‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 59 sur 206 · VIII. — LES FRANCS · texte numérisé non relu

VIII. — LES FRANCS

déric (458-481), le monnayage, si toutefois il avait commencé, se borna à la fabrication de copies des pièces impériales identiques aux originaux romains.

C'est apparemment avec ClovisP'' (481-5 ii), le véritable fondateur de la monarchie, que le monnayage franc sort de la période de copie absolue ; nous voyons apparaître sur les espèces des signes particuliers qui révèlent une fabrication personnelle aux Barbares. Cette numismatique initiale a été étudiée par M. Ch. Lenormant, dans ses Lettres à M. de Saulcy sur les plus anciens monuments de la série mérovingienne. Selon l'ancien conservateur du cabinet des Médailles, les solidi et les trientes frappés par Clovis I" seraient à l'effigie de son contemporain l'empereur Anastase I" (491-518); ils seraient reconnaissables à deux C, le premier placé à rebours, qui commencent et terminent la légende de l'avers et se font face aux deux côtés du buste de l'empereur. Dans le champ du revers sont parfois gravées des lettres dans lesquelles on a reconnu les initiales des ateliers de Paris, Metz, Toul, Laon, Soissons, peut-être aussi de Cologne et Orléans.

Les deux C affi-ontés, que l'on a appelés marque chlodovéenne^ auraient été conservés par trois des fils de Clovis P"" : Clodomir, Childebert P»" et Clotaire P"", aux noms desquels ils pouvaient également convenir. On les trouve en effet sur des monnaies à l'effigie de Justin ou de ^'^' ''*^'

Justinien (fig. 143) frappées dans les villes des États de ces trois princes.

Thierry P', roi d'Austrasie, aurait, d'après M. Lenormant, abandonné la marque chlodovéenne qui n'allait pas à son nom pour signer des pièces au type de Justin d'un grand T placé entre deux points à la fin de la légende du revers.

Le système de Ch. Lenormant, que nous venons d'exposer et dont nous devons tenir compte comme d'une sérieuse tentative d'interprétation, tient beaucoup de la pure hypothèse. Les ingénieuses suppositions relatives à la marque chlodovéenne et au .T., prétendue initiale de Thierry P"", ne résistent pas à une critique un peu sévère, et l'on doit, sans doute, renoncer à chercher sur les premières monnaies franques des marques royales ; mais ce qui subsistera toujours des travaux de Ch. Lenormant, c'est son explication, par les initiales d'ateliers monétaires, des lettres parasites placées par les Mérovingiens dans le champ ou à la fin des légendes des sous d'or et des triens qu'ils frappèrent à l'imitation des monnaies romaines.

§ II. — Le cuivre et l'argent sous les premiers rois des Francs.

Sources : Le Blanc, Traité historique des monnoyes de France. Paris, 1690, in-4. — M's de Lagoy, Explication de quelque: médailles à monogrammes des rois goths d'Italie, découvertes dans le midi de la France. Aix, 1843, iri-4- — Vte de Ponton d'Amécourt, Description raisonnée des monnaies mérovingiennes de Chalon-sur-Saône, dans V Annuaire de la Soc. franc, de mimismat., t. IV, 1875-76.

Si For resta longtemps empreint de l'effigie impériale et chargé de légendes romaines à peine altérées par l'immobilisation, les rois mérovingiens s'attribuèrent de très bonne heure le droit d'émettre à leur nom de menues espèces de cuivre ou même d'argent.

Ces pièces sont analogues, sous le rapport du type, aux monnaies d'appoint frappées par les empereurs d'Orient et que, déjà avant les Mérovingiens, les Goths et les Burgondes avaient copiées. Les premiers

rois francs qui signent le cuivre sont deux fils de Clovis P', Thierry, roi d'Austrasie (511-534) et Childebert P', roi de Paris (511-558), qui avait joint à ses États la Bourgogne après la mort de Gondcmar. La pièce qui porte le nom de Thierry était déjà connue du temps où Le Blanc écrivait son Traité historique des Monnoyes de France; elle est chargée à l'avers d'une croix haussée sur un globule et entourée de TEVDERICI ; au revers, un monogramme donne, suivant M. d'Amécourt, la répétition du nom royal (fig. 144).

Childebert I" ne possède pas moins de trois types de pièces de cuivre : 1° HELDEBERT REX, autour d'une croix et au revers, un monogramme dans une couronne de lauriers (fig. 145); 2° EL-DEBER-

iig. 144.

Fig. I4>.

Fig. 14e.

TIR, dans un cercle, et, au revers, le chrisme (fig. 146); une variété de cette monnaie, déjà publiée par Le Blanc, porte le nom royal au nominatif: EL-DEBER-TVS ; 3° monogramme dans une couronne et chrisme dans une couronne (fig. 147).

Childebert eut aussi de petites pièces d'argent. Le marquis de Lagoy a retrouvé un fragment de monnaie de ce métal reproduisant le deuxième des types que nous venons de signaler pour le cuivre ; d'autre

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