‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 84 sur 206 · CHOAE CASTRO PETRA CASTRO · texte numérisé non relu

CHOAE CASTRO PETRA CASTRO

CLARVCCO CAS POTINCACO CAS

CORNILIO CASTRO SCEFLEA C?

CORNV CASTRO SESEMO C

ri2 PREMIERE PARTIE

SCIONTIS CAS? TILA CASTRO

TALILO CAS VZERCA CAS

THAISA CA

Les légendes publiées jusqu'à ce jour fournissent deux exemples du mot casîellum : IVLIOCO CASTIL. MOSOMO CASTELLO.

Le mallum ne se rencontre qu'en Austrasie. On en a retrouvé cinq : MALLO ARLAVIS, MALLO CAMPIONE, MALLO MANRIACO. MALLO MATIRIACO. MALLO SATIVIVN.

Le qualificatif campus ne se rencontre que deux fois dans l'épigraphie des triens : CAMPO TRECIO. Tresson, CAMP AVSCIACO, Izé.

Ces deux pièces appartiennent à la région du Mans où les campi sont nombreux. Campotrecio c'est Tresson (Sarthe) appelé Trecio, Tritio dans des documents du vi'^ siècle; Camp. Ausciaco doit se rendre par Izé (Mayenne), désigné sous le nom à'Ausciacum en 642.

Le campus cénomannique correspond au mallum de l'Austrasie. C'est sans doute un ensemble d'habitations agricoles dispersées dans la plaine, mais avant tout un grand lieu de réunions à la fois politiques, judiciaires et commerciales. La foire qui se tenait à des époques déterminées donnait lieu à une intervention du fisc et par conséquent à l'émission d'une moneta fiscalis signée par celui qui avait pris la rentrée des impôts à ferme.

Nous ne trouvons que deux domus et deux curtes ; une localité semble portera la fois les deux indications BVLBIA CVRTE DOME. Les autres domus ti curtes sont: MERONNO DOMO. DOMO PARIS, DVFCIACO CVRTE SCI MARTINI.

Les villa sont plus nombreuses. M. de Barthélémy en comptait sept en 1865. Ce nombre ne s'est pas augmenté: CANETI VLIL, CARVILLA, IVLIAC VILLA, MEFRO VILLA. MEDOLO VLLA, VILLA MAORIN, VILLA VS?

Il y a du reste une certaine difficulté à reconnaître les villae des vici, avec lesquels elles resteront confondues, car l'irrégularité des abréviations usitées en épigraphie numismatique mérovingienne est telle que la syllabe VI, suivant un nom de lieu, peut être indifféremment interprétée par vicus et par villa.

Le mot po'-tus, au moyen âge, avait entre autres significations le sens de passage de rivière ou de montagne ; on peut considérer portus comme signifiant plus spécialement /j^jj^^^ de bac. On connaît au moins trois portus en épigraphie mérovingienne: BAS POR, PORTO VIDRARI ou VEDERI et CRISTOIALO PORTO.

Les mots pons, pont, et vadum, gué, ne se rencontrent guère qu'en

vin. — L1£S FRANCS II3

composition, aussi n'avons-nous pas à nous en occuper spécialement; il en est de même de locus, de casa.

Les forêts, silva, ne fournissent qu'un nom indiscutable: PREVVNDA SILVA. M. d'Amécourt propose encore de retrouver une forêt, celle de Gastine, dans le Maine, dans la légende d'un triens portant VAS- TINA, mais son opinion ne semble pas étayée de preuves suffisantes pour être dès à présent admise.

Le palatium et la schola marchent souvent de pair, et notamment à Paris où ils ont chacun un atelier distinct.

Les établissements religieux mentionnés sur les monnaies mérovingiennes sont nombreux. On trouve, selon M. de Barthélémy, des basilicae à Orléans, Chalon-sur-Saône et Tours, des eccksiae à Angers, Bordeaux, Limoges, Poitiers, Rouen et Sens, des monasteria l\ Orléans, Bannassac, Brioude, Ligugé, Saint-Martin de Tours, Saint-Denis, Jumièges, Soissons, Saint-Maurice en Valais et Chellcs. Parmi ces noms d'établissements religieux doivent prendre place les légendes formées d'un nom de saint, au génitif ou à l'ablatif: SCI AVICVLA, SCO AREDIO.SCEECCLESIE, SCO FILIBER. SCTA FLVRA. SCI GILASI. SCI lORGI. SCI IVLIANI. SCI MAVRICI. SCI MAXENT. SCI MAXI- MINI. SCI MEDARDI. SCI STEPHAN. SCI PETRI.

Lorsque le nom de lieu inscrit sur les monnaies mérovingiennes n'est suivi d'aucun qualificatif, ou simplement de celui de viens, son identification avec un nom de lieu actuel présente parfois des difficultés considérables. Il faut se tenir en garde contre les rapprochements hâtifs qui ont souvent été faits, car, ce que nous avons dit plus haut de l'extrême légèreté apportée, par les numismates, à la transcription des noms de monétaires, peut s'appliquer avec autant de justesse à la manière arbitraire avec laquelle on a locahsé de nombreux tiers de sou. Dans les anciennes listes telles que celle de Cartier^, les erreurs de traduction abondent; c'est ainsi que la légende ALNA VICO est rendue par AuJnay, que BERTVNO est devenu Bcthunc, que l'on a trouvé fort naturel d'attribuer à Thorigny et à Saucourt des pièces portant TAV- RILIACO et SAVRICIACO. etc.

Ces traductions fantaisistes ne se seraient certainement pas produites, si leurs auteurs avaient eu les notions les plus élémentaires de la formation française des noms de Heux gallo- et franco-romains. Nous ne pouvons, sans sortir du cadre de ce manuel exposer ici les règles suivant lesquelles les ethniques en sont successivement arrivés de leur

I. Tahk alphabétique des h'i^etiJcs de monnaies vu' rovm^ic nues dans les TabLs de /</ Rn'. nuwism., Paris, 1(S56, p. 163 et suiv.

forme latine à celle qu'ils ont aujourd'hui; mais nous ne saurions assez insister sur la nécessité absolue dans laquelle se trouvent tous ceux qui veulent s'occuper de numismatique mérovingienne, de s'y préparer par une étude sérieuse de la philologie ^

d) Indications diverses.

Outre les noms d'hommes et de lieux qui forment les légendes essentielles des monnaies mérovingiennes, celles-ci peuvent porter différentes indications complémentaires relatives à leur valeur ou aux circonstances de leur émission.

Les indications de valeur se composent généralement des chiffres XXI inscrits sur les sous d'or frappés à Marseille, et VIII ou VII placés dans le champ du revers d'un grand nombre de tiers de sou. Ces dernières indications sont parfois complétées par les mots DE SELEGAS mis à la suite d'une des légendes circulaires. On trouve ainsi :

CABILONNO FIT DE SELEGAS VIII à Chalon. IVSE FACIT DE SELEGAS VIII à Mâcon.

VESVNCIONE DE SELEGAS VII à Besançon.

AVGVSTEDVNO FIT DE SELEGVAS VII+ à Autun.

Ainsi que l'a étabU pour la première fois le savant Duchalais, ces chiffres indiquent la valeur de la pièce en siliques. M. Deloche a très bien complété cette explication en faisant observer que le mot selega, à propos duquel on s'était livré aux plus extravagantes hypothèses, n'est autre chose qu'une transcription barbare du latin siliqua.

L'indication de VIII siliques, qui apparaît sur des pièces antérieures à l'affaiblissement monétaire contemporain de Maurice Tibère (582-602), est rare. On ne la trouve que dans une région très peu étendue de l'ancienne Provincia lugdunensis : à Chalon-sur-Saône, à Dijon, à Mâcon, à Lausanne, etc. La mention de VII siUques est infiniment plus fréquente et se retrouve dans presque toute la Gaule. Sur un certain nombre de pièces, elle est précédée des lettres CG. On a supposé que ces sigles, placées généralement aux côtés de la croix, signifiaient crux

I. Parmi les ouvrages élémentaires dont les numismates peuvent s'aider, nous citerons spécialement : J. Quicherat, De la formation française des anciens noms de lien. Paris, 1867, in-i2. — Voyez aussi différents mémoires de M. H. d'Arbois de Jubainville, tels que Exemples de noms de fnndi formés à l'aide des gcntilices romains et du suffixe aciis, dans la Bill, de l'Ecole des Chartes, 1887, p. 357, et les imj^ortants travaux de géographie historique dus à M. Longnon : Géographie de la Gaule au vi* sièchy Paris, 1878, gr. in-8; et Atlas historique de la France^ texte, 2^ livraison, Paris, 1888. p. 162 et suiv.

Page 1