V. — LES LOMBARDS
Lucques, FLA- MEDIOLANO, Milan (fig. 95), FLA- PLACENTI AVG. Plaisance, FLAVIA SIDRIO, Sutri. Nous avons vu des épitliètes analogues jointes aux noms de Pavie, de Rome et de Ravenne, sur les monnaies des Ostrogoths.
Fig. 96.
Didier avait associé au pouvoir royal son fils Atlialgis. On possède quelques triens à monogramme dans lesquels on a voulu retrouver des pièces frappées par ce prince. Ce point demeure douteux, et nous n'avons pas à nous y arrêter; mais nous devons, avant de clore ce paragraphe, mentionner les tiers de sou que Charlemagne frappa, en Lombardie, au lendemain de sa conquête. On possède en effet deux pièces battues à Lucques, FLAVIA LVCA, qui rentrent complètement dans le système monétaire lombard et sont antérieures à l'introduction en Italie du système carolingien. Ces curieuses monnaies de transition conservent, du côté du nom de l'atelier, le type de l'étoile; mais, du côté du nom royal : DN CARLVS REX, Charlemagne substitue parfois un buste de face à la petite croix lombarde (fig. 96).
§ II. — Les ducs de Bénévent.
Le royaume des Lombards ne formait pas un territoire réuni tout entier entre les mains du souverain. Lors de la conquête, le pays fut divisé en trente-six duchés donnés aux principaux compagnons d'armes d'Alboïn. Ces duchés, dont les plus étendus furent ceux de Bénévent, de Spolète, de Frioul, devinrent bientôt héréditaires.
Les ducs bénéventins, les plus puissants de tous, monnayèrent de très bonne heure. Ils émirent pendant tout le viii^ siècle des sous d'or et des triens imités des pièces byzantines contemporaines, et portant au droit le buste de face tenant le globe cru-
cigère et au revers la croix byzantine haussée sur trois degrés. Dans le champ du revers figurent les initiales des ducs de Bénévent :
Romoald II (706-73 1) r (fig. 97)
Adelao (731-733) Monogramme.
Grégoire (733-739)- •...:.... 9 <;
Godescale (739-742). ^ C
Gisulf III (742-75 1). ç 9
Luitprand (751-758). L
Arigis (758-787, prince depuis 774) A
Lors de la chute des rois lombards, Arigis, gendre de Didier, puis Grimoald III, tentèrent de ressaisir la couronne d'Italie. Après plusieurs efforts infructueux, Grimoald céda et conserva le duché de Bénévent avec le droit de frapper monnaie; seulement l'empereur mit pour condition à l'exercice de ce droit que son nom serait gravé sur les espèces : Nummosque sut nominis characteribus superscribi semper juberet^.
Il existe une série monétaire complète sur laquelle figure le nom de Charles, mais comme les deniers d'argent appartiennent au système importé par les Carolingiens, nous n'avons à citer ici que les sous et tiers de sou d'or. Au droit, le nom du prince bénéventin GRIMVALD entoure la tête de face; au revers, l'ancienne légende impériale est remplacée par le nom du roi des Francs : DOMS-CAR- RX- VIC
(fig. 98).
I. Herchemperti Historiay dans Peregrini, HistoTy principum Longohardorumy t. II, 1750, p. 84.