‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 144 sur 206 · II. — LE ROYAUME D*AQ.UITAINE · texte numérisé non relu

II. — LE ROYAUME D*AQ.UITAINE

a tenté de le faire, se heurte aux plus grandes difficultés et n'aboutit pas à un classement logique. Nous avons préféré diviser les monnaies pipiniennes en groupes en prenant le type pour base, plutôt que d'essayer un ordre chronologique condamné d'avance à l'arbitraire.

On peut reconnaître cinq types différents dans les monnaies des Pépin d'Aquitaine.

1° Pièces à tête.

Sans nom d'atelier, + PIPINVS REX. Buste à droite. Au revers, un temple informe entouré de AQVITANIORVM.

rig. 410

Fig. 411

Bourges. + PIPINVS RE. Buste d'assez bon style à droite. Au revers : BITV-RICES en deux lic^nes.

20 Pièces au temple.

Sans nom d'atelier. + PIPINVS REX EQ. Croix cantonnée de quatre globules. Le côté du temple tctrastyle a pour légende + AQVITA- NIORVM ou XPISTIANA RELIGIO.

Dax. Autour du temple AQVIS VRBI. Deniers et oboles.

Les pièces au temple appartiennent à Pépin I; ce type était représenté dans les trouvailles composées sans mélange de monnaies de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, telles que celles de Ballon, de La Haye, etc.

30 Croix pattèe et légende dans le champ.

Sans nom d'atelier. Oboles avec AQVI-TANIA en deux liirncs ou

EQVI-TANItORVM en trois lignes.

Limoges. Oboles avec LIMO-DICAS en deux lignes.

Ce type est plutôt de Pépin I, contemporain de Louis le Débonnaire, que de Pépin IL

\9 Croix patlcc de chaque côte.

Limoges. Deniers avec + LIMOVIX et oboles avec LIMODICAS.

50 Monogramme.

Le monogramme de Pépin est une imitation flagrante de celui de Carolus, créé par Charlemagne, et dont l'emploi fut restauré en France

par Charles le Chauve. Cette circonstance est de nature à faire classer à Pépin II les monnaies de notre cinquième groupe. L'examen des trouvailles, et en particulier de celle faite à Auzeville, conduit à une conclusion analogue.

Le monogramme pipinien fut employé dans trois ateliers monétaires: Meîle, METVLLO. Des oboles portent le monogramme, de grande

dimension, sans la légende circulaire PIPINVS REX EQ. Poitiers. PECTAVO et PIPINVS REX EQ.

Toulouse. Deniers et oboles avec TOLOSA CIVI et PIPPINVS REX.

§ IV. — Charles le Chauve et ses fils.

En 852, Pépin II, haï des Aquitains, fut livré à Charles le Chauve qui le fit tondre et enfermera Saint-Médard. L'Aquitaine fut réunie au royaume. Mais bientôt les Aquitains s'étant soulevés, le roi de France consentit à séparer nominalement leur pays de ses états et leur donna pour roi son second fils Charles (855).

En 863, Charles le Chauve appela à sa cour et y retint son fils dont les Aquitains se faisaient un instrument de révolte. Trois ans plus tard, le jeune prince mourut. Son frère et successeur, Louis le Bègue, réunit définitivement, en 877, l'Aquitaine à la France.

Il existe une curieuse obole portant à l'avers, autour du monogramme carolin, la légende CAROLVS REX EQ; au revers, une croix cantonnée de globules est accompagnée de l'indication + PALATINA MGE. Cette pièce a été attribuée par divers numismatistes, et notamment par Gariel, au jeune Charles d'Aquitaine en l'honneur du couronnement duquel elle aurait été frappée en 863, comme quatre-vingts ans plus tôt, aurait été battu pour le couronnement de Louis le Débonnaire, le denier de Clermont-Ferrand .

Cette hypothèse est admissible, bien que l'obole de CAROLVS REX EQ puisse tout aussi bien être de Charles le Chauve et rappeler son entrée en Aquitaine, après la capture de Pépin IL Nous préférons laisser cette question, comme beaucoup d'autres, dans le doute : la solution n'en a d'ailleurs qu'une importance très secondaire pour le classement général de la série carolingienne.

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