IV. — LA GERMANIE
noms de Bordeaux et de Duurstede, villes où Lothaire ne put frapper que du vivant de son père, pendant son usurpation de l'empire, de même on verra prendre place parmi les pièces du troisième groupe, des deniers de Tours et de Duurstede évidemment battus à la même époque.
3° Monnaies avec le nom d'atelier en légende horizontale. — Huit ateliers sont aujourd'hui connus pour ce type : Duurstede, DOR-ESTA-TVS en trois lignes. — Met^. MEDI-EMATRI-CIS en trois lignes. — Milan. MEDIOL* en une ligne. Le Palais. PALA-TINA MO-NETA en trois lignes.
— Pavie. PAPIA en une ligne. — Tours. TVRO-NES en deux lignes.
— Trévise. TARBISIO en une ligne. — Venise. VENECIA en une ligne. Si Ton considère que deux des ateliers précédents, Duurstede et
Tours, ne monnayèrent que du vivant de Louis I et que Metz se trouvait peut-être aussi au nombre des monnayeries dans lesquelles Lothaire frappa pendant son association à l'empire, on trouvera assez naturel de nous voir remarquer que le type des deniers à la légende horizontale semble avoir été réservé par Lothaire, après la mort de Louis, aux ateliers italiens, tandis qu'il conservait le type du temple pour les ateliers du pays qui forma plus tard la Lotharingie.
§ n. — Lothaire II, roi de Lotharingie (855-869).
A la mort de Lothaire I, ses trois fils reçurent chacun une part de son héritage : Louis fut empereur et roi d'Italie; Charles obtint la Provence; Lothaire, le cadet, devint roi de Lotharingie.
Lothaire II monnaya à Metz, Strasbourg, Trêves et Verdun (fig. 485). Il frappa en outre quelques monnaies sans indication locale, mais à la légende XPISTIANA RELIGIO. Les seuls types dont il ait fait usage sont le temple et la légende en deux lignes qu'il employa à Strasbourg et à Trêves. Le nom du roi de Lotharingie est habituellement écrit HLOTHARIVS REX. Un seul denier, celui de Trêves, supprime l'aspiration et ^'s- ^^'
donne LOTARIVS REX.
Lothaire II mourut en 869. Son oncle, Charles le Chauve, se jeta sur ses états, mais il se les vit bientôt disputer par Louis le Germanique. Les deux usurpateurs se partagèrent la Lotharingie par le traité de Meersen.
§ III. — Louis le Germanique et ses descendants.
Le troisième fils de Louis le Débonnaire, Louis le Germanique, fut la souche d'une race royale dont on trouvera le crayon généalogique a la p. 235 de ce Manuel. Nous avons à nous occuper successivement de ces différents princes pour ce qui concerne leurs monnaies frappées dans les régions germaniques.
A. — Louis le Germanique.
Gariel ne donne aucune monnaie à Louis le Germanique, qui semble, en effet, n'avoir pas émis de numéraire dans ses états tels que les délimitèrent les stipulations du traité de Verdun ; il avait reçu dans son lot les régions les plus barbares, où l'usage de la monnaie ne pénétra qu'au x^ siècle.
Lorsque Louis le Germanique disputa à Charles le Chauve la Lotharingie et que les deux princes se partagèrent le pays par la paix conclue à Meersen, ils monnayèrent en commun. Nous n'avons à mentionner ici que pour rappel les pièces qui furent l'objet de cette fabrication et sur lesquelles le nom HLVDOVVICVS est associé au monogramme de Charles; nous nous sommes quelque peu étendu sur leur description dans notre précédent chapitre (§ I).
Cappe a pubHé un denier, déjà représenté dans le livre de Bohl ', qu'il n'hésite pas à classer à Louis le Germanique. Cette pièce frappée à Trêves porte HLVDOVVICVS REX et au revers le nom de l'atehcr TREV-ERIS en deux lignes. C'est la répétition textuelle du type de Louis le Débonnaire que nous avons encore vu en usage sous Lothaire IL Gariel n'a pas eu connaissance de ce denier, mais son attribution à Louis le Germanique nous semble difficilement contestable.
Louis le Germanique mourut en 876 laissant ses états à ses trois fils, Carloman de Bavière, Louis de Saxe et Charles le Gros. Le second eut comme part de l'héritage paternel une région de la Germanie et les provinces lotharingiennes.
B. — Louis de Saxe.
Louis de Saxe s'empara sur Louis le Bègue, roi de France, de la région lotharingienne que Charles le Chauve avait obtenue au partage de Meersen. Il fut donc maître non seulement du pays messin, mais de Verdun et de Toul. M. Ch. Robert, qui a traité des monnaies de la
I. Ahhildufi^en der trierischen Mtinien. Hanovre, 1837, pi. I, fig. i.