigefroid II de Blankenbourg (1186-1246) a frappé de belles bractéates épigraphes. Le type se compose de la corne de cerf et, sur la variété la plus intéressante, de la légende : COMES SIFRIDVS DE BLANKENBRVC. Une autre variété qui appartient peut-être à Conrad, second fils de Sigefroid II, mort jeune, porte CATI Çcastri) DE BLAN- KENBVR. A ces monnaies succèdent un assez grand nombre de bractéates muettes, de grandeur moyenne, frappées au xiii*" siècle. Elles portent toujours la corne de cerf accompagnée d'emblèmes divers, et, suivant la position que la corne occupe, on a voulu y voir le blason de Blankenbourg ou celui de Regenstein. « On connaît trop le manque de précision des dispositions héraldiques sur les monnaies de cette période, dit M. Schlumberger, pour pouvoir attribuer à ce fiiit une importance capitale. » Les pièces restent donc indivises entre les deux lignes issues de Sigefroid I. Au règne d'Henri III (1276-1305) appartiennent, des deniers bifaces de la trouvaille d'Aschersleben, puis des bractéates muettes sur lesquelles figure un seigneur assis ou debout, tenant de chaque main une corne de cerf ou s'appuyant sur deux écus chargés du même emblème. Une large bractéate de la même époque porte deux

I. H. Dannenberg, Zur MUn:(kunde des Hari^es, dans li Zeitschrift fur Numism., t. XI, 1883, p. 10$. — E. Bahrfeldt, Der Miïn:(fund von Ascherslebcn, dans les Bcrlincr Mïmihlàtter de Weyl, juillet-août 1889, n"=* 107 et 108.

grandes cornes de cerf en pal, séparées par une tourelle ; sur la circonférence se voient quelquefois deux R, initiales de Regenstein.

ae). Comté de CUtlenberg.

Les comtes de Clettenberg possédaient dans le Harz des domaines importants et riches en mines d'argent. Ils avaient dans leurs armes un cerf passant. A la mort du dernier comte, Frédéric, en 1279, ses domaines passèrent aux comtes de Hohnstein.

M. Dannenbers: donne aux anciens comtes de Clettenberg une semibractéate du milieu du xii* siècle au type du cerf. Les bractéates plus récentes se confondent avec celles de Stolberg. Les ateliers des comtes de Clettenberg étaient situés à EUrich et à Elbingerode.

a.(). Comté de Stolberg K

Les comtes de Stolberg apparaissent dans l'histoire au commencement du xiii^ siècle. Ils portaient, comme ceux de Clettenberg, un cerf dans leurs armes, et c'est le même emblème qui forme le t3^pe de leurs bractéates. M. Dannenberg a publié une de ces pièces, qui porte sur la bordure les lettres N-H-N-H. Ces sigles, qu'il complète par nummus Henrici, indiquent, suivant lui, le comte Henri I (1210-1239). Les monnaies des successeurs de ce comte de Stolberg, petits deniers bifaces ou bractéates, sont muettes ; il est difficile de les distinguer de celles de Clettenberg.

ag), Ahhaye de Quedlinhourg^.

L'abbaye de femmes de Quedlinbourg, fondée en 928 sous l'invocation de saint Servais et achevée en 937, devint une des plus riches delà Germanie. En 993, Otton III lui donna le droit monétaire, qui lui fut confirmé en 1206 par le pape Innocent III. L'abbaye possédait de vastes domaines, qu'elle faisait gouverner par des baillis et des sousbaillis établis à Géra, Weida, Plauen, Greiz, Barby, etc.

Aux monnaies frappées au nom d'Otton III (voir p. 660) succèdent

1. H. Dannenberg, Zur Mûn::Jcu}ide des Har:;^es, dans h Zeitschrift fur Numistiiatik, t. XI, 1888, p. 105. — E. Bahrfeldt, DcrMûnxfund von Aschcrslcberty dans les Berliner Mhu:;hUitter de Weyl, no^ 107 et 108.

2. Cappe, Bcschreihung der Mûn:^cn des vonnaligen haiserlkhen freiem weltlichen Stijts Ouedlinbiirg. Dresde, 18$ i, in-S. — A. Duning. Ucbersicht ûber die Mi'in:^cschichte des haiserlkhen freiem yveîtlichcn Stiftes Qucdlinburg. Quedlinbourg, 1886, in-4. — Le même, Ucber die Zulhcilung einigcr unbestimmter Bracteatcn an Quedlinhxirg , dans VArchiv fiïr Bractcatenhunde, t. I, 1890.

à Quedlinbourg des deniers anonymes portant + QVIDLINGB' autour d'un édifice à trois tours et + SCS DIONISIVS autour d'une main tenant une crosse. Le style de ces pièces les rapproche de celles qu'on a frappées à la même époque à Magdebourg, à Helmsted, à Hildesheim et à Halberstadt sous les évêques Brantho et Burcard I.

Adélaïde II de Franconie (1063-95) est la première abbesse dont le nom soit écrit sur les espèces. L'avers de ses deniers représente son buste avec un sceptre fleurdelisé; au revers le nom de l'empereur Henri IV entoure une effigie tenant l'épée et le globe crucigère. Agnès I de Pologne (...1110-25... ?) appelée ANGNES ABA par les inscriptions monétaires, émit une série nombreuse de deniers où figurent, en combinaisons multiples, son buste, un édifice, l'image de saint Servais ou la dextre divine, DEXTERA DOmini.

A l'époque de Gerburge (?... 1134-37), les deniers taisent le nom de l'abbesse, mais ces précieux monuments métalliques (fig. 1175) rappellent son élection : -f ELECCIO M El. Au revers de la plupart de ces curieuses pièces, nous trouvons un édifice, représentation symbolique du monastère ; mais quelques-unes donnent l'effigie F's- "?>

barbue de l'empereur Henri V. Plusieurs de ces deniers ont le flan très aminci et rentrent dans la série des semi-bractéates auxquelles les bractéates véritables vont bientôt succéder.

Les plus anciennes de ces monnaies unifaces appartiendraient à Béatrix II de Minzenbourg (1138-60). Ses bractéates, dit M. Schlumberger, sont comptées parmi les plus belles et les plus artistiques de la plus belle époque. Elles sont très supérieures à celles des abbesses suivantes, quoique de dimensions moindres. Voici, d'après les Stammtafeln de Grote, la liste des abbesses de Quedlinbourg qui succédèrent à Béatrice II :

* Mérégarde, 1 160-61.

•Adélaïde III de Saxe, 1 161-84.

* Agnès II de Misnie, 1 184-1203 fîg. 1176.

* Sophie de Bréna, 1203-24.

*BertradeIou Béatrix de Krosigk, 1224-

*Cunégondede Kranichfeld, 1230-31.

*Osterlinde de Falkenstein, 1231-3?.

*Gertruded'Amfurl, ... 1232-70.

*Bertrade II, 1270-86.

♦Bertrade III, 1 286-1 308.

*Jutte de Kranichfeld, 1309-47.

Ermengarde de Stolberg, 1347-48.

Ludgarde de Stolberg, 1348-53.

Les abbesses, sur leurs bractéates, sont presque toujours représentées assises ; les effigies ^en pied sont rares. Toutes portent le voile retombant

sur les deux côtés de la tête et se joignant sur la poitrine. Elles tiennent

généralement une fleur de lis. un rameau, un livre, une croix. Parfois, sous Agnès II, Tabbesse est assise à côté d'un personnage qui lève la main ; d'autres fois, le chef de saint Servais surmonte l'effigie principale. Sur les pièces les plus anciennes figurent des voûtes, des arceaux ornés de tourelles et souvent des légendes distinctes et complètes qui deviennent très rares dans la suite. Voici les plus caractéristiques de ces légendes :

hig. 1176

Béatrix II : batrisi v abisa hnr. — Mérégarde : meregart abbatissa qvidel. — Adélaïde III : adelaheidis dei gra abbatissae est. — Agnès II : agnes abbatissa

DE CVITDEOU DE CVEDELLNBV, CtC; CARITAS SPES FIDES.— Sophie : SOPHIA Q.VIDELICE.

— Bertrade I ou Béatrix: beatrix di gra q.videlgervr ; avavavav pour Abbatissa venerabills. — Osterlin 'e : oisterlingi . s . m . stcealveenc.

Les légendes simulées sont toujours plus nombreuses que les inscriptions correctes, et, pour toute la durée du monnayage abbatial, on possède une quantité de bractéates muettes. « Il est fort possible, dit M. Schlumberger, que beaucoup de ces dernières, attribuées à Quedlinbourg par cette seule raison qu'elles portent l'effigie d'une abbesse, appartiennent en réalité à d'autres abbayes de femmes, qui ont très positivement frappé monnaie, mais dont on ne connaît pas encore de bractéates authentiques. »

ah). Avouerie de Barby.

Les seigneurs d'Arnstedt étaient avoués de Barby, sur la rive droite de l'Elbe, en amont de Magdebourg, pour les abbesses de Quedhnbourg. Ils émirent en cette qualité une superbe série de bractéates caractérisées

par leur emblème parlant, une aigle éployée. (( Quelques-unes de ces monnaies d'une si grande beauté, dit M. Schlumberger, portent au-dessus de l'aigle l'effigie d'un bailli avec la légende WAL7ERVS ; ou bien l'aigle planant au-dessus de la ville, avec la légende WALTERVS DENARIVS EST ISTVVS; enfin, encore l'aigle planant avec la léçjende WALTERVS ADVOCATVS ARNSTEDE.

-^' "" Ce ou ces Walther apparaissent de 1148 à 1168. »

Sur une autre pièce de la même série, mais dépourvue d'inscription,

l'aigle surmonte un encadrement à deux compartiments qui renferment chacun une tête, celle d'un seigneur et celle de sa femme (fig. 1177).

ai). Seigneurie de Faîhnstein.

Les seigneurs de Falkenstein, dont les domaines s'étendaient au sudouest d'Aschersleben, s'éteignirent en 1332, avec Burcard IV, et leurs terres passèrent à l'évêché de Halberstadt. L'emblème de Falkenstein est le faucon, en allemand /a/^^ au repos, les ailes fermées. Une bractéate à ce type porte en légende les deux mots HERODIVS DENARI' dont le sens n'est pas encore reconnu d'une manière incontestable, malgré les discussions auxquelles ils ont donné lieu. Sur d'autres bractéates on lit une indication d'atelier: CIEFITAS BORNE ou le nom de Burcard II (1150-80); quelques-unes donnent au seigneur qui les a fait frapper le titre de DINS, dominus ; mais le plus grand nombre ont des légendes simulées (fig. 1178) ou sont muettes.

Fig. 1178

ak). Archevêché de Magdchourg.

En 937, Otton I établit à Magdebourg, en l'honneur des SS. Pierre, Maurice et Innocent, un cloître qu'il dota en 965, par deux diplômes successifs, de la moneta en cette ville et à Gittelde. En 968, Magdebourg fut érigé en un archevêché, auquel furent transférés les biens et les prérogatives du monastère. En 987, Otton ,111 donna à l'église de Magdebourg le droit monétaire à Giebichenstein près Halle.

Nous avons traité, p. 661, des monnaies frappées à Magdebourg au nom des empereurs. La transition entre ce monnayage et celui au nom 4es archevêques s'opéra par un certain nombre d'émissions anonymes généralement caractérisées par les mentions de la métropole et de son patron principal: MAGADEBVRG-SCS MAVRICIVS. Parfois, le topique est répété deux fois, parfois encore le vocable du saint est remplacé par une altération de : /;/ nominc Domini amen. Les types sont une continuation de la hol:J:irchc ou du buste impérial, associés à une croix ou à un édifice. Quelques pièces, de flan plus large, copient le type si répandu de Goslar.

Les premières espèces signées par un archevêque remontent à Hart-

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