II
•ig. 1179
wig (1079-1102). Quelques-unes portent d'un côté le nom et le buste de face d'Henri IV, de l'autre, ceux de l'archevêque ; mais des spécimens plus nombreux remplacent l'effigie impériale par l'édifice à trois tours entouré de MAGADABVRG. Ces deniers sont d'une frappe très défectueuse, les flans sont trop courts pour recevoir la légende et trop minces pour donner aux deux coins le métal nécessaire à leur empreinte intégrale. Sous Henri I d'Asie (1102-72) et Adelgot de Veltheim (i 107-19), les deniers portent toujours le buste avec crosse et croix de face, et au revers un édifice ou une croix pattée cantonnée de globules. La série monétaire est interrompue pour les règnes de Rudger de Veltheim (11 19-25) et Norbert (1126-34). Avec Conrad I de Querfurt (1134-42), nous trouvons les dernières monnaies bifaces et les premières bractéates dont l'émission fut continuée par ses successeurs :
* Frédéric de Wettin, 1142-52. Gunther I de Schwalenberg, 1277-79. *Wigmann de Seebourg, 1152-92. Bernard de Wôlpe, 1279-82. •Ludolphe, 1 192-1205. Eric de Brandebourg, 1283-95. •Albert I de Kevernbourg, 1205-32. Burcard II de Blankenbourg, 1296-
Burcard I de Woldenberg, 1232-35. 130$.
* Willebrand de Kevernbourg, 1235-54. Henri II d'Anhalt, 1305-7.
* Rodolphe de Dingelstedt, 1254-60. Burcard III deSclirapelau, 1307-25. *Rupert de Querfurt, 1260-66. Heidenreich d'Erpltz, 1326-27.
Conrad II de Sternberg, 1266-77. Otton de Hesse, 1327-61.
Les bractéates de Conrad I portent son buste avec la légende CVN- RADVS ARCHIEPS. Sous Frédéric, l'archevêque est représenté assis, parfois entre deux prêtres. Sous le long règne de Wigmann qui avait, avant son transfert à Magdebourg, occupé le siège de Naumbourg-Zeitz, les bractéates parvinrent au plus haut degré de leur perfection. « Ce prélat, dit M. Schlumberger, en fit frapper une quantité extraordinaire de variétés différentes ef souvent fort belles. Le premier, paraît-il, il poussa la cupidité jusqu'à faire refondre sa monnaie deux fois chaque année. » Voici d'après le même auteur, un aperçu des principaux types imaginés par les graveurs de l'atelier de Magdebourg, sous Wigmann ;
Saint Maurice à mi-corps, au-dessous de lui l'archevêque et un saint assis ; — l'archevêque debout tenant la crosse et levant la main droite, en face de lui un personnage ecclésiastique debout, tenant un livre et étendant la main ; — saint Maurice armé de pied en cap, debout à côté de l'archevêque également debout ; — saint Maurice assis, tenant un livre et bénissant l'archevêque assis à ses côtés ; — l'archevêque debout ou assis, entre deux personnages agenouillés, — l'archevêque à mi-corps, entre deux prêtres, au-dessus d'une voûte recouvrant un édifice à nombreuses tourelles ; — saint Maurice, à mi-corps, au-dessus de l'archevêque agenouillé ; — l'archevêque, parfois nu-tête, dans diverses attitudes, tenant la crosse et le livre des évangiles, quelquefois là croix, la palme ou d'autres attributs, parfois bénissant ; — l'archevêque assis
dans une sorte d'écusson supporté par deux personnages nus faisant l'office de tenants; — etc. Un certain nombre des bractéates de Wichmann pourraient bien avoir été frappées par lui lorsqu'il était seulement évêque de Naumbourg-Zeitz,
Les bractéates des successeurs de Wigmann perdirent rapidement de leur beauté et diminuèrent en même temps de grandeur et d'aloi. En 1276, l'archevêque Conrad, cédant sans doute aux plaintes générales, décida de faire monnayer en argent plus fin, mais cette tentative paraît être restée isolée. Ce prélat est le dernier dont le nom figure en entier sur quelques-unes de ses pièces ; le monnayage muet est désormais la règle ; quant au type, il renouvelle indéfiniment l'effigie archiépiscopale ou celle de saint Maurice.
Le second atelier monétaire àcs archevêques de Magdebourg, se trouvait à Halle, ville voisine des importantes salines de Giebichenstein qu'ils fliisaient administrer par un 5a/:{^ra/ou comte des salines. La monnaie de Halle produisit pendant plus de deux siècles ces innombrables variétés de bractéates appelées Moritipfennige par les numis-
V\z- ii3o
Fis;. iiSi
mates allemands et qui toutes portent l'effigie de saint Maurice, patron de l'archevêché de Magdebourg et en même temps patron local de Halle. Une de ces pièces a la légende MONETA HALLENSIS. mais l'inscription la plus fréquente est : SANCTVS MAVRITIVS ou SANC- TVS MAVRITIVS DVX ; un très grand nombre de pièces sont muettes.
al). Seigneurie d'Ahhhen.
Les seigneurs d'Alsleben appartenaient à une des principales familles de l'archevêché de Ma^ideboure:. On leur attribue des bractéates muettes de la seconde moitié du xiii^ siècle sur lesquelles est figuré leur écusson coupé d'un lion passant et de trois roses. Madier a donné à Henri, seigneur d'Alsleben, une bractéate avec NRI ALSL, Hcnricus alskhicnsis, dont l'authenticité n'est pas certaine.
am) Avoiierie de GitteldeK
En 965, Otton I donna à l'église de saint Maurice de Magdebourg la moneta à Gittelde (Gelithi, Getlide), dans le comté de Lisgo. Lorsque l'église eut été élevée au rang d'archevêché, les archevêques exercèrent l'autorité à Gittelde par l'autorité de leurs avoués. Les plus anciennes monnaies frappées à Gittelde sont des imitations des pièces au type de la holxjdrche d'Otton I et Adélaïde. La croix du revers est cantonnée de A O et broche sur une croix tenue par une main. Les légendes de ces curieuses monnaies sont écrites en bas-allemand: HIR STEIDTE BISCOP et lELITHIS PENINC, denier de Gelithiou Gittelde. Longtemps rebelles à toutes les tentatives d'interprétation, ces pièces ont été récemment rendues à leur véritable origine par M. Ménadier.
A cette émission en succède une autre où l'avers porte le profil épiscopal avec crosse,'^ et le revers, une croix bordée d'un grénetis et cantonnée de 0-T-T-O. Puis vient un troisième type où la croix est remplacée par un buste de face avec sceptre crucigère. Les légendes en langue vulgaire sont toujours conservées. Le second buste de cqs dernières monnaies est très probablement celui de l'avoué de Gittelde dont la puissance allait croissante.
Après ces produits certains de l'ateUer de Gittelde, M. Ménadier range au même atelier plusieurs deniers, généralement inspirés du type de Goslar et signés par des personnages que le savant conservateur du cabinet de Berlin établit avoir été successivement avoués de Gittelde : Thierry de Catelnbourg (... 1088-iioé), Hermann de Win-
zenbourg (1106- )etSigefroid de Bomenebourg (...-1144).
A la fin du xii' et au xiii^ siècle, le pouvoir dans Gittelde avait passé à la maison guelfe, qui, suivant M. Ménadier, y frappa des bractéates au lion, analogues à celles de Brunswick, mais portant sous l'animal héraldique une ou deux clefs.
G. — Thuringe,
a). — Ateliers impériaux.
La Thuringe et les régions limitrophes, que nous étudierons en même
I. J. Ménadier, Giilelder Pfennige, dans la ZeiUchrift fur Numismatik, t. XVI, 1888, p. 233 et suiv.
l' ALLEMAGNE 693
temps, n'eurent que deux villes, Mersebourg etErfurt, dans lesquelles les empereurs de la maison de Franconie signèrent des espèces. Plus tard, lorsqu'2Lux deniers bifaces eurent succédé les bractéates, les souverains de l'Allemagne exercèrent leur prérogative régalienne dans plusieurs villes de leurs domaines directs, telles que Mulhausen, Saalfeld, Nordhausen et Altenbourg.
Mersebourg, — Le nom de Conrad II le Salique (1024-1039) + CHVONRADVS///// apparaît sur les
deniers et les oboles frappées par ^%i "^^^ x"*''^'****s. révêque Brunon (fig. 1182). Puis, il 0^::r\' ^^ faut passer au xii^ siècle pour retrouver SifJf^r'^^^' I l^iJwylÏÏ %\ quelques semi-bractéates frappées à ^*<.^^^^^' 7 \^^J-pMy-'& Mersebourg et signées par Henri V ^s,ii^;^,^£^^ ^<iL^^^/^ encore roi (i 1 06-1 m), comme pro- Fig. 1 182
tecteur ou schïUzyoigt de l'évêché.
Erfurt. — Le monnayage impérial se borne dans cette ville au règne d'Henri III, dont les deniers sont empreints à l'avers d'une tête de face, coiffée d'une couronne triangulaire, et de la légende HEINRICVS IMPERAT ; au revers, nous trouvons soit la bol:(kircbe, soit un édifice à deux tours et à pignon renfermant une petite tête nue ou couronnée. Le nom de l'atelier est écrit + ERFESFVRTI.
Mulhausen. — La ville de Mulhausen fut au xii^ siècle et au xiii% une des plus importantes de l'est de l'Allemagne et un des principaux ateliers des empereurs. La création de cet atelier remonte vraisemblablement au règne de Frédéric Barberousse (1155-90) dont nous avons de superbes bractéates, très larges et très minces, portant l'image équestre du souverain avec cette légende: FRipERICVS IMPERATOR MVLEHVSIGENSIS DENARIVS. Ce type équestre resta propre à l'atelier de Mulhausen sous les successeurs de Frédéric I, mais les légendes cessèrent d'être aussi explicites et aussi claires. Un grand nombre de pièces, contemporaines de Philippe, d'Otton IV et d'Henri VI, ont des pseudo-légendes. Les dimensions des bractéates diminuent à mesure qu'on avance dans le temps.
,En II 98, pendant la lutte de Philippe et d'Otton IV, ce dernier donna Mulhausen et Nordhausen au landgrave Hermann de Thuringe. Cette occupation momentanée a son écho en numismatique; un certain nombre de bractéates au type de Mulhausen portent distinctement le nom d'Hermann. Au commencement du xiV' siècle, le type du cavalier couronné fut abandonné et remplacé par une anille surmontée de la moitié supérieure d'une aigle ou simplement ailée.
Saalfeld, — Cette ville n'appartint au domaine impérial que par in-
termittences. Frédéric Barberousse en fut maître, mais le roi Philippe l'échangea avec l'archevêque de Cologne. Peu de temps après, Saalfeld redevint possession impériale, mais elle fut engagée presque aussitôt aux comtes de Schwarzbourg auxquels elle resta.
Une trouvaille faite près de Saalfeld a fait connaître de grandes et belles bractéates frappées par Frédéric Barberousse dans cet atelier. Elles représentent toutes cet auguste personnage assis de face sur un trône ou sur une voûte, tenant un sceptre fleurdelisé et le globe crucigère. Quelques spécimens portent les légendes FVRITIGbE.R BITER S^LFeld ou LVTEGER ME FECIT, noms dans lesquels on a vu ceux de maîtres de la Monnaie. D'autres pièces de même facture ont FRIDERICVS INPERATOR ET SEPR A; d'autres enfin ont des légendes indéchiffrables. Une grande bractéate à l'image impériale équestre et à inscription feinte, portant entre les jambes du cheval un poisson a fort embarrassé les numismates. Posern-Klett l'attribue à Mulhausen, où l'empereur chevauchant est, en effet, l'empreinte locale; d'autres la revendiquent pour Saalfeld dont le poisson fut plus tard l'emblème. Cette pièce appartiendrait au temps d'Henri VI. • Nordbausen. — Lorsqu'en 1220, Nordhausen fat élevé au rang de ville impériale, Frédéric II se réserva la jouissance de l'atelier monétaire. Les bractéates qui y furent frappées sont très minces, très barbares et d'un aspect uniforme. Elles portent deux personnages couronnés assis de face, entre lesquels s'élève une tourelle ; le bord très large, séparé du champ par deux gros cercles perlés, est chargé des lettres NORTH ou de quatre aigles. La fabrication de ces laides pièces fut très active, surtout à la fin du xiii^ siècle ; plus l'émission est récente, plus le travail est grossier.
Au xiv^ siècle, les bractéates de Nordhausen deviennent plus petites et plus épaisses; elles portent, au lieu des deux personnages, une tête couronnée, une aigle, une moitié d'aigle et une couronne, deux têtes d'aides sous une couronne avec la lés^ende NORT, etc. .
Altenbourg. — Cette ville fut engagée par Frédéric II aux margraves de Misnie, mais elle fît plusieurs fois retour à l'empire. Altenbourg est cité comme atelier monétaire dès 1209 et, en 12^6, un document mentionne : « talentum nummorum in moneta Altenhurc, »
b). Evcché de Mcrsehourg.
L'évèché de Mersebourg, Martishurgus^ fondé par Otton I, puis supprimé, fut rétabli en 1004 par Henri II qui lui donna les droits monétaires." Les premiers deniers frappés portent les noms réunis de Tévêque
Brunon et.de Conrad II (voir p. 693). Au commencement du xii^ siècle, l'atelier de Mersebourg émit des semi-bractéates généralement empreintes, à l'avers, d'un buste de face, avec crosse et palme, et, au revers, d'un édifice à trois tours. On lit sur quelques-unes des fragments de légendes tels que ME///////VRC, MERCACOCICO, etc., qui suffisent pour nous fixer sur l'origine de ces monnaies, révélées en 1859 par la trouvaille de Nieder-Eichstedt.
Les véritables bractéates commencent vers le milieu du xii^ siècle, et se font remarquer par leur élégance, la richesse de leurs types, leurs légendes distinctes et complètes. Voici la liste des évêques qui se succédèrent à Mersebourg à partir de cette époque :
*Jean I, 1151-1170. *Eckhard, 1215-1240.
* Eberhard de Seebourg, 1170-1201. Rodolphe de Webau, 1240-1244.
*Thierry de Misnie, 1201-1215. Henri I de Wahren, 1244-1265.
Sur les pièces de Jean I, + lOHNNES EPISCOPVS MESPVRGA.
l'évêque est assis, de face, sur une voûte, tenant une croix et une crosse. Sous Eberhard, EBERHARDVSEPISCOPVSDEM, EBERHARDVS- MARS€BVDCH-ÉPISCOPVS. EPERHRDVS-DEI'G-MERESB-EPISVS- EST. etc., les bractéates portent son image assise ou debout, environnée d'ornements architecturaux variés ; sur quelques pièces, d'une superbe gravure, Eberhard paraît aux côtés de saint Laurent, SCS LAVRENCIVS, au-dessus d'une scène à trois personnages représentant le martyre du saint.
Les monnaies de Thierry le montrent assis et celles d'Eckhard portent son buste entre deux tourelles; les légendes, moins étendues, ne donnent plus que le nom et le titre de l'évêque. Les bractéates connues pour Mersebourg s'arrêtent en 1240, bien que la continuation du monnayage soit affirmée plus tard encore par des textes.
c). Margraviat de Misnie.
La plus ancienne m.onnaie des margraves de Misnie est un denier de rude gravure portant des deux côtés une croix avec les légendes 'EKKIHART et 'M ISSN 1 ; elle fliisait partie de la trouvaille de Trzébougne et appartient à Ekkard I (985-1002).
Il s'écoula plus d'un siècle entre l'émission de cette intéressante monnaie et les bractéates frappées par les premiers margraves de la maison de Wettin. Le type des bractéates d'Henri II (1104-1123) se compose de l'image du margrave à mi-corps ou d'un édifice, et les légendes, HEINRICVS ou MISENI accompagnent Tune ou l'autre de
ces représentations. Les pièces de Conrad I (1130-56) portent une grande croix cantonnée d'emblèmes divers et terminée par des croissants; parfois le nom CONRADVS M entoure ce dispositif qui rappelle celui de l'abbaye de Pégau.
En 1156, Conrad I se retira dans un cloître, laissant ses états à ses fils. L'aîné, Otton I le Riche (1156-90) obtint la Misnie. C'est sous son règne que furent découvertes les mines d'argent de Freiberg dont l'exploitation permit de donner une grande extension au monnayage margravial. Les bractéates d'Otton I sont nombreuses, variées et très belles, mais fort peu portent son nom: OTTO MARCHIO MISNEINSIS ou MARCHIO D'G'OTO. Sur quelques spécimens nous trouvons le nom de l'atelier de Leipzig: MARCHIO OTO DE LIPI. Le type se compose de l'image de face du margrave.
Albert I le Fier (1190-95) continua le monnayage avec grande activité, mais ses pièces sont difficiles à reconnaître de celles de son père et de ses successeurs. A sa mort, et pendant l'absence de son frère Thierry qui se trouvait en Palestine, l'empereur Henri VI s'empara de la Misnie et y monnaya à son nom. L'empereur paraît sur les espèces dans les mêmes attitudes que le margrave, mais il est couronné et tient le sceptre et le globe crucigère ou la croix. Vers 1190, Thierry l'Opprimé fut remis en possession de ses états, qui en 1220 s'accrurent de la Basse-Lusace. Ses bractéates sont généralement plus petites que celles d'émission antérieure, mais le type reste uniformément l'effigie du margrave, debout, assis ou vu à mi-corps, tenant la bannière, l'épée, la croix ou le sceptre fleurdelisé.
Henri l'Illustre (1221-1288) vit en 1247 ses possessions s'accroître de laThuringe. Sous ce prince, qui résidait à Dresde où il eut un de ses principaux ateliers, le numéraire devient d'une exécution déplorable; peu à peu le type s'altère et le dessin est si grossier qu'il n'est plus possible de reconnaître une figure humaine dans la représentation informe du margrave qui occupe le milieu de ces feuilles de métal plissécs, ridées et bosselées. Ces bractéates avec leur portion centrale déprimée et leurs bords deux fois en saillie semblent plutôt, dit M. Schlumbergcr, le revêtement métaUique de quelque gros bouton qu'une véritable monnaie. Le nom et le titre d'Henri l'Illustre prennent place souvent sur la bordure en grandes initiales dont voici un exemple: H-D-G-M-E-O-MT-L-E-S-P^ c'est-à-dire : Hcnricus Dei gratta misncnsis et orientalis viarchio, Thuringiac landgravius et Saxoniae palatinus. Outre l'effigie du prince, ces grossières bractéates portent les armes de ses diverses villes, des lions, des aigles, des casques, etc.
En 1265, Henri l'Illustre céda la Thuringe et le palatinat de Saxe à
l' ALLEMAGNE 697
son fils aîné Albert II l'Indocile et donna au second, Thierry le Sage, la Marche orientale et la ville de Landsberg; il ne conserva pour lui que la Misnie et la Basse-Lusace et mourut en 1228. Albert II (1265- 13 14) frappa monnaie aux types paternels et ses grossières bractéates cupulaires portent également comme légendes de grandes initiales. Le type ordinaire est l'effigie du margrave debout, de face, avec la longue chevelure ; plus rarement on trouve un casque orné de plumes, un lion, deux lions affrontés. Dans la suite, Albert II monnaya en commun avec son fils Frédéric I le Mordu, mais ils se brouillèrent et Albert vendit la Thuringe à l'empereur Adolphe de Nassau. Celuici fit frapper à Freiberg des bractéates identiques à même aspect cupulaire, avec son effigie de face, couronnée, mais sans légendes. Les monnaies de Frédéric le Mordu portent généralement le lion de Misnie avec légende composée d'initiales ; une pièce de la même époque chargée de deux têtes séparées par une tour a été donnée à Frédéric en association avec son frère Dietzmann. Plus tard, le margrave fit frapper de petites monnaies unifaces avec la légende PARVVS MIS- NENSIS et peu après, parurent les premiers gros de Misnie, fabriqués à l'imitation de ceux de Bohême. Frédéric I le Mordu mourut en 1324.
d). Margraviat d'Osterîand ou de Landsberg.
Lorsqu'en 1156, les domaines de Conrad I, margrave de Misnie, furent partagés entre ses enfants, son second fils Thierry obtint Landsberg, l'ancien comté d'Eilenbourg et la Basse-Lusace ; il prit le titre de marchio orientalis. Son frère Dédon qui avait obtenu Rochlitz lui succéda en 1185 et transmit ses domaines à son fils Conrad II (1190- 1210). On possède de Thierry de Landsberg (1156-85) de belles bractéates, probablement frappées à Eilenbourg où il figure soit assis et nu-tête, soit achevai. La légende est MARCHIO DITRI. Dédon de Rochlitz frappa des pièces analogues où il est représenté debout, armé de pied en cap, tenant l'épée et la bannière ; son nom n'est pas mentionné dans la légende qui le désigne par: ILEBVRGENSIS Cornes. Les pièces qu'on attribue à Conrad II sont de petit module; elles portent un personnage debout dans la même attitude et CORADVS MA.
e^. Comté de IVettin.
Le comté de Wettin fut donné en 1156 à Henri I, quatrième fils de Conrad I, margrave de Misnie. Ses successeurs furent Henri II (1181-
87), Ulric (1187-1206) et Henri III (1206-17). ^ ^^ "^ort de celui-ci, son parent, le comte Frédéric II de Bréna, hérita de Wettin.
On attribue à un des Henri de Wettin, et, de préférence au premier, quelques bractéates marquées des lettres D-CO et, dans le champ, aux côtés du seigneur assis : AD (^Heinrîcus cornes advocatus ?). Pour Ulric, le monnayage est certain; ses bractéates portent OVDALRICVS suivi ou non de COMES, ou, dans Tatelier de Torgau, où le comte exerçait les fonctions de bailli pour les abbesses de Quedlinbourg : COMES OLRICVS DE TVRGOWE. Ces bractéates, comme celles frappées à la même époque à Magdebourg, à Halle et en Saxe, ont le flan relativement épais et le module assez réduit. Le comte y figure généralement debout, plus rarement assis de face, couvert de son armure. A côté des pièces signées, on rencontre un assez grand nombre de spécimens muets qu'il est impossible de distinguer des pièces de Bernard de Saxe ou d'autres princes contemporains. L'observation exacte des Heux de trouvaille est, dans ce cas, le seul indice que l'on ait pour établir un classement.
f). Evéchè de Meisseii.
L'atelier de Meissen fut fondé par Otton I, en 968. Son monnayage ne paraît pas remonter au delà du xiii^ siècle. Il consiste en bractéates, généralement muettes, que leur extrême analogie de formes et de types avec les pièces contemporaines du margraviat de Misnie et des autres seigneuries de la région, empêche souvent de distinguer de celles-ci. La présence de la mitre et de la crosse est le meilleur indice d'une origine épiscopale, mais lorsque ces emblèmes sont absents, lorsque le personnage assis de face qui forme le type habituel est représenté la tête nue, toute tentative de répartition, entre les évêques et les mar- .Q:raves reste vaine.
Les bractéates misniennes sont cupulaires, à portion centrale relevée ; les numismates allemands les appellent hnopffôrmi^c pfennige et, en effet, leur aspect général est bien celui d'un bouton. La gravure de ces pièces est d'une indescriptible barbarie. « L'œil exercé du connaisseur peut seul, dit M. Schlumberger, retrouver au milieu d'un assemblage de points grossiers l'apparence d'une forme humaine qui doit figurer le prélat. » Voici les évêques auxquels on a attribué des bractéates :
*Brunbn, 120S-1250. *AlbertII, 1258-1266.
*Henri, 1230-1240. * Witigon I de Camenz, 1266-1293.
* Conrad I, 1240-12 58.
Sous Conrad I, quelques pièces portent: C"D*0"M'V*E pour Çon-
l'allemagne 699
radus Dei gratta Misnensis venerahilis episcopiis, ou la variante: C-D-G- E'D-M, episcopiis de Misnia. Une bractéate reproduisant la croix potencée de Tabbaye de Pégau a une légende plus explicite : CVRRAD'- D-G-EPI-M. Des pièces d'Albert II ont son initiale répétée sur la circonférence et une des monnaies classées à son épiscopat montre un grand A au milieu du champ et les lettres V E, initiales de venerahilis episcopiis sur le bord. Les bractéates épigraphiques de Witigon I portent WITIGO MIEPIS ou les initiales WDGMOE, WDEM et sur une pièce de son règne, son image est remplacée par l'agneau pascal avec la bannière qui figure dans les armes de l'évôché.
g). Burgravial de Mcissen.
Les burgraves de Meissen étaient feudataires immédiats de l'empire ; depuis 1126, ils appartenaient à la maison comtale de Hartenstein. • Leurs bractéates, très rares et peu nombreuses, dit M. Schlumberger, tantôt les représentent assis, tantôt portent une croix cantonnée de besants; elles sont cupulaires comme celles d'Henri l'Illustre, margrave de Misnie. Elles sont muettes ou ont les légendes : MEINHERVS MIS- NENSIS, H-D-V-M-B ou encore H-M-H-M, qui indiquent le burgrave Meinher (....-1300) et peut-être son successeur Hermann (1308-36).
h). Burgraviat de Dohna K
K. Erbstein attribue aux burgraves chargés par les empereurs de la garde de leur château de Dohna, de grandes bractéates de fabrique grossière où figurent, soit deux cornes de cerf, soit un seigneur assis tenant un massaire ou une corne de cerf; la légende se compose des initiales H-D-G-B; il s'agirait de Henri III de Dohna qui paraît dans les textes de 1235 à 1242.
i). Biirgraviat de Leissni^.
Frédéric Barberousse ayant acquis la ville de Leissnig y plaça des burgraves auxquels Henri VI, aurait accordé le droit de battre monnaie. Quoi qu'il en soit,, on sait par un texte que dès 1234, ^^ circulait de la monnaie frappée à Leissnig: (( li:^nilcgensis moneta ». On classe au burgrave Albert (1233-59) une bractéate où il figure assis entre deux touis avec la lé2:ende A-L-V.P.
I. K. Erbstein, Kiiniisuiatlsch: Bruchstuchc, in Be^u^ auf sâchsischc Ceschichtc. Dresde, 1816-28, in-8.
j). Èvêché âe Natimbourg-Zeiii.
Les premières monnaies des évêques de Naumbourg-Zeitz se rattachent sous le rapport de la fabrication aux pièces que de Koehne appelait improprement wendenpfennnige : elles en ont la bordure en saillie et le faire grossier. Leur type, peu compliqué, se compose d'une croix à branches épaisses et d'une croix à branches grêles, celle-ci cantonnée de globules
et d'annelets (fig. 1183). Les légendes SCS
/^^^-— \2pA PETRVS et EPERHARDV EPS se rapportent à
(eli7rS^^!\Si saint Pierre, patron >de l'évêché, et à l'évêque
Eberard ou Eppo (1046-78). Sur quelques exemplaires, le nom de celui-ci est remplacé par ^'^' "^' une série de jambages simulant une inscription.
Une trouvaille faite en 1857 à Nieder-Eichstedt entre Mersebourg, Naumbourg et Halle, renfermait de larges semi-bractéates qu'on a très dubitativement clr ^ées à l'évêque Walram (1090-1111). Le type de ces pièces est un buste mitre et crosse à gauche et un édifice, mais les légendes en sont trop iUisibles pour que l'attribution puisse présenter quelque certitude. Les bractéates véritables commencent vers le milieu du XII* siècle :
Thierry I de Bréna, 1111-23.
Richwin, 1 123-25.
*Udon I de Thuriiîge, 1125-48.
Gunther, 1148-50.
*Wigmann de Seebourg, 1150-54.
Berthold I. 1154-61.
*Udon II de Querfurt, 1161-86.
* Berthold II, 1 186-1206.
* Engelhard, 1207-42.
* Thierry II de Misnie, 1242-72.
* Meinhar d'Osterfeld, 1272-80.
Ludolphe Truchsess de Schlotheim,
Brunon de Querfurt, 1285-1304.
Ulric I de Colditz, 1304-16.
Henri I de Gronenberg, 1317-34.
« Les bractéates de certains évêques de Naumbourg, principalement celles d'Engelhard et de Thierry II, sont fort nombreuses, dit M. Schlumberger, mais en général les types sont peu variés. L'évêque est figuré assis, tenant la crosse et la croix pastorale ; très rarement en place de celle-ci une palme, une clef, un livre ou le calice ; quelques pièces d'Udon II portent l'effigie nimbée de saint Pierre. Sous Thierry II et surtout sous Meinhard, les attributs commencent à se modifier plus fréquemment dans la main de l'évêque qui apparaît alors parfois debout ; mais ce qui distingue surtout ces bractéates, ce sont leurs légendes, presque toujours complètes, sinon correctes. » Parfois cependant elles sont composées d'initiales ou absentes. Le style des bractéates de Naumbourg, sauf pour les plus anciennes, est peu élégant,
mais jamais il n'atteint la grossièreté et la laideur des pièces de Tévêché voisin de Meissen. Sous Thierry II et son successeur, on distingue deux styles différents, suivant que les monnaies ont été frappées dans Tatelier de Naumbourg ou dans celui de Zeitz. Sur les premières, le prélat est couvert de ses ornements sacerdotaux ; sur celles de Zeitz, son costume et sa tète bouclée, sans la mitre, le font si bien ressembler à un margrave de Misnie, que la crosse et la croix peuvent seules l'en distinguer.
k). Abbaye de PégauK
L*abbaye bénédictine de Pégau, entre Leipzig et Zeitz, fut fondée en 1093 P^^ ^^ comte de Groiczsch et placée sous le vocable de saint Jacques. Les abbés suivants la gouvernèrent jusqu'au xiv* siècle :
Béron, 1096-1100.
* Windolphe, 1100-1150.
* Henri I, 11 $0-1 168.
♦Radbode, 11 68-1 181.
*Ekkelin, 1181-1183.
Rudolphe, 1183-1185.
*Sigefroid de Recken, 1 185-1224.
* Henri II de Frohbourg, 1224-1226.
*Thimon de Coldlitz, 1 226-1 239.
* Henri II dePosern, 1239- 1263.
*Tammon, 1264-1267.
* Conrad I de Liebenhain, 1267- 13 11.
Conrad II de Rabeditz, 131 1.
Albert de Langendorf, .. .1313-1334.
La série monétaire de Pégau commence avec Windolphe dont M. Posern-Klett signale des bractéates, analogues, comme style, à celles d'Henri le Jeune, margrave de Misnie, et portant un buste avec bannière ou crosse entouré de +Aaa2 WIT03J0. Avec Henri I le type abbatial se modifie et devient tel qu'il restera jusqu'à la fin du monnayage : une grande croix potencée, dans les cantons de laquelle figurent très fréquemment une tête humaine et une crosse, plus rarement une clef, un croissant, une fleur de lis, une croix, etc. Ces bractéates sont parfois muettes, mais elles portent plus souvent des légendes complètes et lisibles, telles que H6INRICVS PIGA ABBAS. RADEPOTO PIGOVI- CENSIS ABBAS. lACOB APOSTOLVS SIFRIDVST. etc.
1). Avouerie de Pégau.
Lorsque Wipprecht, comte de Groitzsch, fonda l'abbaye de Pégau, il en retint l'avouerie pour lui et pour ses descendants, mais en cas d'extinction de la famille, la nomination de l'avoué devait appartenir à Tabbé. Cette prérogative qui paraît avoir été exercée pour la première
:. Erbstein, Der Mûnifund von Tiebili bei Wittemberg. Nuremberg, 186$, in-4.
fois par l'abbé Sigefroid fut la source de graves contestations entre lui et Conrad le Jeune, margrave de Landsberg. Celui-ci créa en 1210 un atelier monétaire à Groitzsch et défendit à ses sujets d'entretenir avec Pegau toute relation commerciale. L'intervention du pape et de l'évêque de Brandebourg mit fin à la querelle et le margrave de Landsberg fut débouté de ses prétentions. On possède des monnaies des avoués de Pégau dont les noms suivent :
* Thierry, comte de Groitzsch, 1 198-1207. *Frédéric, comte -le Bréna. *Conrad, margrave de Lusace^ 1207-1210. *Otton, comte de Bréna, 1221-1234.
* Thierry, margrave de Misnie. * Albert [burgrave d'Ahenbourg ?].
Les bractéates des avoués de Pégau reproduisent le type de la croix potencée cantonnée de divers emblèmes tels qu'un aigle, une tête, une épée, un globe crucigère, etc. Les légendes donnent explicitement le nom et le titre des personnages.
m). Seigneurie de Woîhnstein '.
Cette seigneurie, située près d'Annaberg, appartenait au xiii* siècle à la maison de Waldenbourg. Il s'y trouvait une mine d'argent et, dans un texte de 1323, Henri de Waldenbourg parle « de moiteta oppidi nostri IVolhenstein ». M. J. Erbstein a publié une bractéate muette, analogue comme fabrique à celles d'Henri l'Illustre, margrave de Misnie, et portant un écu aux armes de Waldenbourg : de gueules à Vanneau d'or au chaton orné d'un saphir.
n). Avûueries de Plaiien et de Géra 2.
Les villes de Géra, de Plauen et de Weida appartenaient aux abbesses de Quedlinbourg qui les faisaient administrer par des avoués de la maison de Weida. Ces avoués frappèrent monnaie.
On possède des bractéates d'Henri de Plauen (1244-95 ou 96), portant une figure assise de face, tenant une épée et un drapeau entourée de la légende H • ADVOCATVS ■ DE • PL- Les documents écrits prouvent que ce personnage monnaya à Plauen. Il eut un autre atelier à Adorf dont il existe des bractéates empreintes de deux oiseaux avec, en légende, le mot ADORVEN écrit à rebours.
Au XIII'' siècle, l'atelier de Géra frappa des bractéates qui se distin-
1. A. von Sallet, Bracteat des Vcgtes Heinrich von Plauen, dans la Zeitschrift fur Numismatik, t. V, 1878, p. 25^.
2. J. Erbstein, Ein woîkensteiner Bracteat der Herren von IValdenhurgf dans Ans drcsdner Sammîungen, IVe fascicule, Dresde, 1891, p, 8 et suiv.
guent de celles de Quedlinbourg par leur .facture barbare et leur type formé de l'image de l'abbesse assise de face et tenant deux croix. En 1306, les comtes de Reuss, issus de ceux de Plauen, reçurent Géra en fief avec les droits qui y étaient attachés. Ils continuèrent l'émission de bractéates qui ne se distinguèrent des précédentes que par l'absence de voile sur la tête de la figure assise.
o). Landgraviat de Thuriiige.
Le landgraviat de Thuringe formait une longue bande de territoire s'étendant depuis le comté de Waldeck à l'ouest, jusqu'à Mersebourg et Naumbourg à l'est. En 1130, le landgraviat devint héréditaire :
* Louis 1,1130-40. *Hermann I, 1190-1217.
* Louis II, 1140-72. Louis IV, 1217-27. *LouisIII, 1172-90. *HenriRaspe, 1227-47.
La série des bractéates comprend presque tous les landgraves que nous venons d'énumérer. Ces pièces, grandes et minces représentent Louis I et ses successeurs chevauchant, avec la bannière, l'épée et reçu. Derrière le cavalier ou devant lui, sur Técu ou parfois sur la bannière, figurent divers emblèmes, la tour, la roue, l'aigle d'empire, le lion de Thuringe ou des lettres isolées. Au début, beaucoup de pièces portent des légendes indiquant le nom du prince, ses titres et parfois aussi le nom de la ville d'Eisenach. Plus tard, les bractéates deviennent muettes ou, du moins, les légendes ne sont plus composées que d'une suite de lettres dépourvues de sens. A la mort de Henri Raspe, la Thuringe échut à Henri l'Illustre, margrave de Misnie, et sa numismatique particulière se termine à cette époque pour se confondre désormais avec celle du margraviat.
Le principal atelier des landgraves de Thuringe fut établi à Eisenach; ils monnayèrent aussi à Weissensée et quelques-unes de leurs pièces furent forgées à Mulhausen et même à Erfurt.
p.) Seigneurie de Sal^a ou Langensaîia.
Les seigneurs de Salza exercèrent le droit monétaire au xiii* siècle. Un document de 1291 parle de solidi tnonetae sal^ensis et cette donnée est confirmée par les monnaies elles-mêmes. On possède des bractéates imitées de celles au saint Martin d'Erfurt portant ZALZA ; le seigneur assis de face tient parfois une corne de bélier ou un écu à la corne de bélier, armoiries de la seigneurie. En 1347, Salza fut vendu aux archevêques de Mayence et aux margraves de Misnie.
q). Seigneurie de Tréfurt.
Les domaines des seigneurs de Tréfurt étaient voisins de la ville de Mulhausen. Par analogie avec leurs sceaux sur lesquels paraît une roue à huit rayons, on attribue à ces seigneurs de grandes bractéates muettes du XIII' siècle portant soit ce même emblème, soit une figure à longs cheveux tenant une roue dans chaque main.
r). Seigneurie de Vargula.
On attribue à cette seigneurie une bractéate de la trouvaille de Taubach, imitée de celles au saint Martin d'Erfurt et représentant un personnage à chevelure bouclée, assis et tenant un écusson à quatre bandes, armes de Vargula.
s). Abbaye de Hersfeldi.
L'abbaye de Hersfeld, en latin Herocampia, fut fondée en 768. Ses domaines, très disséminés, s'étendaient non seulement en Thuringe, mais en Hesse et jusqu'au Rhin aux environs de Mayence. Elle avait pour patrons principaux saints Simon et Jude, mais saint Wigbert dont elle possédait les reliques y était l'objet d'une vénération particulière. La plus ancienne monnaie de Hersfeld est un denier biface de la première moitié du xi' siècle; l'avers porte SCS VVIGBERTVS autour d'un buste à droite ; le revers, + HEROCAMPIA CIVIT et un mur surmonté de plusieurs tourelles.
Les bractéates commencent vers 11 80 pour se prolonger, avec quelques interruptions, jusqu'au milieu du xiv^ siècle. Les abbés frappèrent non seulement à Hersfeld, mais aussi à Arnstad, à Côlleda et à Herrenbreitungen. Voici la chronologie abbatiale pour cette période :
*Sigefroid, 1 180-1200. Henri V de Boinebourg, 127092.
*Jean I, 1 201 -13. * Henri VI de Swinrode, 1296- 1300.
* Henri II, 1213-16. Berthold d'Elben, 1 301-2.
*Louis I, 1217-39. Simon I de Buchenau, 1303-1$.
Wernerde Schweinsbourg, 1239-52. Henri VII de Molsleben, 1305-16.
Henri III d'Erthal, 1252-63. André de Gemmingen, 1316-20.
Henri IV, 1264-67. Henri VIII de Romrod, 1520-25.
Sur les plus anciennes bractéates des abbés de Hersfeld, vraisembla- I. C. Schlegel, Apolelesma de nummis hersfeld ensium. Gotha, 1724, in-4.
L ALLEMAGNE yo$
blement frappées à Arnstadt, Télégance des types atteste la main d'un graveur habile qui a dû prendre pour modèle, suivant M. Schlumberger, les belles bractéates émises par les archevêques de Mayence à Erfurt. Le type est, d'ordinaire, l'effigie de l'abbé ; à côté de celle-ci, on en voit souvent une seconde, soit celle de saint Wigbcrt, soit celle du fondateur du monastère, soit enfin celle d'un avoué. Les légendes indiquent, en général, le nom de l'abbé, du moins il en est ainsi sur les plus anciennes, et souvent aussi son titre: SERDVS ABBAS HEORS- FELDENSI. lOHANNES HERSFEL, etc.; mais elles sont parfois incorrectes ou indéchiffrables : VIN AlVCIC ll€ÀSICIV, etc.
Avec Henri VI de Swinrode commence une série fort nombreuse de bractéates, de dimensions bien moindres, presque toujours marquées de quatre lettres aux quatre coins opposés de la bordure, qui est large et plate : HNHN. HSFA. AVAV. ABAS, ARNT. ARAR, VHVH. VVVV, etc. On a interprété ces sigles par Henricus, HersfeJd, Ahbas vcnerabilis, Arnstadt, venerabilis Henricus, venerabilis. Très rarement les pièces de cette époque ont des inscriptions plus explicites, indiquant les noms de l'atelier d'Arnstadt, de saint Wigbert ou de saint Boniflice. Le type constant de cette série est l'effigie d'un préLat assis ou à micorps, coiffé de la mitre, tenant la crosse, et un écusson chargé d'une croix ou quelque autre emblème. Un gros grénctis sépare en général l'cffiîrie de la bordure.
t). Comté de Schwarihour^ K
Les comtes de Schwarzbourg et de Kévernbourg comptèrent depuis le milieu du xii*" siècle parmi les plus puissants seigneurs de la Thuringe. En 1198, à la mort de Gunther qui avait épousé Adélaïde, héritière de Hellermund, trois de ses fils se partagèrent ses états ; l'aîné, Gunther, eut le comté de Kévernbourg; le second, Ludolphell, eut celui de Hallermund; le troisième, Henri, eut Schwarzbourg.
On connaît de cet Henri (i 198-123 1) deux bractéates, probablement frappées à Blankenbourg, sur lesquelles le comte figure à cheval, avec la bannière et le bouclier; l'une d'elles porte : COMES HEICRICVS DE BLANCENB. En 1229, l'atelier impérial de Saalfeld passa au comte de Schwarzbourg. On attribue à Gunther (125 9-1 307) de grandes bractéates trouvées aux environs de Saalfeld et sur lesquelles se trouve
I. Clî. Schlegcl, JVcitcrc Aiisfi'ihrtDicr, (Jnss ilic M i'i 11:^01 Ilcinrichs, Crajen von Bhiukenhurcr, mchr dcin Grafcn dicscs Kamens in Thurin^cn, ah deni ans Har:;^e ~«:^;/5t7j/r/7'f;/ sey. Gotb;i, 1720, in-4.