JUSQU'AU COMMENCEMENT DU XIV= SIÈCLE
Sources : A. Voigt a San Germano, Bcschrcibun^ ih-r hishcr hchannlcn khiiiiiclk-r yîiin- ~eu nach chrouoïc^ischcr Ordniing, iiehst einon Jciir-cii Be^rijJ dcr Miïii~fiiislcii, etc. Prague, 1771-1787, 4 V. in-4. — Cappc, Die dllesicn Miinicn Hohueus. Berlin, 18.16, in-8. — Ed. Fial.i, Beschrcihuii^ der SaiinnhiiKj' hohinisch:r Mit)i:icii und Mcdailhn des Max Donchiuicr. Prague, 1888, gr. in-8. — Ed. Eiala, Beschicibnir^' holniiishcr Miin:;en und Medailkn, t. I. Prague, 1891, gr. in-8.
§ L — La Bohême.
Lelewel constate que de son temps, grâce au livre de Voigt, la numismatique médiévale de la Bohème était une de celles qui avaient été le mieux étudiées. Les découvertes flûtes depuis un demi-siècle sont naturellement venues compléter les séries, mais les quatre grandes divisions chronologiques de l'histoire monétaire tchèque, adoptées par l'illustre savant polonais, resteront toujours justifiées.
La première période du monnayage de Bohême s'étend depuis le x*" siècle jusqu'au milieu du w". C'est le régne du grand denier. Les types présentent un curieux mélange d'influences anglo-scandinaves, bavaroises et byzantines.
La deuxième période, qui commence au milieu du xi^ siècle et va jusqu'au commencement du xii% est marquée par une diminution progressive du poids et du module des espèces. Le type se compose presque uniformément de l'image du duc et de celle de saint WenceUas. La frappe est soignée; la gravure témoigne à la fois d'une grande minutie et d'une inexpérience naïve; .
Avec la troisième période, qui nous mène jusqu'au xii^ siècle, les petits deniers bohémiens deviennent d'un art vraiment supérieur et surpassent peut-être les monnaies médiévales de tous les pays par la diversité des sujets représentés et la finesse de l'exécution. La frappe cependant
manque de régularité et de vigueur; les légendes sont parfois mal venues, surtout dans les dernières émissions qui dénotent une sensible décadence.
Ce monnayage nous mène à la quatrième période pendant laquelle les bractéates se substituent aux monnaies bifaces. En 1300, Wenceslas II opéi'a la grande réforme monétaire qui créa le gros de Prague et mit fin à la période dénariale'.
En 936, Boleslas I (936-967) second fils de WratlslasI, assassina son frère aîné Wenceslas et s'empara du pouvoir. Il voulut rétablir le paganisme en Bohême, mais vaincu, en 950, par Otton I, roi de Germanie, il dut laisser à ses sujets le libre exercice du christianisme et relever les églises qu'il avait détruites.
Les plus anciens deniers d'argent attribués à Boleslas I ne portent dans le champ aucun symbole chrétien : d'un côté, on y voit deux épées hori-.
zontalement superposées, de l'autre,
un oiseau. La gravure est d'une
barbarie extrême et les inscriptions
sont incorrectes au point de rester de
véritables énigmes. C'est à peine si
l'on devine le nom de Boleslas dans
des assemblages de lettres informes tels
que : + E-OBOhlAVA. A cette première émission succèdent des deniers
et parfois des oboles d'une gravure un peu moins imparfaite ; les types
témoignent de l'existence, en Bohême, de la religion du Christ :