‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 54 sur 85 · II · texte numérisé non relu

II

tion monétaire; c'est ainsi qu'il accorda à l'évêque de Lincoln le droit d'ouvrir un atelier à Newark.

En 1135, Etienne de Blois, comte de Boulogne, troisième fils d'Etienne, comte de Blois, et d'Adèle, fille de Guillaume le Conquérant, succéda à Henri I, son oncle, malgré les précautions que ce prince avait prises pour assurer la couronne à l'impératrice Mathilde, sa fille, veuve sans enfants de Henri V, empereur d'Allemagne. Pour assurer le succès de son usurpation, Etienne de Blois accorda de grands privilèges aux feudataires. Plusieurs d'entre eux s'arrogèrent le droit de monnayer à leur nom, mais ce monnayage féodal anglais ne devint pas héréditaire.

Les deniers d'Etienne reproduisent le type de ses prédécesseurs, mais la gravure et la frappe témoignent d'une très grande négligence. Sur une pièce dont nous avons parlé (p. 499), le roi est debout, de face, à côté de sa femme Mahaut ou Mathilde, comtesse de Boulogne, et tient avec elle un sceptre fleurdelisé. Le nom et le titre d'Etienne sont écrits: +STIEFN ou +STIFNE REX. rarement STEPHANVS REX. C'est sous ce règne que l'alphabet latin parait s'être définitivement substitué à l'alphabet saxon dans la plupart des ateliers.

Parmi les vassaux qui profitèrent de l'affaiblissement de l'autorité royale pour monnayer en leur propre nom, nous avons à citer Henri^ évêque de Winchester, frère illégitime d'Etienne, dont les pennies portent à l'avers + HENRICVS EPS autour d'un profil couronné à droite, précédé d'une crosse, et, au revers, STEPHANVS REX autour d'un dispositif cruciforme, puis Eustache, fils d'Etienne, qui battit monnaie à York, ville dont il avait été nommé gouverneur. Ses deniers le représentent à mi-corps, de profil à droite (fig. 1307).

Etienne ne jouit pas en paix de son trône. L'impératrice Mathilde trouva des défenseurs dans son oncle David, roi d'Ecosse, et dans Robert, comte de Gloucester, son frère naturel. En 1141, celui-ci gagna la bataille de Lincoln, où Etienne fut fait prisonnier; mais bientôt les chances de la guerre l'abandonnèrent et Timpératrice Mathilde fut contrainte de chercher un refuge en Normandie.

On possède quelques monnaies de Mathilde et de son frère, le comte de Gloucester. Ce fliit concorde avec l'affirmation du chroniqueur Roger de Hoveden, suivant lequel tous ceux qui avaient à cette époque un mot à dire dans l'Etat, évéques, comtes et barons, s'emparèrent des droits monétaires. Le type des pennies de l'impératrice est le même que celui dont Etienne fit usage mais la légende de l'avers est : IMPERA- TRIX ou MATILD- IM. Les pièces de Robert de Gloucester, RODBER- TVS. le représentent à cheval, la tète couverte d'un heaume pointu, l'épée à la main-.

LES ILES BRITANNiaUES 835

En 1154, Etienne mourut. En vertu du traité qu'il avait conclu l'année précédente avec ses adversaires, Henri, fils de l'impératrice Mathilde et de son second époux, Geoffroi Plantagenet, comte d'Anjou, monta sur le trône d'Angleterre.

Lorsque Henri II (115 4-1 189) monta sur le trône, la monnaie se trouvait dans le plus grand désordre; des mesures furent prises pour une refonte générale des espèces et pour l'adoption d'un type uniforme dans les divers ateliers du royaume. Cette émission commença vers 1 156. Les pennies reçurent à l'avers le buste du roi de face, avec un sceptre dans la main droite, au revers, • une croix brève, pattée et cantonnée de quatre croisettes pattées. Les légendes furent rédigées selon les formules traditionnelles. Si ce nouveau monnayage se distingue de ceux des précédents règnes par la sûreté de la taille et l'observance stricte de la finesse -du titre, il laisse encore énormément à désirer sous le rapport de la fabrication ; les flans sont irréguliers, la frappe défectueuse, les empreintes imparfaitement venues (fig. 1308).

Fig. 1507

Fig. 1308

En II 80, le roi Henri II chargea Philjppe Aymary, de Tours, de frapper de nouvelles espèces. Cette fois l'exécution matérielle devint meilleure et l'on fit usage de flans en général bien arrondis. Le type fut modifié. A l'avers parut une tête couronnée de face dans un grénetis ; la main droite qui tient le sceptre est placée en dehors de ce grénetis, dans l'espace réservé à la légende HENRICVS REX. La croix du revers reste brève, enserrée dans son cercle de points, mais ses branches sont évidées; les croisettes qui occupent les cantons sont bouletées (fig. 1309).

Fig. 1310

Ce type survécut au prince qui l'avait créé. Il fut conservé intact par Richard I Cœur-de-Lion (1189-1199) et par Jean-sans-Terre (1199-1216), qui n'inscrivirent, ni l'un ni Tautre, leur nom sur aucune

monnaie anglaise. On sait toutefois par un texte qu'en 1205 la monnaie fut changée, mais cette modification ne paraît avoir consisté qu'en une diminution du module. En 1208, le roi Jean convoqua à Westminster les monnayeurs des seize villes de Canterbury, Carlisle, Cliichester, Durham, Exeter, Ipswich, Lynn, Lincoln, Londres, Northampton, Norwich, Oxford, Rochester, Saint-Edmundsbury, Winchester et York, en leur recommandant d'apporter leurs coins ; or, c'est précisément dans ces ateliers que furent frappés les pennies au nom d'Henri II de module réduit.

Cette émission continua sous Henri III (1216-1272); mais, en 1248, le type fut changé : la croix du revers, prolongée jusqu'au bord du type, coupa la légende et les croisettes bouletées des cantonnements furent remplacées par quatre groupes de trois globules (fig. 13 10). C'est un acheminement vers l'empreinte plus particulièrement connue sous le nom de type esterîin que nous verrons se former sous Edouard I. La légende

de l'avers mentionne fréquemment,

à la suite du nom de Henri III,

le numéro d'ordre qui distingue le

roi de ses homonymes : HENRICVS

REX m ou HENRICVS REX TERCI.

Les pennies des Henri d'Angleterre

^'^" '^" furent frappés en quantités énormes

et la bonté de leur titre leur donna un cours étendu dans tout l'ouest de

l'Europe continentale. Nous avons signalé les imitations dont leur type

fut l'objet dans les ateliers de l'Allemagne du Nord et des Pays-Bas ^

Au règne de Henri III se rattache la première tentative du monnayage de l'or. Le 16 août 1257, le maire de Londres fut invité, par lettres datées de Chester, à proclamer dans la capitale que « la monnaie d'or dont le roi avait décidé l'émission serait mise immédiatement en cours dans tout le royaume, dans toutes les transactions de vente et d'achat, à raison de 20 pennies ou esterlins pour chaque pièce d'or». Les temps n'étaient pas encore venus pour cette innovation importante; le royaume se trouvait du reste dans une situation fort troublée, peu favorable à l'application d'une mesure destinée à modifier les habitudes commerciales. Le 4 novembre de la môme année la ville de Londres pétitionna contre les monnaies nouvelles et le roi fut contraint de rendre facultatif le cours de ses pièces d'or; elles ne furent cependant pas retirées de la circulation; on les trouve mentionnées dans les textes jus-

1 . J. Chautard, Iinitaiions des vionnaics au type esterîin frappées en Europe pendant le xiiF et h xiyc siècle. Nancy, 1872, in-8.

qu'en 1270 et, en 1265, leur valeur était montée de 20 à 40 pennies. Le type des monnaies d'or de Henri III se compose à l'avers de l'image du roi assis de face, tenant le sceptre et le globe; le revers reproduit la croix longue des esterlins, mais avec des roses dans les cantons (fig. 1311).

b^. Les ateliers monétaires de Canut à Henri III.

La fabrication du numéraire fut extrêmement disséminée en Angleterre jusque sous les premiers Plantagenets. L'origine des pennies est indiquée au revers par une légende en langue vulgaire, composée d'un nom de monétaire suivi d'un nom du lieu. La formule consacrée est : un tel (monétaire) dans telle localité, par exemple, + GODKINE ON KIN, Godwine on Winchester , + ALWIN : ON : LVND, Alwin on Lund. Dans la seconde partie de ce traité, nous avons donné, pour chaque roi d'Angleterre, la liste de ses ateliers; ce système a l'inconvénient de provoquer des redites et nous avons préféré, pour la période qui nous occupe, réunir ces diverses indications dans le tableau alphabétique qui suit^ Quant à donner la hste des monétaires, il ne fiillait pas y songer, leur nombre est vraiment trop grand.

Axminster (Devon), Axamnnistcr: axan. — Canut (Cet atelier est incertain ; la légende désigne peut-être Exeter),

Aylesbury (Buckingham), Acgleshyrig : aeel, aeglsby. — Edouard le Confesseur.

Bardncy (Lincoln), Beardanig : bardan, bearda, bead. — Canut. Edouard le Confesseur.

Bath (Somerset), Bathan : bathakn, batha, beathn, bathi, bath. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Henri I.

Bedford, Bedanford, Bedaford: bedafo, bedfo. — Canut, Harold I et II, Guillaume î et II, Henri I.

Bedwin (Wilts), Bedeiuindc: bedewinde. — Edouard le Confesseur.

Berkeley (Gloucester), Beorclea : beorc. — Edouard le Confesseur.

Brampton (Cumberland), bran. — Etienne.

I. Les mots imprimés en italiques sont les noms anglo-saxons des localités tels qu'ils sont fournis par les textes ; les mots en petites capitales donnent les principales formes complètes ou abrégées, sous lesquelles ces noms apparaissent sur les monnaies. Dans ces transcriptions, nous avons rendu le d havre anglo-saxon par //; et le F par w. Le nom entre parenthèses est celui du comté actuel où l'atelier est situé ; nous omettons cette indication pour les chefs-lieux qui portent le même nom que le comté. — Ce chapitre était déjà en épreuves lorsque nous avons reçu la nouvelle publication du Musée britannique : A Catalogue of cnglisch coins in thc British Muséum. Anglo-Saxon séries, II. IVessex ami Englaïul to thc uornian conqucst, par II. A. Grueber et C. F. Keary, Londres, 1893, gr. in-8. On trouvera dans ce livre une excellente carte des ateliers monétaires anglais au xi^ siècle.

Brewton (Somerset), Bniitiine, Breodune: bpivt, brae, bre, beo. — Canut, Harold I.

Bridge north (Shrop), Bryidge, Byrdge : brydia,- bryidge, byrdg. — Canut, Guillaume I et II.

Bridport (Dorset). — Guillaume I et II.

Bristol (Somerset), BrycesLow: bricst, bricc, bryce, brcs. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Buckingham, Buccingaham : bvcin, bvcci, bcn. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur.

Cadbury (Somerset), Cadanhyrig : cad. — Canut. Identification douteuse.

Cambridge, Grantabricge : grantb, grantet, grant, grante, grate, gan, GiNTE, hra, rat. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Etienne.

Canterbury (Kent), Caeniivarabyrig : caei^tv/ ara, caentware, cantware, centw, CENWAR, cANTi, CANE, coN. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Carlisle (Cumberland), carli, cardi. — Henri I, Etienne, Henri II et III.

Chepstow (Monmouth), cep. — Canut. Identification douteuse.

Chester (Cheshire), Ligerceaster : lehr, leher, leh, lere. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri IL

Chic h ester (Sussex), Ciseceaster, Cisestre, Cisanceaster : cicestr, ciceesre,- cisan, ciscAE, ciscE, cissE, CICET. — Canut, Harold I, Harthacnut, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II.

Colchester (Essex), Colenceaster : coleigst, colecs, colcs, colac, ceol, colen, COLG, COLNCS, coNcs. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Harold II, Henri I, Etienne, Henri II.

Crewkerne (Somerset), Crucern : crvcern, crvcy, — Canut, Harold I, Guillaume I et II.

Cricklade (Wilts), Crocgîade, CracUade, Criclade, Creclade: cracgl, crec, croc- GLAD, CRiCLA, CROG, CRI. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II.

Derby, Dcorahy, Deorhi: deoraby, deorbi, dorbi, deoby, der. — Canut, Haroldl, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Etienne.

Dorches ter (Dorset), Dorceaster : dorcest, dor. — Canut, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Henri I.

Douvres (Kent), Doferan, Doi'cr : dopera, dofran, dopra, dopen, dpra, dof, DOVER, dovorv, dovendn. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et IL

Dunwich (Suflfolk), Diinwic: dvm. — Canut.

Durham : dvnelm, emedvr, dvreme. — Guillaume! et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Ely (Cambridge): elv. — Canut. Identification douteuse.

Exeter (Devon), Eaxeceaster, Eaxcater : eaxcestri, eaxcsere, eaxeceste, eaxecs, eaxi, eçxces, ecxecc, ecxece, eecx, exece, exc. — Canut, Haiold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Glouccster, Gleawcceasier : glaewec, glewecs, glea, gleow, glf.wece, geew, GLEV, GLEOV. — Cauut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Godmanchester (Huntingdon), godwinecas. — Canut. Identification douteuse.

Guildford (Surrey), GyUeford: cyl, gil, gold, gyld. — Canut, Harthacnut, Guillaume I et II.

Hastings (Sussex), Haestînga : haesting, haestinca, haest, haes, hae. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Hedingham (Essex) : heden, hedva. — Etienne. Identification douteuse.

Hereford, Hereford: herefo, heref, hère, her, haer. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Hertford, Heortford: heort, heor, heo, hyrt, hert. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II.

Horndon (Essex), Horniniiine; hornidvne, hvnhed. — Edouard le Confesseur, Harold II.

Huntingdon, Huntandune : hvndt, hvnted, hvntvn, ivntand. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Henri I.

Hythe (Kent), Hythe : hyth. — Canut, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II.

Ile lies ter (Somerset), Gifekeaster : gifelcst, gifel, giflces, gifle, gifli, gifnc, giel. — Canut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri II et III.

Ipswich (Suffolk), Gipeswic : gifeswi, gipeswi, gipswic, gipesw, gipes, gipe, gip, GiPPES, gire, girs. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II.

Lancaster : lac, lag. — Canut, Harold I, Etienne, Henri IL

Langport (Somerset): lancport, lanp. — Canut, Harthacnut, Edouard le Confesseur.

Leicester, Leigceaster, Legeceaster : leicest. leiceis, legêces, legcs, laege, legi, legci, leec, lec, leicm, leiece, leig, leiice. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II.

Lewes (Sussex), Laewes : LaEWe, laew, lae, laee, laewen, laewge, laewwe, LEV. r— Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Lichfield (Stafiford) : licae, licel — Guillaume I et II, Henri II. Identification très douteuse.

Liming (Kent), Liman, Limene: limene, liman, limae, llmnv, linea, lna, lnm.

— Canut, Edouard le Confesseur. •

Lincoln (Lincoln), Ltncoïne: lincoln, linconlnc, linco,linc, li, lincco, lincoe,

LINCOI, LINCOLE, LINCOLI, LINCOLNE, LINCONN, LINCOTI, LINGCO, LINO, LLNIC, LNCO.

— Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I. Etienne, Henri IL

Londres (Middlesex), Ltindene : lvndenei, lvndoni, lvndennee, lvndin, LVNDNE, LVNDOi, LVNDC, LVND, LVDi, LVN, Lv.-Les formes du nom de Londres sur les monnaies antérieures à Edouard I sont innombrables. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Lydford (Devon), Lydanford : lydaf, lyda. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur.

Lynn (Norfolk): len. — Henri IL

Mal don (Essex) Maeldune: maeldvn, maeldv, mael, mald, mali, mel. — Canut, Harold I et IL

Malmesbury (Wilts), Meahneshyrig : mealm. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II.

Mylton (Kent): myle. — Canut.

Newcastle (Northumberland) : ne. — Henri II et III.

Newport (Shrops) : niweporte — Edouard le Confesseur.

Northampton : norha, noram, nora. — Henri I, Etienne, Henri IL et III.

Norwich (Norfolk), NortJnuic : "noKvnwic, northwi, nordth,norwi, nor, nothi, NOTHW, nrd,'no. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Nottingham, Suoiùigaham: snotic, snot, sno, sn. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Oxford , Oxanford, Oxcenford: ocsene, oxsen, oxan, ocen, ocx, coxe. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Pevensey (Sussex) : pefnese, peven, pêne. — Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Peterborough (Northampton): bvrdi. — Guillaume I et II.

Reading (Berks), Readin: readin. — Edouard le Confesseur.

Retford (Nottingham): retef, rete, retii. — Canut. Attribution probable.

Rhuddland (Flints) : rvdili. — Guillaume I et II, Henri II.

Ribchester (Lancaster) : rihb. — Canut.

Rising castle (Norfolk): Ricyebyrig : ricyebii, riebii, rihbiir, rinhe, risinge, Ric. — Canut, Henri I?, Etienne.

Rochester (Kent), Rofeceaster: rofecest, ronrofec, roh. — Canut, Harold I, Harthacnut, Harold II, Guillaume I et II, Henri I.

Romney (Kent), Rumenea : rvm, rvma, rvme. — Canut, Harold I et II, Guillaume I et II, Henri I.

Saint-Edmundsbury (Suffolk): eadmvn, sant. — Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II et III.

Saint-Germains (Cornouailles) : germ. — Guillaume I et IL

Salisbury (Wilts), Serehyrig : sierbi, sere, sere, ser, se, s. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Etienne.

Sandwich (Kent): sandwi, sance, san. — Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Shaftesbury (Dorset), Scefteshyrig : scaeftes, sceftesb, scefte. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Henri I, Guillaume I et II, Etienne.

Shrewsbury (Shrop), Scroheshyrig : scrobe, sciiob, scro, scr, sro, scob. — Canut. Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Etienne, Henri II et III.

Sidbury (Devon), Sithcstehurh : sithe. — Canut.

Stafford, Slaelhjord : stafcrde, stef, sta, — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Etienne.

Stamford (Lincoln), Stanford, Stanvord : stanfo, stanf, stan, sta, st. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Henri I, Etienne, Henri IL

Southampton (Hampshire), Hamtune: hamt, ham, ha. — Canut, Harold I, Harthacnut, lidouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Southwark (Surrey), Sttlhgeiuere : svtheg, svthg, sug, svdg, svihger. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne.

Steyning (Sussex), Staenig : staenig, staeni, stae, sten. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I .

Sudbury (SufFolk), Suthhyrig : svthbyr, svthb, svth, svdb. — Canut, Guillaume I et II, Henri I, Etienne,

Tamworth (Stafford et Warwick), Tamwsorthige : tam, tonwyrth. — Harold I, Guillaume I et II, Henri I.

Taunton (Somerset), Tant une : tantv, tant. — Canut, Harold II, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Guillaume I et II, Etienne.

The tf or d (Norfolk), Theodford, Theotvord : theodf, theot, theo, the. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri. II.

Tonbridge (Kent): ton, tonv. — Canut. Attribution incertaine.

Tottness (De von), Tottatiaes : totta, tota, tôt. — Canut, Guillaume I et II.

Totleigh (Derby): totel. — Canut. Attribution incertaine.

Wainfleet (Lincoln), wain. — Henri II.

Wallingford (Berks), Weligaford, Walinford: welina, welin, weli, wel, we. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Henri I, II et III.

Walsingham (Norfolk), Walsingham : walsi. — Canut.

Wareham (Dorset), Werham : werham, werh. — Canut, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I.

Warmington (Northampton) : wori, wor. — Canut, Harold I. Attribution incertaine.

Warwick. Waeringwic : waerinc, waeric, waerhica, wari, weri. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Etienne.

Watchet (Somerset), Wecedport : weced. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur.

Welmesford (Northampton), Welmesforda : welmiae. — Canut.

Wey bridge (Surrey) : wibr. — Canut. Attribution incertaine.

Wilton (Wilts), Wiltune: wiltvne, wiltvn, wiltv, wil. — Canut, Harthacnut, Harold I, Edouard le Confesseur, Harold I, Guillaume I et II, Etienne, Henri II et III.

Winchcombe (Gloucester) : wincel. — Canut. Attribution douteuse; suivant d'autres auteurs l'atelier serait Winchelsea (Sussex).

Winchelsea (Sussex), Wincehea : wincele. — Edouard le Confesseur.

Winchester (Hampshire), Winceaster : wincestr, wincstr, wincstere, vaincs, WIN, wi, wincrc. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri, évêque de Winchester, Henri II.

Witham (Essex) : witha. — Harthacnut.

Worcester, Wihraceaster : wihrace, wihrac, wiher, wihra. — Canut, Harold I, Harthacnut, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Henri II.

York, Eoferiuic : eperwic, eferwii, efoer, efori, efre, eofi, eoferwic, eofeir, eofro, eofrv, eorww, etc. Les variantes sont très nombreuses. — Canut, Harold I, Edouard le Confesseur, Harold II, Guillaume I et II, Henri I, Etienne, Eustache, Henri II et III.

Outre les villes qui précèdent, et sur l'identité desquelles ne plane, à part quelques exceptions, aucun doute, les monnaies mentionnent plusieurs ateliers encore inattribués dont il est inutile de parler dans un ouvrage général comme le nôtre.

Fig. 1312

c). Edouard I ( 1 27 2- 1 3 07 j.

Le règne d'Edouard I marque en Angleterre la transition entre la période dénariale et celle du gros d'argent à laquelle sera consacrée la quatrième partie de ce traité. La frappe atteint une régularité parfaite, la gravure s'améliore, l'alphabet latin remplace définitivement l'ancien alphabet anglo-saxon, les noms des monétaires disparaissent, sauf une seule exception, enfin la série monétaire s'enrichit de deux subdivisions

du penny, le demi-denier ou halfpenny et le quart de denier ou farthing. Le type de ces diverses monnaies se compose à l'avers de la tête royale de face surmontée d'une couronne fleurdelisée avec la légende : EDW. R. ANGL. DNS HYB; sur une variété de Vesterlin ou penny frappée à Canterbury, la tête est placée dans un triangle, mais comme nous le verrons plus loin, cet encadrement est réservé aux rdonnaies irlandaises. Au revers, la croix est toujours pattée et coupe la légende.

Les monnaies d'Edouard Isont frappées dans treize ateliers: Londres, CIVITAS LONDON: Berwick, VILLA BEREVVICI; Bristol, VILLA BRISTOLLIE; Canterbury, CIVITAS CANTOR: Chester, CIVITAS CESTRIE; Durham, CIVITAS DVREME; Exeter, CIVITAS EXONIE : Kingston, VILL KYNGESTON; Lincoln, CIVITAS LINCOL; Newcastle, VILLA NOVICASTRI; Reading, VILLA RADINGY: Saint-Edmundsbury, VILLA SEDMVNDI ; York, CIVITAS EBORACI. Un seul monétaire, Robert de Hadley, qui dirigeait en 1280 l'atelier de Saint- Edmundsbury, signe ses esterlins : ROBERT DE HADELEIE ou RO- BERTVS DE HADL. L'atelier de Reading appartenait à l'abbé de Reading; ses produits portent la volute d'une crosse dans l'un des cantons du revers. A Durham, où les évêques exerçaient des droits sur la fabrication locale, les esterlins portent à la même place, ou au commencement de la légende de l'avers, un fer à moulin, armes de l'évêque Beck, qui occupa le siège épiscopal de 1283 à 13 10.

§ IL — UIrhnde.

Dès le vi^ siècle, les pirates du Nord envahirent l'Irlande ; tour à tour vaincus et vainqueurs, ils finirent par s'y établir et par y créer divers royaumes tels que ceux de Dublin et de Waterford. En 1171,

en vertu d'une bulle du pape Adrien IV, qui avait donné l'Irlande aux rois d'Angleterre, Henri II Plantagenet fit une descente dans l'île et en soumit une partie.

a). Période hiber no-danoise.

Royaume de Dublin. — Suivant M. Aquila Smith ^ qui a fait de la numismatique irlandaise une étude particulière, les plus anciennes monnaies des rois danois de Dublin appartiennent à Sihtric III (989-1029). Ses pennies sont copiés de ceux qu'a frappés Aethelred II, roi d'Angleterre. Le monnayage continua sous quelques-uns des successeurs de Sihtric III :

*Anlaf V, 1029-1034.

* Sihtric IV, 1034-1041.

*AnlafVI, 1041-1050.

*Ifars III, 1050-1054.

Eachmargach, 1054-1064.

Maelnambo, 1064-1066.

Godfred Crovan, 1066- 1076.

Godfred V Mermach, 1076-1094.

Gilalve, 1 094-1 109.

Torfin, 1 109- 1 125.

Regnald III, 1125-1147.

Godfred VI, 1 147-1 149.

Broder, 1149-1159.

*AskelMac Torquil, 11 59-1 171 Roderic O'Conor, 1171-1200.

Les monnaies hiberno-danoises portent des légendes danoises, le plus souvent très altérées. Sur le penny d'Anlaf V que nous reproduisons

(fig. 13 13), on lit +C ANLFCVN MLH.

sur ceux d'Ifars III on trouve IFARZ-N-

DIFMX Dl ou IF- CVNVNC; enfin, sur ceux

d'Askel, il y a ANCILCOV. Outre les

pièces portant ces légendes autonomes, il y

'^' '^*^ a lieu de donner à l'Irlande les deniers aux

noms d'Aethelred II et de Canut le Grand qui portent au revers le

nom de l'atelier de Dublin : DIFNLIN, DIFL, etc.

Royaume de Waterford. — Lindsay a attribué à Regnald II (1023- 1036) un denier portant d'un côté le tréfeuille ou nœud à trois pointes, de l'autre une inscription rectiligne entie deux frontons de temple. Cette attribution reste incertaine.

Le même auteur attribue aux rois irlandais indigènes des xi* et xii^ siècles des bractéates d'argent, que l'on a retrouvées à diverses reprises dans l'île, notamment en grande quantité en novembre 1837,

I. îVhen luas money first coined in Ireland ? dans le Numismatic Chronicle de 1882. — Lindsay faisait remonter les débuts du monnayage de Dublin à Ifars I (870-872), mais son opinion paraît controuvéç.'

près de Fermoy. Ces pièces anépigraphes reproduisent grossièrement les types des revers de certaines monnaies de Harold I, de Gr i^laume le Conquérant et de Henri I.

b). Période anglaise.

Le 16 octobre 1171, le roi d'Angleterre débarqua en Irlande et s'empara d'une partie du pays. Quelques années après. '1 reçut l'hommage féodal de Roderic O'Connor, roi de Dublin. Henri il donna l'île à son fils Jean sans Terre. Celui-ci frappa à Dublin et à Waterford des halfpennies et des farthings d'argent. Les halfpennies portent une tête de face avec la légende -h lOHANNES DOM ou + lOHANNESDOMIN- IBER; au revers, une croix évidée, cantonnée de globules et placée dans un grénetis, est entourée des noms du monétaire et de l'atelier: ADAM ON DWE. NORMAN ON DWELI (Dublin), MARC ON WATER. WHILELMVS ON WA (Waterford).

En 1 185, Jean e Curcy, qui avait été créé en 1 181 comte d'Ulster, obtint le gouvernement de l'Irlande. Il conserva ces fonctions jusqu'en 1189. Durant cette courte période il frappa à Carrickfergus, + CRAGF ou CRACFEVF, et à Downpatrick, + PATRICII, des farthings à son nom: +GOAN D- QVRCI ou D' DE DVNO, seigneur de Downpatrick. Les types consistent des deux côtés en une croix évidée ou pattée ^

Lorsque Jean sans Terre fut devenu roi (1199-1216), il émit en Irlande des pennies, des halfpennies et des farthings. L'avers de toutes ces pièces porte une tète de flice dans un triangle, dispositif qui restera désormais particulier aux monnaies irlandaises. Les légendes sont : lOHANNES REX ou lOHAN RE et, au revers, un nom de monétaire suivi de ON-DIVE (Dublin), ON LIME (Limerick) ou ON WAT (Waterford). Ce monnayage continua sous Henri III (1216-1272), mais l'atelier de Dublin paraît avoir seul fonctionné. Les seules pièces connues pour ce règne sont des pennies. Sous Edouard I, la monnaie d'Irlande reçut les mêmes perfectionnements matériels que celle d'Angleterre.

§. III. — L'Ecosse.

L*origine du monnayage de l'Ecosse est, dit Lindsay, comme les débuts de l'histoire de ce pays, enveloppée de profondes ténèbres. On doit

I. Cf. sur ce monnayage, un travail de M. Aquila Smith, dans le Numismalic Chronide de 1863.

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supposer que la première fabrication des monnaies écossaises remonte assez haut, bien que, à l'époque où le savant irlandais écrivait son livre, la plus ancienne pièce d'attribution certaine ne fût pas antérieure au règne de Malcolm III, qui monta sur le trône en 1057. C'est un denier d'argent imité des monnaies anglaises et portant au droit une tête couronnée de face, accompagnée à gauche d'un sceptre cruciforme. La

légende, mal venue, donne + MA REX. Le champ du revers est

occupé par une croix fleurdelisée.

On n'a pas de monnaies certaines de Donald VIII (1093-1098), ni de l'usurpateur Duncan II, ni d'Edgard (1098-1107); mais sous Alexandre I (1107-1124), nous voyons apparaître pour la première fois le type du buste couronné de profil, avec le bras tenant un sceptre fleurdelisé, qui restera le type par excellence du numéraire écossais. Sous Alexandre I et sous David I (1124-1153), le buste est tourné à droite et la croix du revers reste le plus souvent fleurdelisée comme sur la pièce de Malcolm III. Les ateUers de David I furent établis à Berwick et à Roxburgh.

L'existence des monnaies de Malcolm IV (1153-1165) n'est pas prouvée; mais pour le règne de Guillaume I le Lion (1165-1214), nous nous trouvons en présence d'une série de deniers très nombreuse. Quelques monnaies de ce roi sont d'un style déjà relativement bon; mais un grand nombre d'entre elles conservent encore la rudesse primitive. Sous le rapport des types, les émissions de Guillaume I comprennent trois groupes distincts.

Les deniers du premier groupe portent la tête du roi tournée à gauche, avec la couronne aux trois lis et le sceptre fleurdehsé devant le visage. La croix du revers est brève, pattée et cantonnée de croissants. Le second groupe, de meilleur style, présente l'efligie royale avec le sceptre tourné à droite; aucun grénetis ne la sépare de la légende. Au revers la croix pattée est cantonnée de quatre lis tournés la pointe vers le centre. En 1195, dit la Chronique du Melrosc, le roi Guillaume procéda à de nouvelles émissions monétaires : « Hoc anno Willehnus rex Scotorum innovavit pecuniani suani ». C'est sans doute alors que commença la frappe des pièces du troisième groupe, qui donnent la tctc royale tournée soit à droite, soit à gauche, dans un grénetis, mais qui se distinguent particulièrement de celles des deux autres par la présence, au revers, d'une croix à doubles bandes cantonnée de quatre étoiles. C'est une imitation évidente des pennies anglais contemporains.

Guillaume I écrit de difl"érentes manières son nom autour de son effigie et, fliit remarquable sur lequel nous reviendrons tout à l'heure, ce nom est écrit soit en français, soit en latin : LE REI WILLAME, REI

WILLAME. WILAME REX. WILELMVS. WILIELMVS REX. Comme sur les monnaies anglaises, le nom de Tatelier est toujours accompagné de celui du monétaire chargé de l'exploitation. On trouve pour Guillaume I quatre officines en activité, Berwick, Edimbourg, Perth et Roxburgh. Nous noterons les diverses combinaisons de noms de lieu et de noms de monétaires en commençant par les deniers du premier groupe : ADAM BEREWIC. WILAM BEREWIC. ADAM ON EDEN (Edimbourg), HVE • OF • EDENEBV, FOLFOLT • ^E • PERT (Perth), FOLFOLT ON ROC (Roxburgh), RAVL • DE • ROCEBVR. La seule pièce que Ton possède du second type est battue à Roxburgh par Folpold. Les pièces du troisième groupe donnent quelques nouvelles combinaisons de noms de monétaires et de noms d'ateliers : HVE WALTER. HVE ON EDENBVR. WALTER ED. HENRI LE RVS DE PT (Perth), WALTER- ON PERT, PERIS ADAM ON ROCI. HVE -ON- ROCE. RAVL ON ROCEBVR.

La présence sur les monnaies de Guillaume d'une légende française, l'existence au non-bre de ses monétaires de plusieurs personnages à noms français, tels que Raoul, Hue pour Hugues, etc., donne beaucoup de poids à la supposition de Cardonnel ^ que la plupart de ces pièces ont été battues par des monnayeurs recrutés par le roi d'Ecosse, en France, pendant la captivité de Guillaume le Lion en Normandie, et après sa mise en Hberté. On doit encore remarquer, à l'appui de cette ingénieuse hypothèse, que les ateHers monétaires sont précisément situés dans les villes et châteaux donnés comme garantie de la rançon que Guillaume dut payer à Henri II, roi d'Angleterre.

Les monnaies d'Alexandre II (1214-1249) sont très difficiles à distinguer de celles de son successeur Alexandre III. C'est à M. Haigh qu'il appartient d'avoir établi la distinction entre les pièces de ces deux rois en se fondant sur la forme des croix du revers. Les monnaies d'Alexandre II reproduisent le type du troisième groupe de Guillaume, soit à l'avers la tête royale, à droite ou à gauche, avec ou sans sceptre, et au revers une croix brève à doubles bandes cantonnée de quatre étoiles. Roxburgh et Berwick semblent avoir été les seuls ateliers en activité pendant ce règne. Les légendes, d'une lecture souvent très difficile, donnent, au revers, des noms de monétaires parmi lesquels il s'en trouve dont l'origine française est indiscutable: ALAIN ANDRV. ANDRV, PIERES. WALER. WILLE.

Avec Alexandre III, qui monta en 1249 sur le trône d'Ecosse, la

I. A. de Cardonnel, Niimismata Scoliae, or a séries of the scotish coinage, from the rcign of William the Lion to ihe Union. Londres, 1786, in-4.

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croix du revers, resserrée jusqu'à cette époque dans le grénetis, le franchit et coupe la légende. Nous avons vu une modification analogue se produire en Angleterre au temps de Henri III. La tête des pennies d'Alexandre III est tournée ou à droite ou à gauche, presque toujours couronnée et toujours accompagnée du sceptre. Le style, la gravure et la frappe s'améliorent et les légendes deviennent plus lisibles, mais par leur aspect d'ensemble, les pièces ne se séparent pas de celles que nous avons vues jusqu'ici. Les ateliers mentionnés sur les deniers sont Aberdeen (ABE. ABIRD), Berwick (BERWI. BER), Edimbourg, Dunbar (DNBARE. DVN), Kinghorn (KING), Inverness (IN. INVER), Lanark (LAN. LA), Perth (PERTH. PERTE), Forres (FRE), Forfar (FOR), Glasgow (GLA), Montrose (MVN), Roxburgh (ROHESB. RO. R), Stirling (STR. STRIVE) et Saint-Andrews (AN. ANDER). Il faut peut-être y ajouter Marchmont (MARE).

Vers la fin de son règne, Alexandre III accomplit dans son monnayage une révolution qui marque, dans l'histoire monétaire de l'Ecosse, le début d'une nouvelle époque. Le nom des monétaires disparaît; à la croix à doubles bandes se substitue la croix pattée, la gravure des coins devient décidément belle : nous assistons à la naissance de Vesterlin et de ses subdivisions, en attendant que paraissent sous David II le gros et 'la monnaie d'or.

§ IV. — Les Hébrides.

L'archipel des Hébrides, situé dans l'Océan Atlantique, à l'ouest de l'Ecosse, ne fut réuni à ce royaume qu'en 1264. Il appartenait auparavant à des rois d'origine Scandinave auxquels on attribue la fabrication d'un certain nombre de monnaies copiées des pennies d'Aethelred II et de ses successeurs. Cette attribution est toutefois dépourvue de toute preuve positive, et nous nous bornons à la mentionner sans y attacher autrement d'importance.

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