NORMANDE, DANS LE SUD
§ I. — Les Carolingiens, empereurs et rois d'Italie,
Sources : Les ouvrages généraux indiqués en tête du chapitre premier. — J. Bergmann, Mûnien von den Kaisern und Kônigen Cari dem Dicken, Berengar von Friaul, Guido von Spoleto und seinem Sohne Lambert, dann von Arnulph von Kàrnthen (allein und mit Berengar) von etwa 880-900 nach Chr. Geburt, dans V Œsterreicher Geschichtsforscher, publié par Chmel, 1838. — L. Deschamps de Pas, Quelques monnaies des empereurs de la race carlovingienne frappées en Italie dans la Revue numismatique, 1839, p. 371. — F., et E. Gnecchi, Le monete di Milano da Carlo Magno a Vittorio EmanuelelL Milan, 1884, in-4. — C. Brambilla, Monete di Pavia raccolte ed ordinatamente dichiarate. Pavie, 1883, in-4. — Pour une bibliographie plus détaillée on consultera : F. et E. Gnecchi, Saggio di bibliografia numismatica dette \ecche italiane. Milan, 1889, in-8.
Il était difficile de séparer des monnaies frappées en France et en Germanie, celles qu'émirent en Italie les premiers souverains de la maison carolingienne. Le type et, la forme des espèces sont les mêmes, qu'elles soient fabriquées en deçà où au delà des monts. Nous devons donc renvoyer à nos chapitres précédents pour ce qui concerne les émissions italiennes de Charlemagne, de Louis le Débonnaire et de ' Lothaire L A partir de ce règne, l'aspect des deniers italiens change néanmoins et permet au numismate de faire de ces pièces un groupe national comprenant les ateliers de Milan, Pavie, Trévise et Venise.
Louis II d'Italie (855-875). — Dès 844, Louis fut couronné roi de Lombard ie; le 2 décembre 850, Lothaire l'associa à l'empire. A la mort de son père, Louis fut couronné empereur et fixa à Pavie le siège de son gouvernement.
Garicl attribue à Louis II un denier à tête et au type dit de la porte de ville, frappe à Pavie. Louis le Débonnaire avait déjà fait usage de cette empreinte dans cette ville, mais les légendes du droit de ses monnaies sont plus correctes et plus régulières que celles du denier
classé à Louis II. L'atelier de Milan émit vraisemblablement sous le fils de Lothaire des deniers au temple avec XPISTIANA RELIGIO qui se distinguent de ceux de Louis le Débonnaire par un flan plus mince et un module plus grand.
En 864, Adelgis, prince de Bénévent, dont les états avaient été envahis par les Sarrasins, appela l'empereur à son aide. C'est à cette époque que doivent avoir été frappés les deniers sur lesquels le nom de Louis II est associé à celui d'Adelgis ; le type de ces pièces est celui des monnaies bénéventines : + LVDOVVICVS IMPE. Fleur accostée de A et R. 15^4- ADELHIS PRINCES. Croix à double traverse accostée de TT et II.
L'entente entre Adelgis et l'empereur ne fut pas de longue durée. Louis traita le Bénéventin en pays conquis et s'installa dans la capitale du duché. C'est apparemment alors qu'il frappa les deniers de grand module portant son nom seul et, au revers, l'indication de l'atelier BENE-BEN-TVM en trois lignes. La conduite de l'empereur devait amener des représailles; le 25 août 871, Adelgis força le palais qu'habitait Louis II, s'empara de sa personne et le retint prisonnier. Il ne le remit en liberté que le 17 septembre, après lui avoir fait jurer de ne plus jamais entrer en armes dans la principauté. L'an 873 Louis II rentra, malgré son serment, dans le Bénéventin à la tête d'une puissante armée. Le pape Jean VIII l'avait délié de sa promesse. Néanmoins, l'empereur, inquiet dans sa conscience, eut recours à un expédient : il remit le commandement de ses troupes à sa femme Angilberge qui fit la guerre en son nom.
Les événements que nous venons de rappeler sont constatés d'une
manière très curieuse par des souvenirs numismatiques. On possède des deniers sur lesquels les noms de Louis et d' Angilberge sont réunis ; le style de ces pièces est essentiellement bénéventin; il Fig- SOI en existe de trois coins différents; le
type est formé des lettres IMP, d'une croix, d'un chrisme, d'un monogramme cruciforme ou d'une légende biHnéaire (fig. 501).
Charles le Chauve (875-877). — Charles le Chauve fut proclamé empereur après la mort de Louis IL On a de lui un denier de Pavie portant du côté de la croix + KAROLVS IMPERATOR, et de l'autre PAPIA en une ligne. C'est à tort, pensons-nous, que cette pièce est donnée par quelques auteurs à Charles le Gros.
Il en est de même des plus petits des larges deniers à la légende chré-