‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 51 sur 85 · N. Papadopoli, 1^ inonete di Veneiia. Venise, 1893, in · texte numérisé non relu

N. Papadopoli, 1^ inonete di Veneiia. Venise, 1893, in

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de rétendard, le mot DVX. Au revers, le matapan porte le Christ assis de face, la tête accostée de ses initiales : IC-XC. Cette monnaie, dont le type est d'inspiration toute byzantine, eut un succès énorme sur les rives orientales de TAdriatique et dans les régions occupées par les Slaves du Sud. En 1284, Giovanni Dandolo frappa la première pièce d'or vénitienne : le sequin ou ducat.

Verceil (Italie septentrionale). — rOn possède une monnaie municipale de Verceil (Vercellae) au nom dé Frédéric II, frappée au xiii^ siècle.

Vérone (Italie septentrionale). — En 1154, Frédéric Barberousse concéda à Thibaut, évêque de Vérone, la monnaie de cette ville ; mais la propriété de la :(ecca passa de bonne heure à la commune. Le type des monnaies véronaises, purement épigraphique, se compose de combinaisons dont une croix pattée et les syllabes VE-RO-NA-CI-VI font les frais.

Vianet (Italie septentrionale). — On ne sait pas de qui ni quand Vicence reçut le droit de frapper des monnaies municipales. Les seules pièces de cette ville qui soient connues appartiennent au xiii* siècle ; les émissions paraissent avoir principalement consisté en grossi aquilini, au type de l'aigle. Les légendes sont: VI-CE-NC-IE — CIVITAS.

Viterbe (Italie centrale). — On attribue à Viterbe, comme capitale du Patrimoine de saint Pierre, des monnaies anonymes émanées des papes, et qui, par leurs types et la forme des lettres, semblent avoir été frappées du milieu du xii* siècle à 1240, année pendant laquelle Frédéric II concéda à la ville le droit de frapper des espèces municipales. Les monnaies anonymes des papes portent deux clefs et les légendes : + PATRIMONIV — BEATI PETRI; les pièces autonomes de Viterbe ont le buste du patron : SLAVRENTIVS — DE VITERBIS.

Vol terra (ItaHe centrale). — Après la paix de Constance, la ville de Volterra se constitua en commune, mais, à plusieurs reprises, les évoques s'y attribuèrent la souveraineté. En 1189, Henri VI concéda à l'évêque Ildebrand le droit de frapper monnaie. On possède des grossi de Rainier, qui occupait le siège en 1252; leur type se compose de l'image de l'éviêque tenant la crosse et bénissant; les légendes sont, soit: + EPRANERIVS — + DE VVLTERRA. soit + REPS D'VVLT — + C(rux)E(st) VITORIA N(ost)RA.

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§ V. — Les NonnandSy depuis leur établissement en Sicile et en Italie

jusqu'à leur chute.

Lorsque les Normands, au commencement du xi* siècle, apparurent dans le sud de l'Italie, voici quelle était la situation du pays. L'empire grec n'exerçait plus qu'une domination très précaire sur la péninsule. Otrante, Gallipoli, Rossano, Reggio, Cotrone, Bari, étaient à peu près les seules cités qui reconnussent son autorité; encore n'attendaientelles qu'une occasion favorable pour se rendre indépendantes. Les Sarrasins, après avoir soumis l'Espagne, occupaient la Sicile, dont ils avaient commencé la conquête en 828, et une partie de la Calabre. De la puisssance lombarde il ne restait que de faibles vestiges : Bénévent et Salerne seuls obéissaient aux derniers princes de cette race naguère si formidable. Les villes placées sous leur dépendance, Naples,. Capoue, Amalfi, Sorrente, Gaëte, leur avaient échappé les unes après les autres et s'étaient érigées en gouvernements quasi indépendants. L'invasion normande eut ceci de particulier : tandis que les Goths et les Lombards s'étaient avancés à la conquête du pays avec de nombreuses armées, les Normands arrivèrent par bandes isolées et en petit nombre; toutefois, malgré ce désavantage évident, ils remportèrent sur leurs ennemis les victoires les plus signalées, chassèrent les Grecs d'Italie, mirent fin à la domination lombarde, abaissèrent la puissance sarrasine en Sicile et sur le continent, combattirent tour à tour papes et empereurs et enfin firent surgir avec une intelligence merveilleuse le royaume des Deux-Siciles.

a). Duché de Pouilh.

Le duché de Fouille (Apulia) fut fondé par Robert Guise a rd, qui prit d'assaut la ville de Salerne en 1075. On possède de ce duc (1075- 1085) des monnaies d'or, appelées tari, servilement imitées des pièces sarrasines, et portant, au milieu des caractères coufiques qui les couvrent, soit un R, soit R. D. Les cuivres normands, d'un aspect tout byzantin, portent à l'avers le buste du duc et au revers soit son nom RO-BER dans le champ, soit la grande porte et les fortifications de la ville de Salerne.

Sous Roger Borsa (1085-1 1 1 1), le système monétaire reste le même que sous Robert. L'or consiste en imitations de pièces arabes, le cuivre, en pièces battues à l'instar de Byzance, mais présentant presque tou-

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jours des légendes latines. Le type de ces follari est, soit le buste du Christ (fig. 1280), soit le buste de saint Mathieu, soit le buste du duc; le revers est toujours occupé par ROGE-RIVS-DVX. PG0K€-PIOC-AOYZ ou par la légende ROG-GRADI-DVX-SALERN-O disposée en trois ou quatre lignes.

Nous n'avons pas d'or qui appartienne certainement à Guillaume (11 11-27). Ses cuivres reproduisent parfois des types déjà signalés, mais quelquefois aussi ils portent des motifs nouveaux, tels que le buste de saint Pierre, une croix cantonnée d'étoiles ou de globules, une tour placée dans le champ. Un follaro, resté très rare, mérite une description particulière, pour l'étendue de ses légendes et la beauté de ses empreintes: W-DVX-APVLIE. Le duc à cheval à gauche, tenant de la main droite une épée, la pointe tournée en l'air, et de la gauche la bride de son cheval; il est couvert d'un long bouclier ovale se terminant en pointe. Revers : BEATVS PE- TRVS. Saint Pierre nimbé de perles, debout de face, tenant une croix, les deux bras repliés sur la poitrine. L'image de saint Pierre sur les cuivres de la Pouille s'explique naturellement par les rapports que le duc Guillaume entretenait avec le Saint-Siège.

Roger II (1127-35), grand-comte de Sicile, fut le quatrième duc normand de la Pouille. Il prit possession de cette province en 1127, à la mort de Guillaume, mais il la donna en apanage, en 1135, à son fils aîné Roger III. C'est sans doute entre les années 1127 et 1130, date de son couronnement, qu'il a frappé à Salerne de larges tari coufiques qui présentent d'une part un R et de l'autre une croix.

Le cinquième personnage qui porta le titre du duc de Pouille fut le comte Rainolfe, investi en 1137 par le pape Innocent III et l'empereur Lothaire. Mais le règne de ce prince, rival du roi Roger, fut court et agité : c'est ce qui explique que nous n'en ayons pas de monnaies. Rainolfe mourut en 1139. Roger III (1135-1148) ne nous a pas laissé non plus de monnaie battue à son nom ; mais nous parlerons plus lom d'un ducat sur lequel son effigie est associée à celle de son père.

A la mort du duc Roger III, survenue en 1 148, la Pouille fut transférée à son frère Guillaume, déjà prince de Capoue et duc de Naples depuis 1144. Guillaume fut couronné roi de Sicile en 1151. Le fils de Guillaume, Roger IV (1152-iiéi) apparaît à son tour avec le titre de dux sur le ducat que son père fit frapper à l'imitation de ceux de son prédécesseur.

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b). Grand-Comté, puis Royaume de Sicile.

Guillaume II le Bon, roi de Sicile, fut aussi duc de Fouille. Il fit graver ce titre sur ses sceaux et sur ses monnaies, et, après lui, Tancrèdej son fils, Roger V et peut-être Guillaume III le portèrent également; mais les véritables monnaies du duché de Fouille cessent, ainsi que nous l'avons vu, après Guillaume I (1127).

Les monnaies deRogerI(i072-iioi), frappées à Messine, à Falerme et à Mileto, consistent en tari d'or à légendes coufiques et en cuivres que l'épaisseur de leur flan permet de distinguer sans trop de difliculté de ceux de Roger IL Le type de ces follari est très remarquable : ROGERIVS CO ME+S. Le comte casqué a cheval à gauche; il tient sur l'épaule droite un gonfanon et de la main gauche la bride de son cheval; un bouclier normand le couvre entièrement. Revers: + MARIA MATER DNI. La vierge nimbée assise à droite, tenant dans ses bras l'enfant Jésus les pieds emmaillotés.

On ne connaît pas de monnaies du comte Simon, fils de Roger I et d'Adélaïde, mais le long règne de Roger II présente une suite nombreuse et très digne d'attention. Sous le rapport des titres inscrits sur les pièces, la numismatique de ce prince comprend deux groupes. De 1105 à 1130, les monnaies sont au titre àt cornes; deii3oàii54 elles mentionnent la dignité royale.

Roger II (1105-54) continua l'émission des taris d'or coufiques, marqués sous son règne d'un grand T. Nous voyons apparaître une

rare monnaie d'argent au type du T et de la croix sur laquelle se lisent les légendes circulaires RO- GERIVS COMES - CALABRIE ET SICILIE. Les cuivres comtaux, assez communs et généralement surfrappés sur des monnaies de Jean Zimiscès, portent au droit RO-GE-CO-ME dans les bras d'une croix. En 1130 Roger se fit couronner roi dans la cathédrale de Falerme, par l'antipape Anaclet IL En 1140, il convoqua à Ariano en Fouille une assemblée des barons et du clergé dans laquelle on traita de tout ce qui pouvait intéresser le bien public. C'est à cette assemblée que Roger, abolissant les pièces dites romcsines, dont le cours était très étendu, y substitua trois .types de follari en cuivre et créa de plus une nouvelle monnaie d'argent qui reçut le nom de ducat. Ce ducat apparaît comme la pièce la plus remarquable du monnayage du roi*de Sicile;

Fig. 1281

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son type et sa forme concave sont essentiellement byzantins. Suivant M. V. Promis, il fut fabriqué dans Tatelier de Brindisi. Voici la description de cette pièce : XIC-XC • RC- IN • AETRN (Jésus Christus régnât in aeternum). Buste du Christ de face, au nimbe crucigère, tenant de la main gauche le livre des Évangiles. Revers : le roi Roger II et son fils Roger, duc de Fouille, tiennent ensemble une longue croix munie de deux traverses au hau^et de trois traverses au bas. Le roi est couronné et vêtu d'un habit richement orné; à la mode des empereurs de Byzance, il tient dans sa main gauche un globe crucigère. A droite on lit .' R R- SLE. Rogerius rex Siciliae. Le duc est en costume militaire, et tient une épée de la main droite, appuyée sur sa hanche; à gauche, on lit : R-DX- AP, Rogerius dux Apuliae. Dans le champ, le long de la croix, à gauche, sont disposées verticalement les lettres ANRX (Anno regni decimo = 1140). Outre le ducat d'argent ou plutôt de billon, Roger frappa des tiers de ducats. Une petite monnaie d'argent porte en toutes lettres TERCIA DVCALIS autour d'une croix ornée, et au revers une ^'s- '^^^

légende arabe que San Giorgio traduit par : frappé l'an cinq cent trente-cinquième dans la ville de Sicile (Palerme). Cette date de l'hégire correspond à l'an 1140 de notre ère (fig. 1282).

On possède de Roger II, roi, un certain nombre de taris d'or, mais ils se dépouillent de bonne heure de leur caractère purement mahométan, reçoivent une croix et la légende chrétienne IC XC NI KA. Les monnaies de cuivre, très variées, sont souvent d'un flan très irréguHer et d'une frappe grossière; leurs types les plus fréquents sont la tète ou l'effigie entière du roi, le Christ assis, la croix, le globe crucigère, etc. Les ateHers monétaires du règne étaient établis à Mileto, Salerne, Messine, Palerme, Bari et Brindisi.

Les monnaies très nombreuses frappées au nom de Guillaume, roi, sont coufiques ou latines. Les premières étant presque toutes datées, leur classement n'offre que peu de difficulté. Les secondes, au contraire, sont bien plus difficiles à déterminer. San Giorgio, dont M. A. Engel a suivi, dans son livre, le système, base son classement sur l'orthographe des légendes. A Guillaume I il attribue les pièces sur lesquelles un W désigne le prince. Les pièces de Guillaume II ne sont pas douteuses, car l'initiale royale y est suivie d'un chiffre ordinal ; on a d'abord W il puis G II. Sous Guillaume III, c'est la lettre G qui indique le nom du roi.

Guillaume I .(1154-66) battit monnaie à Palerme, à Messine, à Brindisi, à Gaëte et peut-être à Naples. Les pièces de Gacte portent

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W-DEIGRA- REX — CIVITASGAIETA. Outre les monnaies frappées par Guillaume I à son nom seul, il existe des ducats copiés He ceux de Roger II, sur lesquels il figure debout à côté de son fils Roger, duc de Fouille.

La numismatique du roi Guillaume II le Bon (1166-89) offre plus d'intérêt que celle de son prédécesseur, à cause de l'introduction de plusieurs espèces nouvelles portant, gravé dans la légende, le nom sous lequel elles étaient connues dans la circuL-i^-'on. L'émission de monnaies bilingues continue. Une curieuse pièce de cuivre signalée par San Giorgio porte d'une part une légende coufique, et de l'autre les mots 4-OPERATA IN VRBE MESSANE —REX W- SCOS (secondus). Les monnaies en argent de Guillaume II, qui portent leur nom écrit dans la légende, sont au nombre de quatre : l'APVLIENSIS, le TERCr APVLIENSIS, la MEDm lEROnarii et la QVARTA TERCE- NARM ; leur type principal se compose, soit d'un dattier avec ses fruits, soit de la légende disposée dans le champ.

Tancrède (11 '' )-ii94) monnaya, comme ses prédécesseurs, ses tari d'or à Messine, à Palerme et à Salerne. Leur marque distinctive se compose le plus souvent des mots TACD REX écrits dans le champ. Les monnaies d'argent sont bihngues comme les pièces d'or. Les follari de cuivre les plus curieux sont ceux qu'on a frappés à Gaëte, et dont le type habituel est une façade d'église, accompagnée au revers d'une croix trifoliée ou d'un mufle de Hon vu de face. Les légendes sont : TANC DEI GRA REX — CIVITAS GAIETA. Il existe sur ces monnaies un document intéressant, une charte du roi Tancrède, de 1191, confirmant ses privilèges à la cité de Gaëte et entre autres celui de continuer l'émission des follari : « . . . follarorum monetam concessimus vobis per consules cudendam et hahcndam in civitate Gaieté pro conimuni utilitate vestra sicut eam hue usque hahere consuevistis. » A la numismatique de Tancrède se rattache un cuivre bifingue sur lequel son nom est associé à celui de Roger, son fils, puis un tari d'or Trappe à Messine, sur lequel paraît à côté de son nom l'initiale V de son fils Guillaume.

Nous avons dit plus haut ce qui permettait de distinguer les pièces de Guillaume III de celles de ses homonymes. Les émissions du règne, en petit nombre d'ailleurs, quant à la variété des types, -accusent la décadence du royaume normand de Sicile.

En 1194, à la nouvelle de la mort de Tancrède, l'empereur d'Allemagne Henri VI, époux de Constance, fille de Guillaume II, descendit en Italie, prit Naples, Salerne, et soumit le sud de l'Italie et la Sicile. En 1197, Henri VI avait détruit tout ce qui restait de la domination normande.

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c). Principauté de Capoue.

Les monnaies de Capoue sont fort rares et leur classification offre quelques difficultés en raison des homonymies qui se rencontrent dans la série des princes. Il serait bien à désirer que de nouvelles découvertes vinssent grossir le nombre des monuments monétaires que ces princes nous ont laissés et faciliter ainsi les rapprochements qui contribueraient à fixer les attributions. Les pièces retrouvées jusqu'à ce jour sont toutes de cuivre, parfois concaves comme les byzantines et toujours d'un style grossier et d'une frappe mauvaise.

Richard I (1059-1079) nous donne des pièces portant à l'avers son nom et son titre en trois lignes dans le champ: +-RICHA-RD-PRIN- CEPS- Au revers, un châtel surmonté de trois tours crénelées est entouré de la légende + CIVITAS CAPVANA.

Robert I (1106-1120) est représenté par trois types différents. Les cuivres du plus grand module ont au droit une sorte de treillis ou de damier et au revers une croix potencée ; ceux d'un module moindre portent le buste de face ou de profil et au revers une figure debout.

Les monnaies d'Anfuse (1135-1144), les dernières qu'on possède des princes de Capoue, nous montrent parfois son nom associé à celui du roi Roger. Leur type se compose du nom ANF-VSVS-P écrit dans le champ, d'un personnage debout tenant un bouclier, d'un vexillum vu de face et accompagné du mot CAP VA. Ce vexillum rappelle probablement celui qui servit à l'investiture d'Anfuse comme prince de Capoue en octobre 1135. Après 1172, la principauté de Capoue fut définitivement réunie au royaume de Sicile.

d). Consulat et duché de Gaëte.

La série des consuls et ducs de Gaëte débute par des cuivres anonymes frappés vers la fin du xi^ siècle et au commencement du xii*^. Voici la description de ces pièces, dont les exemplaires sont rarement complets :

+ GAEETA. Croix potencée dans un cercle. + CONSVL ET DVX. Même type (fig. 1283). ''^- ''''

Richard II (1121-1135), le dernier consul, est le seul dont nous ayons des follari signés : RIC-CON-ET-DVX. Leur type est identique à celui des pièces anonymes. En 1135, Gaëte passa à Anfuse avec la prin-

cipauté de Capoue; depuis lors, elle resta sous la dépendance des rois de Sicile.

i§ VI. — Le royaume de Sicile jusqu'à la conquête de Charles d'Anjou.

Aussitôt après la conquête de la Fouille, en 1194, Henri VI monnaya à Brindisi. On possède de lui des monnaies d'argent frappées à son nom seul; puis des pièces de billon sur lesquelles paraît sa signature et celle de sa femme Constance, HE-IMPERATCR — CIMPERATRIX ; d'autres enfin, qu'il signe avec son fils Frédéric II, déjà couronné roi de Sicile.

Henri VI mourut à Messine le 28 septembre 1197. Frédéric II avait à peine trois ans. Il fut d'abord placé sous la tutelle de sa mère Constance, et les monnaies portèrent leurs deux noms, mais l'impératrice suivit son époux au tombeau à Palerme le 27 novembre 1198. Dès lors la signature des espèces revint exclusivement à Frédéric II (11 98-1250).

A ce règne se rattachent les monnaies les plus parfliites peut-être de tout le moyen âge, Vangustale (fig. 12S4) et la denii-augustale d'or. Les graveurs anonymes qui en ont fait les coins ont été, dit François Lenormant, les vrais précurseurs des grands médailleurs italiens du xv'' siècle. « Ils cherchaient déjà à ramener le type monétaire aux conditions de modelé du bas-relief et à lui donner les mêmes ressources d'expression. Ils avaient emprunté aux modèles antiques, dont ils se rapprochaient le plus

Fig. 1284

qu'ils pouvaient, la sobriété et le sentiment de la grandeur du style. Enfin, dans le buste placé sur un des côtés de ces monnaies exceptionnelles, il y a certainement une tentative, encore imparfliitement réussie, de produire ce à quoi l'on avait renoncé depuis bien des siècles, faute d'en être capable, une effigie ayant un certain caractère d'individualité, un portrait plus ou moins rapproché de l'original. » Uaugustale est citée dans un texte de 1232 comme nouvellement émise. Elle courait pour le quart de l'once d'or, monnaie de compte de la Sicile, et était à 6/7 de fin. Son poids légal-était de 5 gr. 235 . En dehors de ces monnaies d'or, Frédéric II frappa des deniers de billon portant son initiale, sa tête (fig. 1285), ou l'aigle.

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A la mort de Frédéric, arrivée en 1250, son fils aîné Conrad (1250- 54) lui succéda. On ne possède de lui que des deniers portant généralement un type épigraphique.

Conrad II, surnommé Conradin, fils de Conrad I, né en 1252, fut reconnu pour successeur de son père, mais en 1258 Manfred, fils naturel de Frédéric II, usurpa le trône. Manfred monnaya à Manfredonia, ville qu'il avait fondée sur les ruines de Siponto. Ses deniers lui donnent le titre de MAVNFREDVS — REX SICILIE; leur type se compose d'un monogramme, de lettres ou de son initiale.

En 1263, le pape Urbain IV engagea Charles I, comte d'Anjou et de Provence, frère du roi de France Louis IX, à entreprendre la conquête de la Sicile. Une croisade fut décidée et Charles d'Anjou étant arrivé par mer à Rome, fut couronné roi de Sicile, le 28 juin 1265. Le 26 février 1266, Manfred fut tué à la bataille de Bénévent.

DU Xle AU XlVe SIÈCLE

Sources : A. Heiss, Descripcion gênerai de las monedas hispano-cristianas desde la invasion de los Arabes, Madrid, 1865-69, 3 vol. in-4. — Teixeira de Aragâo, Descripçào gérai e historica das vioedas ciinhadas em nome dos reis, régentes e governadores de Portugal. Lisbonne, 1874-80, 3 vol. gr. in-8. — A. Campaner, Indicador manual de la ninnismatica espanola. Palnia, 1891, in- 12. — Calalogo de la cokcciôn de monedas y medallas de Manuel Vidal Ouah-as y Raiiiôn de Barcelona. Barcelone, 1892, in-4, 4 "vol.

A l'époque où Lelewel écrivit sa Numismatique du moyen âge, les monnaies frappées par les souverains chrétiens maîtres de la péninsule après l'écrasement des Arabes étaient à peu près inconnues. Les chapitres que le savant Polonais leur consacra sont des plus incomplets. Aujourd'hui, grâce aux recherches de plusieurs savants, recherches que complétèrent et coordonnèrent MM. Heiss et Campaner, pour l'Espagne, et M. Teixeira de Aragào, pour le Portugal, il est facile de présenter un résumé bien suivi de l'histoire monétaire de ces deux grands pays.

§ L — Royaumes de Cas ti lie et de Léon.

La Castille, après avoir été soumise à des comtes qui en étaient souverains, fut réunie au royaume de Navarre, l'an 1028, après la mort de Garcie, dernier comte, mort sans enfants. En 1033, elle fut érigée en royaume en faveur de Ferdinand, second fils de Sanche III, roi de Navarre. En 1037, le roi de Castille s'empara du royaume de- Léon dont le dernier roi, Bermude III, périt dans une bataille.

A la mort de Ferdinand, ses fils se partagèrent ses états, mais dès 1073, l'un d'eux, Alphonse VI, avait de nouveau réuni la Castille et le Léon sous son sceptre. Le 25 mai 1085 le roi augmenta encore ses possessions par la prise de Tolède, l'une des plus grandes villes que les Arabes possédassent dans la péninsule.

ÉTATS CHRÉTIENS DE LA PENINSULE IBERiaUE

Alphonse VI (1053-1109). — C'est avec Alphonse VI que commence la série monétaire de Castille et de Léon. Bien que la classification des monnaies espagnoles au nom d'Alphonse, antérieures au x'^ du

nom, présente de sérieuses difficultés, on ^ .

est d'accord aujourd'hui pour attribuer ' /A^iV?§^Sk /^^o-&'4èA au règne d'Alphonse VI des deniers et des |H;^y|&L-/iSM>^^ oboles frappés à Tolède et à Léon. Dans ^^^^^-^^^^^s^^^^'^J cette dernière ville, le roi, ANFVS REX. ^*^-i2>^ ^^Q^^ empreint ses monnaies d'un mono- ^'s- '^^"^

gramme du Christ (iig. 1286) ; à Tolède le champ des pièces est occupé par deux annelets et deux étoiles.

Urraque (1109-1126). — Urraque, fille d'Alphonse VI et de Constance de Bourgogne, succéda à son père. Le règne de cette princesse ne fut qu'une suite continuelle de troubles. Elle avait épousé en secondes noces Alphonse I, roi d'Aragon, qui se qualifia, en vertu de cette alliance, roi de Castille et de Léon et voulut user des droits de souveraineté dans ces deux pays. Urraque, princesse fière et impérieuse, ne l'entendit point ainsi; elle prétendit user de ses titres royaux dans toute leur étendue, à l'exclusion de son époux. Une guerre éclata entre Alphonse d'Aragon et Urraque, et il fallut une dissolution du mariage, prononcée en 1114 par le légat du pape, pour faire régner la paix dans le pays.

Il existe des deniers et des oboles (fig. 1287) frappés à Tolède par Alphonse d'Aragon. Le roi y est représenté en buste, de profil à droite ou à £îauche. Au revers se montre une croix généralement brève et pattée, mais dépourvuç parfois dans sa partie supérieure de grénetis et de légendes, de manière à occuper tout le haut du champ.

iMg. .2S7

Fi.'. I2SS

Urraque signe de son nom seul, VRACA RE, VRRACA RG, un grand nombre de pièces. Un denier sans nom d'ateHer, mais portant au revers LEGION IS, représente la tcte de la reine couronnée, à gauche. Les autres monnaies portent les noms des ateliers de Tolède, de Léon et de Saint-Antonin. A Tolède, TOLETVO, le type est formé de la tète d'Urraque dessinée de L\cq. A Léon et à Saint-Antonin, SB-ANTONINI ou BEATI ANTONN, le champ des deniers est occupé pnr deux alphas et deux omégas disposés en croix autour d'un point (fig. 12SS).

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