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I. — LES PREMIERS CAROLINGIENS

Débonnaire, se retrouvent dans la liste qui précède. Deux d'entre eux, Ampurias et Barcelone, sont situés en Espagne; cinq autres, Lucques, Milan, Pavie, Trévise, Venise, appartiennent à Titalie. L'Allemagne, la Suisse et la Hollande peuvent revendiquer neuf ateliers. Tous les autres, au nombre de vingt-cinq, font partie de la France actuelle.

Troisième groupe : Temple tètrastyle.

9* Variété. — Ce groupe comprend des deniers et des oboles ayant d'un côté une croix et HLVDOVVICVS IMP, et de l'autre un temple tètrastyle avec la légende circulaire XPISTIANA RELIGIO.

Les deniers à ce type sont au nombre des pièces les plus communes de la série carolingienne. Ces monnaies furent battues dans toute l'étendue de l'Empire, sauf peut-être l'Aquitaine. Il y en a un grand nombre dont la fabrique est évidemment italienne : Milan a dû en émettre beaucoup. L'atelier de Duurstede fut également un centre très actif de production, à en juger par l'identité de frappe de certains spécimens avec les monnaies au même type de Lothaire I qui portent en toutes lettres DORESTATVS MON.

La plupart des pièces au temple ont, soit dans le champ, soit dans les légendes, des marques monétaires, lettres, signes, points secrets, dont l'étude attentive mènerait suivant toutes les probabilités à un classement, sinon par ateliers, du moins par régions d'émission. Dès 1859, M. P.-Ch. Robert a montré tout l'intérêt que présente l'examen de ces différents en faisant connaître un denier où, sous le temple, est dessiné un angle ou une sorte de pignon; la figure ainsi composée est évidemment celle dans laquelle on doit chercher l'origine du soi-disant monogramme qui forma, à partir du xii^ siècle, le type habituel des monnaies du Hainaut. Un denier au temple retrouve par de Coster, porte la lettre S placée sous les degrés de l'édifice. Cette initiale s'applique vraisemblablement à Sens, Senones, ville qui fut un atelier carolingien très actif.

Nous ne voulons pas multiplier ces exemples; ceux que nous venons de citer suffisent pour justifier ce que nous disions tout à l'heure des résultats à attendre de l'étude et du rapprochement d'un grand nombre d'exemplaires des monnaies au temple et à la légende chrétienne.

Louis le Débonnaire ne borna pas ses émissions monétaires au seul métal argent. On possède de lui un nombre assez considérable de sous d'or et, récemment, des fouilles fliites en Hollande ont amené la découverte d'un demi-sou^. Comme pour les sous d'or de Charlemagne

I. Cette pièce encore inédite fait partie du cabinet de M. le vicomte B. de Jonghe, à Bruxelles.

frappés à Uzès, quelques numismatistes ont refusé de reconnaître aux pièces d'or de Louis le Débonnaire la qualité de numéraire circulant. Cette opinion est évidemment erronée, car elle est en opposition flagrante avec des textes. On peut, toutefois, admettre que les sous d'or circulèrent peu en France; le pays où ils furent surtout en faveur fut le nord de la Germanie, la Frise et la Saxe où ils furent l'objet d'une fréquente imitation. Les copies exécutées dans ces régions sont loin d'avoir la beauté artistique des spécimens sortis des ateliers impériaux : elles sont parfois d'une barbarie réellement enfantine; aux légendes latines qu'on reproduisait sans les comprendre, finissent par se substituer une suite de jambages verticaux. Le type ordinaire des sous d'or et du seul demi-sou retrouvé se compose, à l'avers, de l'effigie impériale, le buste est drapé, la tête laurée et, le plus souvent, tournée à droite. La légende est DN HLVDOVVICVS IMP AVG. Aurevers, une croix pattée est posée dans une couronne formée de deux branches de laurier nouées par un ruban; l'inscription circulaire est MVNVS DIVINVM.

Louis le Débonnaire est le dernier Carolingien qui battit des monnaies d'or. L'usage de ce métal est désormais banni de France jusqu'au milieu du xiii* siècle.

Fig. 406

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