‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 9 sur 85 · MEOTVLO en légende circulaire au revers (fig · texte numérisé non relu

MEOTVLO en légende circulaire au revers (fig

Le mariage d'Éléonore d'Aquitaine avec Henri Plantagenet (115 2) fit passer en 11 54 le Poitou sous la domination étrangère. C'est bientôt après, lorsque ce comté échut en partage à Richard Coçur de Lion (i 169-1196), que nous voyons apparaître un monnayage affranchi des types carolingiens.

Il est probable que Richard a commencé par frapper des monnaies au type ordinaire de Melle. Le changement de type eut. lieu vers 1189 ; le titre de roi, qu'il prend sur ses nouvelles espèces poitevines, n'a pas été porté par lui avant cette année, date de son avènement au trône d'Angleterre. Les deniers et les oboles de Richard portent d'un côté PICTA- VIENSIS. écrit en trois lignes au milieu du champ (fig. 776), de l'autre côté, la croix pattée est ceinte de la légende, + RICARDVS REX.

On n'a pas de monnaies signées par les successeurs de Richard, soit qu'ils aient continué les émissions aux coins de celui-ci, soit, comme le supposent quelques auteurs, qu'ils aient repris l'ancien type de Melle.

En 1204, Phihppe-Auguste confisqua sur Jean sans Terre le Poitou, qui fut réuni à la couronne. En 1241, saint Louis donna cette province à son frère Alphonse (1241-1271). Le monnayage de ce prince, fort intéressant à examiner, a été étudié de très près par M. Boutaric^

La série d'Alphonse forme, sous le rapport du type, trois groupes bien distincts. Les premières pièces émises reproduisent le dispositif des monnaies de Richard Cœur de Lion, le mot PICTAVIENSIS écrit en trois lignes. A cette émission, Alphonse substitua bientôt celle des deniers et des oboles tournois. Ces pièces copient le tournois royal ; le châtel est entouré du mot PICTAVIENSIS. Cette fabrication souleva

Fig. 776 Fig. 777

l'opposition de saint Louis, et Alphonse, obtempérant aux injonctions de son frère, modifia ses coins. On a la date exacte à laquelle cessa la frappe des tournois poitevins; ce fut le samedi après la Saint-Jean, 30 juin 1263. L'atelier de Montrcuil-Bonnin, où se forgeaient les espèces du comte de Poitiers, resta, scmble-t-il, quelque temps inactif; mais dès

I. E. Boutaric, Saint Louis et Alphonse de Poitiers. Paris, 1870, in-8. Les pp. iSi- 222 sont consacrées à l'histoire monétaire d'Alphonse.

1265 la fabrication des poitevins nouveaux est signalée. Cette monnaie, dont il existe des deniers et des oboles, porte un demi-lis et un demi-château de Castille. La légende des deniers subit aussi une modification ; elle est désormais rédigée comme suit,: AlFONSVS COMES PICTAVIE- :ET TbOL (fig. 777)- Depuis 1249, Alphonse était comte de Toulouse. Après la mort d'Alphonse, le Poitou fit retour à la couronne ; il en fut détaché de nouveau en faveur de Philippe le Long (13 11-1316). Ce prince ne tint pas compte des interdictions antérieures et frappa des deniers et des oboles au type tournois sur lesquels il met la légende : PbSFILIREG-FRAC. du côté de la croix, et les mots, COMES PICTA- VI ES, du côté du châtel. Cette émission fut sans doute l'objet d'une ordonnance royale prohibitive, car le règlement des monnaies des barons attribue à Philippe, comte de Poitiers, le même type que celui dont Alphonse avait fliit usage pour ses poitevins nouveaux. Voici le passage qui concerne, dans ce document, les monnaies du Poitou : « Item, la mon)ioie au conte de Poitiers : les deniers doivent estre à iii d. X (trains de loy, argent le Roy, et de xix s. vii d. de pois, au marc de Paris ; et les viaailles doivent estre à ii d. xxi grains de loy, argent le Roy, et de xvii s. an d. maailles doubles, au nuire de Paris; et ne pourront faire que la x"" partie de maailles, c est-à-dire ix c l. de deniers et c /. de maailles doubles ; et ainsi vauldront les deniers et les maailles dessus dictes, avalué l'un parmi Vautre à peti:^ tourn[oi:(\et à maailles tourn[oises], iii s. iiii d. mains la livre que petit louni[oi::;], c'est-à-dire que les xiiii d. de la monnoie dessus dicte ne vauldront que xii peti:^^ tournoi;:^. )> La pièce dont le dessin accompagne l'ordonnance n'a pas encore été retrouvée en nature ; Philippe le Long n'y prend plus, comme sur ses deniers tournois, le titre de fils de roi de France. Les légendes sont 4- PblLIPPVS COMES

— + PICTAVIERSIS.

A l'avènement de Philippe le Long au trône de France, le Poitou fut définitivement réuni aux domaines de la couronne.

§ XXXVIL — Seigneurie de Mauléon.

Le 27 mai 121 5, Jean sans Terre, roi d'Angleterre, informa les sénéchaux de Poitou, d'Angoumois et de Gascogne, qu'il avait accordé à Savary, seigneur de Mauléon, que s'a monnaie aurait cours dans ces trois provinces «tant que ce serait son bon plaisir», pourvu toutefois que cette monnaie valût en poids et en loi la monnaie poitevine. Le 31 août de la même année, il confirma le droit monétaire de Savary et le lui reconnut à pL-rpétuité à lui et à ses hoirs.

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Les monnaies connues de Savary, monnaies qui furent, paraît-il, frappées à Niort, sont de deux types différents. Les premiers deniers et oboles reproduisent les coins de Melle ; ils portent METALO en deux lignes et, au revers, SAVARICVS autour de la croix. A cette émission en succéda une autre pour le type de laquelle Savary cesse d'avoir recours aux monnaies poitevines. Nous y trouvons, en eilet, un grand CO couché et le mot MALLEONIS en légende circulaire.

En 1224, le sire de Mauléon prit part à la croisade contre les Albigeois et se fit confirmer, par le pape Honorius III, ses droits monétaires ^ Après la mort de Savary, ses domaines passèrent à sa fille unique, qui avait épousé Gui I, vicomte de Thouars. Depuis 1738, iMauléon porte le nom de Châtillon-sur-Sèvre.

§ XXXVIII. — Vicomte de Thouars.

Le 18 décembre 1226, Henri III, roi d'Angleterre, concéda à Hugues I, vicomte de Thouars, le droit de battre monnaie avec libre circulation de ses espèces dans le Poitou : « Concessinms eliam eidemet heredibus suis pniefatis quod habeat et Jieri facial monetam suain apud Thoars, aequalem monetae Fictaviae, et quod aequalitcr currat in Pictavia cuni nostra -».

Les monnaies de Thouars ne sont pas encore déterminées. Peut-être portent-elles simplement le type immobilisé de Melle ? Suivant une observation très judicieuse de M. A. de Barthélémy, les privilèges monétaires des vicomtes de Thouars durent finir forcément en 1243, lorsqu'Alphonse de France fut seul maître du Poitou.

§ XXXIX. — Comtés d' Angoulême et de la Marche,

Les premières monnaies féodales d'Angouléme sont, sous le rapport du type, des immobilisations des coins que le roi Eudes avait employés à Limoges ; sous le rapport de la légende, elles présentent le nom de Louis, immobilisé, suivant Pillon, depuis Louis IV d'Outremer. Ce prince laissa de profonds souvenirs dans toute l'Aquitaine, dont les seigneurs s'étaient rendus à Laon, pour lui rendre hommage, alors qu'il était détrône.

1. Poey d'Avant et les auteurs qui l'ont, suivi attribuent à cette époque un denier de Léon (Espagne^ dont la légende locale est mal lue.

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