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CHAPITRE HUITIÈME

DEPUIS LE COMMENCEMENT DU MONNAYAGE NATIONAL JUSQU'AU XlVe SIÈCLE

Sources : Erslev, Catalogue de la collection de monnaies de feu Chr. Jiirgensen Thomsen. t. III, Copenhague, 1876, in-8, — P. Hauberg, Danmarhs Myntvaesen og Mynter i tidsrummet 1241-13; Copenhague, 1884, in-8. — EL Brenner, Thésaurus nummorum Sueo-Gothicorum. Stokholm, 173 1, in-4. — C. J. Schive, Norges Mynter i Middelalderen. Christiania, 1865, in-fol. — C. A. Holmboe, De prisca re monetaria Norvegiae et de numis aîiquot in Norvegia repertis. Christiania, 1854, in-8. — L. B. Stenersen, Myntftindet fra Graesîid i Thydalen. Christiania, 1881, in-4. — H. V. Mansfeld-Bùllner, Ajhildninger af samtîige hidtiî kjendte danske Monter fra tidsrummet 1241-1377. Copenhague, 1887, gr. in-8. — Beskrivelse over danske Mynter og Medailler i den kongeUge Samh'ng. Copenhague, 1791, in-foL — O. Devegge, Mynt og Médaille Samling. Copenhague, 1851-1867, in-8, 3 vol.

§ I. — Considérations générales.

La numismatique des pays Scandinaves forme, comme leur histoire politique, un ensemble dont il importe de ne pas scinder Tétude. Les débuts de la fabrication régulière du signe d'échange concordent, en Danemark, comme en Norwège et en Suède, avec l'introduction du christianisme et, partout, les monnayeurs prennent pour modèles de leurs pièces les /)^;mzV5 d'Angleterre. Une influence des types byzantins, une tendance à la figuration d'emblèmes nationaux contribuent à modifier, dans le cours du xi*^ siècle, ce que l'imitation des empreintes anglaises avait d'abord de servile; mais ce qui achève de donner aux séries monétaires Scandinaves leur caractère propre, c'est Temploi d'un alphabet runique, concurremment avec l'alphabet anglo-saxon. Nous réunissons ici les diverses runes que nous avons relevées sur les monnaies danoises et norwégiennes (fig. 13 14).

Le système pondéral commun aux trois pays Scandinaves se compose du rnark divisé en huit ôre ou en vingt-quatre ortug. Le poids du 7nark correspond à 216 grammes. On frappait à l'origine 240 deniers ou peningar (pluriel de pening^ d'un mark d'argent aussi fin qu'on pouvait le rendre par le feu, c'est-à-dire avec 1/14 ou 1/13 d'alliage.

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Fig. 13 14

Au milieu du xi^ siècle, la taille de 240 deniers au marc-poids augmenta par suite de l'affaiblissement continu de la monnaie. Le signe d'échange finit par ne plus se composer que de bractéates ou de petites pièces minces fortement aUiées de cuivre. En 1263, un marc-poids d'argent équivalait en Danemark à 4 marcs et 4 neuvièmes, de deniers ; en 13 13, il fallait alligner dix marcs et un tiers, de deniers, pour obtenir un marc-poids de métal fin.

Le retour à la monnaie forte eut lieu, en Norwège, dans la seconde moitié du xiii' siècle, mais en Suède et en Danemark la réforme se fit attendre cent ans de plus.

§ IL — Danemark.

a). Le royaume de Danemark.

Sven Tveskaeg (985-1014) est le premier roi de Danemark qui ait monnayé à son nom. Les types de ses deniers sont copiés de ceux d'Aethelred.II, roi d'Angleterre : un buste avec sceptre de profil à gauche, et une croix évidée cantonnée des lettres C-R-V-X. Les légendes circulaires sont -f- ZAEN REX AD DEhCR et 4- GODKIhE M-ANDAER. En 1013, Sven devint roi d'Angleterre; il avait dirigé vers ce pays plusieurs expéditions et y avait prélevé l'humiHant impôt du danegeld, ramenant ainsi en Danemark d'énormes quantités de numéraire anglais.

Canut II, le Grand (1014-1035), fils de Sven et son successeur en Angleterre, s'empara du Danemark sur Harald, son frère, avant qu'il en eût pris possession ; en 1028, il conquit la Norwège. Ses monnaies sont de frappe entièrement anglaise et le titre de REX ANGLORVM est presque toujours conservé; la légende CNVD REX IN DANORM est très rare. L'aspect anglais des deniers est tel que lorsqu'une monnaie de

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