‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 115 sur 193 · I. V. Bellini, Délia moneta di Ferrara. Ferrare, 1761, in · texte numérisé non relu

I. V. Bellini, Délia moneta di Ferrara. Ferrare, 1761, in

Les armes de la maison d’Este étaient: d’azur à V aigle d’argent, armée et couronnée d’or.

aq). — Duché de Reggio i .

La terre de Reggio en Émilie, Regium Lombardiae, Regium Lepidi ou Regium olim Aemilia, appartenait à la maison d’Este, qui, de 1 5 12 à 1 523, en fut dépossédée par les papes. Pendant la période du monnayage moderne, elle obéit aux souverains suivants :

* Hercule I d’Este, 1471- 1505.

* Alphonse I d’Este, 1505-15 12.

*Jules II, pape, 1512.

*Léon X, pape, 1513-22.

* Adrien VI, pape, 1522-23.

* Alphonse I d’Este, rétabli, 1523-34,

* Hercule II d’Este, 1534-59.

* Alphonse II d’Este, 1559-97.

Le monnayage de Reggio, bien que ses produits portassent le nom du souverain, avait un caractère municipal. Au commencement du règne d’ Hercule I d'Este, le conseil des Anciens de Reggio sollicita du duc et obtint Eautorisation d'ouvrir un atelier où Eon battrait de menues espèces de cuivre pur, dites bagattini. La première émission eut lieu en 1477. En 1492, la ville obtint la permission de créer une seconde officine destinée à la fabrication de monnaies d’or et d’argent. C’est alors que furent frappées au nom du duc des ducats d’or, des testons, des grossi da soldi due et des soldi d’argent.

Aussitôt après son avènement, Alphonse I défendit aux habitants de Reggio de frapper des espèces d’or et d’argent, mais dès 1 506 les sollicitations répétées du conseil des Anciens eurent raison de cette interdiction, qui privait la ville d’un revenu important. On possède pour le premier règne de ce duc les mêmes espèces que pour son père.

Pendant l’occupation pontificale, les seules monnaies de Reggio consistèrent en bagattini de cuivre pur. Les émissions de monnaies d’argent reprirent après la restauration d’Alphonse I.

Le règne d’ Hercule 1 1 est l’époque la plus brillante pour les ateliers monétaires de Reggio ; c’est alors que furent émis en quantité considérable les d’or aux armes de la ville, REGII LOMBARDIAE, et à l’image du Sauveur tenant la croix et versant son sang dans un calice posé à ses pieds, CVIVS CRVORE SANATI SVMVS. La date la plus récente relevée sur ces pièces est 1558. Les monnaies d’argent et de cuivre frappées sous Hercule II portent son nom.

Sous Alphonse II, les émissions s’arrêtèrent définitivement, en

I. F. Malaguzzi Valeri, La igicca di Reggio Emilia, dans la Rivista italiana di numismatica de 1894.

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1^73; elles furent beaucoup moins actives que sous son prédécesseur, mais comprirent deux pièces d’or plus fortes que le scudo : en i une quadrupla et en 1572 un doblone da dieci scudi.

Les principaux types des monnaies frappées à Reggio sont: l’écu chargé d’une croix, qui forme les armes de la ville, les images de saint Prosper, S. PROSPER EPS REGIENSIS, de sainte Daire, S. DARIA- MAR, et de saint Chrisante, S. CHRISANTVS ■ M ■ REGIENSIVM, le buste du duc ou quelque emblème particulier à la maison d’Este.

ar). — Duché de Modem i .

Comme les duchés de Ferrare et de Reggio, celui de Modène appartenait à la maison d’Este. L’atelier monétaire fut réouvert sous Hercule I d’Este (1471-1 303), et maintenu sous son fils Alphonse I. En 1310, les troupes du pape Jules II s’emparèrent de Modène; la ville fut remise l’année suivante à l’empereur Maximilien I, qui s’empressa d’y monnayer. En 1514, le pape Léon X acheta Modène, moyennant quarante mille ducats d’or. Jusqu’en 1527, le duché appartint aux souverains pontifes, dont le pouvoir à Modène est rappelé par des monnaies de Léon X (i 3 1 3-2 1 ), d’Adrien VI (i 32 1-23) et de Clément VII (1523-27). En 1527 Alphonse I d’Este rentra en possession de Modène, qui resta dorénavant dans sa maison :

'Hercule II d’Este, 1534-59.

' Alphonse II d’Este, 1559-97.

' César d’Este, 1597-1628. .

Alphonse III d’Este, 1628-29.

* François d’Este, 1629-58.

* Alphonse IV d’Este, 1658-62.

* François II d’Este, 1662-94.

* Renaud d’Este, 1694-1702.

En 1702, les troupes françaises s’emparèrent de Modène, que Renaud d’Este avait abandonnée à leur approche. Pendant l’occupation, des monnaies d’argent et de billon de 1 5 sols, 10 sols,

5 sols et I sol furent émises au nom de Louis XIV. Notre figure 273 représente la pièce de 15 sols. En 1706, le duc l'ig- 273

Renaud d’Este rentra en possession de Modène, qu’il transmit à ses héritiers, François III (1737-80) et Hercule III (1780-1796).

I. A. Crespellani, La xfcca di Modena nei periodi comunale ed estense. Modène, 1884, in-4. — Le même, Conii e punpni nimiismatici délia R. Bihlioteca estense. Modène, 1887, in-4. — G. -A. Lotti, Raccolta delle monete d’o7-o, d’argento e di raine hattute e spese délia città e negli stati di Modena dalV anno 14^0 a tutto il i/SJ. Modène, 1755, in-4.

Le type particulier aux monnaies de Modène est Timage de saint Géminien. On trouve aussi la Vierge à TEnfant, Eimage de saint Contard,

S. CONTARDVS MVTIN ou AESTENSIS PROTECTOR. Taigle delà maison d'Este : NOBILITAS ESTENSIS, l’Espérance, marchant à gauche, etc.

as). — Seigneurie, puis duché de Mirandola.

La terre de Mirandola s’étendait autour de la petite ville de ce nom, aux environs de Modène. Elle appartenait à la famille Pico. En 1515, Jean-François Pico obtint de l’empereur Maximilien I le droit de battre monnaie, qui lui fut confirmé en 1521 par Charles-Quint. La seigneurie de Mirandola fut érigée, en 1596, en principauté par l’empereur Rodolphe II, puis, en 1617, en duché par l’empereur Mathias; les souverains suivants s’y succédèrent pendant la période qui nous intéresse :

* Jean-François, 1515-33.

* Galeotto II, 1533-50.

* Louis II, 1550-68.

Galeotto III, 1568-1590.

Frédéric, 1590-1602.

* Alexandre I, 1602-37.

* Alexandre II, 1637-91.

François-Marie, 1691-1707

Le monnayage de Mirandola, interrompu dans la seconde moitié du xvi^ siècle, s’arrête définitivement sous Alexandre IL Son fils, François-Marie, vit ses états confisqués en 1707 par l’empereur Charles VI, qui les vendit l’année suivante à la maison d’Este. Les souverains de Mirandola monnayèrent dans les trois métaux ; leurs types consistent principalement dans leurs effigies, leurs armes, ou les images de saints tels que saint François, sainte Agathe, etc. Les légendes de l’avers indiquent le nom du seigneur, suivi de son nom de famille, par exemple, pour Louis II : LVD • PICVS • Il • MIR- CON ■ Q- DNS-

at). — Comté, puis duché de Guastalla.

En 1 5 39, Ferdinand I de Gonzague, fils de Jean-François III et frère de F’rédéric II, ducs de Mantoue, acquit la terre de Guastalla, Guardastalliim, Vastallum, et la transmit à ses descendants :

Ferdinand I, 1538-57. César II, 1630-32.

*CésarI, 1557-75. * Ferdinand III, 1632-78.

* Ferdinand II, 1575-1630.

En 1621, Guastalla fut élevé au rang de duché. Le monnayage commença sous César I. L’atelier, tombé en chômage, ne fut réouvert que vers 1593, par Ferdinand II, qui y frappa des pièces dans les trois

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métaux. On ne connaît aucune monnaie de César II, mais Ferdinand III nous a laissé quelques monnaies d'argent et de billon. Ce duc mourut sans enfants ; la terre de Guastalla fut mise sous séquestre entre les mains de Ferdinand-Charles, duc de Mantoue, puis attribuée en 1693 à Vincent, cousin du défunt. Après Vincent, le duché de Guastalla passa successivement à ses deux hls Antoine-Ferdinand (1714-29^ et Joseph- Marie (1729-46). Ce dernier recommença le monnayage et frappa quelques pièces d'argent et de billon. A sa mort, comme il ne laissait pas d'héritiers directs, Guastalla fut occupée par l'Autriche, pour être, en 1748, donnée au duc de Parme.

au). — Comté de Novellara.

En 1^01, Jean-Pierre Gonzague obtint de l’empereur Maximilien I la confirmation de ses droits sur Novellara, terre située près de Guastalla, et le titre de comte. Le 6 avril 1533, Charles-Quint accorda le droit de battre monnaie aux quatre frères Jules-César, François, Camille I et Alphonse I Gonzague, comtes de Novellara. A la mort de Jules-Gésar, survenue en 1 5^4, ses trois frères survivants reçurent la confirmation de leurs droits monétaires, d'abord de Charles-Quint, le 5 décembre 1554, puis de l'empereur Ferdinand I, le 3 mai 1 559.

Les Gonzague, comtes de Novellara, monnayèrent en commun depuis le milieu du xvi^ siècle jusqu’au milieu du xvii^; leurs pièces sont anonymes. En 1650, Alphonse II, fils et unique héritier de Camille II, commença à signer les produits de l'atelier de Novellara, qui fut définitivement fermé à sa mort, survenue en 1688.

Au xviii^ siècle, le comté de Novellara passa à la maison d’Este, et fut annexé au duché de Modène.

av). — Comté, puis principauté de Correggio K

Le comté de Correggio s’étendait autour de la ville et du château de ce nom, dans la province actuelle de Reggio d'Emilia. On ignore à quelle époque ses possesseurs obtinrent les droits monétaires, mais il est probable que la concession concorde avec l'investiture du comté, confirmée en 1351 àGibert, Camille et Fabrice, fils de Manfred d'Austria.

Les premières monnaies sont anonymes et frappées en commun par les trois frères : COMITES CORRIGIl ; leur type le plus usuel est l’image ou le buste de saint Quirin : S. QVIRINVS EPS • CORRIG ■ PRO. Après

I. Q.. Bigi, Di Camillo e Siro da Correggio e délia Joro :(ecca. Modène, 1870, iii-4.

la mort de Gibert, survenue en 1 $85, Camille et Fabrice font figurer leurs noms réunis sur les espèces ; puis, de 1 597 à 160^, Camille, seul survivant, auquel Fempereur accorda le titre de prince, poursuit les émissions.

Après la mort de Camille, son fils naturel Siro d’Austria (1605-30) lui succéda. Son monnayage fut extrêmement actif, surtout à partir de 1615, année où ses biens, qui depuis 1612 avaient été mis sous séquestre, lui furent rendus par Fempereur Mathias.

Les comtes et princes de Correggio frappèrent de nombreuses contrefaçons de monnaies étrangères, ducats de Hongrie, monnaies allemandes, néerlandaises et suisses. Sous Siro, cette industrie prit des proportions tellement scandaleuses, que Fempereur fut contraint de sévir; un premier avertissement, en 1623, étant resté sans effet, le prince de Correggio fut cité en 1630 devant la cour impériale, qui le déclara coupable d’altération des monnaies, et le priva de tous ses biens. Le duc de Guastalla, chargé de l’exécution de la sentence, prit possession de la principauté de Correggio au nom de Fempereur, et ferma définitivement l’atelier monétaire.

aw) . — Principauté de Porcia.

Annibal-Alphonse-Emmanuel, fils de Jérôme, comte de Porcia, bourgade située au nord de Venise, non loin d’Udine, obtint en 1698 de Fempereur Léopold I le titre de prince de l’Empire. En 1704, il fit frapper à Vienne un ducat d’or.

ax) . — Principauté de Soragna.

En 1709, Fempereur Joseph I accorda le titre de prince et le droit de battre monnaie à Jean -Paul-Marie IV Meli-Lupi, seigneur de Soragna, bourg situé aux environs de Parme. En 1731, Nicolas Meli- Lupi fit frapper un ducat d’or, portant à l’avers ses armes, et au revers l’aigle d’empire entourée des mots : SVB PROTECTIONE CAESAREA. Le prince de Soragna prend les titres suivants : Nicolas marchio Melolupi, sacri romani imperii princeps Soraneae, magnus Hispaniae.

ay). — République de Venise^.

A la fin du xv^ siècle, lorsque commence le monnayage moderne, la I. Madalcna et Morchio, Tavoh si not l iclk’ niinimografiche délia RepuUicadi VcncpaNe-

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république de Venise s’étendait en Italie sur un important territoire, compris entre l’Adriatique, les possessions de la maison d’Autriche, la Suisse, les duchés de Milan et de Mantoue, et les États de l’Église. Ses possessions extérieures comprenaient une partie de l’Istrie, la Dalmatie, quelques points en Albanie et en Morée, les îles Ioniennes, un grand nombre d’îles de l’Archipel, Chypre et enfin la Crète. Une grande partie de ces possessions tombèrent successivement au pouvoir des Turcs au xvi^ et au xvii^ siècles.

Les armes de Venise étaient: d’azur au lion couché, ailé et diadémé d’or, la tête de front, tenant entre ses pattes de devant un livre ouvert d’argent inscrit des înots : fax tibi, marge evangelista. La république avait saint Marc pour patron.

Les doges suivants gouvernèrent l’état vénitien depuis le commencement du monnayage moderne jusqu’en 1797, année de la proclamation de la république démocratique. Nous conservons à leurs noms la forme italienne:

*Nicol6 Tron, 1471-73.

*Nicol6 Marcello, 1473-74.

*Pietro Mocenigo, 1474-76.

*Andrea Vendramin, 1476-78.

* Giovanni Mocenigo, 1478-85.

* Marco Barbarigo, 1485-86.

*Agostino Barbarigo, 1486-1501.

* Leonardo Loredano, 1501-21.

* Antonio Grimani, 1521-23..

* Andrea Gritti, 1523-39.

*Pietro Lando, 1539-45.

* Francesco Donato, 1545-53.

* Marc’ Antonio Trevisano, 155 3-54.

* Francesco Venier, 1554-56.

*Lorenzo Priuli, 1556-59.

*Girolamo Priuli, 1559-67.

*Pietro Loredano, 1567-70.

*AlviseI Mocenigo, 1570-77.

*Sebastiano Venier, 1577-78.

*Nicol6 da Ponte, 1578-85.

*Pasquale Cicogna, 1585-95.

*Marino Grimani, 1595-1606.

* Leonardo Donato, 1607-12.

*Marc’ Antonio Memmo, 1612-15.

* Giovanni Bembo, 1615-18.

*Nicolô Donato, 1618.

*Antonio Priuli, 1618-23.

* Francesco Centurioni, 1623-25.

* Giovanni I Cornaro, 1625-30.

*Nicolô Centurioni, 1630-31.

* Francesco Erizzo, 1631-46.

* Francesco Molin, 1646-55.

* Carlo Contarini, 1655-56.

* Francesco Cornaro, 1656.

*Bertuccio Valier, 1656-58.

* Giovanni Pesaro, 1658-59.

*Domenico Contarini, 1659-75.

*Nicolô Sagredo, 1675-76.

nise, 1878, in-4. — A. Menizzi, Delle monde veneiiane dal principio al fine deîlarepnhblica. Venise, 1818, in-4. — V. Padovan, Le monde de’ Venefiani. Venise, 1881, in-8. — G. von Wachter, Versuch einer systematischen Beschrelhung der Venefianer Mïinien nach ihrcn Typen, dsins le Niimismatische Zeitschrift de 1871 à 1879. — G. Werdnig, Die Osellen oder Mün^medaillen der Repiiblik Venedig. Vienne, 1889, in-4. — Travaux divers de V. Padovan, N. Papadopoli, etc., dans VArchivio Veneto. — M. N. Papadopoli publie en ce moment une monographie très complète de la numismatique vénitienne, mais la partie relative au monnayage postérieur au gouvernement de Cristoforo Moro n’a pas encore paru.

*Alvise Contarini, 1676-83.

* Marc’ Antonio Guistiniani, 1683-88.

* Francesco Morosini, 1688-94.

*Silvestro Valier, 1694-1700.

* Al vise II Mocenigo, 1700-1709.

* Giovanni II Gornaro, 1709-22.

* Al vise III Mocenigo, 1722-32.

* Carlo Ruzzini, 1733-34.

*Alvise Pisani, 1734-41.

*Pietro Grimani, 1741-52.

* Francesco Loredano, 1752-62.

* Marco Foscarini, 1762-63.

*Alvise IV Mocenigo, 1763-79.

*Paolo Renier, 1779-89.

* Lodovico Manin, 1789-97.

La série monétaire de Venise est extrêmement riche, comme l’importance commerciale de la république le fait aisément concevoir, mais en même temps les types sont, par leur fixité, d’une grande monotonie. L’image impersonnelle d'un doge agenouillé devant saint Marc qui lui remet la bannière, le lion de saint Marc, Fécu de Venise, l’image en pied de sainte Justine (fig. 274), le Christ assis de face ou debout dans un nimbe elliptique, la Justice debout tenant l’épée et la balance, la Vierge assise, la personnification de Venise assise sur un lion, une croix ornée : telles sont les empreintes habituelles du numéraire vénitien.

Pendant toute la dernière partie du moyen âge, les deux pièces les plus fortes du système monétaire avaient été, en or, le sequin, qecchino ou ducat, en argent, le grosso ou matapane valant trois soldi de douze deniers. L’unité de compte était la //rude 20 soldi. En 1471, le doge

Fig. 274

Nicole Tron fit de cette monnaie de compte une monnaie réelle et frappa des lire ou testons d’argent ; par une innovation que ses successeurs ne furent pas autorisés à imiter, Nicole Tron mit son buste à l’avers de ces lire.

En 1555, sous Andrea Gritti, une nouvelle pièce d’or, le scudo, avec sa division le me^^o scudo. vint prendre place à côté de l’antique sequin. Les espèces d’argent de grand module firent leur apparition sous Nicolô da Ponte (1578-85); il y eut \ci giustina mug'g'/ore de 8 lire,

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avec Timage de sainte Justine, et le scudo ou ducaton de 7 lire, que la croix occupant Favers fit dénommer scudo délia croce. Notre figure 274 reproduit \d. giustina maggioi'e de Pasquale Cigogna (i 585-9$).

Dans le courant des xvii^ et xviii^ siècles, on émit à diverses reprises des multiples du sequin d’or. Louis Man in, le dernier doge, se fit ainsi une série fastueuse en frappant des pièces de 4, 5, ic, 20, 25, 50 et 100 sequins.

A la numismatique vénitienne se rattache une suite curieuse de pièces d’or et d’argent mi-monnaies, mi-médailles, appelées oselles, que les doges offraient le jour de Noël à la noblesse de la république. Les premières oselles furent frappées en 1521, par Antonio Grimani, pour remplacer les canards sauvages, ucellae, qui constituaient jusqu’à cette époque le cadeau traditionnel du doge. Ces pièces existent pour tous les doges jusqu’à Louis Manin ; leur série n’est interrompue que pour Nicole Donato (1618) et Francesco Cornaro (1656). Le type des oselles n’est pas uniforme: si l’image de saint Marc, remettant la bannière au doge agenouillé, est un des plus fréquents, on trouve aussi le lion de saint Marc, des sujets allégoriques, des allusions à des faits historiques, des inscriptions dans le champ, etc. La légende se compose généralement du nom du doge au génitif, suivi du mot miinus et de la date du règne, par exemple sur les 05e//c5 frappées en 1730 pour Alvise Pisani : ALOYSll PISANI PRINCIPIS MVNVS ANNO V '•

§ IL — Italie centrale.

Nous groupons dans ce paragraphe les diverses souverainetés situées en Toscane, les Etats de l’Eglise et leurs fiefs des Romagnes et des Marches.

a). — République de Lucques.

La république de Lucques devait son existence à l’empereur Charles IV, qui affranchit en 1369 la ville de la domination pisane. Jusqu’à la

I. Vers le milieu du xvie siècle, le conseil de la république de Venise accorda à la ville de Murano, située sur l’île du même nom, dans la lagune, le droit de frapper des oselles qui seraient distribuées à chaque renouvellement de l’année aux personnes investies de charges publiques. Le plus ancien document où il soit question des oselles àt Murano est de 1546. Ces pièces furent frappées à Venise; la dernière émission eut lieu en 1796. — Voyez : Vincenzo Zanetti, Delle medaglie di Murano denominate osclle. Venise, 1881 , in-8.

fin du XVII® siècle, les Lucquois reconnaissants firent figurer sur leurs monnaies le nom de leur libérateur: CAROLVS IMPERATOR. Le type habituel des espèces est un buste couronné, de face, avec la légende : SANCTVS VVLTVS DE LVCA. Au xvii® et au xviii® siècles, les scudi d’argent portent les armes de la cité, un écu à la bande chargée du mot LIBERTAS, et l’image de saint Martin partageant son manteau. La lira et la lira doppia portent le Christ en croix et les mots: SALVATOR MVNDI.

La république de Lucques prit fin en i8o(, lors de l’érection de son territoire en principauté en faveur de Félix Baciocchi et Elisa Bonaparte.

b). — République de Florence K

La république de Florence, qui s’était formée à la fin du xii® siècle, conserva sa liberté jusqu’en 1532, année où Alexandre de Médicis fut créé duc par l’empereur Charles-Quint.

Les types monétaires de Florence se composent de la fleur de lis florencée, emblème parlant, et de l’image du patron saint Jean-Baptiste.

En 1 530, pendant le siège de dix mois soutenu contre Charles-Quint, les Florentins émirent des monnaies obsidionales; ces pièces portent à l’avers l’écu fleurdelisé de la ville : SENATVS POPVLVS Q. FLOREN- TINVS, et, au revers, une croix dont le bras supérieur porte la couronne d’épines: lESVS ■ REX • NOSTER ET DEVS NOSTER. On possède de cette émission un scudo d’or et un me\\o scudo d’argent.

c). — République de Pise.

La ville de Pise appartenait aux Florentins, quand la descente de Charles VIII, roi de France, en Italie, vint lui rendre la liberté en 1494. Jusqu’en 1509, Pise eut une existence indépendante, qui lui permit de battre monnaie.

Les pièces frappées en 1494 et 1495 portent le nom du roi : KAROLVS REX PISANORVM L\Eerator ; après le départ de Charles VIII, les émissions eurent lieu au nom de la commune ou du peuple de Pise. Le type local est fourni par l’image de la Vierge accompagnée de l’invocation : PROTEGE VIRGO PISAS.

En 1 509, Pise dut se soumettre de nouveau à la république florentine, dont elle suivit désormais les destinées.

I. Ignazio Orsini, Storia delle monde délia repubblica fiorentina. Florence, 1740, in-4.

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d). — Duché de Florence, puis grand duché de Toscane K

En 1531, après la prise de Florence par Charles-Quint, Alexandre de Médicis fut reconnu chef de l’état et. Tannée suivante, il fut proclamé duc de la république, avec toute Tautorité que pouvait avoir un prince ; cette dignité était rendue héréditaire dans sa famille. En 1 569, Cosme de Médicis, fils d’Alexandre, fut déclaré grand duc de Toscane par le pape Pie V.

Le grand duché de Toscane forma dès lors un des états les plus puissants de Tltalie, comprenant, outre Florence, les villes de Pise, Sienne, Livourne, Arezzo et Pistoie. Les armes de la maison de Médicis étaient: d’or à cinq tourteaux de gueules posés 2, 2 et i, accompagnés au point du chef d’un tourteau d’agur chargé de trois fleurs de lis d’or.

En 1737, la maison de Médicis s’éteignit. La Toscane passa à François, duc de Lorraine et de Bar, plus tard empereur, en échange de ses duchés, qui furent cédés à Stanislas, roi titulaire de Pologne. En 1801, Ferdinand III perdit la Toscane, qui fut donnée à titre de royaume d’Étrurie à Louis, prince de Parme; il reçut en échange le duché de Salzbourg avec la dignité électorale. Les ducs suivants régnèrent en Toscane de 1532 à 1801.

^Alexandre de Médicis, 1532-36.

Cosme I de Médicis, 1536-74.

* François I de Médicis, 1574-1587.

* Ferdinand I de Médicis, 1 587-1608.

* Cosme II de Médicis, 1608-20.

* Ferdinand II de Médicis, 1620-70.

* Cosme III de Médicis, 1670-1723.

* Jean-Gaston de Médicis, 1723-37.

* François II de Lorraine, 1737-65, empe-

reur en 1745.

* [Pierrej-Léopold de Lorraine- Autriche,

1765-90, empereur en 1790.

* Ferdinand III de Lorraine-Autriche, i 790-

Dès 1 5 3 3, Alexa ndre de Médicis commença à Florence le monnayage à son nom. L’illustre orfèvre et sculpteur Benvenuto Cellini grava les coins de ces admirables pièces, scudi d’or, testons d’argent et monnaies divisionnaires. Le teston représente, à l’avers le buste du prince: ALEXANDER \^edices Ÿrimus FLOREN^fue DVX. au revers, les images en pied des saints Cosme et Damien.

Sous Cosme I, la splendeur artistique de Florence atteignit son apogée. La série monétaire se complète par les fortes pièces d’argent, le scudo fhg. 275) et le megs^^o scudo, dont l’émission ne débuta toutefois que dans les dernières années du règne. L’iconographie de saint Jean- Baptiste, patron de Florence, fournit les types les plus fréquents de

I. Ignazio Orsini, Storia delle nionete dei granduchi di Toscaua. Florence, 1756, in-4. — J. Friedlaender, Münieii und Medaillen des Benvenuto Cellini. Berlin, 1855, in-4.

Cosme I et de ses successeurs. Parfois le saint est représenté seul, en buste ou en pied, parfois il est figuré debout, prêchant au milieu d’une foule, parfois enfin nous le voyons procéder au baptême du Christ.

A la série de François I se rattachent des monnaies d’argent que le grand-duc fit frapper en 1 586 à l’occasion du mariage de sa demi-sœur Virginie avec César d’Este, duc de Modène.

Ferdinand I était cardinal lorsque la mort de son frère, en 1 587, vint l’appeler au trône grand-ducal ; il ne déposa la pourpre romaine qu’en 1589. Les monnaies frappées jusqu’à cette époque lui donnent les titres de FERD- MED ■ MAGN • DVX- ETRVRIAE II! ; son buste est

revêtu des habits cardinalices. Ferdinand I créa un atelier monétaire à Pise ; les pièces d’or et d’argent qui y furent frappées portent la Vierge de Pise assise sur une nue et la légende : ASPICE PISAS SVP. OMNES SPECIO. Après Ferdinand I cette officine fut supprimée; les pièces au type pisan émises par ses successeurs sortirent de l’atelier de Florence, désormais seul en activité en Toscane. C’est donc aussi à Florence que furent faites, sous Ferdinand II, Cosme III et Jean-Gaston, les monnaies d’or et d’argent avec le nom de Livourne; les revers de ces pièces portent un rosier, un navire, la vue du port de Livourne ou de sa forteresse '.

En 164;, Ferdinand II prit possession de la terre de Castiglione del Lago, qui faisait partie de la succession du dernier duc d’Urbino; il fit frapper à Florence, en 1643 et 1644, de menues espèces de billon pour cette nouvelle acquisition territoriale.

e). — République de Sienne^.

La ville de Sienne formait une république enclavée dans la Toscane.

1. En 1630, l’atclicr de Florence émit quelques quadruples pistoles d’or et testons d’argent au buste voilé de Christine de Lorraine, veuve du grand-duc Ferdinand I. De 1634 à 1637, Nicolas-François, prétendant au duché de Lorraine fut autorisé à faire battre des testons d’argent à son effigie, à la Monnaie de Florence,

2. D. Promis, Monete délia republica di Siena. Turin, 1868, in-4.

l’italie

Ses types monétaires habituels se composent de l’initiale de son nom, de la louve allaitant Romulus et Remus, de l’image de la Vierge, la patronne. Ses légendes traditionnelles sont: SENA VETVS CIVITAS VIRGINIS, et: ALFA ET CO PRINCIPIVM ET FINIS.

En 1531, Charles-Quint, profitant des dissensions des Siennois, les soumit à un étroit protectorat, appuyé par une garnison impériale. En 1552, les habitants, fatigués de ce régime, chassèrent les soldats espagnols et se mirent sous la protection du roi de France Henri 11. Charles- Quint reprit la ville en 1333, et la donna en 1 5 37 à Cosme 1 de Médicis.

Lors de la prise de leur cité, un grand nombre de Siennois, sous la conduite de Mario Bandini, capitaine du peuple, se retirèrent dans la petite place forte de Montalcino, qui dépendait de la république de Sienne. Pendant plusieurs années, le monnayage siennois, transporté à Montalcino, fut poursuivi et. produisit un certain nombre de monnaies d’or, d’argent et de billon. Notre figure 276 représente Vécu d’or de 1537. Toutes ces pièces portent le nom de Henri II, roi de France. Après la réunion de Sienne à ses états, Cosme I de Medicis fit frapper à Florence des monnaies d’or et d’argent à l’ancien type siennois, mais après lui ces émissions ne furent pas continuées.

f). — Principauté de Pioinhino.

La terre de Piombino appartenait, avec Pile d’Elbe, à la famille Appiani. En 1 309, l’empereur Maximilien I accorda le droit de battre monnaie à Jacques IV Appiani, mais les premières espèces furent émises de 1 594 à 1603 pai* Jacques VIL Celui-ci mourut sans descendants mâles. En 1634, son gendre Nicolas Ludovisi, prince de Venosa, obtint de l’empereur le droit de lui succéder.

On possède des monnaies d’or, d’argent et de cuivre de Nicolas Ludovisi (1634-63) et de son fils Jean-Baptiste (1663-99).

g). — Marquisat de Massa-Lomharda.

Cette terre, située au nord-ouest d’Imola, dans la province actuelle de Ravenne, faisait partie des domaines de la maison d’Este. Elle fut donnée en 1334 à François, fils d’Alphonse I d’Este, qui obtint de l’empereur Ferdinand I, probablement vers 1362,1e titre de marquis et

le droit de battre monnaie. Le seigneur de Massa-Lombarda s’empressa d’ouvrir un atelier, où il battit monnaie jusqu’à sa mort, survenue en 1578.

François d’Este laissa en mourant tous ses biens à sa fille naturelle Marfisa, qui épousa Audran Cibo, prince de Massa-Lunigiana.

h). — Comté de Castiglione de' Gatti > .

Cette terre, située sur le versant de l’Apennin, dans la province actuelle de Bologne, appartenait à la famille Pepoli. Le 20 avril 1700, l’empereur Léopold I accorda aux comtes de Castiglione de’ Gatti le droit de battre monnaie.

On possède des monnaies d’or et de billon frappées d’abord par Hercule et Corneille Pepoli, en 1700, puis quelques années plus tard, par Alexandre et Sicinio Pepoli.

i). — Duché d’Urhino'^.

En 1420, le pape Martin V avait accordé le droit de battre monnaie à Gui-Antoine da Montefeltro, seigneur d’Urbino, dont un des successeurs fut élevé en 1443 au rang de duc par le pape Eugène IV. Le monnayage, arrêté après la mort du premier concessionnaire, fut repris par Guidobaldo I da Montefeltro (1500-1508); ce duc, qui s’intitule: GVIDO • VB • VRBINI DVX, n’ayant pas d’enfants, adopta son neveu Erançois-Marie 1 délia Rovere (1508-1;). On possède de celui-ci des monnaies d’or, d’argent et de billon, sur lesquelles il prend les titres de dux Urbini, sacrae romanae ecclesiae capitaneus generalis sub Julio II pontifice Jiiaximo.

En 1 5 1 3, le pape Léon X dépouilla François-Marie I délia Rovere de ses états pour les donner à son neveu Laurent de Méd ici s (i 5 16-19), puis pour les réunir, à la mort de celui-ci, aux possessions du Saint- Siège. En 1 522, Erançois-Marie I récupéra ses biens et les transmit à ses héritiers. Le monnayage, arrêté après Laurent de Médicis, ne fut repris que par François-Marie II délia Rovere (1574-1631). Celui-ci termina la dynastie des ducs d’Urbino par la cession qu’il fit en 1624 de ses états à l’Eglise.

Le patron d’Urbino est saint Crescentin, dont Fimage paraît fréquemment sur les espèces. D’autres saints, tels que saint Martin, saint Thomas

1, V. Promis. vS/z/A’ monete di CasligUone de' Gatti. Turin, 1881, in-8.

2. R. Reposati, Delta :(ccca di Giibbio e délia gesta dei coati 0 diichi d’Urbiuo. Bologne 1772-73, 2 vol. in-4.

l’italie

et saint François, illustrent d’ailleurs aussi les monnaies ducales dont les types, comme ceux d’un grand nombre de monnaies italiennes, sont empruntés le plus souvent à Ticonographie religieuse.

Les ducs d’Urbino possédaient un second atelier à Gubbio. Les pièces frappées en cette ville portent comme type le plus caractéristique l’image du patron : S. VBALDVS DE EVGVBIO.

Les ducs d’Urbino avaient pour armes : cTor à V aigle de sable, becquée, membrée et couronnée d'or. Ils écartelaient de celles de Montefeltro : bandé d'or et d'azur, de celles de la Rovère: d'azur au chêne en italien: rovere arraché d'or, et d’un écartelé de Hongrie, Anjou, Jérusalem et Aragon, qui leur avait été concédé en 1472 par le roi de Naples. Comme préfets de Rome, ils portaient sur le tout un pal chargé du gonfanon du Saint-Siège.

j ). — Seigneurie de Pesaro ‘ .

La seigneurie de Pesaro, Pisaurum, qui s’étendait non loin d’Urbino, formait un fief des états pontificaux. Après avoir appartenu aux Sforza, elle passa aux délia Rovere et suivit le sort du duché d’Urbino. Voici la liste des seigneurs qui possédèrent successivement Pesaro depuis la fin du xv^ siècle :

* Constant I Sforza, 1473-83. * François-Marie I délia Rovere, 1513-16.

*Jean Sforza et Camille d’Aragon, tutrice, * Laurent de Médicis, 1516-19.

1483-89. ’ *Léon X, pape, 15 19-21.

* Jean Sforza, seul, 1489-1500. * François - Marie I délia Rovere, rétabli,

*César Borgia. 1500-03. 1521-38.

Jean Sforza, rétabli, 1503-10. *Guidobaldo II délia Rovere, 1538-74.

* Constant II Sforza, 15 10-12. * François Marie II Rovere, 1574-1622.

En 1 622, la terre de Pesaro vint en la possession du pape Grégoire XV, et l’atelier monétaire fut définitivement fermé.

Les types monétaires particuliers à Pesaro sont les images de la Vierge, de saint Térentien, de saint Innocent, de saint Jean et de saint Jacques, de saint François, de saint Antoine, et la vue de la ville. L’atelier de Pesaro émit également quelques monnaies portant au revers l’arbre des délia Rovere brochant sur une vue de Montefeltro, Fereiria.

I. A. Olivieri degli Abati, Deila %ecca di Pesaro e deJle monete pesaresi dei secoU hassi, dans la Nuova raccolta de Zanetti, t. I, p. 181 et suiv. — N. Papadopoli, Monete italiane inédite delta raccolta Papadopoli, dans làliivista italianadi uiiniisniatica, 1893, p. 422 et suiv.

k). — Seigneurie de Castro.

La ville de Castro, aujourd’hui détruite, était située dans les états de rÉglise. En 1559, le pape Paul III Farnèse la donna à son fils naturel Pierre-Louis, en même temps que le droit de battre monnaie. Un atelier fut ouvert à Castro en 1545, année où son seigneur fut créé duc de Parme et de Plaisance par l’empereur Charles-Quint. Cet atelier produisit des espèces d’or et d’argent sur lesquelles le duc s’intitule: P. LOIS! VS FAR. DVX CASTRI. Le type des gi'ossi et des menues pièces d’argent se compose de l’image de saint Savin : SANTVS SAVINVS ou SAVIM^^^ . VRBf-^ - CASTRI CVSTO>^. En 1547, Pierre-Louis fut assassiné et le monnayage de Castro prit fin.

1). — Seigneurie et duché de CamerinoK

En 1 464, Jules-César da Varano fut nommé par le pape Sixte IV, vicaire pontifical de Camerino, ville qui jusqu’alors s’était gouvernée en république. Il inscrivit aussitôt son nom sur les monnaies locales. En 1502, il périt assassiné, et César Borgia, fils du pape Alexandre VI, s’empara de Camerino, dont il se proclama seigneur.

Dès 1503, Jean-Marie da Varano rentra en possession de Camerino et fit monnayer tant en son nom qu’en celui de sa mère Jeanne Malatesta, laquelle mourut en i ^ 1 1 . C’est à lui qu’appartiennent les premières monnaies d’or, des gecchini portant à l’avers son buste entouré de |0 ■ MARIA CAMERIN! DVX, et au revers ses armes : vairé d’argent et d’agur, avec la légende : LEO X PONT ■ MAX • DECORAVIT.

A la mort de Jean-Marie, en 1 527, sa fille Julie lui succéda sous la tutelle de sa mère Catherine Cibo. En 1^4? épousa Guidobaldo II duc d’Urbino. Quatre ans plus tard le pape Paul III s’empara de Camerino, qui fut définitivement réuni aux états de l’Eglise.

Le type des monnaies d’argent de Camerino se compose généralement de l’image ou du buste des patrons de la cité, saint Venant, SANCTVS VENANTIVS, ou saint Ansovin, S. ANSOVINVS.

m). — République de Pérouse-.

La ville de Pérouse formait une république autonome sous l’hégémonie

1. M. Santoni, Delhi :(ccca c dette luouete de Camerino. Florence, 1875, in-8,

2. J. -15. Vermiglioli, Delta ^ecca e dette nionete perugine. Pérouse, 1816, in-4.

l’italie

des papes. Ce régime prit fin en 1^06, date à laquelle le pape Jules II inaugura un régime d’autorité directe. En 1 540, les habitants de Pérouse se révoltèrent contre Paul III et reprirent pendant quelques mois l’émission de monnaies particulières.

Les monnaies de Pérouse, Augusta Perusia, portent l’effigie et le nom de saint Herculain, S. HERCVLANVS.

n). — Les Étals de V Église K

Lorsqu’ils eurent atteint les limites qu'ils devaient conserver, les Etats de l’Église s’étendirent depuis Mantoue, le long de l’Adriatique, jusqu’aux confins des Abruzzes, et en largeur depuis Ancône jusqu’à Civita- Vecchia, d’une mer à l’ailtre. Ils comprenaient en outre la ville de Bénévent, enclavée dans le royaume de Naples, et le Comtat Venaissin avec Avignon, enclavé dans le royaume de Lrance^.

Le véritable fondateur de la puissance temporelle fut Jules 11. A son avènement, le pouvoir du Saint-Siège n’était que nominal sur la plupart des terres de l’Église. La Romagne était, pour une partie, entre les mains des Vénitiens; César Borgia s’était emparé de l’autre partie, de plusieurs places de la marche d’iVncône et du duché d’Urbino. Les Bentivoglio dominaient en maîtres à Bologne et les Baglioni annihilaient à Pérouse l’autorité pontificale. Jules II parvint à s’assurer la possession de plusieurs de ces territoires ; il occupa Parme, Plaisance et Reggio, enlevées les unes au Milanais, l’autre au duc de Lerrare. Léon X, en 1^14, acheta Modène à l’empereur Maximilien I. Parme et Plaisance, reprises par la Lrance après la victoire de Marignan, furent rendues en 1521 au Saint- Siège.

Le pontificat de Clément VII vit un instant s’effondrer la puissance temporelle. En 1527, Rome fut prise par les troupes de Charles-Quint, et le pape dut souscrire aux plus dures conditions. Le prix de sa réconciliation avec l’empereur fut le couronnement de celui-ci à Bologne en

Sous Paul III, en 1538, les États de l’Église s’accrurent du duché de Camerino, mais en 1545, Parme et Plaisance en furent détachées en faveur de Pierre-Louis Larnèse, fils que le pape avait eu avant son entrée

1. A. Cinagli. Le monete dei Papi descritte in tavole sinottiche, Fermo, 1848, in-fol. — Ph. Bonanni. Niimisniata pontiftcnm romanorum a Martino V usqiie ad anniun i6<pc). Rome, 1699, 2 vol. iii-fol. — Eug. Müntz, L’atelier monétaire de Rome, dans la Revue numismatique de 1884.

2. Nous avons consacré un paragraphe spécial au monnayage du Comtat Venaissin. Voyez page 53 et suivantes. 11 n’en sera donc pas c]uestion ici.

dans les ordres. En 1 598, après l’extinction de la maison d’Este, Clément VIII prit possession de Eerrare. En 1626, Urbain VIII réunit définitivement au domaine du Saint-Siège le duché d’Urbino, les comtés de Montefeltro et de Gubbio, la seigneurie de Pesaro et le vicariat de Sinigaglia, par la donation que lui en fit le dernier membre de la maison délia Rovere.

Voici la chronologie des papes depuis la fin du xv^ siècle, avec l’indication des cardinaux camerlingues qui administrèrent les États de l’Église pendant les vacances du Saint-siège et dont les armes figurent

à ce titre sur les monnaies frappées

* Sixte IV délia Rovere, 1471-84.

* Innocent VIII Cibo, 1484-92.

* Alexandre VI Borgia, 1492-1503.

*Pie III Piccolomini, 1503.

*Jules II délia Rovere, 1503-13.

*Léon X de Médids, 1513-21.

* Vacance du Saint-siège, 1 5 2 1 , Fr. Armellini,

cardinal camerlingue.

* Adrien VI Boyens, 1522-23.

* Vacance du Saint-siège, 1523, Fr. Armellini,

card. camerl.

* Clément VII de Médids, 1523-34.

* Paul III Farnèse, 1534-49.

* Vacance du Saint-siège, 1549-50, G. -Asc.

Sforza, card. camerl.

*Jules III del Monte, 1530-55.

* Vacancedu Saint-siège, 1 5 55, G. -Asc. Sforza,

card. camerl.

Marcel II de Montepulciano, 1555.

* Vacance du Saint-siège, 1 5 5 5, G. -Asc. Sforza,

card. camerl.

*Paul IV Caraffa, 1555-59.

* Vacancedu Saint-siège, 1559, G. -Asc. Sforza,

card. camerl.

* Pie IV de Médids, 1559-66.

* VacancediiSaint-siège, 1 565 ,V. Vitelli, card.

’ camerl.

*Pie V di Bosco, 1566-72.

* Vacance du Saint-siège, 1572, L. Cornaro,

card. camerl.

* Grégoire XIII Buoncompagni, 1572-85.

‘^Vacance du Saint-siège, 1585, Phil. Guas-

tavillano, card. camerl.

* Sixte VPeretti, 1585-90.

*' Vacancedu Saint-siège, 1590,1!. Gaetani, card. camerl.

sede vacante :

* Urbain VII Castagna, 1590.

* Vacance du Saint-siège, 1590, H. Gaetani,

card. camerl.

* Grégoire XIV Sfrondati, 1590.

* Vacance du Saint-siège, 1591, H. Gaetani,

card. camerl.

* Innocent IX Facchinetti, 1591.

* Vacance du Saint-siège, 1 591-92, H. Gaetani,

card. camerl.

* Clément VIII Aldobrandini, 1592-1605.

* Vacance du Saint-siège, 1605, P. Aldobran-

dini, card. camerl.

Léon XI de Médids, 1605.

Vacance du Saint-siège, 1605, P. Aldobrandini, card. camerl.

* Paul V Borghèse, 1605-21.

* Vacance du Saint-siège, 1 62 1 , P. Aldobran-

dini, card. camerl.

^Grégoire XV Ludovisi, 1621-23.

* Vacance du Saint-siège, 1623, V. Aldobran-

dini, card. camerl.

* Urbain VIII Barberini, 1623-44.

* Vacance du Saint-siège, 1644, Ant. Baberini,

card. camerl.

* Innocent X Pamphili, 1644-55.

* Vacancedu Saint-siège, Ant. Barberini,

card. camerl.

* Alexandre VII Chigi, 1655-67.

* Vacance du Saint-siège, 1667, Antoine Bar-

berini, card. camerl.

* Clément IX Rospigliosi, 1667-69.

* Vacance du Saint-siège, 1669-70, Ant. Bar-

berini, card. camerl.

* Clément X Altieri, 1670-76.

* Vacance du Saint-siège, 16^6, Pal. Altieri, card. camerl.

l’ ITALIE 463

* Innocent XI Odescalchi, 1676-89. * Vacance du Saint-siège, 1730, Ann. Albani,

* Vacance du Saint-siège, 1689, Pal. Altieri, card. camerl.

card. camerl. * Clément XII Corsini, 1730-40.

* Alexandre VIII Ottoboni, 1689-91. * Vacance du Saint-siège, 1740, Ann. Albani,

* Vacance du Saint-siège, 1691, Pal. Altieri, card. camerl.

card. camerl. * Benoît XIV Lambertini, 1740-58.

^Innocent XII Pignatelli, 1691-1700. * Vacance du Saint-siège,!'] Gir. Colonna,

* Vacance du Saint-siège, 1700, J. -B. Spinola, card. camerl.

card. camerl. * Clément XIII Rezzonico, 1758-69.

* Clément XI Albani, 1700-21. * Vacance du Saint-siège, 1769, Charles Rez-

*Vacancedii Saint-siège, 1721, Ann. Albani, zonico, card. camerl.

card. camerl. * Clément XIV Ganganelli, 1369-74.

*Innocent XIII Conti, 1721-24. * Vacance du Saint-siège, 1774-75, Gh. Rez-

* Vacance du Saint-siège, 1721, Ann. Albani, zonico, card. camerl.

card. camerl. * Pie VI Braschi, 1775-99-

* Benoît XIII Orsini, 1724-30.

La numismatique des papes présente pour Thistoire générale du monde chrétien, comme pour l'histoire de Fart, un intérêt de premier ordre, et il est vraiment inconcevable que la monographie n’en ait encore tenté personne. On ne saurait, en effet, considérer comme un travail définitif l’ébauche informe de Cinagli, qui reste cependant le seul livre permettant d’étudier dans son ensemble la merveilleuse série pontificale. Cinagli se borne à cataloguer sommairement les pièces qu’il a eues sous les yeux, et ne fournit de détails ni sur les systèmes monétaires, ni sur les ateliers, ni sur les graveurs qui, attirés à Rome par la splendeur de la cour pontificale, firent des monnaies des papes de véritables œuvres d’art.

A la fin de la période médiévale, le système monétaire pontifical comprenait une monnaie d’or, le sequin, dont quelques papes, notamment Paul II, avaient émis des multiples, et trois monnaies d’argent, le giulio, le grosso et le me^go grosso. Quelques pièces de billon formaient l’appoint.

Sixte IV (1471-84) émit le double giulio et y fit graver, comme sur les de la même émission, son portrait de profil. Sous Innocent VIII (1484-92) apparaissent les premières monnaies divisionnaires de cuivre pur, les quattrini. Enfin sous Jules II (1 503-1 3) surgit le d’argent.

Ce premier lésion a un caractère commémoratif qu’auront, dans la suite, un grand nombre de monnaies pontificales; l’avers porte, écrits dans une couronne de chêne, les mots : IVLIVS M PONT MAX- ROMA SEDI- TIONIB ■ FAMEQ- LIBERATA ; au revers, nous trouvons les images associées des saints Pierre et Paul, entourées de la légende : IN-OMNEM TERRAM EXIVIT Sous Léon X (i 5 1 3-2 1) les testons,

de divers types, se multiplient; notre figure 277 en reproduit un d’une

gravure particulièrement remarquable; il représente au revers les rois mages à cheval, en route pour Bethléem, fixant l’étoile qui les conduira au berceau du Sauveur-

Les premiers écus d’argent furent frappés en 1527 sous Clément VII,

aussitôt après le sac de Rome par les impériaux.

Ce sont de véritables monnaies de nécessité d’une exécution négligée, sentant l’improvisation. D’un côté figurent le nom et les 277 armes du pape, surmon-

tés, suivant l’usage, des clefs en sautoir et de la tiare; de l’autre, une couronne de chêne renferme en deux lignes le mot DV CATO; ces pièces furent, en effet, mises en circulation pour un ducat d’or. Il en fut frappé deux divisions, la moitié : |\^ED!0 DVHA^o, et le quart QVART-DVC.

Sous Grégoire XIII (1 5 72-8 D, des d’argent furent frappés dans l’atelier de Bologne ; mais pour l’atelier de Rome la plus ancienne forte monnaie d’argent, émise dans des circonstances régulières, le fut en 1 588, sous le pontificat de Sixte V. Vécu d’argent de ce millésime porte le buste de profil du pape et, au revers, saint François d’Assise agenouillé recevant les stigmates.

Au xvn^ siècle, les monnaies pontificales, gravées par les Hamerani, continuent à être très remarquables. Nous reproduisons (fig. 278) un

Fig. 278

scudo d’argent frappé l’an I du pontificat d’innocent XI (1676-89); le revers représente saint Mathieu écrivant son évangile sous la dictée d’un ange qui lui montre le ciel.

Sous Pie VI, de 1775 à 1798, fut frappé un grand nombre de mon-

l’ ITALIE

naies de bronze portant des noms de villes de province : Ancône, Ascoli, Bologne, Civita-Vecchia, Fano, Fermo, Foligno, Gubbio, Macerata, Matelica, Montalto, Pergola, Pérouse, San Severino, Spolète, Terni, Tivoli et Viterbe'. Quelques-unes de ces pièces, celles d’Ancône, de Bologne, de San Severino et de Spolète, furent frappées dans les endroits dont elles portent le nom ; les autres paraissent être sorties de Pofficine de Rome.

Envisagée dans son ensemble, la série monétaire des papes témoigne d’une grande décentralisation, tant pour le système que pour les types. A côté de la ^{ecca de Rome, il y avait dans les provinces de nombreux ateliers qui monnayaient à des empreintes locales et, très souvent, suivant un système de compte particulier. Il nous est impossible d’entrer ici dans des détails qui nécessiteraient une étude préliminaire dont les éléments nous font défaut. Nous devons nous borner à passer en revue les divers ateliers pontificaux, en notant, pour chacun d’eux, les faits les plus caractéristiques de leur histoire ou de leur iconographie.

Rome. — L’atelier delà capitale monnaya sous tous les pontificats des temps modernes, sauf sous Urbain VII (1590), Innocent IX (1591) et Léon XI (1605). Ce dernier pape n’a laissé aucun souvenir monétaire.

Ancône. — Cet atelier fut fermé par Sixte V (1585-90), après avoir ouvré depuis la fin du xiY^ siècle. Il fut momentanément remis en activité sous Pie VI (1775-98), et tomba en 1797 au pouvoir des Français. Ses monnaies portent fréquemment l’image de saint Quiriace.

Ascoli^. — Cette ville appartenait au Saint-Siège depuis 1426. L’atelier qu’y possédaient les papes fut fermé par Léon X en 1518. Les armes de la ville, un pont à deux tourelles, figurent fréquemment sur ses espèces, qui ne consistèrent qu’en menue monnaie,

Bologne. — Après Rome, Bologne fut le principal atelier monétaire des papes. Le type local est l’image de saint Pétrone ou celle de saint Pierre; la légende traditionnelle, BONONIA DOCET, fait allusioii à l’Université qui permettait à la ville de s’intituler bononia MATER STVDiORVM. Q.uand Jules II eut expulsé de Bologne les Bentivoglio, qui avec le titre de conservateurs étaient parvenus à y dominer en maîtres et même à y monnayer, il fit frapper un sequin d’or commémoratif, où se lit au revers la légende bon. p. ivl. a TiRANO LIBERAT^. En 1530, quand Charles- Q uint se fit couronnera Bologne par Clément VII, l’atelier frappa des monnaies d’or et d’argent à l’effigie de l’empereur.

Le monnayage pontifical continua à Bologne pendant toute l’époque moderne, et l’on possède également des pièces frappées dans cet atelier pendant un grand nombre de vacances du siège apostolique. La plupart des monnaies portent les armes du cardinal-légat, parfois celles du gouverneur.

1. Friedlaender, Die Münien des Kirchenstaates von his 1814, dans la Zeitschrift für Mün:(-, Siegel- und W appenhinde ào. 1841.

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