‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 81 sur 206 · VIII. — LES FRANCS IO · texte numérisé non relu

VIII. — LES FRANCS IO

Saint-Rémy, et Betto, afin que personne ne pût l'ignorer, affirmait sur les espèces sorties de son officine qu'il était le monétaire principal. Au début du monnayage, deux monétaires font précéder leur nom, mis au génitif, de la formule DE OFFICINA*. Sous Chiidebert II, le monétaire Maretomus fait suivre le sien du verbe fecit, F ES ET, mais son exemple ne fut que rarement imité 2. Trois monétaires accompagnent leur signature d'un adjectif ethnique, indiquant le siège de leur officine:

TORONI(r«j) kHl\m(u5)lf,Q)mtarius) sous Chiidebert II. ROMANOS MW(netarius) ACAVNINSIS sous Dagobert P^ DOMINO MONETARIO ALBIVIINSE.

Ces légendes sont à rapprocher des textes de Grégoire de Tours cités p. 93, où il est question d'un monetarius urbis et d'un turonicus monetarins ; c'est bien à tort qu'on a voulu rapporter les adjectifs acauninsis et alhiviinse aux mots ecclesia et çivitate sous-entendus.

c) Les noms de lieu et leurs qualificatifs.

Les noms propres géographiques paraissent sur les monnaies mérovingiennes tantôt seuls, tantôt suivis ou précédés d'un nom commun qui nous renseigne sur la nature ou l'importance relative des lieux indiqués par les légendes. Les qualificatifs que nous avons pu relever sont au nombre de dix-neuf: civitas, pagus, viens, vicnlus, castrnm, castellnm, cnrtis, mallnm, villa, portns, pons, vadnm, domns, casa, campns, locns, silva, palatinm, schola, basilica, ecclesia, tnonasterinm.

Le mot civitas a deux sens : le plus souvent il désigné les chefs lieux des cités, c'est-à-dire les villes épiscopales; parfois, mais très rarement, il comporte l'idée du territoire de la cité lui-même. C'est dans ce dernier sens qu'on le lit sur un triens de Cannac, dans le pays de Rodez, où est écrit: CANNACO IN RVTENE CIVE.

Sur les plus anciennes monnaies, le qualificatif de civitas est rarement omis à la suite du nom de la ville épiscopale et il est écrit en toutes lettres ; bientôt le monnayeur en abrège la forme ou crée une orthographe absolument incorrecte. Suivant une ingénieuse observation de M. d'Amécourt, on est fondé à présumer que l'ordre de décadence du mot civitas concorde assez bien avec l'ordre chronologique d'émission des monnaies d'un même atelier. Voici l'indication de quelques-unes des formes les plus habituelles dans les légendes monétaires : CIVITAS, ÇIVITATE, CIVITAT, CIVITA, CIVIT. CIVI, CIV. Cl, C, CIVETATI.

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