V. — LES LOMBARDS
Garoald, 671-672.
* Bertrad ou Pertarid, rétabli, 672-680.
* Cunipert, 680-702.
Leutbert, 702.
Ragimbert, 702.
*Aripert II, 702-713.
Ansbrand, 715.
*Leutbrand, 713-744.
Hildebrand, 744.
* Radchis, 744-749.
*Astaulf, 749-756.
* Didier, 757-774.
*Athalgis, 774.
* Charlemagne, 774.
A l'époque où Lelewel écrivit sa Numismatique du moyen âge, la série monétaire des Lombards était pour ainsi dire complètement ignorée ; il y consacre à peine une page. L'année même où parut le livre de l'illustre Polonais, un savant italien, G. Cordero di San Quintino, publia un essai de monographie qui doit encore servir de base aux travaux qu'on voudrait entreprendre sur la numismatique des successeurs d'Alboïn. L'opuscule de San Quintino n'est cependant plus à la hauteur de la science actuelle; outre les erreurs qu'il renferme et qu'il faut redresser, il y a à tenir compte des pièces nouvelles découvertes depuis cinquante ans et que divers numismates tels que MM. MassagH, D. Promis, C. Brambilla et Feuardent ont mises en lumière.
Les monnaies des premiers rois lombards manquent encore dans les collections. Il est certain d'ailleurs que les émissions du début furent anonymes et ne font que reproduire des types mis en circulation par les empereurs de Byzance. Nous donnons, sous notre fig. 89, un tiers de sou d'or imité de ceux de Maurice Tibère (582-602), que la présence d'une particularité de fabrique, sur laquelle nous insistons plus loin, permet d'attribuer, en toute sécurité, aux Lombards.
Au milieu du vii*^ siècle, le roi Rotharis (636-652) étabUt une pénalité contre les faux monnayeurs, ce qui indique assez, dit M. de Barthélémy, qu'il se considérait comme possédant dans son intégrité le droit de réglementer et de frapper le numéraire de ses États ^ Voici le texte de la loi de Rotharis : « Si quis sine jussione régis aurum figu-
Fig. 89.
I. M. Brambilla a publié un tiers de sou lombard où il lit au droit : marinvs mo et au revers: d. n. rothary Victoria; mais cette lecture est loin d'être certaine et nous croyons avec M. Maurice Prou que cette pièce, conservée au Musée municipal de Brescia, n'est qu'une imitation barbare d'une monnaie impériale. L'usage de laisser aux monétaires la signature des espèces ne semble jamais être entré dans les mœurs administratives des Lombards. — Cf. Brambilla, Tremisse di Rotari, re dei Longohardi, ml Museo civico di Brescia. Pavie, 1887, gr. in-8.
raverit, aut tnonetam confinxerit, inanus ejus incidatur, » (Lex Longob., XXVIII, lib. I.)
Les Lombards semblent avoir eu un système complet de monnaies d'or, d'argent et de cuivre, mais les premières furent seules frappées en une certaine abondance, au point que dans un travail d'ensemble on peut en quelque sorte considérer les rares pièces de métal inférieur comme une quantité négligeable, n'influençant en rien le classement général. Sous le rapport, du style et de la fabricatirn, l'or lombard forme deux groupes complètement tranchés. Dans les régions méridionales, frontières du Bénéventin et des possessions byzantines, les espèces conservent l'aspect des monnaies impériales contemporaines. Dans la véritable Lombardie et dans la Toscane, les tiers de sou d'or présentent une particularité qui leur assigne une place à part dans l'ensemble du monnayage des Barbares : l'empreinte est entourée d'une sorte de marge ou d'anneau qui sert de cadre à la pièce; la minceur du flan rend les légendes souvent illisibles, car ce qui est marqué en relief sur une' face reparaît en creux sur l'autre; enfin le flan est légèrement scyphoïde. Ces pièces sont, sous certains rapports, les avant-coureurs des semibractéates d'argent que nous rencontrerons dans les mêmes pays, sous les Carolingiens.
Le commencement de la période où les monnaies lombardes cessent d'être de simples imitations à légendes immobilisées, pour devenir des espèces signées avec plus ou moins de clarté par le prince qui les fait frapper, semble correspondre avec la révolution politique qui mit sur le
trône, en 662, Grimoald, duc de Bénévent, au détriment des fils du roi Aripert P^ On possède un triens dont nous donnons ici la figure (fig. 90), sur lequel des numismates de laplusgrande compétence ont lu, à l'avers et au revers, Grimoaldus rex. Par une inconcevable méprise, récemment relevée par M. Boyne^ M. Gariel a donné place à cette monnaie, dans son livre sur la numismatique carolingienne, en l'attribuant à Charlemagne.
Après Grimoald, l'un des princes qu'il avait dépossédés, Pertarid (671- 686) reprit possession de la couronne lombarde. On a de lui quelques monnaies d'argent. Les siliques de Pertarid, qui faisaient partie d'un petit trésor exhumé non loin de Biella, portent comme type les lettres PER; les flans en sont légèrement scyphoïdes, comme ceux des monnaies d'or.
I. Annuaire de la Soc. franc, de Kumism., t. X, 1886, p. 461.