‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 4 sur 85 · II · texte numérisé non relu

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du jeune Philippe, associé par son père à la royauté. Ces exemples de mélanges de coins sont fréquents à toutes les époques, et l'on aurait tort d'y accorder plus d'importance que n'en mérite un simple accident de monnayage.

On a voulu retrouver un atelier monétaire de Philippe-Auguste dans la ville de Tournai ; cette conjecture, dont E. Gariel s'est fait le champion, repose sur une ignorance de l'histoire monétaire locale ^ A Tournai, le droit de signer la monnaie appartenait aux évêques, mais l'exploitation de l'atelier et la perception des bénéfices résultant de la fabrication formaient un fief héréditaire dans la famille des châtelains^. En 1202, Everard de la Vigne, châtelain de Tournai, vendit au roi Philippe-Auguste le tiers des bénéfices qu'il percevait sur la monnaie épiscopale. Cette intrusion du roi de France dans le monnayage tournaisien est évidemment une première tentative pour s'emparer de j l'atelier épiscopal, mais les termes mêmes de la charte de cession ' de 1202 excluent toute idée d'émissions royales sous Pliilippe-Auguste. .

§ VIII. — Louis FUI (1223-1226) et Louis IX (1226-1270).

Le règne de Louis VIII ofi"re un médiocre intérêt au point de vue numismatique. Le roi se borne à frapper des deniers parisis et des deniers tournois, ainsi que leurs subdivisions, les oboles, aux types en usage sous son père; mais les ateliers cessent d'être mentionnés sur les coins et les légendes TVRONVS CIVIS. PARISIVS CIVIS, deviennent, à notre sentiment, une simple formule, un nom de monnaie sans valeur géographique. C'est une étape de plus accomplie dans la voie de la centralisation du monnayage national.

En 1225, Louis VIII concéda à Henri Plartrard le privilège de graver les coins de la monnaie parisis dans les pays en deçà de la Loire. Cette concession était faite à titre héréditaire et resta dans la même famille jusqu'au moment où les descendants de Henri Plartrard y renoncèrent entre les mains de Louis IX, c'est-à-dire en 1265.

L'absence complète de documents relatifs à l'administration monétaire de Louis IX, pendant une période qui va jusqu'à son retour de Terre Sainte, autorise à croire que l'on ne changea rien aux monnaies avant la fjrande réforme créatrice du p'os tournois.

1. Voyez les articles de Gariel et les réponses qui y ont été faites par les numismates belges dans la Revue belge de numismatique de 1881 à 1883.

2. R Serrure, L'atelier monétaire des Évêques de Tournai (Bull, de num., t. II, p. il).

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