‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 168 sur 206 · VI. — LE MONNAYAGE FEODAL · texte numérisé non relu

VI. — LE MONNAYAGE FEODAL

au revers le nom de la ville, diversement orthographié, LVGVNIS Cl- VITS, LVCDVNS CIAITS, etc. Les deniers de Guillaume forment sous le rapport du type deux groupes. Les uns ont à Fav^.rs un monogramme dans lequel M. Récamier trouve les éléments du nom royal CONRADVS, les autres remplacent ce monogramme par COMES disposé en croix, TO formant le centre. Les légendes circulaires sont + VVILELMAS ou V -VILELIVIVS et au revers LVGDVNIS CIVIS.

La première monnaie allemande sur laquelle figure une signature autre que celle du roi de Germanie est une obole, publiée par Grote^

portant d'un côté autour d'une croix pattée + LVDOVVIC et de

l'autre, autour d'une croisette, BRVNO. Ce Brunon est le duc de Saxe qui fut chargé en 876 par Louis de Saxe de défendre les régions côtières contre les incursions des Normands; il mourut en 880. L'émission de cette monnaie eut lieu vraisemblablement à Hambourg, mais elle resta un fait isolé.

Les feudataires allemands ne s'affranchirent de l'autorité royale ou impériale que dans le cours du x*^ siècle ; l'exemple fut donné en Lotharingie par le duc Gislebert, mais cette tentative n'étant pas positivement antérieure à l'extinction de la maison carolingienne, nous en réserverons l'examen pour notre troisième partie.

§ IV. — Monnayages féodaux débutant par V anonymat.

Dans les deux paragraphes qui précèdent, nous n'avons relevé que les monnayages sur l'origine féodale desquels aucun doute ne pouvait subsister dans l'esprit de celui destiné à en utiliser les produits comme signe d'échange. Il s'en faut que partout les feudataires aient osé lever avec autant de désinvolture l'étendard de l'autonomie monétaire. Dans beaucoup d'ateliers, si la mention royale disparaît, aucune autre ne s'y substitue et la ville d'émission est seule désignée par la légende.

L'époque exacte d'un grand nombre de pièces de cette catégorie est très difficile à déterminer : on doit hésiter à dire si elles remontent à la fin des temps carolingiens ou si elles ont été émises immédiatement après l'avènement de la maison capétienne. Il est toutefois permis d'affirmer que dès Charles le Simple certains monnayages anonymes commencèrent. Les pouvoirs locaux, ballottés qu'ils étaient entre Charles et Eudes, faisaient montre de neutralité politique en omettant le nom de tout prétendant à la couronne royale.

I. Grote, Ohol Ludwig's tind Bruno' s dans ses MûnistudieHy t. II, p. 778.

Le groupe le plus important des monnayages féodaux débutant par l'anonymat occupe, au point de vue géographique, la Champagne et la Touraine. Le nom du roi n'est pas mentionné, et si une indication vient se joindre à celle de l'atelier monétaire, c'est souvent un deuxième nom de ville.

Dans d'autres régions, et principalement en Poitou, dans les Marches d'Espagne, dans la Franche-Comté et le Chablais, c'est dans l'immobilisation pure et simple d'un type ro)^al que nous trouvons un acheminement vers l'indépendance et l'autonomie des émissions.

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