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LES DÉBUTS DD MONNAYAGE FÉODAL EN FRANCE ET EN GERMANIE

Sources : E. Gariel, Les monnaies royales de France sous la race carolingienne. Strasbourg, 2 vol. in-4, 1883-188 5. — A. de Barthélémy, Lettre à M. E. Cartier sur les concessions du droit de frapper monnaie faites par les Carolingiens aux prélats, dans la Revue numism., 185 1, p. 27. — A. de Longpérier, Observations sur quelques monnaies épiscopales de Strasbourg et de Constance dans la Revue numism . , 1857, p. 319. — F. Poey d'Avant, Monnaies féodales de France. Paris, 3 vol. in-4, 1858-1862. — E. Caron, Monnaies féodales françaises. Paris, in-4, 1882-84.

Le grand mouvement féodal ne commença, dans le monnayage, comme dans le domaine politique, qu'après la chute des Carolingiens. Nous n'aurons donc à constater ici que des tentatives isolées d'affranchissement monétaire immédiat, ou une préparation lente à la révolution générale qui va s'accomplir.

§ I. — Octrois de la Moneta à des établissements religieux.

On a vu que dès les temps mérovingiens plusieurs églises et monastères reçurent, à-titre de don du souverain, l'immunité des impôts qui entraînait avec elle la possession d'un atelier de monnayage. Plusieurs personnages ecclésiastiques, évêques ou abbés, profitèrent de la circonstance pour donner aux espèces frappées par leurs soins un caractère personnel qui tranche sur l'ensemble des types et des légendes des monnaies mérovingiennes.

Cette tentative d'affranchissement prit fin à l'avènement de la maison carolingienne; mais, si Pépin le Bref édicta des dispositions législatives pour concentrer dans ses mains le droit de signer le numéraire, il n'enleva point aux établissements religieux le lucratif privilège de fabriquer la monnaie au nom royal.

Les nombreux noms de saints qui se lisent le plus souvent au génitif, en sous-enténdant ecclesia, monasterium ou monetay sur les deniers de Pépin, de Carloman et de Charlemagne nous instruisent du grand nombre d'ateliers monétaires qui n'étaient pas pour le roi une source de revenus et dans lesquels la signature du signe d'échange n'avait Heu pour le souverain qu'^^ honorem sans bénéfice palpable.

Les Carolingiens augmentèrent le nombre des ateliers religieux fabriquant de la sorte et, sous Charles le Chauve, l'extension que le monnayage ecclésiastique au nom royal avait .pris peut être considérée comme Tune des causes principales de Tinexécution de l'édit de Pitres qui limitait, comme on sait, \ onze le nombre des forges monétaires du royaume.

Des l'année qui suivit l'édit de Pitres, c'est-à-dire des 865, nous vovons Charles le Chauve en amoindrir les effets et accorder à Erkenrad, évoque de Châlons-sur-Marne, le droit de fabriquer la monnaie au nom du roi et d'encaisser, au profit du chapitre, les bénéfices résultant de cette industrie. La seule charge imposée à l'église de Châlons est la célébration à perpétuité d'un service pour le repos des âmes du roi et de la reine. L'octroi f.iit à Erkenrad n'est qu'un exemple d'une quantité de concessions analogues, dont nous croyons devoir donner la liste, encore bien qu'un grand nombre d'entre elles soient connues par des chartes manifestement entachées de fliux. On sait que les feudataires ecclésiastiques ne se firent jamais fiiute d'appuyer leurs usurpations monétaires d'un titre portant la rubrique carolingienne.

861. — Le 28 juillet, par «.liplômc lI.Uc d'Aix-la-Chapello Lothairell donne à Ansbold,

abbé de Priim, le droit de marché et de monnaie pour la localité de Rommersheim. 874. — Charles le Chauve accorde la nionetaà, la demande d'Isaac, évêque de Langres,

à l'église de Saint-Mammès de Langres et à celle de Saint-Etienne de Dijon. Il

l'accorde également à Arduic, archevêque de Besançon. 87 7. — Charles le Chauve confirme les droits monétaires à Wilbert, évêque de

Ch.ilons-sur-Marne et à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons.

Un peu plus tard se place un octroi de Carloman en faveur de Tévêque d'Autun.

886. — Charles le Gros confirme la vicucta à Geïlon. évêoue de Langres.

888. — Arnould de Carinthie concède les droits monétaires aux archevêques de Brème. Les motifs de la concession sont fort curieux : Super hacc ctiam pcrcussuram niiuionim et juyotiathii usiuu in iv 'r/;/ h-'û\ Brcnia nuucupjto, ficri pcnnittinius, sicnt liiiJiiui cccJisiiC tjtisdi'ni rictoribus ii: lLui:>:pnr^ {WMvibouï^) conccssum fuisse , scd propter iufcstalioucs pJî^iiuorum nu ne inUi .>•.-.• ;.\V7 possc conipcrinius.

889. — Eudes donne à la demande do Bliî:;aire, abbé de Saint-Philibert de Tournus, la niofh'tJ à son monastère. Cette c^iarte semble interpolée.

Le même roi coniii me 1 js dioii^ monétaires de l'évéque de Langres.

Arnould de Carinthie J.o'.inc à Egilmar, évêque d'Osnabruck, le droit d'avoir

dans cette ville un marché, un ton'.ieu et une monnaie. 80S. — Le 14 octobre. Arn niKi de Carinthie reconnaît les droits monétaires de Dietloch,

évêque de Worms.

Zwentibold, roi de Lorraine, donne à l'abbaye de Prum le droit d'avoir une

pu'r'ÏM /.',\v;./.;.

ooD. — Cb.arles le Simple signe un diplôme de monnaie en faveur de l'église de

Saint-Na.':aire d'Autun.

La même année, il donne la 7}:oKctj de Tournai à Tévêque Heidilon.

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