‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 80 sur 206 · VIII. — LES FRANCS IO · texte numérisé non relu

VIII. — LES FRANCS IO

Mal, mel, se trouve comme préfixe dans Mallehaiides, Meîîobaudes.

Mar, mer, mir, signifie illustre. Ce radical a servi à la formation d'un très grand nombre de noms comme suffixe : Agomares, Audemariis, Hildomares, Ildomanis-, Chadomares, Baudemires, Baudomeres, Aiigemaris, Dagomares, Docomarus, Driictomarus , Ehromares, Edomirius, Filamarius, Gaiiceviares, Gundomeres, Ingomarus, Leodomares, Leodomarus, Onemarus, Ragnemariis, Ragnimarius, Rognomares, Sigomarus, Teudomeres, Ulcemeres, Vincemanis. Le même radical se trouve comme préfixe dans Margisiîus ; enfin il forme seul le nom Meris.

Marah, marach, march, marc, cheval, intervient dans les noms suivants: Mû/coaldus, Marculfiis.

Math, mad, med, a le sens d'honneur. Nous le trouvons dans Madelinus, Madegisilus, Medegiselus, Medoaldus, Medohodus.

MuN, MON, aimable, est reconnaissable dans Munuald, Monoaldus.

MuND, bouche, sert parfois de préfixe, comme dans Mundericus, mais plus fréquemment de suffixe. C'est le cas pour les noms suivants: Aigimundus, Alchemundus, Allamundiis, Audetnundus, Audoinundus, Beremundus, Blideinundus, BUdomwidus, Edniundus, Gevemundus, Gislimundus, Gudumundus, Udumundus, Lauiiomundus, Leodomundus, Raimundus, Sigimundus, Tljrasemundus.

Niw, Niv, nouveau, se retrouve dans Niviardus.

Ragan, ragin, regin, rain, rein, comporte l'idée de conseil. Ce radical est presque toujours usité au commencement du nom: Ragnemarus, Ragnimarius, Ragmmares, Ragnoaldus, Rignoaldus, Ragnolfus, Ragnulfus, Ranepertus.

Ric, RiG, riche, est employé comme préfixe dans : Rigisilus, Rigovaldus, Rigoaldus, Rigobertus, Rigolenus, Ricobodus, et comme suffixe dans : Aldericus, Audericus, Audiricus, Badiricus, Chuldiricus, Childericus, Childricus, Hildericus, Blidiricus, Domaricus, Domericus, Fredericus, Fridiricus, Gundericus, Sunnericus, Landericus, Mundericus, Undericus, Teodericus, Teodiricus, Theodoricus.

SiG, SEG, SIC, sec, victoire, se trouve seul dans le nom Seco et en composition dans le nom de roi Sigebert et ceux des monétaires suivants: Segohertiis, Sisbertus, Sicolenus, Sicoinnus, Seggelenus, Siggulfus, Sigilaicus, Sigimundus, Sigofredus, Sigomarus, Sicchramnus, Sicoaldus.

Sis, ses, a fourni le nom Sesoaldus.

SuNN, SONN, soleil, apparaît seul dans Suno et sous une forme composée dans Sunnegiselus.

Thiuda, theud, theod, deod, did, dit, tud, teud, etc., famille, a fourni un très grand nombre de noms tels que ceux des rois Théodoric et Théodebert, et ceux des monétaires Teodericus, Teodiricus, Theodiricus, Tendebcrtus, Teudegesilus, Teudegisillus, Thcodegisilus, Teudcharius, Teudomeres, Theudclenus, Teudulfns, Theudulfus, Tcudulfus, Theudemundus.

Thras, couragàix, emporté, a formé Thrasemundus.

Vad, wad, v^d, wed, comporte une idée de mouvement, un sens d'aller. Nous trouvons ce radical seul dans Wado et en composition dans Wadardus, Vaddolcnus.

Vald, wald, ald, guald, gald, valt, WALT, etc., renferme un sens de règne,

de puissance. Nous avons dit plus haut que par aphérèse de l'initiale ce radical se confond très souvent avec aîd. Nous le trouvons seul dans IValdo, Valdo. Parmi ses composés, nous citerons Valdolmus, Vaîdovaîdus, Waltechramnus, Amhrovaldus, Arivaldus, Fredovaldus.

Vil, wil, guil, volonté. Ce radical est donné par le nom Willulfus.

Vin, WIN, ami, se retrouve dans Vinoaldus, Vintiîfiis.

VuLF, wuLF, ULF, OLP, qui a le sens de îotip, est un des noms d'animaux auquel les Germains ont eu le plus souvent recours. Ses dérivés sont innombrables : Vulfo- Jcniis, Aegiilfiis, Agiiil/ns, Angiidfus, Aiinulfus, Aiistrulfus, Badidfus, Baldtdfus, Bauduîfus, Bcrilfiis, Berulfus, Ebnilfus, Bcrtnlfus, Biduîfus, Idulfns, Bonulfus, Briolfus, Dagidfiis, Daulfns, Doinidfus, Flaulfns, Fragiidfus, Francid/us, Fredulfus, Gcnulfus, Jgid/iis, Landidfus, Launidfiis, Lcndtdfiis, Lhaudulfns, Leumdfus, Magntdfus, Marculftis, Medidftis, Prodnlfus, Kagnolfus, Ragnidfns, Romidfiis, Siggidfiis, Tcudidfus, Thcodulfus, Vanodidfiis, JVillidfus.

VuN, wuN, WIN, gain, se trouve dans Vunnoaldus, Winicarins.

Un certain nombre de noms germaniques simples ont produit des dérivés par l'adjonction d'un diminutif affectueux latin : Gundcniis, Giiiidoknus, Hadeniis, Hadelenus, Leudcnus, Leiidclinus, Sicoknus, Scggelenns, Vaddoleniis, Vulfolenus, Francolenus, Childelenus, Bertinus, Bodoknus.

Les noms d'hommes sont le plus souvent accompagnés d'un titre, sur les monnaies mérovingiennes, suivant qu'ils désignent le roi, un personnage ecclésiastique, ou un monétaire.

Dans le premier cas, le titre est REX ou RIX. Clotaire II, sur un trieus frappé à Uzès, ajoute, à la mode wisigothe, HINCLITVS ET PIVS. Sur une grande pièce d'or de Dagobert I" on lit en toutes lettres : DOMNVS DAGOBERTHVS REX FRANCORVM ; mais, ainsi que nous l'avons dit p. 77, cette pièce constitue une exception dans la série mérovingienne.

Les noms de personnages ecclésiastiques sont rares à l'époque franque. Nous avons à relever d'abord les légendes déjà connues de nos lecteurs, EPISCOPVS ESTNV à Chalon-sur-Saône et A... VS EBESCOBVS à Clcrmont en Auvergne. Un tiers de sou à la légende EVPARDVS EPIS, attribué à Eupardus, évcque d'Autun, doit peut-être être restitué à un de ses homonymes de Grande-Bretagne, pays où la pièce a du reste été trouvée. Enfin de Longpcrier a publié un curieux denier d'argent portant LAMTBERTVS IPS, nom que le savant numismate a identifié avec celui de saint Lambert.

Les monétaires sont désignés sur les espèces par MONETARIVS, MVNITARIVS, MVNITARIOS ou par les abréviations de ces formes. Des triens frappés à Saint-Rcmy portent EETTO MONETARIVS Pi^AECI ou PRI. qualificatif que M. Deloche a très heureusement rendu par pnrcipuus : il y avait vraisemblablement plusieurs monétaires à

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