INFLUENCES DU MONNAYAGE CAROLINGIEN
Sources: J. Dirks, Monnaies anciennes trouvées en Frise, dans la Revue belge de numismatique, 1858, p. 8-15. — J. Dirks, La trouvaille de Pinjum, dans le même recueil, 1869, p. 199-205. — P.-O. Van der Chys, De munten der franhisch- en duitschnederlandsche vorsten. Haarlem, 1866, in-4. — J. Evans, A gold solidus of Louis le Débonnaire, dans le Numismatic Chronide, 1884, p. 259-262. — H. Grote, Dorstadt in Lithauen, dans les Blàtter fiir Mûnifreunde, 1875, col. 357. — K. Stronczynski, Dawne monety polskie dynastyi piastôiu i Jagiellonow, Piotrkôw, 1883-1884, in-8, t. I, p. 10 et suiv.; t. II, 4 et suiv. — H. Dannenberg, Die deulschcn Miin:^en der sàchsischen und [frànkischen Kaiserieit, Berlin, 1876, in-4. — H. Hildebrand, Nordens àldsta mynt d^ns le K. Vitt. Hist. 0. Antiqv. Akad. monadsbiad, 1886, p. 163-165. — C.-F. Keary, The earliest scandinavian coinage dans le Numismatic Chronide, 1887, p. 222 et suiv.
Nous groupons dans ce chapitre le monnayage de divers peuples barbares situés aux confins de l'empire carolingien et qui frappèrent des copies grossières du numéraire d'Occident apporté, dans leurs régions, par le commerce. Cette numismatique d'imitation a été très peu étudiée jusqu'à ce jour; aussi ce chapitre n'a-t-il d'autre prétention que de présenter, pour la première fois, réunis, des matériaux épars. Peut-être en indiquant ce sujet encore neuf, tenterons-nous la curiosité de quelque numismate et provoquerons-nous la publication d'un mémoire intéressant.
Fis. 60S
Les Frisons, qui avaient appris des Mérovingiens le monnayage de l'or, conservèrent longtemps pour ce métal une prédilection très marquée. Nous avons signalé précédemment les nombreuses imitations de monnaies franques qui se découvrent dans le pays compris entre l'Ems
et le Zuiderzée. Pendant l'époque correspondant aux temps carolingiens, les monnayeurs de la Frise prirent comme modèle le sou d'or de Louis le Débonnaire (814-840), que Wigmund, archevêque d'York (851-854), copia également en Angleterre.
Les sous d'or frisons reproduisirent d'abord servilement la pièce carolingienne, mais peu à peu leur travail malhabile descendit tous les échelons de l'art pour tomber dans une complète barbarie. Nous donnons, sous notre fig. 608, un exemplaire sur lequel la légende primitive HLVDOVVICVS IMP AVG, est encore déchiffrable; les pièces les plus communes montrent, au lieu de lettres, une succession de traits verticaux. Le métal suit un affaiblissement parallèle à la dégénérescence successive du type : l'or, d'abord assez pur, finit par être presque blanc, à force d'alliage.
Fig. 609 Fig. 610
Nous ne quitterons pas les imitations du sou d'or de Louis le Débonnaire, sans signaler la curieuse pièce publiée il y a quelques années par M. J. Evans (fig. 609). Cet aureus, qui fut trouvé dans l'île de Man, est-il frison, anglo-saxon ou Scandinave ? Il serait téméraire de se prononcer. Nous le rapprocherons toutefois d'un sou, enchâssé dans une bordure et monté en fibule (fig. 610), qui appartenait autrefois à M. Dancoisne^; les deux pièces sont d'une facture identique et doivent avoir une origine commune.
Les rapports constants que les Frisons entretinrent avec l'Angleterre et les pays carolingiens finirent par avoir raison de leur routinière»
Fig. 611
fidélité à l'étalon d'or. Une trouvaille considérable faite à Pinjum, près de Leeuwarden, a fait connaître les produits des ateliers de la Frise
I. Cf. Bulletin de la Commission des antiquités du Pas-de-Calais, t. I, 1848-59, p. 172.