I. — LES PREMIERS CAROLINGIENS
SOUS Charlemagne, quel semble avoir été le rang social des personnages mentionnés.
Gaddo. GAD-DO en deux lignes.
Had,.,A Tavers PIP-bAD en deux lignes; au revers, RF(fig. 360). Milo. Pièce de petit module : à Tavers S RE en une ligne; au dessous, une çroisette. Au revers MIL-0 en deux lignes (fig. 370).
A. de Longpérier reconnaissait d'autres noms d'hommes sur des monnaies de Pépin, mais la seule légende qui pourrait, à la rigueur, être ajoutée aux trois relevées ci- ^'^- ^'° dessus est NOVI MO MO dans laquelle les
auteurs les plus récents s'accordent à voir Noyon.
On a pu s'assurer par l'énumération qui précède de la variété relative que présentent les monnaies de Pépin. Qu'on se garde de conclure que ces pièces sont connues en grand nombre. Si l'on excepte les deniers d'Antrain et de Reims, villes qui semblent avoir eu des émissions assez actives, et certaines pièces de notre deuxième groupe, les monnaies pipiniennes sont presque toutes uniques ou connues à de rarissimes exemplaires. La terre s'est toujours montrée avare des monnaies du fondateur de la deuxième dynastie : elle ne les rend qu'une à une et, si une fois, en 1858, à Imphy en Nivernais, des fouilles heureuses en ont amené un « trésor », ce trésor ne comprenait que soixantetrois spécimens.
Il est permis de conclure de ces indications fournies par la rareté des monnaies de Pépin, que jamais ce roi n'eut une fabrication monétaire considérable : la grande refonte de l'argent eut lieu sous Charlemagne, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve.
§ IL — Carloman (768-771).
Dans une assemblée générale des grands de la nation, l'héritage de Pépin fut partagé entre ses deux fils, Charles et Carloman, mais les chroniqueurs, même les plus rapprochés du partage, ne sont pas d'accord sur sa base géographique. On peut assurer toutefois que le royaume de Carloman comprit la Bourgogne, la Provence, la Septimanie, l'Allemanie et l'Alsace, le pays entre la Seine et la Loire, les diocèses de Laon, de Reims, de Châlons-sur-Marne, de Senlis et de Soissons.
On ne possède aucun document écrit sur la législation monétaire de Carloman. Les monnaies elles-mêmes, les plus rares de toute la série caroUngienne, permettent cependant d'affirmer que la taille et le titre furent sensiblement les mêmes que sous Pépin le Bref. Le dispositif
des types conserve également une apparence pipinienne et les légendes ou les monogrammes continuent à couvrir presque seuls le flan dçs deniers.
Le nom de Carloman est indiqué au droit des monnaies et généra-
Fig. 371 Fig. 372 Fig. 373 Fig. 374
lement abrégé par de nombreuses ligatures (fig. 371 à 374). Sur deux pièces, celles de Saint-Aignan et de Sainte-Croix de Poitiers, on lit CAR-LOM en deux lignes.
On peut diviser les monnaies de Carloman en trois groupes, caractérisés, le premier par la présence du nom royal seul, le second par l'adjonction d'un nom de localité, le troisième par la signature simultanée du roi et d'un autre personnage.
ler groupe.
Deniers portant au revers R-F. Nous pensons que ces monnaies, sans indication locale, qui se trouvent sous Pépin et ses deux fils ont été émises dans la résidence royale; elles correspondent aux pièces qui, à partir de Louis le Débonnaire, portent PALATINA MONETA. Si. notre conjecture est exacte, le denier de Carloman serait frappé à Soissons, siège de son gouvernement,
2e groupe.
Carloman donne six ateliers monétaires mentionnés, alors que son père en avait trente-sept.
Angers. Monogramme pour Andccavi, type déjà signalé sous Pépin
(fig. 3 6i).
Arles, AR€ en une ligne.
Clermont-Ferrand. AR et, au-dessous, une sigle difficile à déterminer. Lyon. LV<Î en une ligne, type déjà signalé sous Pépin. Saint-Aignan. SCI ANIAI en légende circulaire; au centre saint Aignan
debout, nimbé, tourne à gauche et tenant une crosse (fig. 375). Sainte-Croix de Poitiers. SCI CRVCIS en légende circulaire; au centre,
une croix potencée à pied fiché. Ce type s'est déjà rencontré sous
Pépin.
Deux de ces attributions, celle à Angers et celle a Sainte-Croix de Poitiers proposée par de Longpérier, sont contestées par Gariel qui s'appuie sur ce fait, que ni Angers, ni Poitiers ne sont mentionnés dans les auteurs comme ayant l^iit partie du royaume de Carloman;