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LA GERMANIE JUSQU'A L'EXTINCTION DE LA RACE CAROLINGIENNE

Sources : Un certain nombre des ouvrages indiqués en tête du chapitre premier.

Ch.-J. Gôtz, Deutschlands Kaisermûnien des Mitteîaîters . Dresde, 1827, in-4.

H.-Ph. Cappe, Die Mûnien der deutschen Kaiser iind Kônige des Mitteîaîters, Fc partie. Dresde, 1848, in-8. — J.-H. Mùller, Deutsche Mûn:(gescJnchte bis ^u der Ottoncnieit. Leipzig, 1860, in-8. — P.-Ch. Robert, Etudes numismatiques sur une partie du nordest de îa France. Metz, 1852, in-4. — H. Grote, Die Karoîingcr-MûnienLotJmringiens dans les Miin:(studieny t. I, 1857.

§ I. — Lothaîre I (840-855).

En 817, au concile d'Aix-la-Chapelle, Louis le Débonnaire associa son fils aîné, Lothaire, à l'empire et le déclara more solemni imper iali diademate coronatum; en 823, le pape Pascal le couronna solennellement. Du vivant de son père, Lothaire I a donc pu faire suivre son nom de l'indication officielle de sa dignité et profiter de la faiblesse de Louis le Débonnaire pour faire frapper des monnaies sur lesquelles HLOTHA- RIVS IMP remplace HLVDOVVICVS IMP. On possède en effet des deniers de Bordeaux et de Tours frappés par Lothaire I; or ces villes ne firent jamais partie de ses états tels qu'ils furent limités après la mort de son père. Gariel reporte l'émission de cts deniers à 833, lorsque Lothaire déposséda momentanément, d'une manière complète, l'empereur Louis L

L'atelier de Duurstede dut aussi émettre, du vivant de Louis, les nombreuses monnaies que l'on en possède au nom de Lothaire. On sait en effet que l'antique Dorestatum fut complètement anéanti par les Normands, lors des quatre invasions successives qui eurent lieu de 834 à 837.

Gariel et les auteurs qui l'ont précédé dans l'étude des monnaies carolingiennes, ont publié,' mais sans en faire ressortir la haute importance historique, un denier sur lequel le nom de Lothaire, LOTHARIVS REX IMPE "est associé au monogramme de Charles le Chauve entouré de GRATIA D-l REX. Cette pièce, d'un excellent métal, n'est point I. 17

Tœuvre d'un faux monnayeur; il ne saurait être question non plus d'une imitation faite par Lothaire, dans un but de spéculation, du type de son frère, puisque le type de GRATIA D-I REX, de création récente, n'était certes pas aussi accrédité dans le commerce que les types du Débonnaire que Lothaire avait conservés. Le soin que met Lothaire à énumérer sur cette pièce tous ses titres, roi et empereur, prouve, à défaut de tout autre argument, que le denier a été frappé dans une circonstance exceptionnelle. Nous sommes — nous en avons la ferme conviction — en présence d'un précieux témoin d'une alliance monétaire conclue entre le roi de France et l'empereur, lorsque la paix de Verdun (843) eut mis fin aux querelles qui agitèrent, après la mort de leur père, les petits-fils de Charlemagne.

Si l'on envisage dans son ensemble le monnayage de Lothaire I, abstraction faite de la pièce dont nous venons de parler, on constate que toutes ses monnaies se rapportent à trois types :

1° Monnaies à tête, — Le buste impérial ne figure sous Lothaire I sur aucune monnaie à nom d'atelier. Les deniers de cette catégorie portent uniformément au revers le temple tétrastyle et la légende chrétienne XPI2TIANA RELIGIO. Lothaire inscrit sur les pièces qui sont censées représenter ses traits, des titres assez étendus; tantôt c'est HLOTHARIVS !MP AVG. tantôt HLOTHARIVS AG.

Les deniers au buste sont loin de sortir tous des mains du même artiste : quelques-uns, de bon style, dénotent une fabrication soignée et vraisemblablement itaUenne, d'autres ont le faire spécial de l'atelier de Duurstede, d'autres encore nous reportent par leur gravure à la région qui forma plus tard les Trois Evêchés.

2° Le temple forme la marque principale d'un groupe important de monnaies comprenant des pièces sans indication locale, et d'autres offrant les noms d'ateliers monétaires dont voici l'énumération :

Bordeaux. BVRDIGALA. — Cambrai.

î^v CAMARACVS CIVIS. — Cologne. CO-

-, »°^ "-^^^^ CIVITAS - (fig. 484)- Lo-

^ ^—~^^j thaire prend sur cette pièce les titres

^^^^^|T^/ de roi et d'empereur. Cologne était la

capitale du royaume de Lorraine. —

^'^ *^' Duurstede. DORESTATVS MON. —

Huy. HOGISE MONETA. — Met^. MEDIOMATRICORVI. — Le

Palais. PALATINA MONETA. — Trêves. TREVERIS CIVI. — Ferdun.

VIRIDVNVM CIVIS.

Il n'y a pas d'ordre chronologique à étabUr dans les monnaies de Lothaire I, car de même que sur les pièces du 2* groupe on trouve les

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