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III. — LE ROYAUME DE FRANCE

piègne, Lyon, Nogent, Poissy, on emploie un monogramme d'une forme particulière qui s'était déjà montrée sous Eudes (fig. 465 à 470). Sur quelques deniers de Paris, le champ est occupé par le signe E-O-R. A Soissons, à Sens et à Nevers, c'est le mot REX qui constitue le type de Tavers des monnaies.

Le revers est en général occupé par une croix, sauf à Paris, à Meaux, à Saint-Denis, à Château-Gaillajrd et parfois à Etampes où les monnayeurs conservent le dispositif de la légende bili- Jj^ néaire que Charles le Simple avait remis en honneur dans la *^ région parisienne. Les monnaies de Soissons présentent du ^'s- 471 côté du nom de lieu un monogramme d'une composition insolite, formé des lettres du mot civitas (fig. 471).

Il nous reste, pour terminer d'une manière méthodique notre revue du monnayage de Raoul, à donner la liste alphabétique des ateliers en activité sous son règne. On aura déjà remarqué qu'il s'en trouve plusieurs dans le nombre qui font pour la première fois leur apparition :

Angoulême, EGOLISIME. Le Mans

Beauvais, BELVACVS CIVI. Le-Puy-en-Felay, ANITO CIVIT-

Châteauhleau, BLAVVS CASN. Lyon

Bourges Meaux, MALDI CIVITA.

Château-Landon Nogent, NVIENTVS CASTR.

Chavires Nevers

Compiêgne Orléans

Châteaudun Paris

Dreux, DRCAS CASTR. Poissy, PINCIVS (fig. 460).

Château-Gaillard,ys fKUkRCkS\K\. Saint-Denis

Etampes (fig. 459) Sens

Laon, LVGDVNI CLAVATI. Soissons

Trois de ces localité?, Châteaubleau, Château-Gaillard et Poissy, ne reparaîtront plus dans l'histoire monétaire.

§ IX. — Louis IV d' Outre-Mer (936-954).

Après la mort de Raoul, Louis d'Outre-Mer, fils de Charles le Simple, fut appelé au trône par les ducs de France et de Normandie.

Le monnayage, sous son règne, devint de plus en plus local. Il est désormais impossible de tracer des règles d'ensemble pour l'emploi àts types. Nous sommes au commencement de l'émancipation féodale; les évêques et les comtes respectent encore le nom du roi, mais le type de la monnaie leur appartient. Il n'y a plus de législation monétaire ap-

pliquée au royaume. Dans ces conditions, nous devons nous borner à dresser la liste des ateliers en caractérisant brièvement l'empreinte qui marque leurs produits :

Bourges. Vestiges du monogramme de Raoul.

Chalon-sur-Saône. Les lettres RX liées. Dès le règne de Louis IV ce type dégénère et passe par les étapes suivantes :

Fig. 471 à 47Î

Cbdteau-C binon. Buste royal à droite et rarement à gauche sur les oboles. La gravure est assez belle (fig. 476).

Fig. 476

Fig- 477

Langrcs. Les lettres RX liées (fig. 477). Elles dégénèrent très rapidement et deviennent une croisette accompagnée d'un trait informe.

Mâcon. Vestiges du monogramme de Raoul (fig. 478).

Nevers. Sous Raoul, les deniers de Nevers étaient marqués du mot REX dont les lettres étaient posées en triangle. Ce dessin s'altère sous Louis IV et produit les formes suivantes (fig. 479 à 485).

Fi£

J Fig. 479 à 481

A l'époque féodale, ce type deviendra une faucille précédée d'une croisette.

Paris. Type restant remarquablement pur 4-GRÂTIA Dl- REX en légende extérieure et LODOVIC en légende intérieure; au centre un annelet. Le revers conserve PARISI-CIVITA en deux lignes séparées par un trait pointillé, comme sous Charles le Simple et Raoul.

Reims. Type analogue à celui de Paris, pour l'avers des monnaies. La gravure est beaucoup plus grossière. Au revers la croix est cantonnée de diverses sigles.

Rouen. Les deniers rouennais de Louis d'Outre-Mer sont d'un faire qui

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Fig. 482

les distingue de toutes les autres monnaies du règn2. Les légendes sont très incorrectes ; les V sont fréquemment remplacés par des A retournés. Le nom royal se montre sous les formes: VLOTVICI, VLO- DVICI. VLDTOVICI. VLODOVICI.

VLOCVICI. EVIOVICI. suivis du titre royal REX. RIX, RX; l'indication de l'atelier est ROTOM CIVITI ou RODOMCIFIT. Le type est formé de lettres dans lesquelles il est difficile de chercher un sens précis, rS: 0S. IS1 (fig. 482).

Les deniers de Louis IV frappés à Rouen ont été révélés par une trouvaille faite en 1869 à Evreux. De Longpérier, dans la Revue numismatique, et Gariel, dans son livre sur les monnaies carolingiennes, ont successivement étudié ce trésor qui renfermait un certain nombre de deniers au type du temple et à la légende chrétienne, de fabrication évidemment rouennaise et contemporaine de Louis d'Outre-Mer.

Nous avons réservé, pour en faire un groupe à part, les monnaies frappées en Lotharingie par un roi du nom de Louis et dont des savants autorisés ont proposé l'attribution à Louis IV: Met:(^. METTIS CIVIS en deux lignes. — Toul. TVLLO en une ligne. Deniers et oboles. Ces pièces peuvent être rangées avec autant de vraisemblance à Louis l'Enfant.

§ X. — Lothaire (954-986).

Lothaire fut couronné à Reims, le 12 novembre 954. Son règne assista aux débuts du monnayage féodal définitivement émancipé. Deux princes, un feudataire laïque, Herbert de Vermandois, et un feudataire ecclésiastique, Adalbéron, archevêque de Reims, inscrivent, sur le numéraire, leur nom à côté de celui du roi. Nous étudierons dans un chapitre spécial cette curieuse numismatique que nous n'avons qu'à indiquer ici. Pour l'instant, nous devons nous borner à passer en revue les monnaies dans les légendes desquelles le nom de Lothaire intervient seul.

Les types manifestent une anarchie complète : tous les dispositifs créés par les premiers Carolingiens reparaissent tronqués, dénaturés, rendus parfois méconnaissables. Dans tel atelier, on conserve le monogramme de Charles, ailleurs nous trouverons le temple ou la légende bilinéaire; à Mâcon, le tailleur des coins imagine une croisette entourée

de quatre annelets qui n'est autre chose qu'une immobilisation du nom d'Eudes; à Soissons et à Reims, le mot REX, mis en faveur en Lotharingie par l'atelier verdunois, s'acclimate sur les deniers.

Il s'en faut que le nom royal soit toujours écrit avec correction sur ces monnaies de la décadencev A Arras (fig. 483), on trouve LOTHA-

RIVS ou LOTARV; à Bordeaux, LEVTA- RIO, à l'ablatif; l'atelier de Bourges choisit de préférence LOTERIVS.

Les ateliers monétaires certains ou probables du règne de Lothaire sont au nombre de treize: Arras, Beauvais?, Bordeaux, Bourges l'atelier le plus actif, Chalon-sur-Saône, Clermont- Ferrand, Etampes?, Maçon, Carcassonne, Meaux, Melun, Reims et Soissons.

Fig. 48}

§ XL — Louis V (986-987). .

Le monnayage de la seconde race finit en France de la manière la plus lamentable. Louis V ne semble avoir battu que dans trois ateliers, Bordeaux, Saintes (STCNAS) et Reims. Dans les deux premières villes, le type, immobilisation de l'empreinte d'Eudes, est formé de trois croisettes placées en triangle; le nom du roi LODOICVS n'est accompagné d'aucun titre. A Reims, on a remis en emploi un dessin usité sous Louis IV; le nom LVDOC est placé en légende circulaire intérieure, tandis que l'inscription bordant le flanc est un GRATIA D-l REX, qui se devine plutôt qu'il ne se lit.

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