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Denier de billon. Type: Fleur de lis. Rev. : Même croix

François I ne resta en possession du Milanais que pendant six ans. En 1521 le pape Léon X conclut avec Tempereur Charles-Quint une ligue contre le roi de France. La bataille de Vauri ouvrit aux alliés les portes de Milan et François II Sforza (1522-1535), second fils de Louis le More, fut remis sur le trône ducal. Au cours de la lutte contre les Français, les Impériaux, commandés par Antoine de Leiva, se trouvant assiégés dans Pavie, qui dépendait du duché de Milan, émirent des monnaies obsidionales unifaces d’or et d’argent, portant soit les initiales du commandant (fig. 271), soit les mots Papia et le millésime de

1524 (fig. 270).

En rétablissant François II Sforza dans les états de ses pères, Charles- Quint avait retenu en fait le gouvernement. Mécontent de cette sorte de tutelle, le duc changea la direction de sa politique et conclut en 1 526, contre l’empereur, une alliance avec le roi de France et les Vénitiens. La lutte, mal conduite, tourna au désavantage de François II Sforza. Au cours des opérations militaires, la ville de Crémone, défendue par les Impériaux, émit des monnaies obsidionales en argent. Le coin de ces pièces reproduit le type d’une des obsidionales de Pavie : le millésime de 1526 et les mots QRPmona QBsessa.

En 1 529, François II Sforza obtint de Charles-Quint la restitution du Milanais, par la médiation du pape et moyennant le payement de neufcent-mille ducats d’or. Le monnayage du neuvième duc de Milan comprend une série assez nombreuse de monnaies d’or et d’argent; les types ne sortent guère de la tradition, mais l’aloi subit un léger affaiblissement.

En 1535, François II Sforza mourut sans enfants. Charles-Quint s’empara alors du Milanais comme d’un fief dévolu à l’empire, et en donna l’investiture à son fils Philippe. Ce prince et tous les rois espagnols, ses successeurs, possédèrent le Milanais jusqu’à l’époque de la guerre de la succession d’Espagne, où le duché fut conquis par la maison d’Autriche. Le pays appartint à cette dernière jusqu’à l’invasion française, qui amena en 1797 la création de la République Cisalpine. Voici la chronologie des souverains de Milan depuis Charles-Quint :

* Charles-QLunt, 1535-56. *Philippe V, roi d’Espagne, 1700-1702.

* Philippe II, roi d’Espagne, 1556-98. * Charles III d’Autriche, 1702-zp, empe-

* Philippe III, roi d’Espagne, 1598-1621. reur sous le nom de Charles VI depuis

* Philippe IV, roi d’Espagne, 1621-65. 1711.

* Charles II et Marie-Anne d’Autriche, * Marie-Thérèse, impératrice, 1740-80.

tutrice, 1665-66. *Joseph II, empereur, 1780-90.

*Charles II, roi d’Espagne, seul, 1666- * Léopold II, empereur, 1790-92.

1700. *FrançoisII, empereur, 1792-97.

Les monnaies de Charles-Quint restent d'une exécution artistique supérieure, et les types sont riches et variés. Les plus anciens testons conservent Tempreinte de saint Ambroise assis que nous avons constatée sous François I, puis Teffigie laurée de l’empereur prend place à l’avers, tandis que le revers est visiblement inspiré des monnaies de la Rome antique; nous y trouvons tantôt l’image de la Piété assise, PIETAS, comme le dit l’exergue, tantôt la Santé debout, SALVS AVGVSTA, et le Pô couché, PAO VS \AQdio]an\, Le revers des demi-testons^ également composé suivant le goût antique, porte l’inscription OB- INSV- BRI AM SERVATAM, disposée en cinq lignes dans une couronne de chêne. En 1551, Charles-Quint compléta la série des espèces milanaises par l’émission d’un écu d’argent ou ducatone da soldi cento, mis en cours au même prix que l’écu d’or.

A partir de Philippe 1 1, la fabrication des monnaies milanaises se néglige, la gravure devient aussi inférieure qu’elle était auparavant irréprochable; nous assistons à une décadence artistique. Au point de vue du système monétaire lui-même, la domination espagnole fut néfaste ; le titre des espèces fut livré à l’arbitraire du monarque, et l’anarchie économique devint complète.

Les premiers temps de la domination autrichienne virent se continuer le monnayage défectueux de Charles II et de ses prédécesseurs, mais vers la fin de son règne l’impératrice Marie-Thérèse introduisit de salutaires améliorations. Les pièces, désormais frappées par des procédés mécaniques, cessèrent d’être ces affreux morceaux de métal, mal taillés, mal empreints, du régime précédent. Le système nouveau, mis définitivement en vigueur en 1778, mais pour l’application duquel des essais avaient été faits dès 1776, comprit les espèces suivantes : Doppia da due d’or valant 48 lire milanaises, doppia d’or valant 24 lire, \ecchino ou ducat d’or valant 14 lire 10 soldi, scudo d’argent de 6 lire, Jiie^^o scudo, lira, me^^a lira et pièce de cmq soldi d’argent, soldo, me^\o soldo, quattrino et sestino de cuivre. Le type se compose de l’effigie de Marie- Thérèse, d’un écu écartelé et d’inscriptions placées dans le champ.

Le système inauguré par l’impératrice fut conservé par ses successeurs. Sous Joseph II, l’atelier monétaire de Milan commença à émettre, en

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dehors des espèces spéciales à la Lombardie, des monnaies destinées à la circulation générale de Lempire. Ces pièces se distinguent par le différent M, placé sous le buste du souverain.

w). — Les possessions des Triviiliio K

Le i8 novembre 1487, par diplôme daté de Nuremberg, Tempereur Frédéric III confirma à Jean-Jacques Trivulzio la possession du comté de Mesocco, situé à Test de Bellinzona, et lui donna le droit d’y frapper monnaie d’or et d’argent. Un second diplôme, daté du 2 mars 1496 et donné par Louis, duc d’Orléans, précisa la concession précédente en autorisant Jean-Jacques à émettre dans l’atelier de Mesocco des pièces analogues, comme type et comme taille, à celles d’Asti et de France. En 1499, Louis, devenu roi de France sous le nom de Louis XII, éleva son capitaine au rang de marquis de Vigevano et lui conféra la charge de maréchal de France; le ^nsii 1512, il lui accorda en ces termes le droit d’ouvrir un atelier à Musso : batter monete d’oro e d’ar^ gento nel castello di Musso, corne faceva a Mesocco, e alla bouta e peso di quelle di Milano ; e che tali 7uonete dovessero aver corso nel ducato di Milano ed in altri luoghi soggetti al re di Francia in Italia. Le monnayage de Musso commença en 1516. En 1518, Jean-Jacques Trivulzio mourut à Chartres. Les monnaies du célèbre capitaine de Louis XII sont nombreuses et d’une gravure particulièrement remarquable : écus d’or, doubles testojis et testons sur le modèle de ceux qui furent frappés par le roi de Erance à WiXdin, florins d’or copiés de ceux d’Allemagne, cavallotti o\x grossi de 10 soldi, grossi de 6 soldi, parpagliole soldini, sesini, trilline e denari. La plupart de ces pièces sont postérieures à 1499, car Trivulzio y prend presque toujours le titre de maréchal de France : 10 ■ I A • TRI • M AR- VIGLE • ET- M ARESc^/^^^ ■ FRAN de. Les types les plus fréquents de l’or et de l’argent sont les armes des Trivulzio: palé d’or et de sinople, l’image de la Vierge ou celle de saint Georges.

Jean-François Trivulzio succéda à son grand-père et continua le monnayage, mais en 1^25 le château de Musso tomba au pouvoir de Jean-Jacques de’ Medici et, en 1 526, celui de Mesocco fut détruit par les Suisses des Grisons. Le comte transporta alors son officine au château de Roveredo ou Rogoredo, situé à l’entrée de la vallée misolcine et y fit monnayer jusqu’en 1549? époque où il vendit ses possessions alpines à la confédération des Grisons. Il mourut en 1 573, et la branche aînée de

I. F. et E. Gnecchi, Le monete dei Trivulzio. Milan, 1887, in-4.

sa maison s’étant éteinte avec lui, le marquisat de Vigevano fut annexé au duché de Milan. Les monnaies de Jean-François ne se composent que de pièces d’argent : testons à son effigie et à l’image de saint Biaise assis, S. BLAXIVS EPISCOPV, et monnaies divisionnaires, où

se retrouvent le plus souvent les armes des Trivulzio et l’image équestre ou pédestre de saint Georges.

Après la mort de Jean-François, les membres d’une autre branche de la famille des Trivulzio, celle des comtes de Melzo, s’adressèrent à l’empereur dans l’espoir de rentrer en possession de Mesocco. Ferdinand II accueillit favorablement leur supplique, mais les événements politiques l’empêchèrent de réaliser sa décision. Son successeur Ferdinand III, voulant donner une compensation à la famille des Trivulzio, dont un membre, le cardinal Jean-Jacques-Théodore, avait rendu de grands services à l’Empire, érigea, en 1654, en baronnie impériale la terre de Retegno, située non loin de Lodi, et y attacha le droit de battre monnaie. On possède des pièces frappées par les princes suivants :

* Hercule-Théodore Trivulzio, 1656-1664.

* Antoine-Théodore Trivulzio, 1664-78.

* Antoine-Gaétan Trivulzio-Gallio, 1678-1705.

* Antoine-Ptolémée Trivulzio-Gallio, 1705-67.

Du premier de ces princes il n’existe que des écus et demi-écus d’argent frappés à titre d’essai, mais sous ses successeurs la série monétaire comprit des ducats d’or et leurs multiples, au type des ducats de Hongrie, des écus ou talleri d’argent et leurs divisions. L’atelier de Retegno ne paraît pas avoir ouvré plus tard que 1686. Les monnaies d’Antoine- Ptolémée furent faites à Vienne.

x). — Seigneuries d’Antignate et de Covo.

En 1480, Bonne de Savoie, régente du duché de Milan, donna en fief à Jean II Bentivoglio (1480-1 509) les terres d’Antignate et de Covo. Le 19 octobre 1494, Maximilien I lui donna le droit de battre monnaie en tous métaux. Jean ne tarda pas à faire usage de sa prérogative. Il fit graver ses coins par le célèbre Francia, et ses pièces furent frappées dans le palais qu’il avait à Bologne. Les plus belles de ses monnaies portent son buste à droite, entouré de la légende: lOANNES BENTIVOLVS 11 BONONIENSIS. Au revers la légende, parfois placée autour d’un écu, parfois disposée dans le champ, rappelle l’origine des droits régaliens des Bentivoglio: MAXIMILIAN ■ IMPERA ■ MVNVS.

Les armes des Bentivoglio sont : écartelé, aux i et 4 d'or à iaigle de

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sable couronnée du champ^ aux 2 et 3 parti-émanché de gueules et d’or de quatre pièces et demie.

y). — Marquisat de N avare.

En I ^ 37, à la demande du pape Paul III, Charles-Quint donna Novare à Pierre-Louis Farnèse, avec le titre de marquis et le droit de battre monnaie. La concession impériale est datée du 27 février i ^38.

Les monnaies frappées à Novare portent les armes des Farnèse: d’or à six Jleurs de lis d’azur, et le buste de saint Gaudence. En 1545, Pierre-Louis devint duc de Parme et de Plaisance. Nous parlerons plus loin du numéraire qu'il frappa comme tel.

z). — Principauté de Belgiojoso.

Le village de Belgiojoso, non loin de Pavie, fut érigé, en 1769, en principauté par diplôme impérial, en faveur d'Antoine da Barbiano (1769-79), qui obtint en même temps le droit de battre monnaie d'or et d'argent. On possède de lui des ducats d'or et des écus d'argent, probablement frappés à Vienne. Ils portent son buste, ses armes et ses titres: Antonius Barbianii Belgiojosii et S. R. S. princeps cornes Cunii et Lugii, tnarchio Grumelli.

aa) . — Comte de Maccagno.

La terre de Maccagno, Maccaneuni, non loin de Corne, sur les deux rives du Verbano, appartenait à la maison des Mandelli. En 1536, elle fut érigée en comté par Charles-Quint. Jacques III Mandelli (1622-45) reçut de l'empereur Ferdinand II, le 16 juillet 1622, le titre de vicaire de l'Empire et le droit de battre monnaie en trois métaux, à ses armes et à celles de sa femme Madeleine Cavenago.

Jacques 111 eut pour successeur son fils Jean-François-Marie (1645-68), qui fut confirmé dans ses droits en 1646 et 1659. Le monnayage des comtes de Maccagno, qui paraît s'être arrêté après celui-ci, consista principalement en imitations à bas titre d'espèces étrangères. M. Morel-Fatio a fait connaître de nombreuses copies de monnaies suisses que Jacques III et ses fils, profitant de la situation de leur état à la frontière, faisaient écouler dans le pays d’origine des prototypes.

ab) . — Comté de Ga^:(oIdo.

Ce comté, qui s’étendait non loin de Mantoue, était une possession

de Tancienne famille mantouane des Ippoliti. Aucun document ne nous apprend à quelle époque cette maison obtint le droit de battre monnaie. Les pièces les plus anciennes sont de 1 591 ; les plus récentes appartiennent à Annibal degli Ippoliti (1662-63).

ac). — Principautés de Bardi et Compiano.

En 1551, Charles-Quint donna Bardi avec Borgotaro et Compiano à Claude Landi, avec le privilège de battre monnaie. Frédéric Landi (i 589-1626)5 fils de Claude, ouvrit à Bardi un atelier où il émit diverses espèces d’or, d’argent, de billon et de cuivre. Elles portent son buste, les images de saint François et de saint Térentien, etc. Ses titres, placés en abrégé sur les espèces, sont: Dominus Federicus Landi, sacri Romani imperii acYallis Tari et Compiani princeps IV.

ad). — Principauté de Campi.

La terre de Campi, dans la vallée de la Trebbia, était un fief des Centurioni Scotti. L’empereur Ferdinand III, par diplôme du 21 avril 1654, créa Charles Centurioni prince du saint Empire Romain, et lui accorda le droit de battre monnaie.

Charles I (1654-63) s’empressa d’ouvrir un atelier à Campi. Son fils Jean-Baptiste I (i663-i7i5)lui succéda et monnaya tant en son nom qu’en celui de sa femme Julie Serra. Parmi les pièces de cette dernière, nous citerons spécialement les /w/g-ùz/ ou douzièmes d’écu d’argent, imités des pièces d’Anne-Marie-Louise, princesse de Bombes.

ae). — Principauté, puis duché de Massa di Lunigiana ' .

Laurent Cibo, fils de François Cibo, comte d’Anguillara, épousa en 1 520 Richarde, fille et héritière d’Albéric Malaspina, marquis de Massa et de Carrara. Leur fils, Albéric I Cibo, reçut le 2 mars 1559, de l’empereur Ferdinand I, le droit de battre monnaie; en 1568, Maximilien II lui donna le titre de prince du saint Empire Romain. En 1664, l’empereur Léopold I érigea Massa en duché en faveur d’Albéric V Cibo. Voici la chronologie des princes et ducs de Massa :

* Albéric I, I 559-1623. . * Albéric II, 1662-90.

*CharlesI, 1623-62. Charles II, 1690-1710.

I. G. -A. Zanetti, Belle ^ecche délia Lunigiana e specialmente delta famiglia Malaspina, dans la Nuova raccolta, t. V, p. 454 et suiv.

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Albéric III, 1710-1 5.

*Alderano, 17 15-31.

Camille, cardinal, 1731-43.

Marie-Thérèse et Hercule-Renaud d’Este,

* Marie-Béatrice d’Este, 1790-97.

Le monnayage fut très actif sous Albéric I, qui dans son atelier de Massa émit un grand nombre de pièces d’or et d’argent, copiées pour la plupart d’espèces étrangères. Sous ses successeurs, l’atelier eut des émissions beaucoup moins fécondes et il paraît être tombé définitivement en chômage sous Albéric II. Une tentative de monnayage, qui semble être restée infructueuse, eut lieu sous Alderano; on n’en a d’autre souvenir que le type de l’avers d’une monnaie d’argent. Les monnaies de Marie-Béatrice furent frappées en 1792 dans l’atelier de Milan; elles ne consistent qu’en pièces de billon et de cuivre.

Les armes de la famille Cibo étaient : coupé de deux traits : au d'or à l’aigle de l’Empire posée sur un listel d’argent inscrit du mot LiBERTAs, au 2^ d’argcut à la croix de gueules, qui est Gênes, au 3^ de gueules à la bande échiquetée d’argent et d’azur de trois tires, qui est Cibo. Les Cibo écartelaient des armes des Malaspinade la branche dite Spino fiorito.

Le marquisat de Tresana faisait partie des plus anciennes possessions de la famille de Malaspina. Le 28 octobre i $ 7 1 , l’empereur Maximilien II donna le droit de battre monnaie à Guillaume I Malaspina, marquis de Tresana. L’atelier fut bientôt installé et son activité s’étendit aux règnes suivants :

* Guillaume I, 1571-78. * François, 1590-1613.

* François-Guillaume, 1578-90. * Guillaume II, 1613-51.

Ce dernier fut massacré en 1651 par ses sujets, qui se mirent sous la protection du roi d’Espagne. Philippe IV donna le marquisat à la famille Corsini, mais l’officine monétaire ne fut plus réouverte.

Les Malaspina, marquis de Tresana, avaient pour armes: d’or à la branche d’aubépine de sable fleurie d’argent (Spino fiorito).

La terre et le château de Fosdinovo, non loin“de Sarzana, appartenait à la famille Malaspina. Le 10 avril 1666, l’empereur Léopold I donna à Pasquale Malaspina le droit de battre monnaie; un atelier fut aussitôt créé à Fosdinovo et des espèces y furent émises tant au nom du

af). — Marquisat de Tresana.

ag). — Marquisat de Fosdinovo.

marquis qu’au nom de sa femme Marie-Madeleine Malaspina. L’effigie de cette dernière apparaît sur des luigini d’argent ou douzièmes d’écu copiés de ceux de Dombes.

Après la mort de Pasquale, le marquisat passa à Charles-Augustin Malasp ina sous la tutelle de sa mère Christine Pallavicini. Les monnaies frappées en 1671 à leurs noms terminent la série de Fosdinovo.

Les Malaspina, marquis de Fosdinovo, avaient pour armes: de sable à la branche d'aubépine déséchée d’or (spino secco).

ah). — Principauté de Cisterna.

En 1670, cette terre fut érigée en principauté par le pape Clément X, en faveur de Jacques dal Pozzo, qui obtint en outre le droit de battre monnaie par bulle du 28 mars 167^

Jacques fit frapper en 1677 quelques monnaies d’or et d’argent, sur lesquelles il s’intitule prince de Cisterna et de Belriguardo.

ai). — Duchés de Parme et de Plaisance K

Le pape Paul III donna, en 1 545, Parme et Plaisance, avec le titre de duchés, à son fils Pierre-Louis Farnèse. Le fils de celui-ci. Octave Farnèse, fut reconnu dans ses titres par Philippe II, roi d’Espagne et duc de Milan, en 1 5 56, et transporta sa résidence à Parme.

Pierre-Louis Farnèse, 1546-47.

*Octave Farnèse, 1547-86.

* Alexandre Farnèse, 1586-92.

*Ranuce I Farnèse, 1592-1622.

* Odoard Farnèse, 1622-46.

*Ranuce II Farnèse, 1646-94.

* François Farnèse, 1694-1727,

* Antoine Farnèse, 1727-1731.

Les Farnèse émirent, tant à Parme qu’à Plaisance, une série monétaire d’or, d’argent et de bronze, particulièrement remarquable au point de vue de l’art. Les types sont empruntés tour à tour à Ficonographie classique et à Ficonographie chrétienne. Sur un scudo d’or d’Octave Farnèse, dont l’empreinte fut copiée aux Pays-Bas par Frédéric de Berg, seigneur de Hédel, nous trouvons la Sécurité assise: SECVRITAS PARME^z<^A; d’autres pièces frappées à Parme montrent l’image du patron, saint Vital, S. VITALIS PARMAE PROT. A Plaisance, sainte Justine, saint Savin, saint Antonin, apparaissent sur les espèces au

1 . Irenco Affo, Delta ^ecca e monda parmîgiana, dans la Niiova raccolta, etc. de Zanetti, t. V. — M Lopez, Aggiiinta alla '^ecca e monda parmigiana, dans le Periodico di numismatica e sfragistica, t. I à III.

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même titre que Minerve, par cette singulière confusion du sacré et du profane dont la Renaissance italienne offre tant d’exemples.

L’unique héritière des Farnèse, Elisabeth, femme de Philippe V, roi d’Espagne, fit donner les duchés de Parme et de Plaisance à son fils l’infant Charles ; mais lorsque celui-ci devint roi des Deux Siciles, en 17^^, les duchés furent occupés par les troupes impériales. A Plaisance, de 1740 à 1744, l’impératrice Marie-Thérèse monnaya à son nom. Le traité de Worms, signé en 1745, adjugea Plaisance à Charles-Emmanuel III, roi de Sardaigne; il perdit cette ville dès 1745, mais marqua son passage par l’émission de quelques pièces de cuivre.

Après la guerre pour la succession d’Autriche, la paix d’Aix-la-Chapelle, de 1748, donna Parme et Plaisance au second fils d’Elisabeth, l’infant Philippe de Bourbon (1748-65), auquel succéda Eerdinand (1765-1802). En 1802, les deux duchés, annexés à la Erance, formèrent le département de Taro.

aj). — Marquisat, puis duché de Maiitoiie K

Le marquisat de Mantoue appartenait à la maison de Gonzague ; en 1530 Charles-Quint, pour récompenser le marquis Erédéric II des services qu’il lui avait rendus dans la guerre contre la France, lui donna le titre de duc. Les armes des Gonzague étaient : d’argent à une croix pattée de gueules, cantonnée de quatre aiglettes de sable, becquées et membrées de gueules : sur le tout, écartelé, aux et 4^ de gueules au lion d’or, aux 2^ et 3^ d’or à trois fasces de sable. Voici la succession des marquis et ducs de Mantoue :

* François II, 1484-1519.

* Frédéric II, 1 5 1 9-40.

* François III, 1540-50.

* Guillaume, 1550-87,

* Vincent I, 1 587-1612.

* François IV, 1612.

*Ferdinand, 1612-26.

*Vincent II, 1626-27.

Le monnayage des ducs de Mantoue présente une suite aussi nombreuse que variée de pièces d’or, d’argent et de bronze. Le buste du souverain et ses armes, les images du Christ, de saint André, de sainte Catherine, de sainte Barbe, de saint Georges, de saint François, de saint

* Charles I, 1627-37.

* Charles II et Maria Gonzaga, sa mère,

* Charles II, seul, 1647-65.

* Ferdinand-Charles et Isabelle-Claire

d’Autriche, sa mère, 1665-68.

* Ferdinand-Charles, 1668-1707.

I. At. Portioli, La lecca di Mantova. Mantoue, 1879, in-8. — Le même, Appiinti sulla ^ecca di Mantova, dans le Bulletino di numismatica italiana, t. II à IV.

Louis de Gonzague, qui fut béatifié en 1605, de saint Anselme, de saint Charles ou de la Vierge, patronne de Mantoue, Feffigie de Virgile, VIRGILIVS MARO. un ciboire, XRI lESV SANGVINiS, un bûcher en flammes, DOMINE PROBASTI ME ET COGNOVISTI ME. la vue du

mont Olympe, Jésus en pied présentant le ciboire à saint André agenouillé : TRISTE RECEPTO NIHIL ISTO, une croix plus ou moins ornée, un chien avec la légende: PERIS TANTVM INFENSVS, le globe terrestre avec le soleil et une partie du zodiaque: NEC RETROGRA- DIOR NEC DEVIO, etc., etc., tels sont les types principaux qui prennent place sur les remarquables produits des émissions mantouanes.

Comme on le faisait ailleurs encore en Italie, notamment à Gênes, les noms des marquis et des ducs sont accompagnés du numéro d'ordre accompagnant leur titre; ainsi François II s’intitule marchio Mantue quartus, Frédéric II, qui s’appelle d’abord rnarchio Mantue quintus, devient, après 1550, Mantue dux primus ; son successeur François III est le Mantue dux secundus, et ainsi de suite.

La branche aînée des Gonzague s’éteignit en 1627 avec Vincent II; son cousin Charles I, duc de Nevers, fils de Louis de Gonzague, duc de Nevers, et de Henriette de Clèves, recueillit l’héritage '. La guerre à laquelle cette succession donna lieu a laissé comme souvenirs métalliques les obsidionales d’argent et de billon frappées en 1629 et 1630 pendant le siège de Mantoue par les Impériaux.

Fe rdi nand-Cha ries fut dépossédé de ses états en 1707 par l’empereur Joseph I, qui annexa le duché de Mantoue aux possessions autrichiennes de la Lombardie. L’atelier monétaire mantouan fut réouvert en 1711 par l’empereur Charles VI et continua à travailler, sous ses successeurs, jusqu’en 1797.

ak). — Principauté de CastigUone delJe Stiviere^.

Cette principauté, située non loin de Brescia, appartenait à la maison de Gonzague. Vers 1 580, Ferrand Gonzague créa à Castiglione un atelier monétaire, qui exista jusqu’en 1723, époque où les habitants secouèrent le joug de leurs princes pour se mettre sous l’autorité de l’empereur

1. On trouvera p. 194, au paragraphe consacré à la Principauté P Arches, l’histoire monétaire de Charles I et Charles II de Gonzague, pour ce qui concerne leurs possessions françaises.

2. I. Affo, Le monete dei Gon:(aghi, principi di Castiglione delle Stiviere e signori di Solferino, dans la Nuova raccolta de Zanetti, t. III, p. 209 et suiv. — N. Papadopoli, Monete inédite delle lecchc minori dei Gon:^ga, dans le Periodico di nuniisni. e sfragistica, t. V, p 306 et suiv.

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Charles VL On possède ainsi des espèces émises par les princes suivants :

* Ferrand, 1580-86. * Ferdinand I, 1616-78.

* Rodolphe, 1586-93. * Charles, 1678-80.

*François, 1593-1616. * Ferdinand II, 1680-1723.

Notre figure 272 représente un florin d'or de François, sur lequel celui-ci prend le titre de marquis de Medole, marchio Medularum, terre voisine de Castiglione. Ce prince est le seul dont il existe des monnaies d’or.

al). — Marquisat de Solférino.

Le bourg de Solférino, situé dans la province actuelle de Mantoue, appartenait depuis le xv^ siècle à la maison de Gonzague. Charles, fils de Ferdinand I, prince de Castiglione delle Stiviere, ouvrit, du vivant de son père, un atelier monétaire à Solférino, où il frappa des espèces portant d’abord le titre de Sulferini dominus, puis, à partir de 1643, celui ào, Sulferini marchio.

am). — Duché de Sabhioneta.

La terre et le château de Sabbioneta, Sabloneta, dans la province actuelle de Mantoue, appartenait à une branche cadette de la maison de Gonzague. Vespasien Gonzague (1522-89), fils de Louis-Rodomont, ouvrit vers 1559 un atelier monétaire. Il fut créé prince en 1 574, puis duc en 1 577. Il laissa en mourant ses biens à sa fille Isabelle (i 589-1637), qui avait épousé Louis-Caraffa. L’atelier resta en activité sous leur règne, puis entra en chômage. N icolas de Guzman (1644-84), leur arrière-petit-fils, recommença les émissions, qui durèrent jusqu’à sa mort.

En 1707, les troupes franco-espagnoles, commandées par Gaspard de Zuniga, se trouvaient assiégées dans Sabbioneta par les Impériaux. Le conseil de la ville décida l’émission de monnaies obsidionales frappées aux anciens coins du duc Vespasien-Gonzague. Cette décision ne paraît pas avoir eu de suite effective; dans tous les cas, aucune obsidionale de Sabbioneta n’a été retrouvée.

an). — Principautés de Pomponesco et de Bo^^olo.

Les terres de Pomponesco et de Bozzolo appartenaient à une branche

cadette de la maison de Gonzague. Jules-César de Gonzague, qui avait obtenu Pomponesco dans l’héritage de son père Charles, fut élevé en 1565 au rang de prince de l’Empire; il ouvrit vers cette époque un atelier monétaire à Pomponesco. En 1593, il hérita de Bozzolo, où il transféra sa résidence et le siège de son industrie monétaire.

Les pièces frappées par Jules-César de Gonzague portent parfois le nom de sa femme Flaminia Colonna. Il mourut en 1607. Ses biens passèrent à son neveu Scipion de Gonzague, qui régna d’abord sous la tutelle de sa mère Isabelle, puis seul, à partir de 1614. L’atelier fut supprimé à la mort de Scipion, en 1671. Les monnaies de Pomponesco et de Bozzolo consistent spécialement en imitations plus ou moins loyales d’espèces étrangères.

ao). — Marquisat de Montferrat ^ .

Le marquisat de Montferrat était borné, à l’ouest et au nord, par le Piémont, à l’est par le Milanais, au sud par la république de Gênes. Sa capitale était Casale. Ses armes étaient : d’argent au chef de gueules. Le Montferrat appartenait à la maison des Paléologues, qui portaient: gueules à la croix cantonnée de quatre B d’or, ceux du et du 3^ contournés ; comme vicaires de l’Empire, depuis 1464, les marquis de Montferrat ajoutaient à leurs armoiries : d’or à l’aigle à deux têtes éployée d’argent, doublement couronnée. Voici les marquis de la maison des Paléologues qui se succédèrent au xvi^ siècle :

* Guillaume II, 1494-1518. *Jean-Georges, 1530-33.

*Boniface II, 15 18-30.

En 1533, Jean-Georges Paléologue mourut sans descendance; l’empereur Charles-Quint fit occuper temporairement le marquisat et monnaya à Casale en son propre nom. En 1536,1a querelle à laquelle la succession donna lieu fut tranchée en faveur de Marguerite, fille de Guillaume II Paléologue et femme de Frédéric II Gonzague, duc de Mantoue. Cette dame battit monnaie à Casale, à son nom et à celui de son mari. A la mort de Frédéric II, les émissions continuèrent aux noms de sa veuve et de leurs fils François III (1540-50) et Guillaume

I. D. Promis, Monde dei Paleologi, marchcsi di Monferrato. Turin, 1858, in-4. — Le même, Moncte ossidionaU de! Picmouie. Turin, 1836, in-4. — A. Morel Fatio, Monnaies inédites des marquis de Montferrat frappées à Chivasso, Casale, etc., dans la Revue belge de 7uinnsni., 1866. — A. Portioli, La lecca di Casale sotto Federico Gon^aga e Margherita Paleologa, dans le Periodico di nuniism. e sjragistica, t. VI.

l’italie

(i 5 50-66). Marguerite mourut en 1 566 ; le Montferrat resta aux ducs de Mantoue et fut érigé en 1574 en duché.

Sous ces princes, Casale resta le siège d’un atelier monétaire qui fournit le numéraire spécial de Montferrat. En 1628, la ville, investie par les Impériaux, émit des écus d’argent obsidionaux ; le type se compose à l’avers d’un cartouche portant la légende : CASALIS • IN ■ OBSID ■ INIVSTA- 1628, écrite en quatre lignes, au revers, des armes de Charles I de Gonzague. Deux ans plus tard, le maréchal de Toiras, que le roi Louis XIII avait envoyé au secours de Charles I, assiégé à son tour dans Casale, frappa des pièces obsidionales de bronze, florins, cinq florins, dix florins et vingt florins, aux armes de France,

Lors de la dépossession de Charles IV duc de Mantoue, le duché de Montferrat fut donné au duc de Savoie.

ap) . — Duché de Fer rare ^ .

La terre de Ferrare formait au moyen âge un marquisat entre les mains de la maison d’Este, qui semble avoir obtenu de Frédéric Barberousse le droit de battre monnaie. Le pape Paul II érigea, le 14 avril 1 47 1 , le Ferrarais en duché, en faveur de Borso d’Este. Le premier duc de Ferrare mourut le 20 août de la même année. Il eut pour successeurs :

* Hercule I d’Este, 1471-1505. * Hercule II d’Este, 1534-59.

* Alphonse I d’Este, 1505-34. * Alphonse II d’Este, 1559-97.

Celui-ci mourut le 27 octobre 1597, sans laisser d’héritiers. L’année suivante, le pape Clément VIII annexa le duché de Ferrare aux États pontificaux, à la suite de la renonciation de César, duc de Modène, qu’Alphonse II d’Este avait désigné comme son héritier.

Les monnaies de Ferrare de la maison d’Este sont toutes d’une exécution supérieure et forment une superbe série de pièces d’or et d’argent. Les types sont empruntés, tantôt à la mythologie, tantôt à l’iconographie chrétienne. Une doppia d'oro d’Hercule I représente à l’avers son buste, au revers Hercule tuant le taureau; un r^ecchino d’or du même porte au revers la Résurrection ; les testons ont tantôt un groupe de serpents entrelacés, tantôt un cavalier; les demi-teutons montrent la scène traditionnelle, mais admirablement rendue, de saint Georges à cheval terrassant le dragon ; sur les demi-gros saint Marelius, S. MARELIVS EPISCOPVS, est assis de face. Outre l’atelier de Ferrare, Alphonse II eut, de 1 570 à 1595, une officine à Brexello.

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