L ARMENIE, LA GEORGIE
seldjoukides au type du cavalier. Son nom seul est écrit en géorgien ;
la légende qui occupe tout le revers est en arabe. Sous ses successeurs,
dont les noms suivent, la monnaie de la Géorgie reste musulmane
d'aspect :
Démétré I, 1125-54.
Giorgi III, 1 154-84.
Thamar, seule, puis avec Giorgi le Novgorodien, puis avec Dawith III Soslan,
Giorgi IV, d'abord avec sa mère Thamar, puis seul, 1 212-1223.
L'imitation des types b3'zantins recommence sous la reine Roussoudan (1223-47), sœur de Giorgi IV, dont leS' pièces d'argent bilingues, géorgiennes et arabes, reproduisent l'effigie du Christ des monnaies de Nicéphore Botaniate (fig. 1452). A la lin de son règne, la Géorgie fut envahie par les Mongols et dès lors la numismatique de ce pays devient exclusivement orientale.
§ IV. — Les Turcomans.
De même que les bronzes d'Héraclius avaient servi, au vii^ siècle, de prototypes aux émissions des premiers khalifes, de même, dans le cours du, xii^ siècle, les premiers envahisseurs turcs de l'Asie occidentale copièrent les coins byzantins des Comnènes.
Les émirs danischmendides, qui avaient soumis à leur puissance l'ancienne Cappadoce avec ses villes de Sébaste, Césarée et iMélitènc, nous ont laissé de curieuses monnaies de bronze dont les plus anciennes, celles de Ghazi-ben-Gumischtigin (1105-1134), reproduisent à l'avers le buste nimbé du Christ byzantin accosté des sigles IC — XC. Le revers de ces pièces porte en quatre lignes la légende grecque : O MEfAD - AMHPA - AMP TA — Z, 'Ox,fYa;à;rr,pa;'A;i,clX'., le grand émir Amr Gha^i (fig. 1453).
Sous Mohammed II (1134-1143), fils et successeur de Ghazi, les bronzes restent d'abord purement byzantins d'aspect (fig. 1454) avec leur légende : O Miv^c; M€AHKIC HACHC POMAv.a;— KAI ANATOAHC MAXAMATHC disposée en plusieurs lignes. A cette émission en suc-
cèdent d'autres composées de monnaies bilingues, gréco-arabes; puis enfin le numéraire danischmendide s'arabise complètement sous le règne de Dou'n-Noun, fils et successeur de Mohammed II.
Fig. i.|54
Un neveu de Mohammed II nommé D'soul-Karneïn, qui succéda en 1151 à son père Dolah, émir de Mélitène, frappa également des monnaies de cuivre bilingues, gréco-arabes. La légende grecque du spécimen que nous reproduisons ici (fig. 1455) est : O ME TAC AMHPAC AOYAX/°NAIN - NIAIKTIGONOC AEYT€PIC. Ces deux derniers mots datent la monnaie qui a été frappée pendant la seconde indiction du règne, c'est-à-dire après 1x66. La tête qui occupe l'avers paraît empruntée aux tétradrachmes des derniers rois parthes.
Fig- 145 >
Les atabeks ou officiers des Seldjoukides, et spécialement les Orthokides de Kayfa et de Maridin, et les atabeks de l'Adherbidjan, ont frappé également de nombreuses pièces de bronze, reproduisant des types monétaires de Byzance ou de l'antiquité classique, mais ici les inscriptions purement arabes sont de règle, et nous devons nous borner • à signaler, sans nous y arrêter davantage, ces curieuses séries qui sont, pour le xii^ siècle, les plus lointains reflets de la civilisation européenne en Orient.