‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 183 sur 206 · VIII. — L ANGLETERRE · texte numérisé non relu

VIII. — L ANGLETERRE

profil. Il est impossible de décrire, tant les détails en sont variés, les types qui ornent le champ des pièces; on y voit des entrelacs, des croix de toutes formes, des fleurons, des losanges, des figures étranges (fig. 568 à 572).

^'g- 571 Fig. 572

Il nous reste à énumérer les différents monétaires qui signent les deniers d'Offa et qui sont très nombreux: Aelred, Alhmund, Babba, Beaneard, Beghard, Berneard, Botred, Ciolhard, Dud, Eadberht, Eadhun, Ealhmund, Ealraed, Edelmod, Eoba, Ethelnoth, Ethelvald, Fethvald, Hearer, Ibba, Inovuth, Lulla, Oethelres, Ohlmund, Osmod, Oter, Pehtvald, Pendred, Redwin, Rendred, Vintred, Winred ou Wendraed, Wenvald, Wilhun, Winoth, Wivuth. Nous ne citons dans cette nomenclature que les formes les plus complètes ^

A la série du roi Offa viennent se joindre quelques deniers signés par sa femme, la reine Cynethryth, dont le nom paraît dans des chartes de 772 à 788. On ignore à quelle occasion le roi délégua à sa femme la signature du signe d'échange.

Les deniers de Cynethryth sont de deux types. D'un côté figure toujours la légende + CYNEORY'S'.*. REG'IN autour de la lettre SU, initiale de Merciae placée au centre ; de l'autre se montre soit le buste de la reine de profil à droite, soit une quartefeuille ornée. Le seul monétaire qui signe les espèces est Eoba ou Oba.

Pendant les vingt-deux ans que dura son règne, Coenwulf (796-8x8) battit une grande quantité de deniers reproduisant en général les types d'Offa, mais la gravure est de beaucoup inférieure à ce qu'elle était

sous ce prince. Les pièces portent ou non le buste du roi et, presque toujours, le titre de COENVVLF REX ou CENVVLF REX est suivi de

I . Nous transcrivons dans tous ces noms de monétaires, le d barré anglo-saxon par les lettres //;.

de l'initiale W,, Les types des revers se composent de croix avec diverses ornementations, de l'emblème à trois branches appelé trihrach par les Anglais (fig. 573), de quatre croissants adossés, de cercles renfermant un ou plusieurs globules, de carrés, de la lettre A initiale de l'Etat d'Est-Anglie annexé par Offa en 793, de la lettre 5K, du nom royal ou du nom du monétaire écrit en plusieurs lignes dans le champ.

On a reconnu les noms suivants de monétaires sur les monnaies de Coenwulf; ainsi que nous l'avons dit, plusieurs de ces noms se retrouvent sur les espèces de Cuthred et de Baldred, rois de Kent, vassaux du monarque mercien : Babba, Beornfreth, Botred, Ceolbeald, Ceolheard, Dealla, Diar, Diormod, Dodel, Duda, Dun, Eaba, Ealhstan, Eanmund, Ecberht, Edelmod ou Ethelmod, Edtfotr, Elhuun, Eoba, Hereberht, Ludaman, Lui, Oba, Pendwine, Sigeberht, Sigestef, Swefnerd, Tidbearht, Werheard, Wighard, Wighed, Wilhun, Wintred, Withed, Wither, Wodel.

Le successeur de Coenwulf, Ccolwulf I (819), ne régna qu'un an. C'est une des grandes difficultés de la numismatique anglaise que la distinction à établir entre les espèces de Ceolwulfl et celles de Ceolwulf II (874-878). On attribue aujourd'hui au premier de ces princes les

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Fig. S7S Fig. 576

pièces qui reproduisent les types de Coenwulf (fig. 575 et 576); mais la difficulté est loin d'être vaincue et elle ne pourra l'être que par une heureuse trouvaille. Quelques-uns des deniers classés par les auteurs anglais à Ceolwulfl portent le nom de l'atelier de Canterbury.

Sous le règne de Bcornwulf (820-824) les Est-Angliens alliés à Ecgbeorth, roi de Wessex, se délivrèrent de la domination mercienne qu'Ofia leur avait imposée. En 823, Ecgbeorth défit Beorwulf dans la bataille décisive d'Ellendune et annexa à ses propres États le Kent et l'Essex qui avaient été jusqu'alors soumis au royaume de Mercie. Beornwulf et son successeur Ludica périrent tous les deux en voulant tirer vengeance de cet échec.

On possède peu de monnaies de Beornwulf. Leur type est le buste de profil et au revers une petite croix recroisetée ou le nom du monétaire écrit en trois lignes. Cinq monétaires diff"érents sont connus pour ce rè^ne : Eadnoth ou Edonod, Eadwas, Eucsta, Monna et Werbald.

VITI. L ANGLF.Tl-RRl-

Ludîca (824-825) n'occupa le trône que pendant dix-huit mois environ. Ses types sont les mêmes que ceux de son prédécesseur ; de ses trois monétaires, Eadcar, Eadnotli et Wcrbald, deux étaient déjà en fonctions sous Beornwulf.

/FzV /a/ (825-839) ne fut guère plus heureux que ses prédécesseurs dans ses luttres contre Ecgbeorth, roi de Wessex. En 828, il fut contraint de lui rendre hommage et de lui payer tribut. Les monnaies de Wiglaf, dont le style négligé témoigne de la décadence du royaume, sont aujourd'hui de la plus haute rareté; leurs types différent peu des pièces de Beornwulf et de Ludica. On y lit le nom des monétaires Huunoell et Redmand.

Les pièces de Bcrhtulf (839-852) sont beaucoup moins rares que celles de Wiglaf; elles ont généralement à l'avers le buste du roi, de profil, avec la légende BERHTVLF REX. BERHTVVLF REX. parfois suivie de l'initiale mercienne 5T^. Les revers conservent, comme d'habitude, le nom d'un monétaire, mais ce nom est rarement suivi du titre de monetarius ; \em type se compose généralement de croix de formes variées, croix pattées, potencées, recroisetées, superposées, etc. Un denier dépourvu du buste de Berhjulf porte d'un côté un chrisme et de l'autre la lettre 5P. Le style des deniers de ce roi est plus simple que celui de ses prédécesseurs; il y a une abondance beaucoup moins grande de globules, de grènetis et d'entrelacs ; on se rapproche, dans une certaine mesure, du faire carolingien, moins compHqué, mais en même temps plus sévère que celui de l'école artistique d'Offa et de ses successeurs.

On trouve sur les deniers de Berhtulf les mentions suivantes de monétaires : Brid, Burnvald, Denemean, Eadvald, Eana, Eanbald ou Eanrald, Liaba, Liabaund, Osuulf, Osyaef, Sigeheah, Tatel, Wigehean et Wine.

Le monnayage de Burgrcd (852-874), à en juger par le nombre d'exemplaires connus aujourd'hui, fut le plus actif de toute la dynastie mercienne; mais, ainsi que l'a fort bien dit Lelewel, « le grand nombre de numéraire n'es tpas une preuve de la prospérité d'un état ». Nous approchons à grands pas de la conquête danoise.

Tous les deniers de Burgred ont, sous le rapport du type, un aspect général commun (fig. 577) : la tête du roi entourée de son nom et de son I. 20

Fi:

titre sur l'une des faces ; le nom du monétaire écrit en une ligne au centre du revers, avec MON au-dessus et ETA au-dessous. La dernière lettre du nom du monétaire précède souvent le MON et quelquefois l'ETA. Le roi signe BVRGRD un denier du monétaire Diarulf, mais sur toutes les autres pièces, l'orthographe adoptée est BVRGRED ; les titres sont RE, REX, RE M, REX M. Sur une pièce fabriquée par Dudecil, le roi Burgred est qualifiée REX A; ce titre témoigne de certaines prétentions que le souverain de Mercie éleva, au début de son règne, à la possession de l'Est-Anglie.

Les pièces de Burgred sont en général d'une bonne frappe et d'une excellente conservation; le métal en est souvent assez allié et le poids est loin d'être uniforme. Voici les monétaires reconnus pour ce règne; nous ne donnons, comme de coutume, que les formes les plus complètes : Beacilia, Beagstan, Bearnean, Berhtel, Beurni, Biarnulf, Biornoth, Blehtici, Ceallaf, Cedliaf, Ceinred, Cethellulf, Cunehelm, Cuthberht, Dada, Dealge, Dealinc, Deala, Dia, Diainle, Diarulf, Diarvald, Diga, Duda ou Duthda, Dudec, Dudelm, Dudemtan, Dudwine, Eadlulf, Eadnoth, Eanarl, Eanbed, Eanred, Elfear, Ethelhaf ou Ethelulf, Ethered, Framric, Gernthe, Gudmund, Guthere, Guthhele, Hassa, Hatwic, Heagle, Heavulf, Hereferth, Heremelth, Hevulf, Hucca, Hugered, Idica, Inca, Lefle, Liafman, Liafna, Liafvald ou Linfwald, Lude, Ludig, LuUa, Mamman?, Messa, Osmund, Tata, Tatel, Tidehelm, Wlfeard, Vuhne, Wifeard, Wine, Wulfeard.

En 874, Burgred fut chassé de ses États par les envahisseurs danois. Il se retira à Rome où il mourut. Les conquérants Scandinaves donnèrent la Mercie à Ceolwulf II (874-877) pour la lui retirer trois ans plus tard. Nous avons dit, en parlant de Ceolwulf I, les difficultés que

présente le classement et la répar- ^^^^'M^^l^ tition des monnaies de ces deux princes. Aujourd'hui on ne reconnaît plus au protégé des Danois que deux types; l'un et l'autre donnent Fig. 578 à l'avers le buste à gauche ; au re-

vers figure soit une grande croix évidée en losange et cantonnée des syllabes du nom du monétaire: DEALING MO, LIOFVALD MO, soit une représentation fort remarquable imitée des monnaies romaines du bas empire ou, pour préciser davantage, d'un sou d'or frappé en Bretagne par Magnus Maximus, deux figures assises sur un trône, surmontées d'une Victoire les ailes ouvertes. Cette dernière pièce, restée unique, est signée par le monétaire Ealdovulf (fig. 578).

L ANGLETERRE

La Mercie appartint aux Danois jusqu'en 880; elle fut annexée ensuite par le roi Alfred, qui en donna le gouvernement à Ethered à titre de comté, mais en réservant, suivant toute apparence, l'exercice des droits monétaires.

§ III. — Archevêché de Canîerbury.

La date de l'octroi d'un atelier monétaire à l'archevêque de Canterbury n'est pas connue; mais les premières pièces authentiques, portant le nom d'un prélat, sont de rares deniers de Jaenherht qui occupa le siège de 763 à 790. Ces monnaies sont au nom d'Offa, roi de Mercie, et empruntent ses types. Le nom de l'archevêque apparaît sous les formes suivantes: lAENBRHT AREP. lENBERHT AREP. lENBERHT ARP.

Le successeur de Jaenberht, Aethilheard (790-803), fut le contemporain d'Offa et Coenwulf; la signature de ces deux princes paraît sur

Fig. S79 Fig. 580

les deniers archiépiscopaux dont les coins reproduisent des dispositifs merciens (fig. 5 79 et 580). Aethilheard s'intitule indifféremment ARCEP (archiepiscopus) et PONTI (pontifex), titre tout à fait exceptionnel sur des monnaies archiépiscopales.

Vulfred (803-830) affranchit son numéraire du contre-seing royal et bat des deniers, complètement autonomes, au droit desquels il met invariablement son buste de face entouré de VVLFRED ARCHIEPIS ou ARCHIEPI. Au revers, le nom de la cité est parfois écrit en trois lignes: DORO BERNIA CIVITAS, et envahit tout le champ; d'autres fois, la bordure est occupée par le nom du monétaire Swefnerd circulairement disposé, et le centre est rempli par DRVR CITS en deux lignes ou par un monogramme dans lequel on a cru reconnaître l'indication de Canterbury. Le monétaire Swefnerd signe des deniers de Coenwulf, roi de Mercie.

Théogild, le successeur immédiat de Vulfred, n'occupa le siège que pendant trois mois. On n'en a pas retrouvé de monnaies et il est très possible qu'il n'en a jamais battu. Nous avons, par contre, d'assez

DliUXlLME l'AKTll-

Fig. $8i

nombreux souvenirs métalliques de Ccohwth qui gouverna le diocèse de 830 à 870. Toutes les monnaies de cet archevêque portent d'un côté son buste, son nom et son titre; généralement, l'elligie est vue de face; e profil est une exception. Dans tous les cas, le bas du buste coupe la

légende, et c'est ce qui distingue surtout les deniers de Ceolnoth de ceux de Vulfred, qui tous ont l'image archiépiscopale resserrée dans le grènetis intérieur. On ne trouve pas moins de six types di^Férents pour le revers; tantôt c'est un nom de monétaire écrit sur les branches et MON ETA dans les cantons d'une large croix, dispositif créé sous Ethelwulf et Aethelbearht; tantôt c'est un chrisme comme sur des pièces d'Ethelwulf; tantôt une croix cantonnée de CI-VI-T-AS avec DOROVERNIA en légende extérieure; tantôt le monogramme déjà signalé sous Vulfred (fig. 581); tantôt des légendes biHnéaires, etc.

Les deniers de Ceolnoth sont garantis par la signature d'un assez grand nombre de monétaires : Biamred, Biarnulf, Biornmod, Ceolmod, Cenvar, Diala, Ethelvald, Hebeca, Herebearht, Liabincg, Svebneard, Tocga, Wunher.

Eihered succéda à Ceolnoth en 871 et occupa le siège pendant vingt ans. Malgré la longue durée de son archiépiscopat (871-890), on n'en a retrouvé que deux deniers. L'un porte son buste à droite et est d^excellent style; l'autre trouvé à Cuerdale ressemble aux pièces les plus communes de Plegmund.

Plegmund (891-923) ne mit jamais son effigie sur les deniers dont le revers montre uniformément le nom d'un monétaire en deux lignes séparées par des croisettes et des globules. Au droit, nous trouvons une croix, le plus souvent très petite et placée au centre du champ (fig. 582). C'est le type d'Alfred le Grand. D'autres pièces montrent une croix surmontée d'une sorte d'oméga, représentation dans laquelle des auteurs

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Fig. $8}

d'outre-Manche ont voulu voir un bâton pastoral. On trouve encore XDF placé dans le champ 011 ûO-RO en deux lignes (fig. 583).

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