‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 134 sur 206 · I. — LES PREMIERS CAROLINGIENS · texte numérisé non relu

I. — LES PREMIERS CAROLINGIENS

Le règlement que Pon place à Tannée 781 constate une démonétisation. Elle s'applique évidemment aux deniers de la première période qui durent assez longtemps résister au retrait.

Le capitulaire de 794 proscrit le cours de tous les deniers, sauf ceux qui portent le nomisma royal s'ils sont de bon poids et d'argent fin. Le Blanc remarque que le mot nomisma ne peut signifier que le monogramme du nom du prince; il n'eût pas été nécessaire de stipuler, observe l'auteur du Traité historique, « qu'il falloit que les nouveaux « deniers eussent le nom du Roy pour avoir cours, s'il ny eût quelque « diférence entre ceux-cy et les premiers sur lesquels on mettoit toujours le « notn du Roy. » Le capitulaire de Francfort insiste sur la condition de bonté du poids et du titre des pièces, sans doute parce qu'à la faveur des guerres la monnaie avait été affaiblie dans un certain nombre d'ateliers et que Charlemagne voulait la rétablir dans sa pureté primitive. « Les désordres et les affaiblissements monétaires, dit De Coster, « sont constatés d'une manière remarquable dans l'ensemble de mes « deniers au monogramme. Ainsi, parmi ceux qui sont demeurés par- « faitement intacts, j'en ai trouvé pesant successivement depuis i gr. 25 « jusques i gr. 65 fort. »

Les monnaies de Charlemagne au type du monogramme se répartissent en deniers et en oboles; les uns portent en légendes circulaires + CARLVS REX FR et un nom de ville rarement accompagné d'un qualificatif tel que CIVI., VRBS, MONÀS. ; sur les autres le nom de ville seul paraît autour de la croix pattée du revers, tandis qu'au droit le monogramme de grande dimension couvre le champ entier. Le faire des deniers de Charlemagne est généralement large; les lettres sont grasses aux jambages taillés en biseau. Nous assistons à une véritable renaissance artistique provoquée, suivant toute apparence, par des graveurs venus d'Italie à l'appel du roi des Francs ^

La fabrication des oboles, subdivisions de l'unité monétaire, semble une innovation de Charlemagne. Pour Pépin, on ne possède aucune obole indubitable, car les pièces qui ont été regardées comme telles sont des deniers à la taille de 24 sous à la livre frappés par le père de Charles au début de son règne.

Les pièces au monogramme se répartissent sur un assez grand nombre d'ateliers. En voici le tableau par ordre alphabétique.

I. Un historien raconte qu'en 787, Charlemagne, après avoir passé les fêtes de Pâques à Rome, vint en France emmenant avec lui des chantres, de très habiles grammairiens et des calculateurs. Il est fort probable que dès son- premier séjour en Italie, le roi des Francs provoqua une émigration d'artistes.

Lucques, LVCA, Milan, MEDIOL.

Pavie. PAPIA.

Italie.

Pise. PISA.

Trévise, TARVIS.

France, Aquitaine et Germanie.

Dax. ACVIS VRBS. ACVIS CIVE. AQVIS Cl.

Agen. AGINNO. AGIN CIVITAS. — Oboles avec AGINNO.

Arles, ARELATO. —Oboles.

Béliers. BEDERRIS.

Bourges. BITVRICAS. — Oboles.

Châteaudun. CASTELDUN.

Chelles. CALA MONAS.

Cologne. COLON I A. Denier inédit appartenant à MM. Rollin et Feuardent.

Dun-sur-Meuse, DVNNOS.

Duurstede. DORESTADO. — Oboles.

Laon. LAVDVNO.

Lyon, LVGDVNVM.

Mayence. MOGONTIA. — Mayence a, outre le type habituel, deux types spéciaux : sur quelques deniers la croix pattée est remplacée par une croisette sur trois degrés; sur d'autres pièces la croix est remplacée par un P, lettre sur la signification de laquelle les numismates ne sont pas encore fixés.

Marseille. MASSILIA.

Fig. 392

Fig- 393

Melle. METVLLO. —Oboles (fig. 392).

Narbonnc. NARBONA. — Obole.

Noyon?. NOVIO-IM.

Quentovic. QVANTOWICO.

Rouen. ROTOMAGVS.

Saint-Denis. SCI DYONISII

Sainte-Marie de Laon. SCA MARIA. Sur le côté où figure le nom

Page 1