CHAPITRE TROISIÈME
LE ROYAUME DE FRANCE JUSQU'A LA CHUTE DES CAROLINGIENS Sources : La plupart des ouvrages généraux indiqués en tête du chapitre premier.
§ I. — Charles le Chauve (840-877).
Dans le partage des Etats de Louis le Débonnaire, arrêté à Verdun, en 842, Charles le Chauve obtint pour sa part le pays en deçà du Rhône, de la Saône, de la Meuse, du Rhin et de l'Escaut, à l'exception du Lyonnais, du territoire d'Uzès et du Vivarais, restés dans le lot de Lothaire. En 852, les États de Charles le Chauve s'accroissent de l'Aquitaine par la dépossession de Pépin IL En 869, une partie de la Lotharingie est annexée au royaume de Charles. Le jour de Noël 875, le roi de France est couronné empereur à Rome. A ces quatre périodes de l'histoire politique de Charles le Chauve correspondent assez naturellement quatre divisions numismatiques. Nous subdiviserons donc ce paragraphe en quatre grandes coupures :
A. — Charles h Chauve, roi de France (840 ou 842-875).
Lorsque Charles le Chauve arriva au pouvoir royal, il choisit, comme type de ses monnaies, celui des dispositifs créés par Charlemagne qui convenait le mieux à son nom, c'est-à-dire le monogramme de Carolus. Mais, afin de distinguer ses pièces de celles de son grand-père, il remplaça la légende royale circulaire par la formule GRATIA D-l REX dont il faisait suivre son nom dans les diplômes.
L'empreinte que nous venons d'indiquer sommairement fut employée dans un grand nombre d'ateliers, car sous Charles le Chauve, le monnayage, dont les proiits étaient fréquemment laissés aux administrations locales, prit une extension énorme. On ne connaît aujourd'hui pas moins de quatre-vingts ateliers situés en France.
Sur les monnaies de Charles le Chauve le nom de lieu paraît tantôt seul, tantôt accompagné d'un qualificatif, tel que civitas, palatium,