LE ROYAUME D'AQUITAINE JUSQU'A SA RÉUNION A LA FRANCE
Sources : La plupart des ouvrages généraux indiqués en tête du précédent chapitre. — A. de Longpérier, Deniers de Waîfre, duc d'Aquitaine (Revue numismatique, 1858, p. -331 et suiv.). — Poey d'Avant, Monnaies féodales de France, t. II, 1860, p. 70.
§ I. — U Aquitaine avant la conquête carolingienne.
Au milieu du vir siècle, l'Aquitaine, qui comprenait le Toulousain, le Quercy, l'Agenais, le Poitou, le Périgord et la Gascogne, fut érigée en royaume en faveur de Caribert, fils de Clotaire IL Peu d'années après, Boggis et Bertrand, fils de Caribert, obtinrent l'Aquitaine comme duché héréditaire à charge de reconnaître la suzeraineté des rois mérovingiens et de leur payer un tribut annuel.
Sous les rois fainéants, les ducs d'Aquitaine se rendirent en quelque sorte indépendants de la monarchie, et, lorsque Pépin le Bref se fut fait couronner roi de France, le duc Waîfre lui refusa nettement l'hommage. La lutte entre le roi des Francs et Waîfre se poursuivit jusqu'au jour où un crime politique débarrassa Pépin de son ardent adversaire. A. de Longpérier a fait connaître, le premier, un denier de Waîfre.
Au droit, un grand A, peut-être l'initiale d'^quitania, est entouré de la légende circulaire VVFARI VS ; au revers se Ht, autour d'une rosace, le nom d'un second personnage FLAVLEFES, Fig. 407 sans doute Flaulfus, dans lequel nous recon-
naîtrons volontiers, avec notre savant devancier, un tnonetarius, entrepreneur du monnayage aquitain sous Waîfre.
§ IL — Louis I"", roi d'Aquitaine (781-814).
En 781, Charlemagne érigea le royaume d'Aquitaine en faveur de son fils Louis, alors âgé de trois ans. Le titre de roi, accordé au jeune prince, ne pouvait être que purement honorifique ; et l'on peut affirmer qu'au point de vue de l'administration monétaire, l'Aquitaine ne se distingua pas des autres régions de l'empire carolingien.
On possède un curieux denier d'ancien style, au nom de Louis- et frappé à Clermont-Ferrand, selon toute apparence l'année même du couronnement du jeune roi. Cette pièce exceptionnelle, qui a toute la valeur d'une médaille commémorative, porte d'un côté bLV-DVIb en deux lignes, et de l'autre, le nom de l'atelier ARVR-+NIS disposé
Fig. 40S Fig. 409
d'une manière analogue (fig. 408). Une trouvaille faite en 1885 au Krinkberg dans le Holstein et qui est aujourd'hui conservée tout entière au Musée de Kiel, a révélé l'existence d'un second denier frappé au nom de Louis peu de temps après son élévation au trône d'Aquitaine (fig. 409). La pièce porte à l'avers bLV-DVIb ^" deux lignes, comme le denier de Clermont ; au revers, nous trouvons un monogramme dans lequel M. R. Serrure a lu : Stefani'^. Faut-il voir dans cette indication un nom d'homme ou le vocable de Saint-Etienne, patron d'une église de Bordeaux dont il y a des triens mérovingiens ? C'est un point que nous laisserons dans le doute.
Dans la seconde partie du règne de Charlemngne, Louis le Débonnaire paraît avoir signé, comme roi nominal d'Aquitaine, une série d'oboles à la légende AQVITANIA écrite soit en deux lignes, soit autour d'une croix pattée. Le nom de Louis est suivi parfois du titre de rex, HLVDOWICVS RE; parfois aussi il figure sans épithète, LVDO-WIC comme sur le denier de Clermont.
Lorsqu'à la mort de Charlcmagnc, Louis le Débonnaire recueillit son héritage, les monnaies spéciales au royaume d'Aquitaine disparurent : dans cette région, comme ailleurs, Louis ne prit d'autre titre quimpemîor.
§ IIL — Pépin I et Pcpin II, rois iVAijuitaine (817-852).
Pépin, fils de Louis le Débonnaire, fut couronné roi d'Aquitaine en 817. Il mourut à Poitiers le 13 décembre 838. Son fils Pépin II fut proclamé son successeur par les Aquitains et il se maintint, malgré son oncle Charles le Cliauve, jusque vers 852.
Il n'est pas facile de répartir d'une manière certaine entre Pépin I et Pépin II les monnaies aquitaniques qui portent leur nom. Gariel, qui