L ITALIE
nayage sont anonymes; à l'avers, le nom de la ville CAPVA traverse le champ; au revers, le nom de saint Michel, patron de Bénévent, entoure une croix pattée (fig. 561).
D. Promis estimait que les comtes de Capoue n'exercèrent jamais le droit de battre monnaie pendant la période dont nous nous occupons. Les découvertes sont venues appuyer le dire de ce savant, car toutes les pièces frappées à Capoue le furent dans des circonstances exceptionnelles.
En 872, Landenulfe, de la famille des comtes de Capoue, désireux d'obtenir l'évêché de cette ville, se soumit au pape et fit battre monnaie au nom de Jean VIII. Quelques années plus tard, le comté de Capoue fut réuni de nouveau à la principauté de Bénévent par l'avènement au trône du comte Aténulfe I en 900. Celui-ci ouvrit à Capoue un atelier monétaire, où il émit un certain nombre de follari de bronze.
Fig. 561
§ VI. — Les duchés de l'Italie byzantine.
Sources : A. G. Sambon, Monete deî ducato napolctano dans VArchivio storico per le Province napolitane, t. XIV, 1889. — M. Caméra, Importante scopcrta del fanioso taréno di Amalfi e di un* altra tnoneta inedita del doge Mansone III. Naples, 1872, in-8. — Un certain nombre de travaux indiqués en tête du § V.
Après la chute de l'exarchat de Ravenne, en 752, l'empire byzantin ne posséda plus en Italie que la partie méridionale de la péninsule; mais de bonne heure, les villes maritimes de la Campanic, Naples, Gaëte, Amalfi, Sorrente, s'organisèrent en républiques. En 827, les Sarrasins Aglabites d'Afrique commencèrent à se rendre maîtres de la Sicile; de là, ils firent de fréquentes descentes sur les côtes d'Italie, où ils établirent des colonies militaires plus ou moins durables.
a) Duché de Naples.
La chronologie des premiers ducs de Naples est très obscure ; les dates données par les historiens sont souvent incertaines et plusieurs noms manquent à la série. A la fin du viii' siècle, précisément au début de la période qui intéresse le numismate, les données deviennent un peu plus sûres.
Etienne I, évêque et duc, 758-789.
Théophile, son gendre, 789-. . .
Anthyme, . . .-813.
Théoctiste, 813.
Théodore II, 814-817.
*Etienne II, 821-832.
Bon, ....
Léon, fils de Bon, ....
André, . . .-840.
* Serge I, 840-860.
Grégoire I, son fils, 860-867.
Serge II, 867-877.
*Athanase, évêque et duc, 877-900.
Grégoire II, 900-916.
Jean III, 916-944.
Marin, associé par Jean III son père, 944-
Jean IV, ...-982.
Serge III, 982-. . .
Serge IV, . . .-1040.
Jean V, 1040-1064.
Serge V, 1 064-1 071.
Serge VI, 107 1-
Jean VI, ....- ...
Serge VU, ... .-11 37.
Serge VII fut le dernier duc de Naples. Roger, roi normand de Sicile, duc de Fouille et de Calabre, lui déclara la guerre ; après une soumission suivie de révoltes et de luttes, Serge VII périt dans une bataille, en 11 3 7.
La numismatique du duché de Naples vient d'être l'objet d'une étude très consciencieuse de la part de M. Arthur Sambon; aussi notre tâche se bornera-t-elle à donner un résumé de son mémoire.
Naples fut un ateHer des empereurs byzantins. Jusqu'au viii^ siècle on trouve des monnaies impériales frappées dans cette ville. Les premières pièces témoignant d'une autonomie, sont caractérisées par la substitution de l'image de saint Janvier à celle de l'empereur (fig. 562).
La tradition rapporte que, saisis de terreur, lors d'une éruption du Vésuve en 685, les Napolitains se mirent sous la protection de l'évèque martyr, et que les flammes s'étant miraculeusement arrêtées, le duc Théocrite fit frapper des monnaies à l'image de saint Janvier, afin de rendre grâces à Dieu et de laisser à la postérité un monument durable de ce miracle. Cette tradition est évidemment erronée et l'époque à laquelle parurent les premières monnaies à l'effigie de saint Janvier est beaucoup plus récente. M. Sambon place l'émission initiale de ces intéressants/o/Zan au moment où Naples se révolta contre la fureur iconoclaste de Léon llsaurien.
Fig. S62
A ces monnaies de bronze anonymes en succèdent sur lesquelles paraissent les noms de deux ducs, Etienne et Serge; l'existence de