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LES SCANDINAVES

pendant la première moitié du x^ siècle : des deniers d'argent copiés avec la plus grande maladresse des pièces strasbourgeoises avec 4- HLV- DOVVICVS PIVS et ARGENTI-NA CVITAS (fig. 611) frappées par Louis l'Enfant (900-911), le dernier carolingien d'Allemagne. Pourquoi ce modèle a-t-il été préféré à tout autre? nous l'ignorons. Le hasard a souvent été la seule cause du choix d'un prototype. Ici le hasard a dû être secondé par la navigation du Rhin.

Duurstede, l'atelier le plus fécond du règne de Charlemagne, était, pendant la première moitié du ix* siècle, la métropole commerciale du Nord. C'est de Duurstede et de Hambourg que partirent les premiers chrétiens qui catéchisèrent le Danemark et élevèrent une église dans le Schleswig. Il n'est donc pas surprenant de voir les monnaies frappées dans ses murs, devenir de très bonne heure, en Scandinavie, les prototypes d'émissions barbares auxquels M. H. Hildebrand a récemment consacré un très remarquable mémoire.

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Les deniers dont le savant conservateur du Musée de Stockholm constate la présence dans les fouilles de l'île de Bjorkô, en Suède, forment quatre groupes. Le plus ancien, peut-être contemporain de Charlemagne, reproduit les coins des deniers aux légendes biUnéaires : CARO-LVS et DOR-STAT (fig. 612). Le second groupe se compose de pièces conservant à l'avers une dégénérescence de CARO-LVS, mais

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ayant au revers une copie grossière des deniers duurstedois au navire (fig. 613). Le troisième groupe comprend des monnaies où se manifeste un art Scandinave propre ; à des traces de CARO-LVS ou à une image plus ou moins fidèle du bateau, est jointe au revers une représentation originale : un renne, deux oiseaux en regard, etc. (fig. 614).

Le dernier groupe est assez difficile à fixer au point de vue chronologique; les types formés d'une tête de face et d'un monstre regardant derrière lui (fig. 615) rappellent — toute proportion de module gardée — la sceatta anglo-saxonne si commune en Angleterre et en Frise, dont nous avons donné le dessin p. 17e, fig. 313.

De nombreuses trouvailles faites en Pologne, à Goslina, à Kruszwiça, à Jarocin, à Sôjkowic, à Plock, etc., renfermaient des deniers dégénérés de la pièce au CARO-LVS et DOR-STAT. Quelques-unes de ces pièces sont identiques à celles qui composent le premier groupe Scandinave dont nous venons de parler : il paraît évident pour nous qu'elles ont été importées. Les autres, d'émission plus récente, d'un type plus

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barbare, d'un flan de plus en plus mince jusqu'à ne plus être frappé qu'un d'un seul côté et à devenir de véritables bractéates, semblent être les produits du plus ancien monnayage polonais (fig. 616 et 617). C'est ainsi que les considère non seulement M. Stronczynski, dont l'opinion est quelque peu sujette à caution, mais encore M. H. Grote; celui-ci voit dans la dégénérescence de TflT l'origine des armes des princes de Lithuanie.

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Fig. 619

Les numismates d'Allemagne se sont occupés, depuis longtemps, d'un groupe de monnaies, dont le caractère distinctif est d'avoir autour du champ un rebord en relief. Ces pièces, qui se rencontrent habituellement dans les fouilles de la Prusse orientale et des côtes de la Baltique, ont été frappées par les populations slaves ou wendes. Les plus anciens de ces « IVcndcnpfcnmgc », les seuls dont nous ayons à parler ici, reproduisent le type des deniers et des oboles au temple de Louis le Débonnaire (fig. 618); quelques oboles un peu plus récentes sont de grossières copies de l'empreinte au monogramme caroHn (fig. 619).

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