‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 60 sur 206 · VIII. — LES FRANCS · texte numérisé non relu

VIII. — LES FRANCS

part la collection d'Amécourt renferme une pièce au monogramme heldebertin qui présente au revers la légende DONO Dl.

En Austrasie, le monnayage du cuivre continua sous Théodebert P"" (534-548), dont il existe trois pièces différentes. L'une d'elles porte en toutes lettres le nom de l'atelier de Chalon-sur-Saône. Nous les décrirons en raison de leur importance historique :

Fig. 147.

Fig. 148.

I. TEVDEBERTE, entre deux grènetis. Au centre, un chrisme. ^. ÇA-BI-LON-NV. Croix longue coupant la légende et cantonnée de quatre globules; 2. THEODOBERTI REX, autour d'une croix à branches égales. ^. Monogramme (fig. 148); 3. Monogramme dans une couronne, i^- Chrisme dans une couronne. Pas de légende.

Les fouilles faites en 1868 au cimetière mérovingien de Nesle, près de Neufchâtel-en-Bray, amenèrent la découverte de diverses monnaies romaines du Haut et du Bas Empire, parmi lesquelles une petite pièce d'argent du roi Théodebert. Ce petit monument, resté, croyons-nous, unique jusqu'à ce jour, a été attribué par ^'s- ^•^^•

M. Chabouillet à l'ateUer d'Arles. Il porte à l'avers un buste de profil à droite avec la légende DN THEODEBERTVS VI pour Victor; au revers, une croix accostée des lettres AR {Arelatum)^ est entourée d'une couronne (fig. 149) ^

Le marquis de Lagoy a publié un cuivre analogue à des pièces de Théodebert signalées plus haut, mais dans le monogramme duquel il a vu le nom de Théodebald (548-555), fils du roi d'Austrasie. Cette attribution, bien que probable, n'est cependant pas admise par tous les numismates.

Le monnayage royal de cuivre semble s'être arrêté au milieu du vi'^ siècle; quant à l'argent, il continua à être battu en petite quantité jusqu'au jour où il supplanta l'or comme métal étalon, c'est-à-dire jusqu'au viii^ siècle.

I. Note de l'abbc Cochet dans la Rev, des Sociétés savantes des départements, 5»- série, t. I, 1870, p. 2$.

§ III. — Uor de Thcodchcrt P' et de ses contemporains.

Sources : Voillcmicr, Les vionnaics de Thcodebert !'>', dans la Revue nuniistiiatique de 1841 . — Ch. Lcnormant, Lettres à M. de Sauky sur les plus anciens monuments numismatiques de la série mcroviiicrienne, dans la Revue numismatique de 1848 [3c lettre]. — J. de Pctigny, Monnayage de la Gaule au milieu du vie siècle, dans la Revue numism. de 1852. — Dcloche, Des monnaies d'or au nom du roi Thèodehert /'■''; des causes de leur abondance, de leur titre clevè et de la substitution, sur ces monnaies, de la légende royale à la légende impériale, dans les Mém. de l'Acad. c'-f inscriptions et belles-lettres, t. XXII, irc partie, 1886. — P.-Ch. Robert, Observations sur le deuxième mémoire de M. Dcloche relatif aux monnaies d'or frappées sous le roi d'Austrasie Thcodebert I'^' , dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscriptions, décembre 1887. — Renseignements manuscrits fournis par M. G. de Ponton d'Amécourt.

Le règne de Théodebert I" marque une véritable révolution dans le monnayage de l'empire mérovingien. L'or, dont la signature avait été invariablement considérée comme le privilège exclusif des empereurs, reçoit pour la première fois le nom du roi des Francs exprimé en routes lettres.

On a assigné des causes diverses à cette innovation capitale. Il paraît aujourd'hui certain qu'il faut y attacher une importance essentiellement poHtique. En effet, Théodebert P', maître des confins germaniques et grandi par sa campagne d'Italie où il avait vaincu à la fois Justinien et Witigès, put se considérer comme l'héritier de la puissance roniaine en Occident et s'arroger, avec Vinipcriiim, le droit de signer l'or de son nom. Ainsi que l'a fort bien dit M. Maximin Deloche^, les monnaies de Théodebert constituent l'affirmation et la manifestation de l'indépendance royale l\ l'égard de la cour byzantine. Les prédécesseurs du roi d'Austrasie avaient continué à subir le prestige de l'Empire et reconnaissaient dans le souverain siégeant à Constantinople une puissance supérieure, une sorte de suzerain. C'est contre la subordination ou même l'apparence de la subordination à cette suzeraineté que Théodebert protestait en rompant avec une tradition et une règle jusque-là respectées. Les circonstances fiivorisaient d'ailleurs le roi franc dans la réussite et le développement de ce nouveau monnayage. « L'Austrasie primitive, celle l\ laquelle Théodebert avait principalement affaire, était occupée par des populations de race germanique ou mélangées de Germains et restées, au fond, rcfractaires à l'influence romaine. Peu ou point imbues de ces idées presque idolâtres pour l'effigie et la légende impériales, encore vivantes chez les Gallo-Romains, ces populations étaient assez bien préparées à recevoir des monnaies revêtues du nom

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