Épée nue et croix longue superposées. Rev.: Epée nue
2. Même type. Rev.: Fronton de temple carolingien surmontant un E précédé de deux globules ou d'une croisette. La légende du revers donne assez distinctement le nom de l'atelier de Prague : -\- pgaaa» ^ .
3. Flèche. Rev.: Temple dont les colonnes sont remplacées par quatre annelets (fig. 1365).
4. Temple dont les colonnes sont remplacées par un nom de monastère, comme sur les deniers bavarois qui ont servi de modèle; on trouve ainsi: sfer, j.op, hiz, ado, OBD, OKO, PER, etc. Rev.: Croix pattée diversement cantonnée.
Au point de vue des inscriptions, les deniers de ce dernier groupe présentent parfois une particularité remarquable : le nom de l'atelier de Prague est remplacé par celui de la duchesse Biagota : BIAGOTA CONIIX. femme de Boleslas I.
I. Plusieurs deniers de Bohême ont été l'objet de falsifications modernes sur lesquelles on pourra consulter : Die Fdhchungen hôhmischer Mûn^en nnd deren Stewpeî, dans la Xumisni. Zcitschrift de 1880.
Les deniers attribués à Boleslas II (967-999) présentent trois types différents. Uavers porte toujours une dextre divine; le revers a une croix cantonnée, le temple bavarois ou le buste de profil copié des pennies anglais d'Aetheired II (fig. 1366). Les pièces à ce dernier type se sont rencontrées en grand nombre dans la trouvaille de Peisterwitz. Les légendes du revers sont : PRAGA CIVITAS, SANCTA WISEGRAD, ou, parfois, le nom d'un monétaire suivi du nom de lieu, à la mode anglo-saxonne: 4- OMER-IN-PRAGAVIV, + NACVDININPRAGA. Un grand nombre d'inscriptions sont placées à rebours ou complètement altérées.
Fig. 1366
Fig. 1567
Boleslas II avait épousé Emma, fille de Conrad, roi de Bourgogne et d'Arles. Elle lui survécut jusqu'en 1006. Son nom figure sur quelques deniers qui reproduisent le dernier type monétaire employé par son mari : + EMMA + REGINA — 4- CIVTAS + MELNIC (fig. 1367).
Sous le règne de Boleslas III (999-1002), les deniers subissent une légère décroissance de poids et de module. Les types, sur les pièces d'une lecture certaine, sont : le temple, la dextre divine, une croix cantonnée, un oiseau, une épée couchée ou encore un simple annelet placé au milieu du champ. En 1002, Boleslas III s'étant rendu à Cracovie à une entrevue sollicitée par Boleslas I, duc de Pologne,celui-ci lui fit crever les yeux. La Bohême fut envahie par une armée polonaise, la ville de Prague fut prise et le pays donné par le duc de Pologne à son gendre Wladiwoï (1002- 1003). Celui-ci profita de
Fig. 1368
Fig. 1369
l'occupation de Prague pour y monnayer à son nom. Ses pièces portent de chaque côté une croix diversement cantonnée, et sur les rares spécimens à légendes correctes on lit: + VLADIVOI DVS — PRAGA MIZ- LETA; ce dernier mot est le nom du monétaire.
Boleslas III recouvra ses états en 1003, mais la mcme année il les céda à son frcrc Jaromir (1004-10 15). Sous son rogne, l'influence des types anglais, si caractéristique sous Boleslas III, lu place à une influence byzantine. On ne connaît pour Jaromir pas moins de six types difl"érents ; nous en donnerons le signalement rapide :
1. Croix A bandes cvidccs. Rcv.: Croix dont le centre est forme d'un annelet. Des deux côtés les légendes semblent donner le nom du duc (lig. 1368).
2. Buste nimbé, la main levée, de profil A dioiie. Rev.: '^roix terminée par des globules. Mêmes légendes.
5. Buste de face tenant dans la main droite un drapeau; à droite, dans le champ, une croix. Rev.: Buste du Christ avec le nimbe crucigère. L'origine byzantine de ce type paraît incontestable (fig. 1569).
4. Deux personnages acculés, les têtes vues de (ace. Rev.: Tête à chevelure radiée, vue de face. Ici encore nous sommes en présence d'une acîaptation d'empreinte byzantine.
5. Même type qu'au revers de la variété précédente. Rev.: Temple dont les colonnes sont remplacées par ccccccc. La légende est formée du nom de saint \Venceslas : se VECi;iL.-\s, qui est mentionné ici pour la première fois.
6. rR.\-G.\ écrit en deux lignes dans le champ. Rev.: Dextre divine : de.xtera di. Certains exemplaires sont d'un très bon style (fig. 1370), d'autres ont des légendes indéchiffrables.
Odalric (1012-1037) détrôna son frère Jaromir et le priva de la vue. Ses premières monnaies reproduisent, au nom près, le sixième type de Jaromir; puis nous retrouvons le buste de profil, à chevelure hérissée (hg. 1371), des monnaies Scandinaves, le temple carolingien,
le buste de ùcq tenant un drapeau, l'image d'Oldaric assis de face, une dextre brochant sur une croix, des croix de diverses formes, le profil de saint WencesLis, la main levée devant le visage, ou son nom SCS — WENCEZ — LAVS écrit en trois lignes dans le champ.
Brétislas I (1037-1055) eut tout son règne occupé par des guerres contre les empereurs d'Allemagne et les Polonais. En 1038, il s'empara de Posen, de Breslau et de Gnesen et jusqu'en 1042 il maintint le pays sous son autorité: nous avons parlé (p. 863), des deniers que M. Stronczynski et d'autres numismates attribuent à cette occupation de Brétislas I. Dans SCS états héréditaires, le duc de Bohème eut un monnavaire
fécond et varié. Ses types sont nombreux et témoignent d'un réel esprit d'invention. Voici les principaux:
1. Buste de face, la main droite levée, accosté à droite d'une croix. Rev.: Buste de face avec le drapeau, type déjà noté sous Jaromir et Odalric.
2. Croix courte dont le centre est formé par un annelet. Rev.: Buste analogue au précédent, mais le drapeau tenu dans la main gauche.
5. Cavalier à gauche tenant un drapeau sur l'épaule. Rev.: Buste nimbé de face de saint Wenceslas.
4. Deux personnages debout en regard. Rev.: Croix ornée (fig. 1372).
5. Personnage à mi-corps tenant une croix. Rev.: Oiseau à gauche.
6. Personnage debout, de face, tenant un drapeau. Rev.: Buste de profil de saint Wenceslas tenant une croix.
7. Croix remontée dont le centre est formé par un annelet. Rev.: Buste de saint Wenceslas, de face, les mains levées.
8. Le duc à mi-corps, de profil, à gauche, tenant un drapeau. Rev.: Saint Wenceslas debout, de face, entre deux croix.
9. Croix pattée cantonnée de quatre croisettes à base ancrée. Rev.: Buste très barbare de saint Wenceslas, de profil à gauche, les cheveux hérissés.
Les deniers qui précèdent ont encore le grand module de 20 à 21 millimètres des premières monnaies de Bohême. A leur émission en succèdent d'autres dont le module tombe à 16 ou 17 millimètres. Le poids décroît en proportion. Les monnaies de Brétislas I de module
réduit portent généralement d'un côté le buste ou l'image en pied du duc, de l'autre celui de saint Wenceslas.
Peu de temps avant sa mort, Brétislas I régla les détails de sa succession; il désigna comme duc de Bohême son fils aîné Spytihnew, partagea la Moravie entre les cadets, Wratislas, Conrad et Otton, enfin, il destina Tévêché de Prague à Jaromir, le dernier de ses enfants.
Spytihnew II (1055-1061) continua l'émission des ipems deniers. Les types ne subissent pas de modification sensible (fig. I373)-
Wratislas II (1061-1092), prince d'Olmutz, se mit en possession du duché de Bohême par droit de majorât, après la mort de Spytihnew II, son frère. Le 16 juin 1086, l'empereur Henri IV lui donna le titre de roi. Les monnaies constatent par leurs légendes cette élévation de Wratislas à la dignité royale. Les types restent ce qu'ils étaient à la
fin du règne de Brétislas I (fig. 1374). Quelques deniers portent les noms réunis du roi et de son fils Brétislas II (fig. 1375). Celui-ci ayant
trahi les intérêts paternels, Wratislas II, à son lit de mort, appela Conrad I, son frère, et le déclara son successeur ^
Les monnaies frappées par Conrad I (1092-1093) et par Brétislas II
(1093 -1 100), ne sortent guère de la tradition reçue, mais sous Boriwoï II la gravure réalise d'énormes progrès. Les petits deniers bohémiens deviennent de véritables miniatures et les types deviennent d'une richesse qui rend difficile une énumération sommaire (fig. 1377 à 1379). Une précieuse trouvaille faite en 1887, près de Sénitz, est venue multiplier les spécimens connus des monnaies de Boriwoï et de son temps. Le buste du duc, une figure équestre, le duc assis, un ange agenouillé tenant un enfant devant lui, des figures assises, le duc assis accosté d'un guerrier debout, le buste de face de
Fig. 157S
Fig- Ï379
saint Wenceslas, tels sont les principaux sujets traités par les incomparables artistes qui dirigèrent l'atelier de Prague au commencement du xii^ siècle.
Le règne de Boriwoï ne fut pas exempt de troubles. En 1107, le duc fut renversé par son cousin Swatopluk qui conserva le pays jusqu'à sa mort, arrivée en 1109. L'empereur Henri V mit ensuite sur le trône ducal Otton de Moravie, qui dut, après quelques mois, céder la place à Wladislas III (1109-1125). A deux reprises, en 1109-1110
I. Voir sur les pièces de cette période l'importante trouvaille de Rakwitz : Arn. Luscliîn von Ebengrcuth, Dcr Ruhuitu^n- MïinziitnJ, dans la Nnmisviatische Zcitschrift, de 18S6 et 18S7.
et de II 18 à 1120, Boriwoï parvint à ressaisir le pouvoir. On possède des deniers de ses divers compétiteurs.
A la mort de Wladislas III, survenue en 1125, son frère SobeslasI fut reconnu duc par tous les Bohémiens. La gravure des deniers reste belle, mais la frappe laisse souvent à désirer, de sorte que les légendes, toujours composées des noms du duc et de saint Wenceslas, sont fréquemment mal venues. Le choix des types devient plus varié encore, mais on cherche à représenter des scènes trop compliquées, trop chargées de personnages. Nous ne citerons comme exemple que cette pièce dont l'avers porte une véritable armée, cinq guerriers debout l'un derrière Tautre, dans diverses attitudes, et le revers, le duc, de face, entre deux personnages de profil qui lui présentent les armes. Sur un autre denier, le duc assis, l'épée à l'épaule, est entouré de quatre figures agenouillées ; une autre pièce représente un baptême, ailleurs encore un guerrier combat un lion et un dragon, etc.
La plupart de ces scènes conservent, à notre avis, le souvenir des faits du règne de Sobeslas I, et les deniers bohémiens du xii* siècle ont une grande importance historique.
Wladislas IV (1140-1174), prit d'abord le titre de duc, mais le 13 janvier 1158, à la diète de Ratisbonne, Frédéric Barberousse lui conféra celui de roi, à titre personnel. Sur quelques-unes des monnaies de Wladislas IV, frappées probablement à l'occasion de son couronnement royal, on lit les inscriptions suivantes placées, l'une et l'autre, en quatre lignes: à l'avers : REX-WLAD-ISLA-VI ; au revers : IV-DITA-REGI-NA, c'est-à-dire Judith, fille de Louis II, landgrave de Thuringe. Les légendes habituelles des deniers restent: REX WLADIZILAVS et SCS WEN- CEZLAVS. Les types sont moins chargés que sous Sobeslas I.
Les règnes des ducs Sobieslas I (1174-1197), de ses compétiteurs Frédéric et Conrad II, de Wenceslas II, de Henri Brétislas et de Przémislas, devenu roi en 1198, sous le nom de Przémislas Ottakar I, achèvent en Bohême la période des deniers bifices. La "gravure décline et la frappe devient de moins en moins soignée. La pièce représentée par notre figure appartient au règne de Prémislas comme duc; elle suffit pour donner une idée du monnayage de cette époque dont les produits ont été répandus en grand nombre par la trouvaille de Mitkowitz.
Dans les dernières années de Ottakar I, commence eii Bohême l'émission des bractéates qui dura pendant les règnes de Wenceslas I (1230-
Fig. 1380
1248) et Ottakar II (1248-1278) et pendant la plus grande partie du règne de Wenccslas IL Les ateliers bohémiens de cette période furent, suivant M. Ed. Fiala, outre Prague, les villes de Brùx, Eger,
l-ig. 15S:
Flg. 1383
Fig. 15S4
Kaaden?, Klattau? et Piezk. Les bractéales de la Bohême offrent une crande analo2:ie avec certaines bractéates de Misnie et de Lusace. Les reliefs de l'empreinte sont très accusés et le type est entouré d'un
Fig. 1385
Fig. 1586
Fig. 1587
cercle en forte saillie.. Le métal est généralement épais et très cassant. Le module des pièces varie entre 20 et 42 millimètres. Les légendes sont exceptionnelles. Quelques bractéates d'Ottakar I. portent : + REX
Fig. 138S
Fig. 13S9
Fig. 1390
Fig. 1391
OTACKARVZ (fig. 1381); quelques-unes de son successeur Ottakar II ont OTAKARVS REX ou OTAC REX ; mais la grande majorité des pièces sont muettes. Les types sont très variés, comme c'est toujours le
mjj.
Fig. 139:
Fig. 1393
cas dans les pays où la monnaie était l'objet de refontes périodiques. Nous réunissons ici les empreintes les plus fréquentes (fig. 1381 à 1395), ce
qui nous évite d'en donner une description détaillée. En 1252, Ottakar II avait épousé Marguerite, fille de Frédéric le Belliqueux, qui lui apporta en dot -l'Autriche et la Styrie; en 1276, le roi de Bohême dut renoncer à ces provinces ^ Sur quelquesunes de ses bractéates, l'écu à la flisce d'Autriche se trouve figuré (fig. 1394 et 1395). ^'°" '^^^ Outre ces monnaies unifaces, Ottakar II frappa, dans les dernières années de son règne, quelques deniers bifaces portant la tête, le buste, l'image en pied ou l'image équestre du roi (fig. 1396).
En 1300, Wenceslas II confia à des financiers et à des artistes italiens le soin de réorganiser le monnayage de la Bohème. La reforme accomplie par leurs soins donna naissance au {^ros de Prague,
La Moravie.
Nous avons vu comment, en 1055, Brétislas I duc de Bohème assigna la Moravie en apanage à ses fils cadets. En 106 1, quand, après la mort de Spythinew, son frère Wratislas II se mit en possession du duché de Bohème, un nouveau partage eut lieu. Conrad I obtint Briinn et Znaim, Otton I eut Olmùtz. Voici le tableau de leur descendance :
Brétislas I duc de Bohême
Drùvn * Conrad I 1061-92
Briuin * Ulric
* Wratislas
t II 56
Spythinew
* Spythinew t II 51
Ziiaiin * Luthold
* Conrad II
*Conrad Otton
devenu duc
de Bohême en
1182 et de
Ohnûti
* Otton I 1061-86
cp. * Euphcmie
de Hongrie
* Swatopluk devenu duc de
Bohême en II 07
* Wenceslas
sans héritiers
* Otton II 1107-26
fut duc de
l^ohêmc
en Î109
Otton III
Wladimir
I. Voyez pp. 766 et 768 sur les monnaies frappées par Ottakar II en Autriche et en Styrie. Voyez aussi : A. Luschin von Ebcngrcuth, Die mener rjcnni^c -// Zcitcn Kôiiiy Ottahars.
sG
Il y eut, entre ces diverses branches et les ducs de Bohême, des partages et des copropriétés qui rendent l'histoire et la chronologie très obscures. En 1182, la Moravie fut érigée en margraviat en faveur de Conrad Otton, par Henri VI.
Fig. 1398
Les deniers frappés en Moravie sont entièrement semblables à ceux de la Bohème. Les légendes se composent des noms des souverains et de ceux d'un des saints Wenceslas, Nicolas, Pierre et Jean. Les ducs
Conrad I de Brùnn et Otton I d'Olmùtz, frappèrent leurs pièces en commun et Euphémie de Hongrie, EVFEMIA, signa comme tutrice les deniers émis pendant la minorité de ses ^'^- '599 enfants. Nous donnons dans nos figures 1397 à
1399, comme échantillons de la numismatique moravienne du xii^ siècle, des pièces d'Ulric de BrCinn, de son fils Wratislas, et de Swatopluk d'Olmûtz.
Lorsqu'en Bohèiiie la frappe des bractéates succéda à celle des deniers bifaces, la même réforme eut lieu en Moravie, dans les ateliers de Brûnn, d'Iglau et de Znaim. Voici (fig. 1400 a 1403) quelques-uns des
Fig. 1400
Fig. 1401
Fig. 1402
Fig. 1403
nombreux types classés par M. Fiala à Ottakar II, qui fut margrave de Moravie de 1247 à 1253, avant son avènement au trône de Bohême.
§ III. — Uévéché dVlmiitT,
Le droit monétaire ne fut pas seulement exercé en Moravie par les ducs de la maison de Bohême. Il appartint également aux évêques d'Olmùtz, auxquels l'empereur Conrad III l'accorda en 1144 pour le château de Podewin : « /;/ eodeni Castro percussiiram monete publiée tihi concedimus et confirmamus, super quo regia auctoritaîe precipimus, ne quis
dux aut cornes eam interdicere aul corrumperc uîlo modo audcat, pcnam a nostra majestatc dehiîam susceptiirus, qui adversus nostra Insîituta venire ausu temcrario tcmptaverit. »
La trouvaille de Rakwitz a révélé trois variétés de deniers de Tévcque Henri (1126-1150). Ils sont de bonne gravure comme les pièces ducales contemporaines et portent les légendes 4- HINDRICH — SCS WENCEZLAI. Les monnaies des successeurs de Henri sont anonymes et portent les noms de srint Pierre, de saint Jean et de saint Wenccslas.